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samedi 25 novembre 2017

"L'automne est une attente immobile, avec les brusques clameurs des vents volubiles." (Henning Mankell)



J'étais partie pour une longue promenade le long de la plage, sur les dunes. Le vent glacial  me dirigea rapidement vers les ruelles étroites de l'île où je m'engouffrais pour m'en protéger.



Mais la vue sur la mer était si belle, que je prolongeais ma balade jusqu'à la pointe de l'île.


A nouveau, je me réfugiais dans une ruelle...



... avant d'aller me réchauffer Chez Pierre, avec un délicieux Café Viennois.


J'avais de la chance, c'était la première fois que je pouvais profiter du petit coin cosy et m'enfoncer dans un des fauteuils clubs en cuir très confortables que je convoitais les autres fois.
Au-dessus de ma tête, ce plafonnier et ses bouteilles vides n'était pas le seul objet insolite de ce lieu que j'apprécie, autant que le Café Viennois servi généreusement par le maître de maison, avec le sourire, ce qui le rend encore plus savoureux!

Je feuilletais le journal du coin, à la disposition des clients, le sourire aux lèvres en découvrant qu'un ami (perdu de vue) venait de publier un nouveau livre. Tiens tiens, et si je l'achetais pour le faire dédicacer lors de sa prochaine séance de signature; ce serait amusant de voir sa réaction en m'apercevant. Bon, ce ne sera pas un remake de D'après une histoire vraie le film de Roman Polanski (et Olivier Assayas), mais ... Au fait, je suis fan des films de Polanski (et de Assayas) mais ce dernier m'a déçue.

J'avais fini de siroter mon Café Viennois, le bistrot commençait a être bien rempli et animé. Je remettais ma doudoune et m'emmitouflais dans mon écharpe pour affronter le vent toujours glacial sous un ciel bleu et la divine lumière d'une fin novembre.

 (Cliquer pour lire)

 

vendredi 15 avril 2016

Je sais ce que je suis


Hier soir, en regardant La Grande Librairie j'étais surprise d'apprendre que Roman Polanski avait accepté la réédition de cette autobiographie Roman par Polanski qui, apparemment est une réédition légèrement "augmentée" puisque le livre fait 544 pages au prix de 25 euros.
Je sortais alors de ma bibliothèque ce pavé de 497 pages (édition originale de 1984) que je vais peut-être relire... plus de trente ans plus tard.  Ma mémoire est de moins en moins performante, je peux donc le relire.  Cet ouvrage était alors édité chez Robert Laffont, au prix de 95 F. Cet homme, sa personnalité, ses souffrances, ses folies, sa vie ne m'ont jamais laissé indifférente et j'aime nombre de ses films.



4e de couverture (édition 1984)



"Je continue de faire les gestes d'un professionnel du spectacle, je sais raconter encore les histoires drôles et les jouer pour obtenir le meilleur effet, je ris encore beaucoup et j'aime la compagnie des gens qui savent rire, mais je sais au plus profond de mon cœur que l'esprit du rire m'a quitté. Ce n'est pas seulement le succès qui m'a blasé, ou que je suis aigri par le drame et mes propres folies. J'ai l'impression de besogner sans but discernable. J'ai le sentiment d'avoir perdu le droit à l’innocence, à la pure jouissance des plaisirs de la vie. Ma naïveté puérile et ma fidélité en amitié m'ont coûté cher - particulièrement dans mes relations avec la presse. Mais ma méfiance croissante est aussi destructrice.
Je sais bien que je passe aux yeux de bien des gens pour une espèce de gnome méchant et débauché. Mes amis - et les femmes de ma vie - savent à quoi s'en tenir. 
[...]  On a répandu sur mon compte tant d'inexactitudes, de malentendus et de véritables  calomnies que les gens qui ne me connaissent pas se font une idée entièrement fausse de ma personnalité. La rumeur publique, désormais amplifiée par l'énorme puissance des médias, vous crée un image qui s'attache à vous à jamais - une espèce de caricature qui passe pour la réalité. Je sais ce que je suis, ce que j'ai fait, et ce que je n'ai pas fait. Ce qui s'est passé et ce qui se passe."
(Page 496).

