Affichage des articles dont le libellé est Suicide assisté. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Suicide assisté. Afficher tous les articles

mardi 10 septembre 2019

"Décisions ultimes" et "Obstination juridique déraisonnable"



À propos de "l'affaire Vincent Lambert"... mais pas que...

"...la "souveraineté de la personne sur elle-même" :
Dans toute circonstance, lorsque les conséquences des décisions d'une personne n'ont de conséquences directes que sur elle-même et qu'elle a elle-même décidé de prendre en responsabilité de telles conséquences en connaissance de cause, c'est à dire de ne pas imputer par la suite à autrui  ou à la "collectivité" une responsabilité qu'elle a librement choisi d'assumer, alors aucune autre personne, ni aucune autre collectivité ( ni souveraineté nationale, internationale ou "populaire" , ni "communautaire" ) ne peut l'empêcher de prendre une telle décision qui ne concerne directement que sa propre "personne". Le "juge ultime" est alors la personne concernée elle-même.
[...]
"Si vous-mêmes, en tant que personne, considérez que c'est à vous-même et à personne d'autre ( ni autre personne ou groupe, association, parti,  ou "communauté" ou "famille", ni autre collectivité politique juridique, nationale, européenne, ou internationale ) qu'incombe la liberté et la responsabilité des décisions "ultimes"  qui vous concernent en premier en tant que personne, rien ne vous empêche de le "déclarer" publiquement vous mêmes, "en personne", par les moyens de votre choix."

Ultime Liberté, commentaire  éditorial.

dimanche 14 juillet 2019

Est-on en France voué à mourir seul

Journal

Juin

Récapitulatif.
Semaines remplies de rendez-vous médicaux, divers spécialistes : urgentiste, généraliste, dentiste, kinésithérapistepeute.
Les journées sans rendez-vous : migraine. 
Les journées avec et sans rendez-vous : douleurs. Assommée d'antalgiques. 
Une oreille bouchée avec hyperacousie, allez comprendre, l'autre oreille baisse brutale d'audition.
Le golf, oublié !

Juillet

Rendez-vous urgent avec l'ORL, l'associé de mon ORL adoré, ce dernier décédé en décembre, à 63 ans (sale crabe), pas pu en parler, trop touchée. Associé, épatant aussi.
Migraines migraines.
Dentiste, ophtalmologiste (il s'est écrié : MAGNIFIQUE, quand il a vu que ma pression oculaire était passée en trois mois de 27 à 16 avec son traitement), kiné.
Chirurgien orthopédiste, radiologues... (je fais aussi une cure des Radioscopies de Jacques Chancel et ça, c'est un régal).
C'est pas une vie de passer son temps dans les salles d'attente. J'en ai assez. Plus envie de me faire soigner. Je veux pouvoir marcher sans douleurs. Hyperacousie : le bruit me fait mal, peux plus aller au cinéma, son trop fort.

Lors de ma dernière visite, récente évidemment (tsss !), chez ma généraliste, en fin de consultation elle me demande si j'ai lu le Journal d'Irlande de Benoîte Groult qu'elle était en train de lire. - Oui, formidable, quelle femme ! lui dis-je. Et comme elle connaît mon sujet de prédilection, je lui en parle souvent, sans tabou, je lui demande si elle a lu La touche étoile. - Non me dit-elle. Mais elle connaissait le sujet et je lui dis : elle a attendu trop tard, mais moi, je n'attendrai pas.
En rentrant chez moi, je l'ai sorti de ma bibliothèque, pour le relire. Il n'a pas pris une ride - si j'ose dire, ce n'est pas comme moi - en douze ans, et malheureusement rien n'a changé concernant cette ultime liberté.

