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vendredi 1 février 2019

***

Pluie toute la journée, c'est la rengaine du mois de janvier qui se poursuit aujourd'hui 1er février.
Sur la côte, pas d'embellie, la pluie aussi.
Difficile de tenir son parapluie de la main gauche et l'appareil de photo de la main droite; sans bouger la main d'appuyer sur le déclencheur. Bécassine se débrouille... pas trop mal.
Il y a une semaine elle faisait la balade côté Avenue de la plage, aujourd'hui, pour changer et pour rendre l'atmosphère encore plus tourmentée, elle décida de se promener Avenue de la mer.




En une heure de marche, Bécassine n'a croisé que deux promeneurs. Une photo floue : ben oui, toujours d'une main, tenir l'appareil, appuyer sur le zoom et capturer, c'est bougé ! En plus avec un gant et les doigts gelés! A-t-on jamais vu Bécassine avec des gants ? Oui, quand elle fait du ski.








La solitude est pareille à ces pluies 
qui, montant de la mer, s'avancent vers les soirs.
[...]
Rainer Maria Rilke, Einsamkeit

mardi 15 janvier 2019

Parenthèse mortelle morbide


En France, on interdit l'Euthanasie.
En France, on refuse la Mort Volontaire Assistée ou Suicide Assisté.
Mais en France - il arrive que - on laisse mourir aux Urgences sur un brancard !

En France, à l'hôpital, si vous ne répondez pas à l'appel de votre nom QUAND VOUS ÊTES DANS LE COMA (ET QUE VOUS ÊTES SEUL.E.) IL EST POSSIBLE QU'ON VOUS CONSIDÈRE COMME "SORTI.E.".

"Le décès inexpliqué d'une femme [55ans], retrouvée morte 12 heures après son admission aux urgences de l'hôpital parisien Lariboisière le 18 décembre dernier...
"Installée sur un brancard, la patiente  est vue par une infirmière, à 19 heures et avant 21 heures, mais aucune réévaluation de son état n'est effectuée entre 21 heures et minuit. C'est à cette heure qu'elle est appelée (sic) pour la première fois, plus de cinq heures après son inscription, afin d'être examinée.
Appelée à quatre reprises au total, dont deux fois dans la salle d'attente "surchargée", la patiente ne répond pas, peut-être en raison du nom erroné avec lequel elle a été enregistrée. Elle est alors considérée comme sortie, "sans vérification des bracelets des malades en attente"."

samedi 22 décembre 2018

"Tu es toute seule. Tu es toute seule"



And did you get what
you wanted from this life, even so?
I did.
And what did you want?
To call myself beloved, to feel myself
beloved on the earth.

                                             Raymond Carver, "Late fragment"


[Alors, as-tu obtenu
ce que tu voulais de cette vie, malgré tout?
Oui.
Et que voulais-tu?
Qu'on m'appelle bien-aimé, et que je me sente
bien-aimé sur la Terre]

                                              Tiré de l'ouvrage de Nuala O'Faolain, On s'est déjà vu quelque part ?

Je viens de commencer ce livre de Nuala O'Faolain. J'ouvre une page au hasard et je lis :

" Il est possible que je me fasse des idées. Ce qui importe c'est peut-être que j'aie pensé pour la première fois écrire sur moi quelques jours avant Noël. Noël est une période où nous sommes agités par de puissants sentiments. Et ce Noël allait être mon premier Noël en solitaire. Le tout premier. Il n'y avait même pas une personne spéciale que des circonstances m'auraient empêchée de rejoindre ce jour-là. [...] Je n'étais pas absolument seule, bien sûr. Je devais parler avec mes sœurs au téléphone, et j'allais recevoir d'autres coups de fil. Mais je n'étais liée à personne. À plus de cinquante ans. Je ne pouvais pas m'empêcher de revenir sans cesse à ce simple constat ni de l'affronter. Je n'étais pas malheureuse. Mais je continuais de penser - parfois avec surprise, parfois comme une simple observation, parfois prise de panique : "Tu es toute seule. Tu es toute seule."
Que s'était-il passé?
Je sais que ce n'est pas une tragédie."

