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lundi 17 mars 2014

WKW FOR EVER




Vu hier soir Happy Together de Wong Kar-wai. Un film de 1997 aux nombreuses récompenses, avec le magnifique Tony Leung Chiu Wai, Leslie Cheung, Chang Chen. Un beau film sur l'amour, la passion amoureuse, sa violence mais aussi sa douceur. Relations humaines avec ses exigences, ses déchirements.

"Deux hommes, deux amants, quittent leur pays, Hong Kong et s'exilent en Argentine. Ils voyagent avec un seul but : voir les chutes d'eau d'Iguazu.
Ils se sépareront dans cette errance en terre étrangère. L'un survivra en trouvant des petits jobs. Histoire de garder une certaine stabilité. Il tentera de nouvelles approches. Obsédé par Hong Kong.
L'autre aura une vie plus mouvementée, gigolo, et sans attache. Perdu. Ils se retrouveront. Et tenteront de refaire leur vie ensemble. De chercher le bonheur ensemble. Encore faut-il être heureux."

Captures d'écran







Happy Together n'est pas d'un film sur l'homosexualité, ce thème n'est traité ni sous un point de vue critique, ni sous une forme moraliste. Les deux héros sont gays, un point c'est tout. Ce détail n'a finalement que peu d'importance :
 
"Ce film n'est pas seulement sur deux hommes mais sur la relation humaine, la communication humaine et les moyens de la maintenir ; ce sont deux hommes mais ça pourrait être n'importe quel autre couple. A Hong Kong, certains films avaient déjà traité de l'homosexualité mais sous l'angle de la comédie. Je ne voulais pas faire une comédie, je ne voulais pas faire rire le spectateur. Pour moi l'homosexualité c'est comme l'Argentine, c'est de l'autre côté de la planète, mais ce sont deux sujets intéressants."(Dixit Wong Kar-wai)
. Lire ici la suite.

Également une vidéo Ina à regarder : Wong Kar-wai parle du film et du passage du noir et blanc à la couleur qui explique ce passage du rêve à la réalité. Il n'y a pas de référence au Temps dans ce film. Dans La Pensée chinoise, le Temps n'existe pas, du moins pas à la manière de notre esprit occidental. En tout cas, je n'ai pas vu passer le temps en regardant Happy Together.


vendredi 3 août 2012

***

Vu ce soir 2046 de Wong Kar Wai.
Sublime.
Spleen...



mardi 30 août 2011

Insoutenable légèreté de l'air

Je suis en train de m'enfoncer dans de tristes pensées...

Bon, il faut réagir, penser à autre chose, le ciel est magnifique aujourd'hui et l'air est exquis. Soyons légère.
Enfilons un pantalon clair et des chaussures pour une marche aérienne! Maman!!!! Un papillon de nuit dans ma socquette. Bien fait pour moi. Ça m'apprendra à laisser traîner mes socquettes au lieu de les mettre dans la machine à laver tout de suite.


Je prends un chiffon et avec précaution, je recouvre la bestiole et l'emporte avec la socquette. Je secoue le chiffon dehors au-dessus du toit de zinc. Bizarre, pas de papillon. Je retourne voir mes baskets, il est là, scotché. Beurk! J'ai horreur des papillons de nuit.


Hop, deuxième opération-chiffon réussie.
.../...
Mes pas me dirigent vers cette terrasse ensoleillée, je n'ai que la passerelle à traverser. Il est 12 h 30.


La terrasse est pleine, zut, je voulais déjeuner devant la rivière, quoique marée basse, c'est moins bien. Mais, je découvre à l'arrière du bistrot un patio charmant. C'est vraiment divin de vivre ici. Un coin de ciel bleu, un petit coin de paradis.


Je pensais commander une salade et finalement j'ai mangé du lapin:) à l'estragon fort bon.
Je lis le JDD en prenant mon café.



Je suis déçue par la nouvelle formule du JDD. Bon, c'est encore l'été, espérons qu'à la rentrée ce sera plus consistant.

Il est 14 heures, je traverse la passerelle dans l'autre sens. Bientôt trois ans que je vis ici, j'avais bien repéré ce petit bistrot avec sa terrasse devant la rivière, je me promettais d'aller y prendre un café. Voilà, c'est fait, j'y ai déjeuné, c'est pas cher, j'y retournerai, même en hiver, l'intérieur est chaleureux, avec une grande photo dédicacée de Dan Ar Braz.
Ici avec Jean-Jacques Goldman.

22 h 15. Vu My Blueberry Nights de Wong Kar Wai.
On dit que ce n'est pas un très bon WKW. Je ne suis pas d'accord même s'il est plus facile d'accès que d'autres de ses films, j'ai aimé la mélancolie des personnages. Et puis, ces flous, ces chevauchements d'images, ces ralentis qui sont la marque de ce cinéaste. La bande son est géniale. J'ai beaucoup aimé. Je m'attendais à voir quelque chose de violent et j'ai vu de la poésie.



"Cher Jérémy,
Ces jours-ci j'ai essayé de me défier des gens.
Je suis contente d'avoir échoué."

samedi 25 décembre 2010

Un Noël zen

24 décembre 2010.