"Je veux m'en aller, ma hotte lourde de souvenirs et les yeux pleins de la fierté d'avoir vécu vivante jusqu'au bout. M'en aller à mon heure à moi, qui ne sera pas forcément celle des médecins, ni celle autorisée par le pape, encore moins la mort au ralenti proposée par Marie de Henezel, avec son plateau de soins palliatifs en devanture et son sourire crémeux.
[...]
[...]
Ne pouvant me satisfaire des baisers des autres et des trop rares couvreurs qui se donnent en spectacle, ayant perdu presque tous mes plaisirs et presque tous les amis de mon âge, ayant écrit mon dernier livre, je ne vois pas pourquoi j'attendrais passivement le dernier coup du sort. Mais comment abréger mes jours, au cas où j'aurais la chance d'entendre grincer à temps la charrette de l'Ankou [qui annonce la mort chez les Bretons, N.D.L.R], conduite par son charretier funèbre qui a toujours pour moi le visage de Jouvet ?
En Suisse, en Belgique, en Hollande, on admet "l'aide à mourir". J'avais vu Exit à la télévision et suivi la mort douce et choisie d'un homme malade, dans les bras de sa femme. Et l'admirable Mar adentro, un film sur la joie de vivre et le courage de mourir.
La France n'est plus le pays des libertés. Nos députés viennent d'inventer l'hypocrite "laisser-mourir", formule affreuse bien dans la lignée du "laissez-les vivre", les deux slogans ayant en commun le même mépris de la volonté des intéressés.
[...]
Comment accéder à l'euthanasie, ce beau mot grec qui signifie tout simplement ce que tout le monde souhaite : "une belle mort" ?
Quand un philosophe est contraint de se défenestrer pour échapper à sa maladie incurable [Gilles Deleuze, N.D.L.R.], quand une femme âgée en est réduite à s'avancer dans l'eau glacée d'un étang jusqu'à s'y engloutir, afin d'échapper à ses poursuivants qui l'avaient déjà réanimée de force à deux reprises, qu'est-ce d'autre qu'un refus d'assistance? que le non-respect d'une personne ? Qu'est-ce d'autre qu'une mort dans la cruauté, sans l'aide d'une main secourable ? Pour ne pas laisser condamner le médecin qui vous aide, ou le proche qui vous tend la main, est-on voué en France à mourir seul ?
[...]
J'ai besoin de conseils éclairés et j'ai cru devoir consulter les spécialistes de la vie, donc de la mort. [...] Tous ont fait resurgir du fond de ma mémoire des impressions enfouies depuis plus de cinquante ans ! L'humiliation, l'impression d'être coupable, le ton paternaliste masquant mal une totale indifférence, le même blindage idéologique que pour l'avortement avant la Loi Veil. Et pour couronner le tout, l'alibi de la foi chrétienne chez des gens qui ne vont même pas à la messe.
Or quand un être n'a plus d'Espérance, c'est de Charité qu'il a besoin, non de Foi.
Réclamant le droit de choisir ma mort comme j'avais réclamé autrefois celui de donner ou non la vie, voilà que je me retrouvais dans la même position de quémandeuse devant la même nomenklatura ! Voilà qu'on me parlait comme à une petite fille alors que j'avais le double de l'âge de tous ces médecins et n'étais coupable que d'avoir trop vieilli à mon goût ! Ma vie n'était donc plus à moi ?

Pages  276 - 278 - 279 - 280 - 281

Benoîte Groult, in La touche étoile, éditions Grasset & Fasquelle, 2006.

lundi 20 mai 2019

Ultime liberté

La missionnaire de la mort libre accusée...

Archives 2013 :

Témoignage et prise de position du Dr Erika Preisig,
médecin suisse et présidente d'une des associations suisses, Lifecircle, pour le droit de vivre et de mourir dans la dignité :


Les conséquences des promesses non tenues par le Président Hollande...
Rapport d' un médecin suisse.

 Je suis la présidente d' une association que je viens de créer : Lifecircle.ch et ma lettre est l' expression de mon désespoir..Voilà pourquoi je voudrais la publier et l' envoyer aux médias ainsi qu' au Président de la République Française. Je l' écris pour les 3 patients en fin de vie auxquels j' ai rendu visite le week-end dernier et dont le destin ne doit pas rester dans l' ombre.

   François Hollande a fait une promesse pour se faire élire et un grand nombre de personnes lui ont donné leurs voix car il avait promis de libéraliser la loi sur l' euthanasie et le suicide assisté.
    Maintenant il vient de tenir sa promesse envers les homosexuels mais le grand nombre de personnes qui souffrent sans espoir de guérison et qui comptaient sur lui continuent à souffrir sans espoir de pouvoir sortir de leur souffrance. Ils n' ont pas le droit de recevoir une aide au suicide dans leur pays, la France. S' ils veulent se libérer de leur souffrance, il ne leur reste que la possibilité d' aller en Suisse . Pour aider ces 3 personnes, j' ai parcouru 1537 kilomètres en voiture et je ne m' en plains pas car je suis heureuse d' avoir consacré mon temps à aider ces personnes..