Ô comme je vais l'aimer ce livre. 
(Charmante lectrice, qui me le fait découvrir, je vous remercie). 

mercredi 24 octobre 2018

Le remède au sentiment de solitude est la solitude



Suite...
"Il y a la question de la solitude. Mais là non plus, ce n'est pas comme on l'imaginait (si on avait jamais essayé de l'imaginer). Il existe deux sortes essentielles de sentiment de solitude : celui qui est dû au fait de ne pas avoir trouvé quelqu'un à aimer, et celui qui est dû au fait d'avoir été privé de l'être aimé. La première sorte est la pire. Rien n'est comparable à la solitude de l'âme dans l'adolescence. Je me souviens de mon premier séjour à Paris, en 1964; j'avais dix-huit ans. Chaque jour j'accomplissais mon devoir culturel - galeries d'art, musées, églises; j'ai même acheté une des places les moins chères à l'Opéra-Comique (et me rappelle l'impossible chaleur là-haut, l'impossible angle de vue, et l'incompréhensible opéra). Je me sentais seul dans le métro, dans les rues, et dans les parcs publics où, assis seul sur un banc, je lisais un roman de Sartre qui parlait sans doute de solitude existentielle. Je me sentais seul même parmi ceux qui se liaient d'amitié avec moi. En repensant maintenant à ces quelques semaines, je me rends compte que je ne suis monté nulle part - la tour Eiffel semblait être une structure absurde, et absurdement populaire -, mais je suis bel et bien descendu, exactement comme Nadar l'avait fait avec son appareil photo un siècle plus tôt : j'ai découvert moi aussi les égouts de Paris, y entrant près du pont de l'Alma pour une visite guidée en barque; et, de la place Denfert-Rochereau, je suis descendu dans les catacombes, ma bougie éclairant les empilements bien nets de fémurs et de crânes.
Il existe un mot allemand, Sehnsucht, qui n'a pas d'équivalent en anglais et qui signifie "l'aspiration à quelque chose". Il a des connotations romantiques et mystiques; C. S. Lewis l'a défini comme étant "l'inconsolable aspiration" dans le cœur humain à "on ne sait quoi". Cela semble assez typiquement allemand de pouvoir spécifier ce qui ne peut l'être. L'aspiration à quelque chose - ou, dans notre cas, à quelqu'un. Sehnsucht décrit la première sorte de sentiment de solitude. Mais l'autre sorte provient de l'état contraire : l'absence d'une personne très spécifique. Moins une solitude qu'un manque d'elle. C'est cette spécificité qui peut faire songer à quelque projet consolant avec le bain chaud et le couteau à découper japonais. Et, bien que je sois maintenant muni d'un solide argument contre le suicide, la tentation subsiste : si je ne peux vivre sans elle, je m'ôterai cette vie. Mais maintenant, au moins,  je suis plus conscient de voix avisées à écouter. "Le remède au sentiment de solitude est la solitude", souffle la poétesse Marianne Moore, tandis que Peter Grimes (certes pas un modèle à tous égards) chante dans l'opéra du même nom : "Je vis seul. On s'y fait." Il y a un équilibre dans ces mots, une réconfortante harmonie.

Julian Barnes, in Quand tout est déjà arrivé, éditions Mercure de France, 2014.

mercredi 10 octobre 2018

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À une heure du matin


Enfin ! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. 
Enfin ! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.
Enfin ! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres ! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.
Horrible vie ! Horrible ville ! Récapitulons la journée : avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île) ; avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait : « — C’est ici le parti des honnêtes gens, » ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins ; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues ; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants ; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre ; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m’a dit en me congédiant : « — Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z… ; c’est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons ; » m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain ; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle ; ouf ! est-ce bien fini ?
Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

mardi 15 mai 2018

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" Dans la solitude, le solitaire se ronge le cœur; dans la multitude, c'est la foule qui le lui ronge.
Choisis donc ! "

Friedrich Nietzsche, Humain trop humain.

mardi 9 janvier 2018

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Si j'avais le choix, aujourd'hui, d'une autre vie, je choisirais celle que j'ai vécue et celle que je vis.

dimanche 15 janvier 2017

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"Nul ami tel qu'un frère, nul ennemi comme un frère."
Proverbe indien

"L'idéal serait de pouvoir traverser la vie 
et de la finir sans réaliser qu'on est seul."

mercredi 23 novembre 2016

HONTEUX !


"Admise aux urgences, elle se retrouve à la rue..." à 83 ans.

