Affichage des articles dont le libellé est Cinéastes suisses. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéastes suisses. Afficher tous les articles

vendredi 6 juin 2014

"Je me définis moi-même avec mes choix". Richard Dindo




Richard Dindo (né le 5 juin 1944)
Cinéaste Documentariste Suisse

"Né en 1944 à Zurich, petit-fils d’immigré italien, Dindo se sentira longtemps un étranger en Suisse. Fils d’un père « muet » et « absent », il sera en permanence à la recherche d’une figure paternelle à même de lui transmettre l’héritage fondateur de la parole. Enfant d’ouvrier, il sera marxiste, autodidacte, et revendiquera haut et fort le droit à la parole que la société lui refuse.

Au départ donc, un problème aigu d’identité : qui suis-je ? quelle est ma patrie ? Toute l’œuvre de Dindo ne sera, au fond, que l’élaboration d’une réponse à ces deux questions. Une manière d’être au monde. Film après film, le cinéaste va se créer un vaste « roman de famille », univers peuplé de résistants, de rebelles, d’artistes et de prolétaires. Se constituant comme « fils des sujets qu’il filme », il va s’inventer et se choisir des « pères », qui vont lui permettre de découvrir, d’imaginer une autre société à travers laquelle il pourra se réconcilier avec la Suisse.

De tous ces pères, le plus important sera le grand dramaturge Max Frisch. A travers la réflexion de cet écrivain qu’il considère comme le « premier intellectuel suisse », le jeune Dindo découvre deux choses. D’une part, l’expression puissante et critique de tout ce qu’il pense, ressent et ne cessera de dénoncer dans ses films : l’étroitesse d’esprit de la société suisse, l’arrogance de la bourgeoisie, le manque d’utopie, l’oppression intériorisée du consensus. D’autre part, une première réponse à son problème d’identité. A travers son écriture, l’auteur de Homo faber va le faire renaître à la parole et lui donner une patrie : le langage." 

(Source et suite ici : très bel article) de Michel Maxime Egger dans Positif, 1991.


Richard Dindo en 1968 (?)



(Photos : captures d'écran)

Des circonstances particulières m'ont amenée à m'intéresser à ce cinéaste méconnu - ou pas assez - en France.  Pour ses 70 ans j'avais envie d'en parler, modestement, ici.
Depuis ma "rencontre" - disons plutôt ma découverte, il y a environ 6 ou 7 ans - avec cet artiste, terme qui prend tout son sens pour cet homme féru d'art, de littérature, amoureux des femmes, cinéaste engagé (?)* qui préfère dire qu'il filme des gens "engagés", depuis cette "rencontre" donc, j'ai fait pas mal de recherches sur son travail et pu ainsi prendre la mesure de son "œuvre".
* (Adèle, la jeune lycéenne qui interroge le réalisateur est assez croquignolette;-), Progrès à faire).

J'ai aimé cette interview de 2005 que l'on peut écouter ici et noté ces quelques réflexions :


« Je me définis moi-même avec mes choix ».

« J’aime les gens qui perdent, je n’aime pas les gens qui gagnent ce sont des gens dangereux, ceux qui perdent sont émouvants ».

« Je suis optimiste par volonté, pessimiste par intelligence ».

Il cite Primo Levi :  
« Un homme qui a un projet dans la vie ne désespère pas ».

« C’est après la mort que la vie se transforme en destin ».

« Le lieu chez moi est toujours un lieu de mémoire » (cf. Rimbaud).

« Peur de la mort, peur de l’avenir, de rater le temps, de n’avoir pas le temps, peur de mourir trop jeune. J’ai atteint un point de non retour où je commence à rentrer dans une espèce de maturité ».

Il regarde une photo, le visage de Kafka et dit : 
« Le langage est un objet de poésie ».




Et il termine avec la statue, le visage de cette femme sumérienne, on comprend que peut-être la dernière partie de son œuvre parlera des femmes « du continent des femmes ».
« L’art comme un objet de beauté et de mémoire ».
« C’est nous, les artistes, les cinéastes, qui créons l’identité et donc la culture et la mémoire ».


Et toujours à propos du visage de cette femme sumérienne : « En tant que biographe c’est sa vie qui m’intéresse, je voudrais connaître tout de sa vie, son enfance, ses parents…. ».

Un jour, j'ai osé lui écrire pour lui dire que j'aimais son travail, que j'aurais aimé trouver son Max Frisch en DVD sous-titré français. Il m'avait alors aimablement répondu "je n’ai pas de DVD de la version française du Frisch, seulement encore une ou deux très rares VHS.". Et, pour me remercier de mon intérêt il m'avait expédié ce documentaire qu'il avait réalisé : Aragon, le roman de Matisse. Superbe, avec la voix de Jacques Weber (extrait ici).