   Mon premier patient est un homme de 66 ans, atteint de la maladie de Charcot. Il vit dans une jolie petite maison à la campagne. Il est entouré par sa femme et ses enfants..Une famille unie qui serait heureuse si cette maladie inexorable et sans issue n' avait pas atteinte le père de famille. C' est toute la famille qui me reçoit : le fils, la fille, l' épouse et le père de famille. La maladie a progressé au point que cet homme totalement conscient et lucide ne peut plus bouger que la tête et les avant-bras et que dans peu de temps il perdra même ce peu de mobilité qui lui reste, car la maladie est en train de détruire inexorablement tout son système nerveux. Il pourrait , le pauvre, rester vivant dans un état végétatif. Il ressent maintenant déjà que sa qualité de vie est inacceptable. Il voudrait terminer sa vie tant qu' il lui reste un peu d' autonomie. Ses enfants et sa femme comprennent le souhait de ce père de famille qui avait toute sa vie été très actif. Ils parlent souvent et ouvertement de cette possibilité d' aller en Suisse pour avoir droit à une mort médicalement assistée. Ils regrettent tous les quatre que leur mari et père ne puisse pas avoir le droit de mourir chez lui. La loi française ne le permet pas. Il va devoir faire ce long voyage en Suisse.

   Le deuxième patient habitait à trois heures de là. Il pleuvait à torrents et la visibilité était nulle. Malgré tout on voyait la beauté du paysage..Une dernière petite vallée, un petit village perché tout en haut et voilà le domicile d' un homme de 58 ans. Il y a quatre ans, on lui a trouvé un cancer du colon, ensuite des métastases au foie et enfin des métastases dans le cerveau...Il a subi trois opérations très lourdes et en plus une quantité de chimios et de rayons...Maintenant on vient de découvrir une nouvelle et grande métastase au cerveau...la maison est pleine de charme..Le couple n' a pas d' enfants et a consacré beaucoup de temps à rénover cette maison, pièce par pièce...Ils se réjouissaient à l' idée de pouvoir en profiter et de vieillir ensemble...Maintenant l' homme espère pouvoir tenir le coup pendant les quelques mois d' été. Il ne veut plus aucune thérapie car les dernières ont réduit sa qualité de vie à un minimum inacceptable pour lui. Ce qu' il aimerait le plus au monde , c' est pouvoir s' endormir paisiblement chez lui , pendant qu' il est encore lui-même et avant de sombrer dans une déchéance totale. Il ne veut pas attendre d' être complètement rongé par le cancer. Il veut terminer sa vie pendant qu' il est encore lucide..Il ne veut pas imposer à sa femme le spectacle d' une mort violente. Il demande une aide au suicide. Chez lui. La loi française ne l' autorise pas. Il va devoir faire le long voyage en Suisse.

  Je retourne vers la Suisse avec une dernière étape dans une grande ville française, il pleut encore à torrents. Je suis allée voir un homme de 88 ans. Sa fille m' a conduite dans la maison de retraite médicalisée dans laquelle il se trouve après avoir eu un AVC à la Saint Silvestre. Jusqu' à ce moment, il a passé 10 ans à s' occuper de sa femme atteinte de démence.
  En entrant dans la maison de retraite, j' entends les cris de désespoir de deux vieillards. Nous montons un escalier glauque et nous entrons dans une chambre. Deux lits de métal, deux boîtes en bois ..La chambre était petite et étouffante. L' homme dans le lit demandait à boire : »de l' eau, de l' eau ! » Il a bu 3 verres d' eau, il avait l' air d' avoir très soif. Il n' en peut plus. Il est adhérent de l' ADMD et puis aussi de mon association Lifecircle. Il veut en finir. Il ne veut pas rester dans ce lit métallique , dépendant de la bonne volonté d' un personnel soignant débordé et indifférent, en attendant la mort. Il me raconte que l' année dernière il a conduit sa femme au bord d' une falaise et qu' il avait l'intention d'aller jusqu' au bout pour mourir avec elle. Maintenant il regrette de ne pas l' avoir fait. Il n' aurait pas eu à subir tout ce qui lui est arrivé par la suite. Il n' est plus en mesure de se suicider tout seul à présent. Il dépend de mon organisation pour lui procurer une mort paisible et douce. Pourquoi faut-il qu' il continue de souffrir dans une maison de retraite ? Pourquoi ne peut-il pas avoir accès chez lui à un suicide assisté ? La loi française ne le lui permet pas. Il va devoir faire le long voyage en Suisse.

   Ceci est un appel à tous ceux qui souffrent dans les pays, où l' avortement est autorisé mais pas l' aide médicalisée au suicide. Parlez, faites savoir votre opinion. Il faut que le jour arrive enfin, quand les personnes gravement malades ne devront plus s' exiler pour mourir. Le jour où on leur permettra de mourir chez eux , au moment où ils le décideront eux-mêmes. Le suicide assisté est légal depuis trente ans en Suisse avec des normes et des contrôles stricts, il pourrait l' être de la même manière dans d' autres pays. Ce qu' on appelle le tourisme de la mort est le fruit du totalitarisme qui sévit dans les pays qui réduisent à ce point la liberté de leurs citoyens. "

Dr Erika Preisig, Présidente de l' Association pour le droit de vivre et de mourir dans la dignité : Lifecircle.ch

Source : Ultime Liberté

dimanche 19 mai 2019

NON, MERCI !

