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lundi 25 décembre 2017

"Des flèches à toucher les étoiles"


 La cathédrale Saint-Corentin, Quimper 
(illuminations de Noël)



"Je préfère peindre des yeux humains plutôt que des cathédrales, si majestueuses et si imposantes soient-elles - l'âme d'une être humain, même les yeux d'un pitoyable gueux ou d'une fille des trottoirs sont plus intéressants selon moi."
Vincent Van Gogh, Lettre de Vincent à son frère Théo.

"Une âme se mesure à la dimension de son désir, comme l'on juge d'avance des cathédrales à la hauteur de leurs clochers."
Gustave Flaubert, Correspondance à Louise Collet.


dimanche 14 août 2016

***

"Un grand nombre de journées se passe donc sans que je dise un mot à personne que pour demander à dîner ou un café. Et cela a été ainsi dès le commencement."

Vincent Van Gogh (1882).

samedi 11 juin 2016

"Ah, le portrait, le portrait avec la pensée, l'âme du modèle, cela me paraît tellement devoir venir." *

* Vincent à Théo, Arles, septembre 1888.



Portrait de l'artiste par lui-même.
Paris, été 1887, huile sur carton, 19 x 14 cm.
Amsterdam, Rijksmuseum Vincent Van Gogh


 L'homme à la pipe : Autoportrait, Vincent Van Gogh.
Arles, janvier 1889, huile sur toile, 51 x 45 cm.
Londres, collection particulière

Les portraits que Vincent peignit de lui-même il y a un siècle sont sa gloire. Scruter leur regard, chercher à en déchiffrer le silence et le mystère, c'est devoir violer la mémoire de Vincent.

En Janvier 1890 paraît dans le Mercure de France un article d'Albert Aurier, "Les Isolés". Éloge émerveillé de la peinture de Vincent  dont six toiles sont accrochées à la VIIIe Exposition des Vingt à Bruxelles. (Parmi ces toiles - Un paysage au soleil couchant, La Vigne rouge, Une vue d'Arles, Un coin du parc à l'asile Saint-Paul.)
Le 29 avril 1890 Vincent demande : "Veuillez prier M. Aurier de ne plus écrire d'articles sur ma peinture, dis-le-lui avec instance, que d'abord il se trompe sur mon compte puis que réellement je me sens trop abîmé de chagrin pour pouvoir faire face à de la publicité" et, dans le post-scriptum d'une lettre qu'il envoie alors à sa mère et à sa sœur, il précise : "Quand j'ai appris que mes œuvres avaient un peu de succès et que j'ai lu l'article en question, j'ai craint immédiatement que cela me décourage. Il en va presque toujours ainsi, dans la vie du peintre; le succès est ce qu'il y a de pire."
"... en général, mais plus spécialement lorsqu'il s'agit des artistes, je prête autant attention à l'homme qui produit l’œuvre qu'à l’œuvre elle-même."
"Il m'a toujours semblé qu'un artiste qui montre son œuvre en public, a le droit de garder pour lui les tourments de sa vie privée. Ceux-ci découlent directement, fatalement, des difficultés propres à la création d'une œuvre d'art."
Le "mode d'emploi" que donnent ces phrases pour déchiffrer une œuvre indique l'essentiel. Les péripéties de la vie d'un homme n'expliquent en rien son œuvre. Contresens sans issue. A l'inverse l’œuvre même, son enjeu, son exigence et ses défis décident d'une vie. La vie de Vincent n'est que la quête de la peinture. Et cette quête est une lutte.
"J'ai trente ans, mon front est labouré de rides, les traits de mon visage en accusent quarante, mes mains sont crevassées."
Vincent à Théo, La Haye, 1er juin 1882.

"Je voue une foi totale à l'art, il s'ensuit que je sais ce que je veux exprimer dans mes œuvres, et que je tâcherai de l'exprimer, dussé-je y laisser ma peau."
Vincent à Théo, Nuenen, août-septembre 1885.

