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lundi 24 juin 2019

***

Hier, dimanche, "jour de merde par excellence" comme le rappelait Louis Calaferte, j'envoyais à un ami quelques photos de ma halte de la veille en bord de mer, à Douarnenez.

A peine cinq minutes plus tard, il m'accusait  réception avec ce poème. J'ai remplacé mon prénom par "très chère" (rien que ça ! Mais je suis aussi parfois sa "très chère";-)) dans nos échanges épistolaires. Ce qui me plaît c'est la rapidité  de l'envoi, donc un premier jet sans retouche. Il est probable que s'il avait su que je souhaitais le publier, il l'eût retravaillé. Je le trouve épatant et beau, tel quel ! J'y sens un peu de spleen. J'ai son accord pour le mettre ici, sans retouche, sa spontanéité m'enchante ! 
Ce dimanche n'était plus du tout en phase avec Calaferte ! 
Merci David.


Ah,très chère,
que votre Bretagne est enchanteresse
et nul doute que si j'avais des cheveux
D'extase elle me ferait des tresses!!

Moi, je me perds dans la ville
pour y puiser bien autre chose
que du connu et du servile
qu'un besoin de culture à haute dose!

Sous la crasse de l'ennui
de l'asphalte, des visages gris,
j'entrevois, c'est à peine si j'écris,
la lueur profonde de mes nuits.

Je lui préfère de beaucoup la mer
les horizons larges, le grand air,
mais dans mon désir infini 
d'infini, je me désole et reste assis.

Poétiquement vôtre,

D.


jeudi 22 février 2018

Rencontre fortuite ?

Rencontré par hasard aujourd'hui sur le parking... 
Déjà deux ans depuis..
Mon cœur ne bat plus la chamade; mais ce fut une vraie joie de prendre un café avec lui.

" Je ne crois pas aux rencontres fortuites (je ne parle évidemment que de celles qui comptent). "
Nathalie Sarraute


Katharine Hepburn 

et Sam Snead


(Ben oui, faut pas rêver!)



mercredi 8 mars 2017

Le mieux-que-rien

Le secouant et le tenant à bout de bras, je regardais le pantalon que je venais de repasser : c'est mieux-que-rien, me disais-je pas vraiment satisfaite. Je m'interrogeais alors : le mieux-que-rien est-il mieux que le rien? Et me revenaient à l'esprit certaines circonstances  qui, d'évidence, m'obligeaient à conclure que le rien valait mieux que le mieux-que-rien et plus encore que le moins-que-rien !
Attention! Je ne parle pas du presque-rien ni du je-ne-sais-quoi. Quoi que... je-dis-ça-je-dis-rien.

Je remettais le pantalon sur un cintre, je jetais un coup d’œil par la fenêtre, nom de Zeus, il a bien salopé mes vitres avant-hier, je n'y voyais rien. Et là, c'est sûr - vu le temps pourri, les travaux et la gadoue dans mon quartier - c'était mieux de ne rien voir!

(*_*), in Une philosophie à coups de rien*, éditions Saint Sylvestre, collection L'imaginaire, 2017.

* Ne pas confondre avec celle de Marcel Moreau  : Une philosophie à coups de rein, éditions Denoël, 2007, avec qui j'avais passé une enivrante Saint-Sylvestre.
(Tendres pensées vers l'ami qui m'a offert ce livre pour mon anniversaire. Dix ans déjà...).

 

mercredi 22 février 2017

***

J'ai tout fait pour qu'il me trouve détestable. C'était facile, je le suis.  

"Catastrophe. Crise violente au cours de laquelle le sujet, éprouvant la situation amoureuse comme une impasse définitive, un piège dont il ne pourra jamais sortir, se voit voué à une destruction totale de lui-même." 

Roland Barthes, in Fragments d'un discours amoureux.



mardi 21 février 2017

De la vertu aux... polissonneries




Sujet du jour dans les Chemins de la philosophie : Les Lumières en dialogue, Le Neveu de Rameau.