  [...] se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci !

[...]

Mais. . .chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre...

[...]

NE PAS MONTER BIEN HAUT, PEUT-ÊTRE,
MAIS TOUT SEUL.




Deux minutes dix-sept secondes jubilatoires. 


J'essayais ce matin de trouver quelque chose qui m'apaiserait (merci Cyrano) après avoir entendu à la radio cette information, révoltante, quand on sait que Vincent Lambert, patient tétraplégique, est en état végétatif depuis plus de dix ans :

"Les parents de Vincent Lambert, eux-même catholiques pratiquants, bénéficient en outre du soutien de la Conférence des évêques de France (CEF). Celle-ci s’est dite étonnée ce samedi de la «précipitation» à conduire «vers la mort» Vincent Lambert. «Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort?» écrit dans un communiqué le groupe bioéthique de la CEF, déplorant que le gouvernement veuille passer outre l’avis du Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU."
Finir sa vie comme Vincent Lambert, NON, MERCI !
Les parents de Vincent Lambert sont des fanatiques, des fanatiques du catholicisme. Nous vivons au XXIe siècle en France  sans aucune évolution sur les problèmes de la fin de vie, de l'euthanasie, de la mort volontaire assistée. 
Finir dans un Ehpad, NON, MERCI !
Rideau, retournons écouter Cyrano.

mardi 15 janvier 2019

Parenthèse mortelle morbide


En France, on interdit l'Euthanasie.
En France, on refuse la Mort Volontaire Assistée ou Suicide Assisté.
Mais en France - il arrive que - on laisse mourir aux Urgences sur un brancard !

En France, à l'hôpital, si vous ne répondez pas à l'appel de votre nom QUAND VOUS ÊTES DANS LE COMA (ET QUE VOUS ÊTES SEUL.E.) IL EST POSSIBLE QU'ON VOUS CONSIDÈRE COMME "SORTI.E.".

"Le décès inexpliqué d'une femme [55ans], retrouvée morte 12 heures après son admission aux urgences de l'hôpital parisien Lariboisière le 18 décembre dernier...
"Installée sur un brancard, la patiente  est vue par une infirmière, à 19 heures et avant 21 heures, mais aucune réévaluation de son état n'est effectuée entre 21 heures et minuit. C'est à cette heure qu'elle est appelée (sic) pour la première fois, plus de cinq heures après son inscription, afin d'être examinée.
Appelée à quatre reprises au total, dont deux fois dans la salle d'attente "surchargée", la patiente ne répond pas, peut-être en raison du nom erroné avec lequel elle a été enregistrée. Elle est alors considérée comme sortie, "sans vérification des bracelets des malades en attente"."

dimanche 8 mars 2015

Journal

Mardi 3 mars.

J'avais une heure de route à faire. Ma minerve autour du cou m'obligeait à tenir ma tête bien droite et mes rétroviseurs extérieurs suffisaient pour voir les voitures arriver et pour doubler, si nécessaire. Mais pas question de vitesse aujourd'hui, état toujours vertigineux.
J'avais pris de l'avance au cas où je perdrais du temps à trouver une place pour me garer et veine de... pas cocue - et pour cause, tsss! - une voiture quittait le stationnement juste devant l'immeuble où j'avais rendez-vous. Pour le coup j'avais 45 minutes d'avance. Je vais au parcmètre, je prends le ticket, le pose sur le tableau de bord. Tonnerre de Brest, le petit zef était glacial. Un thé allait me réchauffer.
J'étais devant l'hôtel quatre étoiles où je venais réveillonner avec mon amie lorsque nous étions jeunes filles et nous terminions la nuit dans la discothèque qui se trouvait en dessous de l'hôtel. Que de souvenirs... L'hôtel avait été rénové et l'entrée faisait très palace. Je jetais un coup d’œil à travers la vitre et, sans complexes, poussais la lourde porte en verre et me dirigeais vers le bar, ignorant la réception. Deux jeunes hommes élégants prenaient un café, perchés sur les hauts tabourets du bar et me saluèrent d'un bonjour madame souriant et respectueux. Je commandais un thé et m'enfonçais dans un fauteuil que je trouvais trop profond.  J'essayais celui qui était en face, il était plus confortable. Les deux jeunes hommes quittèrent le bar et l'un donna des instructions au barman. C'était peut-être le directeur de l'hôtel. J'étais évidemment la seule cliente dans cet immense salon, j'empruntais Le Figaro, seul journal à disposition, passais directement aux pages saumon et le refermais aussitôt, la sensation vertigineuse ne m'avait pas quittée, je ne pouvais pas lire.
Je quittais l'hôtel pour aller à mon rendez-vous. 
Pas d'attente, l'ORL vient me chercher dès mon arrivée.
Pendant qu'il passait l'aspirateur dans mes oreilles j'observais son bureau, sa bibliothèque remplie d'ouvrages médicaux et, je remarquais alors une étagère où étaient disposées de nombreuses figurines des Aventures de Tintin!
Mon ORL est tintinophile! me suis-je dit.
Je n'osais cependant lui demander s'il l'était vraiment ou si c'étaient des cadeaux. A mon avis, il l'était!
Je pensais alors à l'album L'oreille cassée et au fétiche Arumbaya qu'il devrait rajouter à sa collection, la plupart de ses patients ayant une voire deux oreilles cassées ou bien abimées.