"Le film retrace la rencontre de ces deux géants de la culture française, à travers le magnifique texte d’Aragon et la splendeur des tableaux et des dessins de Matisse. Pour Aragon, Matisse représente pendant l’occupation et la tragédie de la guerre, « la liberté française qui n’est pareille à aucune autre. » « Quand la France était humiliée, et que Matisse peignait cette splendeur française. Le peintre du perpétuel espoir. »
Ce texte d’Aragon d’une rare beauté est admirablement servi par Jacques Weber."


J'ai poursuivi mes recherches sur ce cinéaste et fait quelques belles découvertes :


Grands Entretiens - RTS

... et cette vidéo plus récente : 2012 


Richard Dindo, quelques films-documentaires ou docu-fictions à voir
mais la liste est longue :

 Qui Était Kafka ? de Richard Dindo

« Raconter la biographie d’un homme ne m’intéresse que si elle renvoie à quelque chose d’autre. L’importance de la vie d’un être est toujours au-delà d’elle-même. (Richard Dindo) »


A propos de Rimbaud

 Film ici (2 h 20)

Actualité récente : Il vient de lui être attribué le Sersterce d'or, 
Premier Prix Maître du Réel, attribué à un cinéaste du réel de renommée mondiale


BON ANNIVERSAIRE RICHARD DINDO !

(Avec un jour de retard, mais ça m'étonnerait qu'il passe par ici!)

mardi 22 avril 2014

S'enrichir gratuitement : une valeur inestimable


 
Mathieu Amalric et Antoine Jaccoud au Centre culturel suisse de Paris 
en novembre 2013. [DR]

"C'est sur la scène du Centre Culturel Suisse de Paris, en novembre 2013, que Mathieu Amalric a lu en public des textes de l'écrivain lausannois Antoine Jaccoud.

Mathieu Amalric et Antoine Jaccoud se sont rencontrés sur le plateau de "L'amour est un crime parfait", de Jean-Marie et Arnaud Larrieu.

L'acteur [...] a découvert que le scénariste des films d'Ursula Meier, "Home" ou "L'enfant d'en Haut", était aussi l'auteur d'une œuvre littéraire et théâtrale intime, touchante, drôle, merveilleusement écrite pour être dite.

Au Centre Culturel Suisse de Paris, Mathieu Amalric a choisi de lire quelques textes ou extraits de textes d'Antoine Jaccoud, écrits pour le théâtre ou la radio. Parmi ceux-ci, "Je suis le mari de Lolo", hommage ému, troublant et troublé, d'un petit homme solitaire à une star du porno."

A écouter ici (pour ceux qui ont encore l'envie de voler une heure de leur temps à des textes lus et sublimés par un acteur remarquable). Ce ne sera pas une heure perdue et c'est gratuit!

vendredi 27 septembre 2013

"Ils étaient blessés, mais ils reviendraient"



 http://www.decadrages.ch/system/files/imce/illustr_EntretienChristopheMarzal.jpg












(Captures d'écran, cliquer pour agrandir)

"Alex, guide touristique de profession, est chargé d'accueillir une jeune femme d'origine russe «Sacha» qui a gagné un séjour d'une semaine à Genève. Dès son arrivée, la jeune femme bouscule les plans d'Alex et l'entraîne avec elle dans une dangereuse et hasardeuse chasse au trésor aux confins de la Suisse orientale. Recherchés par la police, pourchassés par la mafia, Alex et Sacha décident de semer leur poursuivants en allant plus lentement qu'eux : ils progressent par les lacs et autres chemins détournés. Au fur et à mesure que Alex et Sacha s'enfoncent dans une Suisse de plus en plus étrange, ils vont s'observer, se découvrir, se séduire, s'opposer, et finalement s'aimer jusqu'à disparaître."

Un film Franco-Suisse (2004) de François-Christophe Marzal. Avec Mathieu Amalric, Julia Batinova, Jean-Luc Bideau, Maria Schneider.

J'ai adoré ce film, étrange, une mélange de thriller, de road-movie, d'aventure et l'histoire (d'amour) de deux couples interprétée par des acteurs magnifiques. Je n'en avais jamais entendu parler, diffusion restreinte et sans doute réservée à la Suisse. Je l'avais emprunté parce que je me disais qu'il allait me consoler du manque (permanent) des paysages de lacs et de montagnes que je ressens, depuis mon séjour annulé. Cependant les paysages ne sont pas ceux d'une carte postale suisse mais d'une autre beauté, presque irréelle, venant d'une autre planète, et de celle des personnages.
Je me suis bien plus évadée avec ce film qu'avec Elle s'en va...  M'a donné envie d'aller voir Jimmy P., pour Mathieu Amalric, formidable acteur.

Lire l'interview complet de Christophe Marzal en cliquant sur le document pdf. Un cinéaste à découvrir!