"Le Neveu de Rameau ou La Satire seconde est un dialogue écrit par Denis Diderot [philosophe des Lumières] sans doute entre 1762 et 1773. Il s'agit d'une discussion à bâtons rompus entre Moi, le narrateur, philosophe, et Lui, Jean-François Rameau, neveu du célèbre compositeur Jean-Philippe Rameau."
"Le neveu de Rameau est à la fois artiste, philosophe, fantasque et cynique. Comparé au « Neveu », le philosophe incarne en lui la réflexion. Il a surtout pour but de donner la réplique au Neveu. Rameau réfute les valeurs morales imposées par la société : vertu, amitié. Il pense qu'il faut être immoral pour pouvoir réussir. Le philosophe tente de le persuader que l'honnêteté seule peut rendre heureux. Les deux hommes discutent ainsi dans un café du Palais-Royal. Ils se demandent à quelle personne il faut ressembler pour devenir le citoyen idéal."
(Sources Wikipédia)


(Extrait ci-dessous, lu par Georges Claisse ce matin dans l’émission les Chemins de la philosophie, je le retranscris avec ma ponctuation qui n'est peut-être pas celle de l'original).


Lui. - [...] Voilà où vous en êtes, vous autres. Vous croyez que le même bonheur est fait pour tous. Quelle étrange vision ! Le vôtre suppose un certain tour d’esprit romanesque que nous n’avons pas ; une âme singulière, un goût particulier. Vous décorez cette bizarrerie du nom de vertu ; vous l’appelez philosophie. Mais la vertu, la philosophie sont-elles faites pour tout le monde. En a qui peut. En conserve qui peut. Imaginez l’univers sage et philosophe ; convenez qu’il serait diablement triste. Tenez, vive la philosophie ; vive la sagesse de Salomon : Boire de bons vins, se gorger de mets délicats, se rouler sur de jolies femmes ; se reposer dans des lits bien mollets. Excepté cela, le reste n’est que vanité. [...]



Moi. – [...] Je ne méprise pas le plaisir des sens, j’ai un palais aussi, et il est flatté d’un mets délicat ou d’un vin délicieux ; j’ai un cœur et des yeux, et j’aime à voir une jolie femme, j’aime à sentir sous ma main la fermeté, la rondeur de sa gorge, à presser ses lèvres des miennes, à puiser la volupté dans ses regards et, à expirer entre ses bras. Quelquefois avec mes amis une partie de débauche, même un peu tumultueuse, ne me déplaît pas ; mais je ne vous dissimulerai pas, il m’est infiniment plus doux encore d’avoir secouru le malheureux, d’avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable, une promenade avec un homme ou une femme chère à mon cœur, passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état, dit à celle que j’aime quelques choses tendres et douces qui amènent ses bras autour de mon cou.
"Lui, comme Moi, les deux tenants du dialogue,  s’en réfèrent à leur propre expérience pour justifier leur définition de la vertu et du bonheur. Le problème, quand l’expérience devient la norme, on a vite fait de tomber dans un relativisme moral qui semble peu compatible avec l’optimisme propre aux Lumières." (Dixit Adèle Van Reeth, NCC).

J'écoutais cela ce matin et, hier soir je lisais - dans mon "lit bien mollets" (0_0) - le Journal Particulier, 1935, de Paul Léautaud. Extrait (pages 188-189):
Vendredi 6 septembre. - C'est seulement ce matin que j'ai compris le début de sa dernière lettre : "J'ai tort de te dire tout ce qui me passe par la tête. Je te confie mes impressions du moment. Elles peuvent changer. Ainsi, ce que je mets sur ce petit papier ci-joint, que je te prie de déchirer aussitôt lu." Ce qui veut dire : "Je t'ai écrit que je n'avais plus envie de l'amour. Tu t'en es affolé. C'était une impression du moment. Elle a changé. La preuve : le petit papier que je t'envoie." C'est plus agréable.
Je lui ai écrit quelques lignes aujourd'hui pour lui dire ce que dessus. Pas pris copie. Ce soir, en rentrant, lettre arrivée ce matin, après mon départ. Rien de bien marquant. Me dit qu'elle m'écrira peut-être demain (aujourd'hui). Trouve que ce serait trop long de répondre, point par point, à mes lettres : "Le plus sage est de prendre le temps comme il vient et de ne pas chercher à savoir de quoi demain sera fait."
Elle lit Le Neveu de Rameau que je lui ai prêté, en lui disant tout ce que je pense. Trouve aussi que c'est de premier ordre. Mais célèbre encore, en même temps, L'Idiot de Dostoïevski. Elle ne me fera jamais donner dans cette littérature de cabaret. Me dit que V[ollard] n'y voit plus, est de plus en plus distrait et impatient. Elle*, toujours fatiguée.
* Marie Dormoy 