Il ne faut pas pas vieillir à Quimper dans le Finistère! Mais ailleurs, dans les hôpitaux, est-ce mieux?
J'ai vécu une situation à peu près semblable (lien ci-dessus) lors d'une violente crise de Menière, de plus un jour de canicule. Vertiges rotatoires, ne pas tenir debout, nausées, vomissements... solitude... déshydratation. J'appelle les Pompiers à 23h45 après douze heures de vertiges et alitée, ils arrivent parfois plus vite que le SAMU. Enfin, des humains attentifs, attentionnés... Hospitalisation aux urgences de cet hôpital à minuit. Après une heure d'attente avec le machin pour vomir, perfusion pour hydrater. Sur un brancard, dur comme la pierre, sans oreiller, j'y passe la nuit.  A 8 heures passe un interne : vous allez bien, vous pouvez rentrer chez vous. (En survêtement et pantoufles). On ne me propose pas de taxi-ambulance. Personne pour venir me chercher. Je demande à l'infirmière de m'appeler un taxi, s'il vous plaît. Je n'avais aucun numéro de taxis de Quimper sur mon portable (j'en ai de taxis parisiens, un comble). Elle le fait, à contrecœur. J'étais épuisée, déboussolée. Je me dirige vers la sortie, je m'assoie sur un mur de pierres, j'ai peur d'avoir la nausée. Je pleure, j'ai attendu le taxi quarante-cinq minutes, il était dix heures, il n'est jamais arrivé. J'ai abandonné. Je ne raconte pas la suite... et je n'ai pas 83 ans! Et ce que j'ai vécu là n'est rien sans doute à côté de cas plus désespérants, sauf que sur le moment, j'avais juste envie de mourir.

Ce n'est pas le premier fait divers sur le même sujet qui s'est passé à cet hôpital et cela me conforte dans mes décisions. Ne pas attendre d'avoir 83 ans, loin de là, pour ne pas passer ma DERNIÈRE nuit sur un brancard *. Le faire, avant de perdre la tête. Comment ne pas y penser, en lisant ce énième témoignage..., quand on vieillit seul(e).

La conclusion de l'affaire est ahurissante :

"Le Centre hospitalier de Cornouaille signale que « la patiente pourra être reçue à l’hôpital, faire part de ses remarques et s’adresser à la commission des usagers », sans donner plus d’explications sur les causes de la mésaventure."

* "Le malaise de l'hôpital, est un sujet qui touche les gens et vécu par nombre de malades, d'autant qu'un patient de 89 ans est décédé récemment sur un brancard dans ce même hôpital." [Hôpital La Cavale Blanche à Brest].
 

D'autres témoignages ici et là... et il doit en exister de nombreux!

C'est mon coup de gueule du jour.

lundi 23 mai 2016

Il n'y a que l'amour et la solitude qui comptent

"La philosophie n'a aucune importance. Les romans n'ont aucune importance. Il n'y a que l'amitié qui compte; il n'y a que l'amour qui compte. Disons mieux : il n'y a que l'amour et la solitude qui comptent. Mieux encore : il n'y a que la vie qui compte. Les livres en font partie bien sûr, et c'est ce qui les sauve. Mais la vie n'en continue pas moins... Les livres en font partie; comment pourraient-ils la contenir? Ils en parlent; comment pourraient-ils en tenir lieu? Tout au plus  peuvent-ils dire la vérité de ce que nous vivons, cette vérité qui n'est pas dans les livres ou qui ne peut être que parce qu'elle est d'abord dans notre vie. Vérité de la souffrance et de la joie, du courage et de la fatigue, vérité de la solitude... A quoi bon autrement la philosophie? A quoi bon la littérature? Et sans l'amour, à quoi bon vivre? [...] "Comme nous sommes seuls! Comme la vie est triste!*" L'amour naît là pourtant, et la joie, la seule vraie joie, qui est d'aimer. C'est ce que j'ai lu chez Spinoza, et que la vie m'a confirmé. Toutes les occurrences les plus ordinaires de la vie sont vaines et futiles, et il n'y a que l'amour qui soit extraordinaire. Quand on arrive à aimer, et cela arrive malgré tout. Au moins un peu, au moins parfois, même mal, même petitement, même tristement... La question n'est pas de savoir si la vie est belle ou tragique, dérisoire ou sublime (elle est l'un et l'autre, évidemment), mais si nous sommes capables de l'aimer telle qu'elle est, c'est-à-dire de l'aimer. Cela laisse à la littérature sa place, qui n'est ni la première ni la dernière. Les livres ne valent qu'autant qu'ils apprennent à aimer; c'est pourquoi quelques chefs-d’œuvre sont irremplaçables, et c'est pourquoi tant de livres ne valent rien - et les romans d'amour, sauf exception, moins encore! "C'est du roman", dit-on parfois, pour dire : c'est un tissu d'âneries et de mensonges. Eh bien oui, la plupart des romans ne sont que du roman. J'ai mieux à faire : j'ai mieux à vivre. Le plus urgent, c'est de cesser de se mentir. La vraie vie, ce n'est pas la littérature : la vraie vie, c'est la vie vraie."
* Jules Laforgue.
André Comte-Sponville, in L'Amour la solitude. Entretiens avec Patrick Vighetti, Judith Brouste, Charles Juliet. Éditions Albin Michel, 2000.