 
 
http://a402.idata.over-blog.com/0/31/92/83/images-4-pour-articles/oc-t-1.jpg 


https://www.tintinboutique.com/media/catalog/product/big/product_123_1.jpg

Cette statuette ne dénoterait pas dans son Cabinet.

L'examen se poursuit dans un autre cabinet pour la manipulation libératoire de Sémont avec le masque. Ça tourne lui dis-je. - "Oui, votre vertige est splendide. " Et je restais tête pendante dans une position inconfortable mais accrochée à ses bras.
Avant de repartir il m'indique les consignes à suivre pendant une semaine. Etc.

Samedi 7 mars.




Je m'étais promise d'y aller à cette manifestation. Pour une fois qu'il y en avait une dans ma ville, je devais y être! L'air était doux et printanier ce samedi matin. Nous aurions dû être nombreux à cette manifestation;  en matière d'euthanasie et de suicide assisté, la Suisse reste la seule possibilité pour ceux qui ne veulent pas d'acharnement thérapeutique. La seule possibilité : le suicide assisté en Suisse car, se suicider (en fin de vie) ne reste qu'une possibilité... de se rater et de souffrir. Une mort indigne dans la solitude.

A Quimper




"Grâce aux moyens de procédure mis à sa disposition par le Parlement, je crains qu’aucun des amendements présentés par des députés favorables à l’euthanasie et au suicide assisté ne soit adopté.
Si tel devait être le cas, la triste loi de 2005 sera-t-elle légèrement modifiée par celle de 2015 : une aide passive à mourir au moyen d’une sédation accompagnée d’une dénutrition et d’une déshydratation, des directives anticipées opposables et contraignantes (voir ces termes page 17) mais sous conditions : qu’elles ne soient pas déclarées par les médecins comme « manifestement inappropriées » et dès lors qu’il n’y aura pas d’ « urgence vitale »…
Assurément, la volonté du patient ne sera respectée, comme aujourd’hui, que si elle convient au chef de service. [...]

encore une loi qui protègera le médecin et infantilisera le patient."

(Jean-Luc Romero, Président de l'ADMD)






vendredi 12 septembre 2014

***

Ce soir dans le miroir je voyais ton visage maman.
Et je pensais tout haut : je te ressemble, je vieillis comme toi, mais je ne mourrai pas comme toi; je prendrai les devants.

mercredi 12 février 2014

"On va Exiter... mais la vie ça rend accro..."

Je pense à elle ce soir je ne sais pas pourquoi. 
Peut-être parce que j'en parlais hier?

En 2002 interview biographie lors de la sortie du film de 
Pedro Almodovar Parle avec elle.





Et voilà, il fallait que je tombe sur cette autre interview; il n'y a pas de hasard! Encore une raison de plus pour me sentir proche d'elle.
En 2012, quand Chaplin rime avec Berlin. 

"La Gazette de Berlin a rencontré Geraldine Chaplin, pour un entretien aussi court qu'intense. La fille du cinéaste mythique, au regard aigu et au rire explosif, nous livre avec une clairvoyance désabusée sa vision du grand âge et de la fin de vie."
La Gazette : Pour revenir sur le film*, est-ce que ça vous fait peur le grand âge? Est-ce une chose à laquelle vous pensez ?
Géraldine Chaplin : J'en ai une peur bleue. Je déteste l'idée d'être encore plus vieille que ce que je suis, mais bon, l'alternative c'est la mort... De toute façon, on est nombreux à être de Exit.

La Gazette : Exit ?