Les critiques de cet ouvrage, Journal Particulier de Paul Léautaud sont plutôt élogieuses. Pour ma part, cette lecture m'a parfois réjouie, souvent ennuyée. Je vais reprendre un zeste de Stendhal et une gorgée de Henry Miller.

Carré blanc.

A propos du Journal Littéraire (qui n'est pas le Journal Particulier) de Léautaud, témoignage de Marie Dormoy.


samedi 21 janvier 2017

Les amoureux du 15e


C'était il y a 40 ans, ces photomatons... toi et moi,
deux mois, jour pour jour, après notre rencontre le ...


21 janvier 1977
21 janvier 2017 




Jusqu'au 25 mai 1986, on nous appelait LES AMOUREUX DU 15e

C'est étrange qu'aujourd'hui, 21 janvier 2017, par hasard, j'ai reçu un mot d'amitié d'amour magnifique, qui m'a laissé le cœur battant devant mon écran pendant de longues minutes. Amour? Amitié? Les deux se mêlent des années plus tard, comme à l'époque, quand je lui parlais d'amour il me répondait, désir. Il avait raison... 
Mon Aimé est mort en 1986 mais sa "pierre précieuse" ne l'oublie pas. 
Et si cet homme délicat qui m'écrit justement, aujourd'hui 21 janvier 2017, coïncidence, des mots (et, coïncidence des mots que je garde pour moi) magnifiques, je me dis que finalement le hasard n'existe pas.
Quand j'ai commencé ce blog fin août 2009... c'était pour panser ce chagrin amoureux d'avec cet homme. Je me suis mise alors à parler de toi, pas très souvent, puis de lui, quand... j'espérais toujours... et encore, puis, peu à peu de beaucoup d'autres choses... 

C'est chouette (pour moi) de relire mes premiers billets, c'est ma mémoire, c'est ma vie, une belle vie... malgré tout, et si riche. Et cet ami-amant-amour, c'est vraiment doux de recevoir ses mots aujourd'hui, avec un détachement qui me permet de les savourer encore plus. Merci à lui.

Mon Aimé... je me souviens comme si c'était hier de notre rencontre, dans ton atelier.  

lundi 2 janvier 2017

De, la lecture

Et si 2017 c'était ça!


Paul Gauguin, Aimons-nous les uns les autres
 
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"Dans la lecture, l'amitié est soudain ramenée à sa pureté première. Avec les livres, pas d'amabilité. Ces amis-là, si nous passons la soirée avec eux, c'est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons qu'à regret. Et quand nous les avons quittés, aucune de ces pensées qui gâtent l'amitié : Qu'ont-ils pensé de nous? - N'avons-nous pas manqué de tact? - Avons-nous plu? - et la peur d'être oublié pour tel autre. Toutes ces agitations de l'amitié expirent au seuil de cette amitié pure et calme qu'est la lecture."
[...]
 "Et c'est là, en effet, un des grands et merveilleux caractères des beaux livres (et qui nous fait comprendre le rôle à la fois essentiel et limité que la lecture peut jouer dans notre vie spirituelle) que pour l'auteur ils pourraient s'appeler "Conclusions" et pour le lecteur "Incitations". Nous sentons très bien que notre sagesse commence où celle de l'auteur finit, et nous voudrions qu'il nous donnât des réponses, quand tout ce qu'il peut faire est de nous donner des désirs."
Marcel Proust, in Journées de lecture, éditions Fata Morgana, 2006.