"Le peintre de l'avenir, je ne puis me le figurer vivant dans de petits restaurants, travaillant avec plusieurs fausses dents et allant dans les bordels de zouaves comme moi."
Vincent à Théo, 5 mai 1888.

"Un tableau est aussi difficile à faire qu'un diamant gros ou petit à trouver. Maintenant, si tout le monde reconnaît la valeur d'un louis d'or ou d'une perle fine, malheureusement, ceux qui font cas des tableaux et qui y croient sont rares. Mais ils existent, cependant."
Vincent à Emile Bernard, Arles, septembre 1888.

(Textes et images tirés de l'ouvrage de Pascal Bonafoux, VAN GOGH PAR VINCENT)



("Publicité" trouvée dans un quotidien...)

Prochainement au Musée des Beaux-Arts à Quimper,
Autoportraits du Musée d'Orsay, du 17 juin au 2 octobre 2016.


 

dimanche 24 avril 2016

De, la Pudeur

Vendredi 22 avril.

Depuis trois semaines je suis en immersion avec Vincent. Il détestait son nom, imprononçable disait-il, Van Gogh. Il le détestait aussi pour d'autres raisons (j'en parlerai, peut-être). Il signait rarement ses tableaux et quand il le faisait il signait Vincent. [...] Une tendinite s'installe (golf elbow), je joue trop. J'y suis pourtant retournée ce midi. Je me suis sentie légère, aérienne dès que je suis arrivée au départ du 1. Dès que je suis  au golf, plus de noir : du vert, du silence (à part les grenouilles qui font un de ces raffuts, c'est la saison des amours paraît-il), une petite balle blanche, un bien-être total. Deux joueurs âgés (encore plus que moi) venaient de me doubler avec leur voiturette, sur le chemin qui mène au départ. Ils étaient en retard sur leur horaire et se sont excusés [...]. Un autre joueur attendait aussi au départ, seul. Nous avons laissé partir les joueurs en voiturette. [...] Nous avons peu parlé sur le parcours, j'aime les partenaires qui ne parlent pas beaucoup, on se concentre mieux sur son jeu. C'était agréable. J'avais mal au bras mais je jouais bien. Arrivés au 9 j'ai arrêté et il a continué pour faire 18 trous. [...] Tout à l'heure je fouillais dans mes archives, pour ma sœur; elle me demandait si le Weigelia que j'avais à la campagne avait des feuilles vert clair ou vert foncé (0_0)? Je pensais vert clair. Du coup j'ai recherché des photos (elles étaient vert foncé, on dira vert moyen!) et je revoyais avec un peu de nostalgie mon jardin et l'intérieur de ma maison; je leur trouvais un charme fou. Mon jardin était rustique, en harmonie avec le champ attenant tondu par des moutons.



Le Weigelia 



 Lavatère

Il ne faut pas regarder en arrière. Il faut aller de l'avant. Je ne peux vivre que le présent, au jour le jour. J'ai regardé d'autres photos et j'ai retrouvé celle-ci, prise au Guilvinec, en février 2004. Un chalutier... amoureux?


Ce soir à la Maison du Patrimoine il y avait une conférence : 

"Quimper et Brest sont-elles différentes? Le conférencier tentera de répondre en comparant l'histoire de ces deux villes, en analysant les racines historiques, géographiques et culturelles de leurs différences". J'y suis allée... (A suivre, peut-être, pas sûr c'était ennuyeux).


Dimanche 24 avril.

J'avais posté le billet ci-dessus (texte intégral) vendredi soir. J'écoutais ensuite une des émissions que j'avais ratée des NCC consacrée à La Pudeur. Je n'en dormis pas de la nuit et hier matin je supprimais ce billet qui, avait déjà été lu par un nombre non négligeable de visiteurs. Je le republie aujourd'hui, légèrement amputé. Je ne me suis jamais interrogée vraiment de savoir si parler ici de mon quotidien, de mes intimes pensées, était impudique ou honteux. Je ne le ressentais pas ainsi, j'écris pour moi-même, pour me libérer d'un trop plein d'angoisses, de mélancolie, de solitude, sans penser du tout - au moment où j'écris - au lecteur... jusqu'à ce que...
Il est temps que (le) je disparaisse de ce blog. Ça ne devrait pas être insurmontable.