Je n'avais pas encore commencé ce blog, le 27 mars 2009, date à laquelle André Comte-Sponville m'a dédicacé cet ouvrage (collection Poche). Il était venu à Quimper faire une conférence sur le thème : "Peut-on se passer de religion? Vers une spiritualité sans Dieu."
"Lui-même se définit comme « athée fidèle ». Il se positionne plus précisément comme « athée non dogmatique et fidèle » : « athée » car il ne croit en aucun dieu, « non dogmatique » car il intègre le fait que l'athéisme est une croyance et non pas un savoir, « fidèle » car restant attaché à un certain nombre de valeurs morales, culturelles et spirituelles, tronc commun de l'humanité, transmises historiquement par les grandes religions."
J'ai commencé mon blog le 29 août 2009 (bientôt sept ans. 7 est mon chiffre préféré) et le libellé s'est imposé, sans que j'y réfléchisse, comme on pourrait dire parce que c'étaient eux, parce que c'était moi : Solitude mon Amour. Je peux dire aujourd'hui que ces deux mots auront été les plus prégnants de ma vie. Ce ne sont que des mots et des êtres.

Oui, l'important c'est d'aimer, c'est ce qui nous anime; être inanimé c'est être presque mort.  Je ne pense pas que "les livres apprennent à aimer". Je préfère "l'enseignement" de Christian Bobin dans La lumière du monde  : "Aimer quelqu'un, c'est le lire. C'est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le cœur de l'autre, [...]". (C'est drôle, j'écris cette phrase de Bobin en regardant César et Rosalie (que je connais par cœur) et ce trio magnifique, Romy Schneider, Yves Montand, Sami Frey. "César sera toujours César et toi David tu seras toujours David". Elle aime les deux et les deux aiment Rosalie. L'amour, l'amour, l'amour. La vie. La vie. La vie. La vie sans amour, il n'y a rien de plus triste. Solitude mon Amour.).


samedi 21 mai 2016

***

"Tu n'es aimé que lorsque tu peux montrer ta faiblesse, sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force."

Theodor W.Adorno, dans Minima moralia
Cité par André Comte-Sponville dans L'Amour la solitude.

dimanche 24 avril 2016

De, la Pudeur

Vendredi 22 avril.

Depuis trois semaines je suis en immersion avec Vincent. Il détestait son nom, imprononçable disait-il, Van Gogh. Il le détestait aussi pour d'autres raisons (j'en parlerai, peut-être). Il signait rarement ses tableaux et quand il le faisait il signait Vincent. [...] Une tendinite s'installe (golf elbow), je joue trop. J'y suis pourtant retournée ce midi. Je me suis sentie légère, aérienne dès que je suis arrivée au départ du 1. Dès que je suis  au golf, plus de noir : du vert, du silence (à part les grenouilles qui font un de ces raffuts, c'est la saison des amours paraît-il), une petite balle blanche, un bien-être total. Deux joueurs âgés (encore plus que moi) venaient de me doubler avec leur voiturette, sur le chemin qui mène au départ. Ils étaient en retard sur leur horaire et se sont excusés [...]. Un autre joueur attendait aussi au départ, seul. Nous avons laissé partir les joueurs en voiturette. [...] Nous avons peu parlé sur le parcours, j'aime les partenaires qui ne parlent pas beaucoup, on se concentre mieux sur son jeu. C'était agréable. J'avais mal au bras mais je jouais bien. Arrivés au 9 j'ai arrêté et il a continué pour faire 18 trous. [...] Tout à l'heure je fouillais dans mes archives, pour ma sœur; elle me demandait si le Weigelia que j'avais à la campagne avait des feuilles vert clair ou vert foncé (0_0)? Je pensais vert clair. Du coup j'ai recherché des photos (elles étaient vert foncé, on dira vert moyen!) et je revoyais avec un peu de nostalgie mon jardin et l'intérieur de ma maison; je leur trouvais un charme fou. Mon jardin était rustique, en harmonie avec le champ attenant tondu par des moutons.



