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mardi 20 janvier 2015

Féroces, mais pas méchants


Hier soir je voulais poursuivre ma lecture vidéo d'un passionnant documentaire sur Jacques Vergès et, sur la colonne de droite des vidéos, j'aperçois "Carnets de jour : Me Jacques Vergès et Georges Wolinski". Je trouvais curieux d'associer ces deux hommes; j'étais fascinée par l'un, il me passionnait, Jacques Vergès et j'aimais bien l'autre, sans qu'il me passionnât, Georges Wolinski. En voyant que le producteur de ce dernier documentaire était Paris Match, je me suis dit : bon, ça va être une rubrique people; mais l'actualité et la disparition de Wolinski méritaient - comme un nouvel hommage - que je visionnasse cette vidéo. (Extrait ci-dessus).
Rubrique people certes, but why not quand il s'agit de personnalités intéressantes : "féroces mais pas méchantes".
Rien à voir donc avec le documentaire de 2 h 15 sur Jacques Vergès dont je vais poursuivre la lecture vidéo... évidemment.





mardi 13 janvier 2015

***


Dimanche, 11 janvier 2015



 Liberté, Martin Argyrogolo
11 janvier 2015 Place de la Nation


 Liberté "Le crayon guidant le peuple", Stéphane MAHE/REUTERS
11 janvier 2015 Place de la Nation

 

Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830

dimanche 11 janvier 2015

Être là, comme une évidence...

Cette après-midi, rassemblement Place de la Cathédrale, une foule compacte.
Cette Place Saint-Corentin, une Place de la République miniature, sans Hommes d’État. Mais le coeur de chacun, lui, battait aussi fort ici qu'à Paris et ailleurs.
Après le rassemblement, l'allocution de circonstance, puis la minute de silence, la marche a commencé, enfin, devait commencer. Impossible de bouger, il fallait attendre que ça se décante. Alors, ceux qui étaient dans les ruelles attenantes ont commencé la marche dans le sens inverse de celui qui était prévu. La foule fut alors séparée mais pour se retrouver ensuite, réunie à nouveau sur les quais dans cette marche silencieuse, légère. Oui, il y avait une légèreté dans l'air. Le ciel s'était pourtant soudainement assombri. Nous marchions lentement mais lestement dans cette foule qui n'était pas en liesse, mais légère, légère et fière d'être là, comme une évidence, dans une communion compassionnelle... (ça y est, je l'ai dit).

Photos prises à l'aveugle bras levés pour passer au-dessus des têtes!









Vidéo empruntée sur YouTube

samedi 10 janvier 2015

"Des types qui ne rêvent que d'étendre l'ombre sur le monde"

Comment rendre le sens des mots plus clair?

Il faudrait, à chaque fois, faire abstraction de sa subjectivité personnelle, autant que faire se peut. Tâche éminemment difficile pour beaucoup. En sus de leur définition officielle, les mots ont une connotation particulière à chacun, qui dépend de notre histoire personnelle. Est-ce toujours si souhaitable, d'ailleurs, d'abolir toute subjectivité ?

Réflexion inspirée par un mail reçu ce matin au sujet de mon billet d'hier, dans lequel j'ai  noté quelques réflexions écrites par d'autres que moi mais qui me "parlaient" et avec lesquelles je me sentais aussi en accord. Il est vrai que je cite souvent des textes qui sont le reflet de ce que je pense et que je ne saurais pas toujours si bien dire.
Je dois donc préciser - comme si ce n'était pas une évidence - que je suis aussi profondément atteinte par l'horreur de ce qui vient de se passer cette semaine, que j'ai - aussi - été émue (émotion du cœur et pas celles des tripes comme essaient de faire passer les images, les débats en boucle à la télévision, que je ne regarde pas* mais je le sais par les réactions de ceux qui en parlent autour de moi) par la mort de ces hommes et femmes, artistes, policiers et inconnus, révoltée par la cible visée : Charlie Hebdo et la liberté d'expression. Je me suis aussi sentie Charlie mais je n'éprouvais pas le besoin de le dire. Comme je n'ai pas besoin de dire (c'est déjà fait) que je me sens aussi musulmane, arabe, juive ou rien quand on attente à ces hommes (et pas seulement) ou à leur confession.
Bref, j'en ai assez dit Le mieux dit (sans mots) est ici et ailleurs...

* J'ai tout de même regardé l'hommage sur Arte le soir de l'attentat.

Par le plus grand des hasards* j'écoutais ce matin cette émission
* D'habitude le samedi à cette heure j'écoute Répliques. Mais écouter Eric Zemmour chez Alain Finkelkraut, non merci.

"Le 28 novembre 2008 vit Bombay s’embraser, tombé entre les mains assassines de terroristes décidés à tuer quiconque ne penserait pas comme eux, et quiconque croiserait leur chemin ce soir-là."

" 173 personnes, dont au moins 26 ressortissants étrangers ont été tuées et 312 blessées. L'équipe terroriste était composée de 10 militants islamistes entrainés au Pakistan."
 
"Le 26 novembre 2008, Michèle Fitoussi est à Pondichéry, avant de retrouver Loumia Hiridjee et sa famille à Bombay. Quelques heures plus tard, Bombay est touché par une série dʹattentats qui mettent la ville à feu et à sang.
Le lendemain, Michèle Fitoussi apprend que Loumia et son mari Mourad ont fait partie des premières victimes du massacre qui compte 166 morts et 304 blessés. Loumia aurait dû se trouver à Dubaï, elle a annulé son voyage à la dernière minute."