Géraldine Chaplin : En fait il y a un programme en Suisse qui s'appelle comme ça : Exit. Mais il y en a peut-être deux qui le font chaque année, alors que tout le monde est de Exit. La vie c'est hyper addictif ! Alors je suis de Exit, avec mon mari on va Exiter, mais je doute qu'on le fasse, parce que la vie ça rend accro... Peut-être si on a une maladie vraiment terrible qui fait beaucoup souffrir. Mais en tout cas, je ne veux pas être un fardeau pour les enfants.
C'est marrant ce film, parce que j'ai une copine depuis 50 ans, on a toujours pensé qu'on allait vivre ensemble quand nous serions vieilles. On est déjà vieilles et on vit pas ensemble. On n'en a pas eu le besoin. C'est un peu les aveugles qui soignent les aveugles. Mais c'est une idée sympa d'être des copains et de vivre ensemble. Mais c'est peut-être un désastre. On ne sait jamais. Mais c'est mieux que de vivre avec les enfants. Quelle horreur ! Les pauvres enfants. C'est horrible !
Je n'ai pas eu de grand mère, c'est un manque. C'est peut-être pour ça que je déteste autant la vieillesse ?"
Propos recueillis par Marion Muracciole et Régis Présent-Griot pour La Gazette de Berlin. (Extraits).

* "Et si on vivait tous ensemble aborde de manière fine et émouvantes des questions plus que jamais d'actualité. De la sexualité chez les personnes âgées à la relativité de la vieillesse, du cancer à la maladie d'Alzheimer.
Que cinq amis décident d'emménager ensemble, cela s'est déjà vu. Mais que ces cinq là soient tous septuagénaires et abritent un jeune thésard allemand, qui prend leur communauté comme sujet d'étude, est déjà plus intrigant."


Est-ce plus rassurant d'être deux - de le faire à deux - que seul(e) pour Exiter? Je pense que oui. Rien n'est plus angoissant - pour n'importe quel motif - que d'affronter la vie ET la mort dans la solitude. "Exiter" c'est être assisté, aidé, c'est vraiment mieux que de se retrouver sur un brancard aux urgences à 97 ans pendant 24 heures!!! dans le couloir, comme dans un terrible reportage que j'ai vu hier! Ne pas attendre que la mort vienne...


Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Aragon

vendredi 31 janvier 2014

Je me fous de tout... ou pas

JOURNAL

Lundi.

En consultation : nous ne plaisantons plus. Il a l'air débordé. C'est plutôt moi maintenant qui prends le sujet au sérieux. Lui ai parlé du Professeur C. Il m'a regardé avec étonnement. 
- Vous en avez entendu parler? me dit-il. 
- Oui, dans une émission qui traitait du sujet, à fond.
J'ai eu l'impression à ce moment-là qu'il m'écoutait plus sérieusement. Merci France Culture!

Mardi.

Longue coupure de courant l'après-midi. Lecture, L'Institut Benjamenta de Robert Walser :
«Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l'Institut Benjamenta, nous n'arriverons à rien, c'est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes.»
A 17 heures courant rétabli; je décide d'aller à la médiathèque pour voir la projection prévue à 18 heures : Lettres d’amour en Somalie de F. Mitterrand. Sur place une affiche  : "fermeture exceptionnelle, coupure de courant, panne informatique." Zut!

Mercredi.

Rien ou presque-rien. Joué au golf, croisé quelques personnes à qui j'ai accordé un sourire, sans retour. Étrange et minable suffisance. Je m'en fous. Terrain gras.
Soirée : vu beau reportage sur la Savoie et Haute-Savoie. Paysages grandioses. Si j'avais eu des ailes je m'y serais transportée sur le champ.


Jeudi.

Prévisions météo : soleil et averses aujourd'hui, pluie et vent demain. Donc, golf de bonne heure. Au départ du 1, un joueur me demande s'il peut m'accompagner. Bienvenu! Nous avons pu faire 8 trous sans averses. Pluie au départ du 9. Mon partenaire perd sa balle. Je la cherche avec lui sous la pluie. Nous avons cinq minutes pour la retrouver (temps autorisé par le règlement). Il s'obstine, je l'abandonne au bout des cinq minutes, le laissant sous son parapluie (je n'en ai pas) chercher sa balle. Il comprend. A bientôt me dit-il. Je ne termine pas le trou, je suis trempée. Youpi!

Soirée télé : réjouissant le "je me fous de tout" de Clément Rosset invité de La Grande Librairie pour parler de son essai Faits divers.

http://issue21.files.wordpress.com/2011/03/clement-rosset.jpg 

"Ce qui se passe dans le monde? L'actualité ne m'intéresse pas, les médias me navrent. Je me fous de tout."
En fait, c'est François Busnel qui lance cette formule : "dit de manière plus brutale : Clément Rosset, vous vous foutez de tout!". Clément Rosset ne dément pas et explicite son indifférence à l'actualité du monde et de la société avec des arguments qui fâchent  Robert Mizrahi, également présent sur le plateau.
Un bon moment. Clément Rosset avale la moitié des mots, il faut tendre l'oreille pour ne rien perdre de ce qu'il dit, je pense qu'il vaut mieux le lire.

"Gilles Deleuze, les vampires, Emil Cioran, Samuel Beckett, le dandysme, Friedrich Nietzsche, Raymond Roussel, Casanova, Arthur Schopenhauer, Jean-Luc Godard, Goscinny & Uderzo, Jean-Paul Sartre, Hugo von Hofmannsthal. Le réel, le double, l’illusion, le tragique, la joie, la musique, la philosophie, la politique, le péché, l’enseignement. Faits divers sont les miscellanées de Clément Rosset : le répertoire désordonné et jubilatoire de ses passions et de ses dégoûts, de ses intérêts et de ses bâillements, de ses tocades et de ses coups de sang – ainsi que de la prodigieuse liberté de ton et de pensée avec laquelle il les exprime et les pense."

Au lit avec Walser. 
Je m'en veux ce soir. Je ne devrais pas répondre si vite à mes mails, surtout quand j'accorde de l'importance au destinataire. Je suis trop impulsive et pas assez indifférente aux choses, aux êtres; à l'actualité oui. Mais donc je ne me fous pas de tout.

Vendredi.

Pluie. Ne pas rester enfermée. Écouter les NCC, toute la semaine fut intéressante; des débats enregistrés le samedi 25 janvier 2014 en public depuis le grand amphithéâtre de la Sorbonne sur le thème de : L'année 2013 vue par la philosophie. Et ce matin... rrrrroulements de tambour : Suicide assisté, la loi peut-elle s'affranchir de la morale? Sujet d'actualité dont je ne me fous pas. Quoi que... je commence à trouver ces débats de plus en plus confus et je crains  qu'ils ne mettent pas plus de lumière dans nos lanternes, dans la mienne en tout cas. Mais pas besoin d'augmenter les watts chez moi, je sais ce que je souhaite et je fais partie des 2%!!! oui seulement 2% de la population française qui a écrit ses directives anticipées et nommé une personne de confiance "okazou"! alors que - paraît-il - 92% des Français sont favorables à l'euthanasie. Encore un paradoxe Français? Hum! Bon, on en parle, c'est mieux que d'occulter le sujet, on avance, à pas comptés.
Fin de l'émission.

Midi approche mais pas mon heure (l'ultime, pas tout de suite), j'ai faim. Il fait trop gris pour rester chez soi. Petit restau pour observer les travailleurs (ceux qui ne déjeunent pas dans leur bureau). Je tente le Steinway, on en parle, je n'y suis jamais allée. 12 h 45, je pousse la porte, plusieurs tables de libres, un petit moustachu vient vers moi, je lui demande en souriant si je peux déjeuner, eh bien non! Vous êtes seule? Oui mon capitaine! Pas possible j'ai des réservations. Je n'ai vu aucun carton sur les tables. Je m'en fous, je pars, je ne retournerai jamais dans cet endroit. Je voulais innover, là il pleut des hallebardes, je vais aller au Petit Gaveau, c'est à deux pas (un Gaveau c'est bien plus sympa qu'un Steinway. Tsss!). La patronne m'accueille avec le sourire, le restau est plein, chaude ambiance, elle me trouve une table bien placée au milieu de la foule. Mon plat est succulent, le pain ô le pain, d'habitude je n'en mange pas mais là j'ai fini la sauce de mes médaillons de lotte avec le pain, piqué dans ma fourchette, je sais me tenir; mon verre de vin se laisse déguster, ainsi que le macaron offert avec le café, je devrais venir plus souvent ici. A côté de moi un jeune couple avec une petite fille dans sa poussette; il n'y a pas que des travailleurs. La bambina joue à cache-cache avec moi, s'enfonçant dans sa poussette jusqu'à disparaître de ma vue et se redressant vivement en me souriant. Je ne l'ai pas laissé jouer seule; j'ai fait pareil, avec ma serviette. Non mais!

Il fait trop mauvais pour flâner en ville en sortant du restaurant. 
Je rentre. L'Odet est jaune, une boue liquide, fort coefficient, risque de débordements sur les berges ce soir.

Fin de semaine!



lundi 25 novembre 2013

***

"Des époux de 86 ans se sont suicidés ce vendredi dans une chambre du prestigieux hôtel Lutetia à Paris. Ils ont laissé une lettre dans laquelle ils revendiquent le droit à l'euthanasie et au suicide assisté.