Je me suis livrée, le jour de la Saint Sylvestre, hier, à mon petit exercice de lecture. Cette année, pas de mise en scène pour cet enregistrement, au pied levé, que j'aurai dû refaire; le trac n'aidant pas, je bafouille d'entrée avec le mot Marcel. Tant pis, je laisse ce premier jet. Extrait de l'ouvrage de Marcel Proust lu ce week-end de Saint-Sylvestre.


(Texte retranscrit ci-dessous)

"Les théories de William Morris, qui ont été si constamment appliquées par Maple et les décorateurs anglais, édictent qu'une chambre n'est belle qu'à la condition de contenir seulement des choses qui nous soient utiles et que toute chose utile, fût-ce un simple clou, soit non pas dissimulée, mais apparente. [...] A la juger d'après les principes de cette  esthétique, ma chambre n'était nullement belle, car elle était pleine de choses qui ne pouvaient servir à rien et qui dissimulaient pudiquement, jusqu'à en rendre l'usage extrêmement difficile, celles qui servaient à quelque chose. Mais c'est justement de ces choses qui n'étaient pas là pour ma commodité, mais semblaient y être venues pour leur plaisir, que ma chambre tirait pour moi sa beauté. [...] [...] [...] Je laisse les gens de goût orner leur demeure avec la reproduction de chefs-d’œuvre qu'ils admirent et décharger leur mémoire du soin de leur conserver une image précieuse en la confiant à un cadre de bois sculpté.  Je laisse les gens de goût faire de leur chambre l'image même de leur goût et la remplir seulement de choses qu'il puisse approuver. Pour moi, je ne me sens vivre et penser que dans une chambre où tout est la création et le langage de vies profondément différentes de la mienne, d'un goût opposé au mien, où je ne retrouve rien de ma pensée consciente, où mon imagination s'exalte en se sentant plongée au sein du non-moi : je ne me sens heureux qu'en mettant le pied - avenue de la Gare, sur le port ou place de l’Église - dans un de ces hôtels de province aux longs corridors froids où le vent du dehors lutte avec succès contre les efforts du calorifère, où la carte de géographie détaillée de l'arrondissement est encore le seul ornement des murs, où chaque bruit ne sert qu'à faire apparaître le silence en le déplaçant, où les chambres gardent un parfum de renfermé que le grand air vient laver, mais n'efface pas, et que les narines aspirent cent fois pour l'apporter à l'imagination, qui s'en enchante, qui le fait poser comme un modèle pour essayer de le recréer en elle avec tout ce qu'il contient de pensées et de souvenirs; où le soir, quand on ouvre la porte de sa chambre, on a le sentiment de violer toute la vie qui y est restée éparse, de la prendre hardiment par la main quand, la porte refermée, on entre plus avant, jusqu'à la table ou jusqu'à la fenêtre; de s'asseoir dans une sorte de libre promiscuité avec elle sur le canapé exécuté par le tapisser du chef-lieu dans ce qu'il croyait le goût de Paris; de toucher partout la nudité de cette vie dans le dessein de se troubler soi-même par sa propre familiarité, en posant ici et là ses affaires, en jouant le maître dans cette chambre pleine qu'aux bords de l'âme des autres et qui garde jusque dans la forme des chenêts et le dessin des rideaux l'empreinte de leur rêve, en marchant pieds nus sur son tapis inconnu; alors, cette vie secrète, on a le sentiment de l'enfermer avec soi quand on va, tout tremblant, tirer le verrou; de la pousser devant soi dans le lit et de coucher enfin avec elle dans les grands draps blancs qui vous montent par-dessus la figure, tandis que, tout près, l'église sonne pour toute la ville les heures d'insomnie des mourants et des amoureux."
 