Roman Polanski, in Roman par Polanski, éditions Robert Laffont, 1984. Traduit de l'anglais par Jean Pierre Carasso.

dimanche 13 avril 2014

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, d'une femme inconnue..."

Journal intime


Et, pour un peu plus d'optimisme et d'hommage à la vie :
Michel Bouquet et Roman Polanski dans leur minute de solitude.

La minute de solitude  de Michel Bouquet : pour la poésie
et le talent de ce si modeste grand comédien et acteur.



  


La minute de solitude de Roman Polanski : pour sa voix (dans sa langue d'origine) chaude et douce, comme un chuchotement, intime .


samedi 16 novembre 2013

Le marteau ou l'enclume?

La Vénus à la fourrure, inspiré du roman érotique de Léopold von Sacher-Masoch.

Réaction à chaud : Est-ce la muse qui a inspiré son mentor ou l'inverse? Emmanuelle Seigner est magistrale, Mathieu Amalric tout aussi extraordinaire est troublant de ressemblance avec Roman Polanski. Quand le sado-masochisme devient hédonisme c'est un plaisir sans nom. L'espièglerie de Vanda est jubilatoire (lorsqu'elle commence la lecture de la pièce, Vanda la comédienne, devient la Wanda de la pièce de Sacher-Masoch). Les amateurs de film porno peuvent passer leur chemin, ici les êtres s'attirent comme des aimants sans jamais se toucher, les répliques atteignent parfois des sommets de poésie, de désir qui électrisent, mais n'éludons pas la perversité. La jouissance est dans les mots. 





Crédit photos : UniFrance Films
 
Le générique de fin avec des tableaux de La Naissance de Vénus en fond d'écran est d'une beauté... Pauvres spectateurs qui s'en vont au générique!


 Titien, Vénus au miroir (ca 1555). Washington, National gallery of art.

Boticelli, Naissance de Vénus (détail)


Alexandre Cabanel, La Naissance de Vénus.

Roman Polanski est un immense cinéaste et sa Muse une Vénus éblouissante.
Quant à Mathieu Amalric... stop, j'arrête avec les qualificatifs dithyrambiques : mais je veux bien poireauter des heures dans le froid (c'est ça être figurant, je sais je l'ai vécu, Pêcheur d'Islande, avec la soeur d'Emmanuelle, eh oui! j'ai déjeuné à la cantine des artistes avec elle, Mathilde Seigner (presque débutante), Stéphane Freiss et Anthony Delon... en 1995!) pour son prochain film! Mais là, je n'ai aucune chance, M. Amalric cherche des figurant(e)s de 25 et 80 ans. J'ai dépassé les 25 et suis pas encore arrivée aux 80.




Séverin, lui, ne plaisante pas : "Si je ne peux goûter pleinement, entièrement, aux joies de l'amour, je veux boire jusqu'à la lie le calice de ses souffrances et de ses supplices. Je veux être trahi et maltraité par la femme que j'aime. Plus elle sera cruelle et plus je serai content. C'est aussi une jouissance !" (page 64).
Et encore : "Si le mariage ne peut reposer que sur la conformité et l'harmonie, les plus grandes passions, elles, naissent des oppositions. C'est parce que nous sommes opposés, presque ennemis, que mon amour est un mélange de haine et de crainte. Dans une relation comme celle-ci, on ne peut être que le marteau ou l'enclume. Je veux être l'enclume. Jamais je ne pourrais être heureux si je dois regarder de haut ma bien-aimée. Il faut qu'elle se montre cruelle envers moi pour que je puisse l'adorer." (page 65).

Léopold Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure.