vendredi 21 mai 2010

Plus ou moins l'infini


Théâtre hier soir.
Plus ou moins l'infini.

Aurélien Bory / Phil Soltanoff

Tout commence par un ballet suspendu de bâtons tout blancs. Comme dans un jeu de mikado géant, ils s’agitent, mus par une force invisible. Ils se fuient, se cherchent et se tutoient en une danse ondulatoire magique et sensuelle.
D’emblée, on est immergé dans un univers étrange et fascinant fait de verticalités, de lignes, de bâtons et de tiges. Lumineuses, mobiles et sonores, les lignes construisent et déconstruisent l’espace, créant des perspectives nouvelles. Dans ce monde d’illusions d’optique, les comédiens jouent avec la pesanteur et l’équilibre. Puissants et fragiles, toujours imprévisibles, ils glissent sur le plateau et nous emportent vers un ailleurs fantastique.
"Ouverte à tous les vents de la création artistique, la Compagnie 111 creuse le sillon de ce qui a fait sa renommée internationale : « Nous aimons, non pas être au cœur des disciplines, mais tout au bord, sur la tranche. Créer un vocabulaire qui ne soit pas perçu comme du jonglage, de la danse, du théâtre d’objets, mais comme un événement visuel. »"

J'avais été séduite par Press du même directeur artistique Aurélien Bory et j'ai retrouvé cette magie visuelle, dans certaines compositions proches de l'abstraction géométrique, je pensais à Vasarely. J'ai beaucoup aimé le son qui accompagnait ces chorégraphies et ces personnages dont on ne voyait que la tête, c'était étrange et absurde comme Oh! les beaux jours de Beckett et en ce moment j'ai besoin de Beckett, de son absurdité, pour me rattacher à la vie.
« il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer ».
(C'était une parenthèse).

En sortant du théâtre je rencontre un partenaire de golf avec sa femme. Ils étaient invités par la BNP (sic) à venir voir ce spectacle qui était pour eux suivi d'un buffet. Je me disais aussi : fallait bien qu'ils soient invités pour venir voir cette création artistique qui demandait une certaine capacité d'imagination pour sa compréhension.

Je leur demande si çà leur a plu :
- un peu longuet me dit sa femme (pourtant çà n'a duré que 1 h 15)
et toi tu as aimé demandé-je au golfeur?
- J'ai pas aimé la musique me dit-il en faisant la moue. (Ils ne devaient penser qu'au buffet qui les attendait avec du mousseux, beurk).
- Ah? je trouvais au contraire que le son était fantastique. J'ai beaucoup aimé dis-je en insistant un peu lourdement, nonobstant le vrai plaisir que j'ai éprouvé à cette musique qui me faisait parfois penser à des polyphonies de Bach.
- Nous sommes venus parce que nous avions une invitation, d'ailleurs il faut qu'on y aille. On se voit demain au départ?
- Oui, ok. Bonne fin de soirée alors. Pfff! Mais pourquoi je joue avec des nuls?