Impossible de retrouver mes billets d'autres années avec mes lectures à voix haute. Les aurais-je supprimés... un jour de pudeur (*_*) et de lucidité? Pas impossible. 
En m'écoutant, je me dis que la lecture à voix haute est un art et si l'on ne possède pas ce talent, il est préférable de transcrire des extraits de livres plutôt que de les lire à haute voix. Il est probable que dans quelque temps je supprime cette voix, monotone. Je parle de livre délicieux, succulent; que de mièvres mots pour parler de ceux de Proust. C'est vrai, j'ai le trac, j'ai toujours été nulle à l'oral (et ce ne sont pas mes amoureux qui me contrediront!). Je n'allais tout de même pas me droguer pour lire ces quelques pages. Bigre, lisez-le livre et ne vous fiez pas à cette lecture qui ne donne absolument pas à entendre l'exaltation de Marcel Proust pour parler de ses souvenirs : de chambre, d'odeur, d'enfance, de lecture, de grand-tante, de cuisinière...

A propos des notes, auxquelles il faut absolument se reporter en cours de lecture de cet ouvrage, il écrit ceci : 

"J'ai essayé de montrer dans les notes dont j'ai accompagné ce volume que la lecture ne saurait être [ainsi] assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes; que ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n'est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d'une autre pensée, mais tout en restant, c'est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu'on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l'esprit sur lui-même."

Lundi 2 janvier

La trêve des confiseurs est finie, youpi! Que la fête commence!




vendredi 7 octobre 2016

Un instant de grâce

En début de semaine, je suis allée faire un tour dans mon ancien club de golf, celui que j'ai quitté en 1997. Une envie, comme ça, sans raison précise, si ce n'était celle de trouver un pantalon pour jouer l'hiver. Futilités! Pas de soldes d'hiver dans leur boutique, évidemment, et tout était hors-de-prix!
Puis, j'y rencontrais - par hasard - un ami qui m'invita à prendre un café. Sur la terrasse, à l'heure des "fins de parties", en milieu d'après-midi, je reconnaissais d'anciens joueurs du club; ils étaient donc toujours là. On parlait haut et fort. Puis, j'entendis mon prénom, je me retournai et  je vis une amie et ancienne partenaire venir vers moi. Plaisir de la revoir. Nous nous promettons de nous appeler pour jouer ensemble ici ou dans mon club, échangeons nos numéros de téléphone (mais j'avais déjà le sien) et, que deviens-tu? et patati et patata... A bientôt. Buvant tranquillement mon café avec l'ami qui conversait de son côté avec une autre personne, j'entendis à nouveau mon prénom et une autre joueuse vint vers moi, m'embrassa et idem : échange de téléphone, IL FAUT ABSOLUMENT QU'ON JOUE ENSEMBLE, et patati et patata. Je répondais pendant ce temps à un petit signe amical d'une autre joueuse, attablée plus loin, qui me reconnaissait. Tout cela était fort agréable et sympathique. J'avais l'impression de n'avoir pas quitté ce club vingt ans plus tôt. Et si les visages avaient un peu changés, les regards étaient restés les mêmes.
Je ne m'attardais pas après avoir bu mon café avec l'ami et je me promettais de venir jouer avec elles un de ces jours ou de les inviter dans mon club, plus rustique.

Il faut battre le fer quand il est chaud! Le lendemain j'envoyais un texto à la première, qui avait été si souvent ma partenaire en compétitions et avec qui j'aimais jouer. Je lui proposais donc de faire un parcours avec elle ce vendredi (mais seulement pour 9 trous). Elle me répondit illico : "j'ai un départ vendredi avec une amie, si tu veux te joindre à nous ce sera avec plaisir". Ce qui fut dit fut fait.