***

Lassitude.
Ça me reprend.
Envie d'arrêter... TOUT.
Je ne sais pas, je ne sais plus.
Partir... voir des lacs et des montagnes... AU LARGE DE...
Partir... ne plus revenir.


vendredi 20 septembre 2013

Sur la transhumance...

HIVER NOMADE

 

  • Réalisé par Manuel von Stürler
  • Avec Pascal Eguisier, Carole Noblanc, Jean-Paul Peguiron
  • Genre : Documentaire
  • Nationalité : Suisse



Je n'avais pas pris le temps d'en parler lorsque je l'ai vu en avant-première l'hiver dernier. Les images sont d'une beauté à couper le souffle!

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 06/02/2013

L'année dernière, Bovines offrait son heure de gloire aux ruminants. Cette fois, c'est au tour d'un troupeau d'ovins de crever l'écran. Mais ce beau documentaire sur la transhumance "héroïse" surtout les humains qui les gardent : Pascal, un quinquagénaire bourru et passionné, et Carole, une jeune Bretonne au visage poupin et au tempérament d'acier. Du début à la fin de leur périple de quatre mois à travers la Suisse, le réalisateur les filme guidant leurs moutons, marchant pendant des kilomètres, dormant à la lisière des forêts, toujours en quête de pâturages. Visuellement, le spectacle est un pur régal. Sans jamais verser dans le passéisme, le film rend hommage à une activité presque disparue et incroyablement rude. Au vu de ces paysages en mutation — ce que le réalisateur appelle la « los-angélisation » du Plateau suisse —, on comprend que l'hiver prochain bergers et moutons devront s'aventurer encore plus haut dans les montagnes.
Mathilde Blottière  (Télérama)




Et le film poursuit sa belle aventure et sera présenté aux Oscars dans la catégorie
Meilleur film documentaire





" Pour la beauté de ce voyage dans les paysages hivernaux, pour la rigueur lyrique des images, il faut faire le voyage d'HIVER NOMADE "
LE MONDE
" Le spectacle est un pur régal, sans jamais verser dans le passéisme "

TELERAMA
" Lente et prenante, cette histoire de moutons est une superbe mise en garde contre tous les
comportements grégaires "
LE CANARD ENCHAÎNE
" Il faut courir voir Hiver nomade, et prendre son temps en revenant "
LA CROIX

lundi 5 septembre 2011

Claude Goretta

Je viens de voir Thérèse et Léon de Claude Goretta. C'est un des cinéastes suisses que j'aime.
C'est étonnant de le voir ici, dans une interview de 1964! C'était encore un inconnu, puis il y a eu L'invitation en 1973 avec Jean-Luc Bideau, je crois que c'est le premier film que j'aie vu de lui, et La dentellière en 1976 avec Isabelle Huppert... comme le temps passe. Plus récemment à la télévision : Sartre, l'âge des passions avec Denis Podalydès très crédible dans le rôle.
Claude Goretta a aujourd'hui 82 ans.

Claude Rich incarnant Léon Bum était magnifique, et la ressemblance avec Léon Bum étonnante.

"La vie c'est de ne pas craindre de la perdre".
"Est-ce que l'espérance de l'homme n'est pas de construire une oeuvre qui demeurera inachevée et qu'il ne contemplera pas lui-même?"
 
Léon Blum

dimanche 7 février 2010

Mes stars

Nicole Garcia

Juliet Berto et Bulle Ogier dans Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette

Juliet Berto et Dominique Labourier dans Céline et Julie vont en bateau

Juliet Berto

Bulle Ogier

Géraldine Chaplin


C'est en voyant Nicole Garcia dans Empreintes (oui encore cette émission sur Arte) parlant de Juliet Berto dans le film Duelle de Jacques Rivette que tous mes souvenirs de jeune cinéphile ont ressurgis. Je ne ratais jamais un film de ce cinéaste et ces comédiennes sont restées dans ma mémoire. Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jacques Rivette, ces cinéastes suisses ont un ton bien particulier que j'aime. Ils font partie, avec Eric Rohmer et Jean-Luc Godard, de la Nouvelle Vague... suisse.

De Jacques Rivette
Duelle avec Juliet Berto et Nicole Garcia
L'Amour par terre avec Géraldine Chaplin
Céline et Julie vont en bateau avec Juliet Berto, Bulle Ogier, Dominique Labourier

Je me souviens aussi de Bulle Ogier, magnifique dans La salamandre de Alain Tanner, de Géraldine Chaplin dans Cria Cuervos de Carlos Saura.

Juliet Berto est morte en 1990, elle avait 42 ans.

Elles ont aujourd'hui :
Nicole Garcia 64 ans.
Géraldine Chaplin 66 ans
Bulle Ogier 70 ans.
Dominique Labourier 67 ans.

(Ça ne me rajeunit pas non plus;o))