[...] = texte supprimé.

samedi 9 avril 2016

Vincent, le lumineux

"Ce que j'estime la chose la moins enviable au monde, c'est une certaine forme de popularité."
Vincent van Gogh


Vincent van Gogh, La Vigne rouge, 1888
Huile sur toile : 75 x 93 cm

C'est le seul tableau qu'il ait vendu publiquement de son vivant.

"Ce tableau représente les vendanges dans la campagne arlésienne, probablement au Trébon, au nord de la cité en direction de Montmajour. Cette œuvre est remarquable par ses couleurs, notamment par l'opposition des complémentaires jaune et violet,[travail inédit ?] et en ce sens annonce le fauvisme. Dans sa lettre du 2 octobre 1888, Vincent fait part de son projet à Eugène Boch :
« Eh bien je dois aller travailler dans la vigne près de Mont Major. Elle est toute pourpré jaune vert sous le ciel bleu, un beau motif de couleur. »".
 
(A suivre...) 

mardi 1 septembre 2015

Désespérer... pour être heureux?!

" [...] une certaine continuité dans le désespoir peut engendrer la joie. 
[...]  l’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner."
Albert Camus, Noces.

C'est le thème de la semaine dans les NCC. 
(Lecture par Jean-Louis Jacopin : Albert Camus, Noces, « L’été à Alger » : un très court extrait  à la fin de ce billet)

Sujet qui ne peut que me passionner : faire de mon désespoir une énergie de vivre.

Et hier : Kierkegaard, au-delà du désespoir.

Une rentrée épatante! Non? Oui!
Finies les vacances, ouf!


Vincent Van Gogh, <i>Autoportrait à l'oreille coupée</i>

Vincent Van Gogh, Autoportrait à l'oreille coupée

Autoportrait à l'oreille coupée (1889), par Van Gogh. Peinture à l'huile. (Courtauld Institute Galleries, Londres.)
Ph. Coll. Archives Larousse
 

vendredi 18 avril 2014

Joyeuses Pâques




Vincent van Gogh, Au seuil de l'éternité, 1890. 



"Bon Dieu, si j’avais un cœur, j’écrirais ma haine sur la glace et attendrais que le soleil se lève. Dans un rêve de Van Gogh, je peindrais sur les étoiles un poème de Benedetti et une chanson de Serrat serait la sérénade que je dédierais à la lune. J’arroserais de mes larmes les roses, afin de sentir la douleur de leurs épines et le baiser de leurs pétales."

 http://www.worldcrunch.com/images/story/00b6d327590b9241a527e4bf15599fbf_gabriel.jpg

 Gabriel Garcia Marquez (6 mars 1927 - 17 avril 2014). 

 "... le secret d'une bonne vieillesse n'était rien d'autre que la conclusion d'un pacte honorable avec la solitude."   
Cent ans de solitude (page 230).

jeudi 15 décembre 2011

Le vase aux glaïeuls


Un ami m'a envoyé cette carte postale :
Vincent Van Gogh, Vase mit Gladiolen, 1886.

Les verts, les marrons, les rouges sont exactement ceux de ta dernière toile, inachevée, sans titre; je l'appelle : Tempête dans ton cerveau. C'est étrange, cette toile a des tonalités de vert et de marron à la lumière de la lampe alors qu'elle est bleue et grise à la lumière du jour.
Lumière du jour, ciel gris, soleil, lampe. Comme les tableaux peuvent changer sous ces différentes lumières. Ils influencent mes états d'âme.

Ce soir, c'est Joachim qui fouette mes vitres dans une bagarre de pluie et de vent. Je n'ai pas de volets. Dans ma maison j'avais peur des tempêtes; dans mon appartement, je n'ai peur de rien, j'ai peut-être tort. Pour le moment, rien de catastrophique! Attendons cette nuit... Tiens, Joachim va poursuivre sa route vers la Suisse* demain. Le lac Léman va être agité, et peut-être un peu plus qu'ici?

* Ce commentaire en Suisse reflète assez bien ce que je pense du battage médiatique : "La dernière tempête du siècle annoncée l'an dernier avait l'allure d'un pet de grand-mère, donc je pense pas qu'on risque grand-chose."

Hum! Je crois que le courant va être coupé... vite... postons et, serrons les fesses.

samedi 27 novembre 2010

Dédicaces




 (Cliquer pour agrandir l'image)

Il m'est venue une idée étrange ce matin, de rechercher dans ma modeste bibliothèque les livres qui m'ont été dédicacés par leurs auteurs. Chacune de ces dédicaces n’a pas la même importance pour moi mais si j’ai fait la démarche d’aller jusqu’à eux, de les rencontrer, c’est bien évidemment parce que j’aime (j’aimais pour ceux qui sont morts) leur littérature ou ce qu’ils représentent pour moi. Il en est d'autres que j’eusse aimé avoir, surtout pour croiser leur regard parce que le regard d’un auteur que l’on aime c’est très beau de le découvrir, enfin a priori. Je pense à celui de Noëlle Châtelet croisé il y a peu de temps, elle m’a fait une dédicace pour un livre que j’ai offert ; son regard et son sourire étaient si chaleureux, si sincère qu’ils m’ont littéralement éblouie. Je me souviens aussi du regard de Richard Bohringer, venu signer un de ses ouvrages il y a de cela bien longtemps (environ 12 ans). Je n’avais pas les moyens à ce moment-là d’acheter son livre (j’étais dans cette mouise dont j’ai déjà parlé) mais j’avais dans ma bibliothèque C’est beau une ville la nuit que j’avais bien aimé alors j’ai eu envie d’aller à sa rencontre, avec mon livre sous le bras, je pensais qu’il devait être un type épatant. J’ai fait là une erreur : arriver avec un "vieux" livre, il n’a pas apprécié et me l’a fait sentir ; il était là pour vendre son nouveau roman pas pour s’em… à écrire trois mots sur la page du mien qui sentait le renfermé. De sa voix rauque, d’un regard froid, il m’a dit : c’est à quel nom ? C’était terrible. J’étais venue pour lui dire combien son livre m’avait émue et d’un seul coup je me suis sentie gênée mais pas triste non, pas triste du tout. Depuis, quand je le vois à la télévision je zappe, d’ailleurs je n’ai pas retrouvé son livre avec sa dédicace, je l’ai certainement zappé aussi. Il me souhaitait "bonne route" je crois !

Mais revenons à celles qui m’ont fait plaisir parce que leurs auteurs m’ont regardé droit dans les yeux, humainement. Ce serait long de les prendre un par un avec leur dédicace. Tous ceux qui sont sur cette photo m’ont fait une dédicace personnalisée et parfois amicale et touchante. Et s'il en est une, chère à mon coeur (nous étions ensemble mon aimé) c'est celle de Roland Barthes. Mais je dois à deux d’entre eux mes plus belles dédicaces : Michel Rousseau, artiste peintre, sculpteur qui s’est commis à écrire un livre; il m’a fait cadeau du manuscrit original accompagné d'une lettre bouleversante (je dois dire qu'avec son épouse, sa muse, ce sont mes plus chers amis) et, Pascal Bonafoux qui mérite que je raconte un peu cette belle histoire.

Je ne l’ai jamais rencontré et il ne s’agit pas d’une dédicace mais d’une lettre. Tu venais de mourir mon aimé et sept mois plus tard, début janvier 1987 je lis un article dans un magazine sur un livre qui vient de sortir de cet auteur, dont je n’avais jamais entendu parler : Blessé grave. C'est ce que j'étais à ce moment-là. Non ce n’est pas un chef d’œuvre mais un témoignage poignant ; c’était le livre dont j’avais besoin, pour survivre. Introduction du livre :

Collision sur la R.N.10 entre une voiture et un camion : un mort, un blessé grave.
Un très grave accident de la route a eu lieu […] De cette amas de tôles informes les sapeurs-pompiers devaient dégager les corps de M. Pascal Bonafoux, très grièvement blessé, et celui de son épouse tuée sur le coup.