Nous étions au départ toutes les deux dix minutes avant - comme il se doit - et attendions son amie. Une autre partie de trois allait démarrer avant nous et, attendait aussi. Mon amie me présente :
- xxx, une ancienne joueuse du club...
Je leur serre la main. L'une me demande, aimablement :
- Vous n'étiez pas sur la terrasse l'autre jour? 
- Si
- Je vous ai remarquée.
- Ah bon?
- Oui, vous avez un visage si... particulier...
- (Silence), elle poursuit
- ... si joli. 
- Gênée ou plutôt, perplexe, je la remercie, en rougissant.
Je me disais qu'elle avait réussi une belle pirouette après son "si... particulier", et pour se rattraper, a rajouté "... si joli".  Particulier, peut-être mais joli, hum! c'est invraisemblable. Elle, avait un joli prénom et un beau regard, assez impénétrable.
- Bonne partie nous dit-elle en se dirigeant vers son tee de départ.

L'amie de mon amie venait d'arriver, je ne la connaissais pas. Elles avaient prévu de faire 18 trous et moi 9. Qui vois-je arriver? Le mari de mon amie avec qui je jouais très souvent aussi, il y a plus de vingt ans. Il avait abandonné le golf depuis quelques années et il nous a accompagnées sur 9 trous. Il était fatigué, légèrement dépressif m'a-t-il semblé et nous a quitté très rapidement. J'ai laissé mes partenaires poursuivre; nous nous sommes promises de "remettre ça" une autre fois. Ce fut une bonne partie, un démarrage difficile pour toutes les trois puis, réchauffées sans doute, nous avons bien joué. Je ne regrettais pas de ne faire que 9 trous, j'avais faim en voyant mon amie dévorer son sandwich.

Je ne prenais même pas le temps de prendre quelque chose au bar, je rangeais mon matériel dans le coffre et décidais d'aller déjeuner à Saint-Marine, en terrasse, j'étais bien couverte, il était 14 heures 15. J'avais fait la même chose lundi après mes 9 trous, ce fut aussi délicieux d'être devant ce paysage et bien plus jouissif que de déjeuner sur la terrasse du club house. J'allais finir par prendre un abonnement au Café de la Cale!

J'allais ensuite en voiture jusqu'à la pointe et je fis une balade le long de la baie, je me sentais aussi calme intérieurement que cette mer où filaient, sans bruit, quelques bateaux. Si j'aimais jouer au golf, en cet instant j'aimais peut-être encore plus être là, solitaire, contemplative. Je n'avais pas mon appareil de photo, ce n'était pas plus mal. Il y avait une lande de fougères sèches et de broussailles le long du sentier, sur la droite et sur la gauche cette baie magnifique; l'horizon était dégagé malgré un ciel un peu couvert, j'apercevais les îles Glénan. Dans la lande une ouverture menait à un portail en bois blanc, je m'approchais doucement, un superbe papillon noir et orange y était scotché. Je ne voulais pas le déranger; derrière le portail je devinais un grand parc, la pelouse était tondue, j'imaginais une belle demeure que je ne voyais pas. J'avais assez marché pour aujourd'hui après mes deux heures de golf. Je fis demi tour. Deux cormorans juchés sur des rochers au bord de l'eau n'avaient pas bougé depuis un quart d'heure. Ils étaient comme moi, captivés, charmés par ce qu'ils avaient sous les yeux. Comme un instant de grâce.

Dans ma voiture, en rentrant, je pensais à toi, mon Amour...




lundi 26 septembre 2016

"Ce bruit mystérieux sonne comme un départ"

C'est l'automne. Et je crains qu'il n'y ait jamais plus de jours heureux, en aucune saison. Snif!


Chant d'automne, texte intégral ici.

[...]
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

[...]

[...]

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.


Charles Baudelaire, Chant d'automne, Les Fleurs du mal.

Un autre départ, hier... The King


Arnold Palmer (1929-2016) ici en 1953



Arnold Palmer en 2009, à côté de sa statue 
sculptée par Zenos Frudakis au centre.
(Photos ci-dessus Wikipédia)



 Golf Club in Augusta, Ga., Wednesday, April 8, 2009. 
(AP Photo/Chris O’Meara)

"Palmer a marqué l'histoire du golf par son palmarès où figurent 95 titres dont sept tournois du Grand Chelem, le Masters à quatre reprises (1958, 1960, 1962 et 1964), deux éditions du British Open (1961, 1962) et l'US Open 1960."