Une femme de chambre de l'hôtel Lutetia, dans le 6ème arrondissement de Paris, a découvert les corps inanimés d'un couple d'octogénaires ce vendredi matin. Les deux époux avaient recouvert leur tête de plastique.

En fouillant la chambre, les policiers trouvent deux enveloppes. À l'intérieur, il y a deux lettres manuscrites, l'une d'elle est destinée à la famille des victimes, pour expliquer leur geste, la seconde, elle, doit être remise à la justice, en l’occurrence au procureur de la République de Paris. Le couple y évoque son combat pour le droit de mourir dans la dignité et pour qu'une loi légalise enfin l'euthanasie et le suicide assisté."
  • Euthanasie : "On veut que les gens puissent mourir lorsqu'ils l'ont décidé", réclame une association"!

    Evidemment, je signe et contresigne!

vendredi 5 octobre 2012

Je meurs, pleurez-moi je vous en prie

Vu ce soir Clara s'en va mourir sur Arte.

J'aurais dû lire les critiques de l'Express et du Nouvel Obs avant de perdre mon temps à regarder cette grandiloquente tragédie. Comment peut-on aborder un sujet aussi sérieux avec autant d'impudeur, d'indécence.

Quel pathos. A mourir de rire tant c'était grotesque! Elle s'appelle comment déjà l'actrice, la grande tragédienne? Jeanne Balibar. Pourtant j'adore cette actrice mais le film de Virginie Wagon. Lourd le wagon!

Au secours... sur le sujet, aller voir Quelques heures de printemps avec Hélène Vincent.

jeudi 20 septembre 2012

Ne pas attendre pour dire Je t'aime

Ben voilà, il vient de sortir, je suis allée le voir ce soir.
Je me demande à qui vais-je pouvoir demander de m'accompagner... le jour venu?
Ma soeur? Impossible. Dans ma famille personne n'est pour le suicide assisté. Pas question de demander à quelqu'un de ma famille.
Mon unique amie? J'ai déjà tenté de la sonder, elle a ignoré ma demande.
C'est tellement dur pour l'accompagnant. Accepter de le faire c'est une vraie preuve d'amour.
Moi je serai capable d'accompagner quelqu'un qui me demanderait de le faire.
Si je ne trouve personne, j'irais seule... le jour venu!
Mais ce n'est pas d'actualité, je devrais pouvoir attendre encore quelques années.



A part ça, c'est un très bon film, Hélène Vincent et Vincent Lindon sont excellents dans leur mutisme ou leur colère. Ne pas aller le voir à l'aveuglette; il faut être intéressé par le sujet. Et bien sûr je le suis. J'ai également fait la démarche de demander des renseignements, c'est un premier pas et dans la réponse que j'ai reçue, ils ont bien précisé (je laisse les fautes) :

"Veuillez noter que Dignitas n'est pas en position d'arranger une morte volontaire accompagné pour de patient souffrant des troubles psychiques.

Avec nos meilleures salutations
----------------------------------------------
Dignitas
Vivre dignement -
Mourir dignement"

Je ris, je suis un peu cinglée mais je ne leur dirai pas!

"Dans « Quelques heures de printemps », Stéphane Brizé met en scène les relations entre un fils et sa mère qui, condamnée par la maladie, suit une procédure de suicide assisté. Résultat : un film exceptionnel qui regarde une certaine réalité dans le blanc des yeux." Enfin!

En Suisse comme en France, l’euthanasie est interdite. En revanche, le suicide assisté, dans un cadre très strict, est autorisé."

J'ai toujours du mal avec cette pudeur qui fait que des êtres qui ne cessent de se déchirer attendent l'heure fatale pour dire qu'ils s'aiment. Parce que cette mère atteinte d'un cancer, elle n'est vraiment pas chaleureuse avec son fils. Mais c'est aussi ce qui fait la force du film : on ne s'apitoie sur aucun des deux personnages principaux qui, je le redis, sont exceptionnels. C'est la mort qui permet à la mère et au fils de se retrouver.

A voir, quand tout va bien!

mardi 15 novembre 2011

Coïncidences

Il y a d'étranges coïncidences.
Je me promenais vendredi dernier, 11 novembre et, passant sous ce pont



je m'arrêtais pour contempler ces graffitis

EXIT


Ils me parlaient terriblement. La veille je venais de remplir ma "déclaration anticipée"; j'espère toujours de toutes mes forces n'avoir pas besoin d'aller en Belgique ou en Suisse si un jour j'étais condamnée à vivre comme un légume et, que les instances françaises prendront enfin - dans un proche avenir - les dispositions pour légaliser ce qui se fait dans ces pays.
Un sujet qui me tient à coeur.




 EXIT ADMD dans le monde.