Michèle Fitoussi s'entretient avec Mélanie Croubalian sur ce sujet, celui de son livre : La nuit de Bombay. Je note ce passage  :

"J'ai raconté l'histoire des terroristes parce que je voulais comprendre comment elle était morte.
Je voulais raconter à quel point cette femme était vivante, à quel point elle était drôle, amusante, créatrice, à quel point c'était injuste qu'elle soit morte.
Je voulais aussi qu'elle revive, je ne voulais pas qu'ils gagnent.
Je ne voulais pas que ces terroristes gagnent.
Je ne voulais pas que la mort gagne sur la vie.
Je ne voulais pas que la liberté, la folie, la féminité, la frivolité soient définitivement balayées par des armes, par des intégristes, par des types qui n'aiment pas la vie mais la mort, par des types qui n'aiment pas les femmes, qui ne rêvent que d'étendre l'ombre sur le monde.
Je crois que c'est un combat qu'il faut mener."




vendredi 9 janvier 2015

Emotion, Compassion

" [...] C’est bien joli de dire qu’on est Charlie, mais cela doit faire sourire Cabu et Wolinski, parce que si tous ces gens avaient acheté Charlie Hebdo auparavant, le journal aurait été davantage soutenu. Pour défendre la liberté, il faut le courage de tous : dessinateurs, rédacteurs en chef, lecteurs."
Chappatte, Le Temps.ch

Mercredi prochain, le million d'exemplaire de Charlie Hebdo va partir comme des petits pains. Mais après, combien de "Je suis CHARLIE" présents dans les rassemblements vont continuer de l'acheter ou de s'abonner?

" La philosophe J. Butler s’est intéressée aux réactions émotionnelles aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.[...] Ses conclusions intéresseront peut-être celles et ceux qui s’inscrivent dans le cadre humaniste, affirment « être Charlie » et veulent réfléchir au sens de leurs gestes politiques.
[...]
Le caractère public et collectif de ces réactions émotionnelles nous rappelle que les émotions sont tout sauf des réactions spontanées. En effet, ces sentiments qui nous semblent si personnels, si intimes, si « psychologiques » sont en réalité médiatisés par des cadres interprétatifs qui les génèrent, les régulent et leur donnent un sens. Derrière les émotions se cachent des discours, des perspectives et des partis pris moraux et politique dont il importe de comprendre la nature pour bien mesurer leurs effets.
[...]
Appliquée à l’actualité française, l’étude de J. Butler apporte un éclairage  sur la réaction officielle et dominante - c’est-à-dire « humaniste » et « compatissante » - au drame de la rédaction de Charlie Hebdo. Cette analyse invite à se décentrer et à s’interroger sur les effets de ces discours et gestes de compassion. Or il n’est pas certain que les effets mis en avant par les partisans de ce discours soient les plus importants. On nous explique que ces discours de sympathie et ces gestes de compassion peuvent aider les familles de ce drame à accomplir leur deuil. Mais ces familles (et les lecteurs de Charlie Hebdo qui ont noué des liens d’attachement à ces victimes) ne préféreront ils pas faire ce travail dans l’intimité ?
[...]
Dans ces moments où nous sommes submergés par les émotions, il peut être intéressant de penser à tous ces précédents et à ces morts, à venir, que nous n’allons pas pleurer."

Par Mathias Delori, Chercheur CNRS au Centre Emile Durkheim de Sciences Po Bordeaux



mercredi 7 janvier 2015

***

Attentat à Charlie Hebdo. A cette heure, douze morts dont :







Une minute de silence... pour les familles touchées par ces disparitions d'êtres chers, connus et inconnus.

(Rajout du 8 janvier) :

Qui sont les victimes de Charlie Hebdo?

La liste complète des 12 tués et 11 blessés mercredi à Charlie Hebdo est maintenant connue. Elle compte huit membres de la rédaction du journal satirique, dont les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré. L'économiste Bernard Maris, surnommé Oncle Bernard, a aussi perdu la vie, en même temps que deux autres collaborateurs, la chroniqueuse Elsa Cayat et le correcteur Mustapha Ourrad. Deux policiers, dont l'un assurait la protection de Charb ont été abattus, ainsi qu'un agent d'entretien de l'immeuble. Michel Renaud, fondateur du festival clermontois "Rendez-vous du carnet de Voyage", figure aussi parmi les victimes. Quatre blessés sont dans un état grave a indiqué le procureur de Paris, François Molins.

 - Jean Cabut, dit "Cabu", 76 ans.
- Stéphane Charbonnier, dit "Charb", 47 ans.
- Philippe Honoré, dit "Honoré", 73 ans.
- Bernard Verlhac, dit "Tignous", 57 ans.
- Georges Wolinski, dit "Wolinski", 80 ans.
- Bernard Maris, "Oncle Bernard", 68 ans.
- Elsa Cayat, 54 ans.
- Mustapha Ourrad, correcteur de Charlie Hebdo.
- Michel Renaud, 69 ans.
- Frédéric Boisseau, 42 ans.
- Franck Brinsolaro, 49 ans.
- Ahmed Merabet, 42 ans.