Cela se passe en 1977 et le livre sort en janvier 1987, l’auteur y raconte ce qu’il a vécu pendant des mois durant lesquels il prenait des notes, ce qui était sa manière à lui de lutter contre la souffrance et la peur.
Je l’achetai donc, le lus; sa souffrance était la mienne – la perte de l’être aimé – et pour lui la souffrance physique en sus, pire que la mienne puisque moi j’étais saine et sauve (enfin, pas si sûr). Mais le lire me fit tant de bien, m’aida tellement à vouloir continuer de vivre pour être digne de toi, que je voulus absolument le dire à l’auteur. Je cherchai sur le Minitel (nous étions en 1987) par hasard une adresse et je la trouvai, il n’y avait qu’un Pascal Bonafoux, une chance; je lui écrivis, une longue lettre. Le 21 janvier 1987 – je trouvais cette date d’une incroyable coïncidence, nous nous sommes rencontrés le 21 janvier 1977 mon Amour - il me répondit, je n'en revenais pas. J'ouvris  fébrilement l'enveloppe, son nom était au dos.

Après j’ai acheté tous ses romans, il y en a peu à vrai dire et des livres d’art avec ses textes, très documentés, dans la belle édition SKIRA : Les Impressionnistes, Portraits et Confidences ; VAN GOGH par VINCENT ; REMBRANDT, AUTOPORTRAIT un magnifique ouvrage épuisé chez l’éditeur mais que l’on peut trouver d’occasion. Pascal Bonafoux est historien d'art.





Ces impressionnistes font très dandys,
seul Pissaro est très original dans son costume


J'ai rajouté à ces livres dédicacés un autre livre - qui m’a été offert par un ami, je l’avais déjà lu (évidemment puisqu'il s'agit de Jean-Philippe Toussaint), il m’avait beaucoup plu, ce cadeau en était d’autant plus précieux, plus émouvant que l'ami ne le savait pas. À l’intérieur il n’y a pas de dédicace de l’auteur mais la sienne avec des mots d’une tendresse infinie sur une carte postale romaine. A vrai dire je pourrais rajouter aux livres dédicacés, les livres qu'un autre ami très cher m'a offerts; il ne s'est jamais trompé dans ses choix, il m'a révélé des auteurs que je ne connaissais pas et qui m'ont enthousiasmée. Je considère ses choix comme une dédicace personnelle; d'ailleurs chaque livre est accompagné d'une magnifique lettre.

Je ne cours pas après les signatures, je serais incapable de faire la queue pour en obtenir, j’aurais plutôt besoin de croire que l’auteur n’est là que pour moi, comme cette impression d’intimité que j’aie en tenant un livre dans mes mains, de prendre ces mots, adressés à moi seule.

"On ne peut être content de soi
que lorsqu’on se rappelle ces instants où,
selon un mot japonais, on a perçu le ah ! des choses."

Cioran, Ecartèlements.

(Cette phrase figure en exergue de Blessé grave).



vendredi 29 janvier 2010

VAN GOGH par VINCENT

Portrait de l'artiste par lui-même,
Arles, septembre 1888, huile sur toile signée en bas à droite :
Vincent, et dédicacée en haut à gauche : A mon ami Paul G.
Cambridge, Massachusetts, Fogg Art Museum.

Que suis-je aux yeux de la plupart des gens? Une nullité, un original, un homme désagréable; quelqu'un qui n'a pas de situation sociale et n'en aura jamais, bref, un peu moins que la plus grande nullité.
Bon, mettons qu'il en soit ainsi. Je voudrai prouver par mon oeuvre qu'il y a tout de même quelque chose dans le coeur de cet original, de cette belle nullité.
Vincent à Théo, La Haye, juillet 1882 (lettre 218 en néerlandais, tome 1, page 420)

Pascal Bonafoux, Van Gogh par Vincent (éd. Denoël, 1986)