En guise d’apéritif, j’ai lu quelques pages de La pensée chinoise :

" […] le début de l’année chinoise est, par principe, variable : c’est en fixant les heures, jours et mois initiaux que les différentes dynasties déterminent leurs insignes et leur calendrier de façon à singulariser le Temps de leur domination. Fait remarquable : le début de l’année n’a jamais oscillé qu’entre les divers mois de la saison froide. La fête hivernale n’a pas été, dès l’origine, une fête solsticielle : son nom peut vouloir dire : fête de l’allongement des nuits, - et il est certain qu’elle présente tous les caractères d’une fête des récoltes. Sa durée, d’abord fort longue, était en fait déterminée par des termes réels, ceux du gel et du dégel. Elle s’étendait, avec ses cérémonies initiales et terminales, sur toutes les périodes de l’hivernage, si bien que de nombreux épisodes rituels ont pu s’en détacher : attribués aux huitième et deuxième mois, ils ont marqués les deux bouts d’un axe équinoxial de l’année. […] L’Espace par quadrants, un ordre liturgique, fondé sur la division de l’année en quatre saisons, servit à rythmer le Temps. Mais on doit noter qu’une des extrémités de la croisée est restée à peu près vide de valeur religieuse : elle correspond simplement aux vacances d’été, simple temps de repos et d’abstention. Les vacances d’hiver ont une autre importance. Même réduites à une période de six ou de douze jours, elles semblent valoir autant que l’année entière."


Marcel Granet, in La pensée chinoise, éditions Albin Michel.

En ce soir de Noël, tandis que je passais mon après-midi à lire des Correspondances, Journaux intimes et autres Carnets d’écrivains, - pour vérifier quel était leur état d'esprit en ce mois de décembre de leur époque - et, en véritable païenne, alors que j’entendais sonner les cloches de la messe de minuit, je ne chantais point le Minuit chrétien ni Il est né le divin enfant, non, à cet instant là je regardais un film de Wong Kar Wai (encore lui) : Nos années sauvages.
"Romantique et mélancolique, tendre et poétique, déchirant et évocateur, ce film est le portrait de l’innocence perdue de l’adolescence." "Dans les années 1960 à Hong Kong, Yuddy, élevé à la diable par sa mère adoptive, indolent et charmeur, se laisse bercer par la vie, passant de bras en bras, seulement alarmé quand on lui propose le mariage. Narcissique, obsédé par le besoin qu'il éprouve de découvrir ses origines, Yuddy quitte amis, maîtresses et mère pour partir aux Philippines, à la recherche de son passé." Wong Kar Wai pensait faire une suite à ce film mais n'ayant pas eu le succès escompté ce fut In the mood for love qui remplaça la suite. J'ai pour ma part trouvé ce film beau et tant sur le plan des images que du scénario; je l'ai vu en V.O. mais c'est un film plus visuel que verbal. "Le film a remporté 5 prix lors des Hong Kong Film Awards de 1990 (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur pour Leslie Cheung, meilleure direction et meilleure photo)".

Sans doute est-ce parce que je suis en "immersion" sur la Chine avec ma lecture de La pensée chinoise et ce chapitre sur le Temps et l’Espace que j’ai été frappée par le rythme de ce film où le temps est parfois suspendu ou pointé précisément dans sa durée. C’est un film sur le souvenir, tout finit par s’éloigner dans les souvenirs sans jamais pouvoir être oubliés (comme dans cette scène que j’ai filmée maladroitement où cette femme se confie à un policier anonyme, 3ème vidéo ; elle lui parle de cette minute, première vidéo). La bande annonce, magnifique, aurait pu suffire mais j'ai souhaité insérer mes vidéos - faut oser après la bande annonce car elles sont vraiment de mauvaise qualité - pour argumenter ce sujet du Temps et de la durée...





Ce fut une belle "messe de minuit" très païenne.

Aujourd’hui, 25 décembre, jour de Noël, à l’heure où les repas de famille devaient s’éterniser autour de la dinde et de la bûche, je passais solitaire un Noël divin : 3°, un soleil radieux. Un temps à m'adonner à mon sport favori, ce que je fis, en oubliant le Temps mais pas l'Espace. Certains greens étaient encore gelés malgré le soleil.



Et pourtant près de la piscine je me demandais si j'étais à Marrakech ou dans le Finistère!



Pas un pékin dehors, les bretons préfèrent la pluie au froid (ils sont fous) l'espace m'appartenait. Un Noël zen!

lundi 20 décembre 2010

WKW

Imprégnée de ma lecture du jour, La pensée chinoise (dans quoi me suis-je lancée, j'en ai pour quelques mois), je me remémorais ce film magnifique où la musique et les ralentis me chavirent à chaque fois que je le revois : In the mood for love. Faisant une recherche sur Internet pour le retrouver, je découvre ces deux vidéos passionnantes où le cinéaste Wong Kar-Wai s'exprime sur ses oeuvres, dont celle-ci.

"Un remontage critique d'une interview de Wong Kar-Wai, réalisée par Michel Ciment, à Cannes en 2000, à l'occasion de la projection de In the mood for love." Ci-dessous, en deux parties.



On peut voir ici d'autres vidéos de quelques-uns des films de Wong Kar-Wai ainsi que des portraits de ses acteurs fétiches. Il ne me reste plus qu'à espérer les trouver en DVD à la médiathèque, ce qui n'est pas impossible. Encore faut-il qu'ils soient en bon état car les deux derniers DVD que j'aie empruntés - les Alain Tanner - sont illisibles; déception.