Le Weigelia 



 Lavatère

Il ne faut pas regarder en arrière. Il faut aller de l'avant. Je ne peux vivre que le présent, au jour le jour. J'ai regardé d'autres photos et j'ai retrouvé celle-ci, prise au Guilvinec, en février 2004. Un chalutier... amoureux?


Ce soir à la Maison du Patrimoine il y avait une conférence : 

"Quimper et Brest sont-elles différentes? Le conférencier tentera de répondre en comparant l'histoire de ces deux villes, en analysant les racines historiques, géographiques et culturelles de leurs différences". J'y suis allée... (A suivre, peut-être, pas sûr c'était ennuyeux).


Dimanche 24 avril.

J'avais posté le billet ci-dessus (texte intégral) vendredi soir. J'écoutais ensuite une des émissions que j'avais ratée des NCC consacrée à La Pudeur. Je n'en dormis pas de la nuit et hier matin je supprimais ce billet qui, avait déjà été lu par un nombre non négligeable de visiteurs. Je le republie aujourd'hui, légèrement amputé. Je ne me suis jamais interrogée vraiment de savoir si parler ici de mon quotidien, de mes intimes pensées, était impudique ou honteux. Je ne le ressentais pas ainsi, j'écris pour moi-même, pour me libérer d'un trop plein d'angoisses, de mélancolie, de solitude, sans penser du tout - au moment où j'écris - au lecteur... jusqu'à ce que...
Il est temps que (le) je disparaisse de ce blog. Ça ne devrait pas être insurmontable.

[...] = texte supprimé.

jeudi 14 avril 2016

Deux belles heures





En voilà un qui ne fera pas de poussin.

Sous un ciel assez chargé qui ne se dégagera qu'à la fin de ma partie, je profitais hier (une fois de plus à l'heure du déjeuner) d'être seule sur le parcours de my private golf (je vais finir par le croire) pour faire quelques vidéos et, jouer deux balles : la mienne et la sienne [Rires]. Je donnais ainsi corps à l'absent. Bonne joueuse, je désignais celle qui était la meilleure sur chaque trou comme étant la sienne... jusqu'au 4. Et là, au 4, coup de fer 7 pour être sur le green, je tape ma balle (la plus éloignée du green) puis je vais taper la sienne avec un wedge et là, incroyable, elle arrive en roulant tout doucement EXACTEMENT à côté de la mienne. Bon sang, je ne le crois pas! Elles sont restées sur le plateau du haut, il reste un long putt en descente à faire. Délicat.


Je jure que ces deux balles sont arrivées comme ça (très mignonnes).
OK! les greens ne sont pas terribles en ce moment, le carottage s'impose.


Je décide - soyons folle - de les putter en même temps et de rêver que l'une rentrera direct dans le trou (0_0). Ce serait mon coup de billard du siècle. Hugh!  Vous allez voir ce que vous allez voir, non mais! C'est assez difficile de poser mon appareil de photo en équilibre sur le sac de golf, il a basculé quand je l'ai enclenché. 
(On ne voit pas très bien. Tsss! Ne pas laisser  la flèche sur la barre de lecture sinon on ne voit rien. Hum! C'est  plus "lisible" en cliquant sur Dailymotion).


Golf à deux balles par watnews
 
Yes!!! Enfin presque! Une des balles, la sienne (hum!) est arrivée à 10 cm du trou et l'autre, la mienne, je l'ai enquillée. Ah ah! Trop fort.
Du coup, à partir du 5, j'ai décidé que sur tous les trous je désignerai la meilleure balle comme la mienne. Les absents ont toujours tort;-)

Au 8, je tapais deux bons drives. Hé hé! Je m'arrêtais un instant, je ressentais un bien-être tel que je me disais : j'aimerais mourir maintenant et, comme je n'étais pas morte, je rajoutais : je voudrais mourir au golf. Sérieusement.  Mourir juste après cette minute de silence troublée - mais pas perturbée - par les gazouillis des oiseaux et les coassements des crapauds. Ce serait une belle mort.






Ce fut : deux belles heures...

mercredi 23 mars 2016

Be... Lonely...

CD écouté en boucle cette après-midi, après le golf,
Jonathan Livingston le Goéland : 
"Ce Jonathan qui sommeille en nous [...] en quête d'absolu."

"La passion du vol entraîne le jeune Jonathan à transgresser tous les interdits, et surtout les lois du Clan. Cela va le conduire à mener une existence littéralement extraordinaire où les périodes sombres alternent avec les matins où « l’or d'un soleil tout neuf tremblait sur les rides d'une mer paisible »."  

Mes deux morceaux préférés : Be (ci-dessous) et Lonely looking sky.
Je découvre cette vidéo, magistrale!
(Merci au "youtubeur" qui l'a mise en ligne).




LONELY LOOKING SKY 

Lonely looking sky 
Lonely sky, lonely looking sky 
And bein' lonely 
Makes you wonder why 
Makes you wonder why 
Lonely looking sky 
Lonely looking sky
Lonely looking sky 
Lonely looking night 
Lonely night, lonely looking night
And bein' lonely 
Never made it right 
Never made it right 
Lonely looking night 
Lonely looking night 
Lonely looking night 

Sleep we sleep 
For we may dream 
While we may 
Dream we dream 
for we may wake 
One more day
One more day

Glory looking day 
Glory day, glory looking day
And all it's glory 
Told a simple way 
Behold it if you may 
Glory looking day 
Glory looking day 
Lonely looking night 

"Exigez la liberté comme un droit, soyez ce que vous voulez être..."
"Pour voler à la vitesse de la pensée vers tout lieu existant, il te faut commencer par être convaincu que tu es déjà arrivé à destination."
Ce conte philosophique me donne envie de revoir le film que j'avais vu à sa sortie dans les années 70. Je me souviens d'images superbes. Peut-être le trouverai-je à la médiathèque.

samedi 17 octobre 2015

Des tocs artistiques




Où trouvent-ils l'inspiration? Au lit, en promenade, sous la douche? Quels sont les rituels des génies créatifs?

A chacun ses habitudes, ses "tocs", sa routine et, sa solitude.

"Gustave Flaubert, par exemple, annonçait tous les matins son réveil à 10 heures précises en faisant sonner une cloche. Ses domestiques lui apportaient alors le journal, un verre d’eau, sa pipe et son courrier. Après avoir parcouru la presse, il toquait au plafond, signe qu’il était temps pour sa mère de le rejoindre dans sa chambre pour causer. En véritable forçat de l’écriture, l’auteur de Madame Bovary travaillait par ailleurs 12 heures par jour selon une routine bien réglée : après avoir tracé une phrase sur un manuscrit placé en hauteur sur un pupitre de musique, l’écrivain allumait sa pipe, se renversait sur son siège et contemplait les mots dans une atmosphère enfumée. Au bout d’un quart d’heure, il supprimait une virgule inutile. Au second quart d’heure, il remplaçait un mot inadapté. Après 45 minutes, il effaçait le tout et recommençait à zéro."
[...]
"Gustave Flaubert déclarait ainsi : «Bédouin, tant qu’il vous plaira; citoyen, jamais.» Pour Pablo Picasso, aucun travail sérieux n’est possible sans grande solitude. Goethe quant à lui était d’avis que l’on pouvait être instruit par la société, mais que seule la solitude était à l’origine de l’inspiration."

Pour connaître les rituels quotidiens d'autres génies, lire l'article complet 
(Source Le Temps.ch, Amanda Castillo).

D'après l'ouvrage de Mason Currey, Dailys rituals.



Je suis une bédouine... 




Dans le désert brûlant de ma solitude
Ont poussé
Des milliers d’arbres solitaires

*

Résultat de mes errances :
Quelques petits sentiers
Pour les marcheurs


*

J’hésite
Debout entre deux chemins
La seule route que je connaisse
Est celle du retour




Abbas Kiarostami, Un loup aux aguets




mercredi 10 juin 2015

"La plus grande chose du monde, c'est de savoir être à soi"


 Garder sa ligne d'horizon, savoir être à soi

 Les NCC cette semaine : Montaigne, " à sauts et à gambades" : 
"De l'oisiveté" I, 8.
(De, la vieillesse).

"La solitude me semble avoir plus d’apparence et de raison à ceux qui ont donné au monde leur âge plus actif et florissant, suivant l’exemple de Thalès. C’est assez vécu pour autrui ; vivons pour nous, au moins ce bout de vie : ramenons à nous et à notre aise nos pensées et nos intentions. Ce n’est pas une légère partie que de faire sûrement sa retraite : elle nous empêche assez, sans y mêler d’autres entreprises. Puisque Dieu nous donne loisir de disposer de notre délogement, préparons-nous-y ; plions bagage, prenons de bonne heure congé de la compagnie ; dépêtrons-nous de ces violentes prises qui nous engagent ailleurs et éloignent de nous.
Il faut dénouer ces obligations si fortes ; et meshui [désormais] aimer ceci et cela, mais n’épouser rien que soi : c’est-à-dire, le reste soit à nous, mais non pas joint et collé en façon qu’on ne le puisse déprendre sans nous écorcher, et arracher ensemble quelque pièce du nôtre. La plus grande chose du monde, c’est de savoir être à soi."

Montaigne, Essais, De la solitude, I, 39.

"Pour Montaigne, la vieillesse est l'âge des loisirs, de la liberté, de la cessation de ce qu'il appelle "l'embesognement", qui est le fait de la jeunesse, laquelle s'y adonne avec d'autant plus d'ardeur qu'elle n'est pas consciente du temps qui passe puisqu'elle croit en avoir beaucoup en réserve. Le vieillard pour qui l'avenir se rétrécit comme une peau de chagrin connaît la valeur du temps présent et l'alternance des biens et des maux. « L’expérience m’a encore appris ceci, que nous nous perdons d’impatience. Les maux ont leur vie et leurs bornes, leur maladie et leur santé ». Au vieillard et à lui seul il est donné de vivre un rapport équilibré au corps. « Il faut ordonner à l’âme non de se tirer à quartier, de s’entretenir à part, de mépriser et d’abandonner le corps (aussi ne le saurait-elle faire que par quelque singerie contrefaite), mais de se rallier à lui, de l’embrasser, le chérir, le contrôler, le conseiller et ramener quand il se fourvoie, l’épouser en somme et lui servir de mari ». Et de conclure l'auteur de l'article: « La vieillesse est ainsi l’âge où nous vivons l’intégralité de notre condition d’homme, et non seulement une partie tronquée de cette condition »."
[...]
"Qu’est ce qui caractérise la vieillesse ? Ce n’est certainement pas le grand nombre des années, mais peut-être premièrement une prise de conscience – celle que l’on entre dans un âge dont on sait qu’il n’y en a plus d’autre à attendre après lui."
[...]
"Je définirai la seconde caractéristique de la vieillesse dans un certain rapport à la mort. La mort nous est continuellement présente, du premier au dernier jour. Elle est, comme le dira bien plus tard Heidegger, l’horizon indépassable de toute existence humaine, ce même qui donne du sens à cette existence. Pour Montaigne, la mort est l’épreuve suprême, celle qui constitue le sens le plus profond de l’« essai » – ce qui ne s’essaye qu’une seule et unique fois. Et pourtant nous ne vivons pas de la même façon ce terme ultime lorsque nous sommes jeunes et lorsque nous sommes vieux. Jeunes, nous voulons faire acte d’héroïsme devant la mort, en anticiper le terme par ce que Heidegger nommera, dans un langage tout stoïcien, une « résolution prévenante ». Montaigne, dans ses premiers essais (et en particulier dans l’essai fameux qui a pour titre « Que philosopher, c’est apprendre à mourir »), recommande une préparation journalière à la mort, consistant en une tension continuelle de l’esprit. Pour que la mort ne puisse nous surprendre, il faut qu’elle nous soit présente à tous les moments de notre vie."

(Source : Encyclopédie de l'Agora).

mercredi 29 avril 2015

Baisser le son pour mieux entendre

Deux femmes d'un certain âge  (le mien) dans la salle vide, séance de 14 heures. Deux femmes d'un certain âge, seules, elles ne se connaissent pas et pourtant, se reconnaissent. Seules dans cette salle, elles échangent un regard, complice. Sans doute attirées par le titre du film qu'elles sont venues voir : Une belle fin (Still Life).
Elle et moi sommes venues, c'est une évidence, appréhender ce qui nous attend, peut-être; nous conforter dans notre solitude, de ce que pourrait être notre fin... si nous n'avions pas de famille. En a-t-elle? Je ne sais pas, j'en ai. Ce qui fait toute la différence avec le sujet du film. Cependant, il ne suffit pas d'avoir une famille pour mourir seul(e).
Un film poignant de bout en bout, sur la solitude humaine. Une fin inattendue. Un hymne à la vie avec des séquences de chaleur humaine, émouvantes et généreuses. L'acteur Eddie Marsan pourrait jouer dans un film muet tant il est expressif. Je dirais : expressif-minimaliste.




Eddie Marsan, bouleversant

"Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin."

Réalisé par Uberto Pasolini (sans lien de parenté avec Pier Paolo Pasolini mais avec Luchino Visconti dont il est le neveu).
Interview, extrait :

A y repenser, tous vos films ont un petit air de famille!

Parce que je reviens toujours au même genre d’histoire: des gens modestes confrontés à l’écart entre un rêve et la réalité. Les destins exceptionnels ne me parlent pas du tout. Ce qui m’intéresse, c’est trouver l’extraordinaire dans le quotidien. C’est trop facile de faire des films en poussant le volume à fond, l’action, le drame et la musique. Le spectateur sera secoué sur le moment mais n’en gardera pas grand-chose. En revanche, si vous baissez le volume, vous en perdrez bien sûr un bon nombre, mais vous aurez une chance de toucher vraiment certains. Le maître absolu dans ce style, c’est le Japonais Yasujiro Ozu. Sa grammaire est très simple. Résumés, ses films n’ont pas l’air très excitant. Et pourtant, il est difficile de trouver plus émouvant et universel. En toute modestie, Still Life lui doit beaucoup.
 
Comment avez-vous pensé à Eddie Marsan, qui est extraordinaire dans ce film?
 
Je ne voulais surtout pas d’une star, pour qu’on puisse vraiment croire à la réalité de ce personnage, à son job, à sa générosité, à son inconscience de sa propre solitude. Eddie a joué dans beaucoup de films, mais en général des seconds rôles plutôt outrés, y compris chez Mike Leigh. Je l’avais repéré en valet de Napoléon dans The Emperor’s New Clothes, mais il a dépassé toutes mes attentes. C’est un comédien fabuleux qui ne donne même pas l’impression de travailler. La vérité du personnage lui doit énormément.

 (Uberto Pasolini dans un entretien à lire :  Le Temps.ch)

Mostra de Venise 2013 : Prix Horizons du meilleur réalisateur (sélection « Orizzonti ») pour Une belle fin (Still Life)

vendredi 2 janvier 2015

lundi 24 mars 2014

Moderne solitude

http://www.columbusunderground.com/wp-content/uploads/2014/01/her-film-01.jpg



Que faire une après-midi de pluie? Rester derrière son écran? Non, aller voir un film sur grand écran!
Quel film? Her! Immersion dans les écrans, smartphones, oreillettes branchées 24h/24,  7j/7, très tendance. Tsss! 
Absolument effrayant, à voir absolument pour rentrer chez soi avec l'envie de jeter son ordi, sa tablette, son smartphone par la fenêtre. Je plaisante (dommage).

Plus sérieusement : je ne l'ai pas vu comme un film de science-fiction. C'est tellement probable qu'à court terme les pauvres paumés solitaires que nous sommes la pauvre pomme solitaire que je suis, tombera amoureuse d'un robot, d'un avatar ou d'un OS (partenaire d'un système d’exploitation, tellement intelligent). Plus besoin de clavier, vous êtes connectés en permanence par une voix. Fascinant oui, exaltant non!  Les critiques sont élogieuses : 
"une love story éthérée, mélancolique et bouleversante"
"Pourquoi aime-t-on instantanément ce héros et donc ce film ? Peut-être parce que personne ne joue mieux la cristallisation amoureuse que Joaquin Phoenix".

Je n'ai pas été bouleversée (j'aime trop la chair (*_~)). J'ai même été un peu déçue mais je ne me suis pas ennuyée. De bons moments de (fausse) légèreté, d'introspection et une réflexion philosophique sur la solitude de l'humain. Je ne refuserais pas d'habiter dans l'appartement de Theodore. Je dis donc : A voir! Plus de pour que de contre dans les critiques.

En vérité, je crois que j'ai bien aimé ce film! Comme me disait mon homéopathe récemment : "vous êtes un paradoxe!".

Lire ici le contre 
et là le pour : "Le tour de force du cinéaste repose d'abord sur le pari risqué de son scénario, centré sur l'histoire d'amour entre un homme de chair et une femme de bits." (Amusante cette trouvaille)
"EN BREF : Pour sa première aventure en solo, comme réalisateur et scénariste, Spike Jonze affirme une sensibilité d'une force inouïe avec ce magnifique film sur la solitude."

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