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Bon, c'est quand qu'on fait un match-play (*_*)?

 
 

vendredi 1 juillet 2016

***

Mercredi 2 mars/Vendredi 1er juillet.
Quatre mois que j'espérais fouler les fairways à vos côtés.
Quatre mois de jeu solitaire en ne pensant qu'à vous. Je vous inventais, je vous rêvais à mes côtés, je jouais même votre balle!
Ce midi, je tapais mon troisième coup sur le 9, concentrée sur mon jeu. Je ne vous avais pas vu, vous étiez au départ du 1. Vous étiez là! J'aurais aimé me jeter dans vos bras mais je ne le pouvais pas.
Je suis repartie pour un tour (9 trous;-)) avec vous, malgré la douleur vive dans mon bras.
Comme ce mardi 12 janvier où nous avons joué ensemble pour la première fois, j'ai très mal joué. 
J'étais trop heureuse. (Heureuse comme ce mercredi 2 mars. Je ne savais pas que je n'allais pas vous revoir...)
J'ai arrêté au 9. Nous nous sommes quittés. Vous avez continué quelques trous. Sensations étranges : Trouble. Intimidation. Émotion. Embarras.

jeudi 9 juin 2016

Toute affirmation est marquée d'un doute

Le paradoxe de la pensée et nos contradictions.
Quand je parviens à ce que je crois raisonnable, je n'ai de cesse ensuite de me contredire et, de chercher alors des raisons  de me dédire,  allant même jusqu’à trouver que le déraisonnable était la seule chose raisonnable.
Et si la légèreté était ce qui me manque...
Vertiges...



"Ce qu'on nomme passion, n'est autre chose qu'un désir irrité par la contradiction?"
Beaumarchais.

"Nos contradictions font la substance de notre activité d'esprit."
Paul Valéry.


mardi 7 juin 2016

Quelque part n'importe où, guidés par le hasard



Des petits morceaux de papier déchirés... ça fait plus de bruit qu'un clic de souris pour la poubelle.
Ce fut un bel après-midi où la ma raison a pris le dessus sur la déraison. 
C'est bien la preuve que je vieillis.
Il y a quoi : dix ans? Je ne me serais même pas interrogée de savoir s'il fallait être raisonnable ou pas. J'aurais succombé allègrement à l'ardente tentation, délibérément, déraisonnablement.

Mais...


samedi 28 mai 2016

Avoir un bon copain, énième!

J'ai vraiment un bon copain!
Même quand il n'y a rien à fêter, il m'expédie de charmants petits cadeaux, comme ça, sans prétexte, pour son plaisir, et le mien.

Des petites attentions qui parlent d'amitié. Ce n'est pas un golfeur mais il connaît ma passion. Hier, j'ai reçu ces tees (blancs) et ces balles de golf avec un logo fleurs de lys, ainsi qu'un écusson qui va rejoindre  ma petite collection sur mon premier sac de golf (1980). Ceux, de quelques clubs dont j'ai eu le de privilège fouler les fairways... durant mes premières années de golf. J'ai rapidement abandonné cette collection. Il fallait les coudre et ce n'était pas facile, la toile du sac est plastifiée à l'intérieur. Je reconnais les deux que tu as cousus mon aimé, je n'avais plus le courage de les coudre : on voit les points (de couture;-).







Tout de même, ces balles, ces tees, cet écusson ont pris l'avion, 
 pour arriver en France!
Peut-être avec Snoopy?


Image du Blog snoopyfillou.centerblog.net


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Avant-hier soir, vu ce film


 

Mauvaise pioche! Mortel ennui.
Deux Rémi deux ne dure que 1h05. Youpi!

"Rémi, un trentenaire timoré, travaille dans une agence de protection des animaux domestiques (Chat va bien), aime la fille du patron mais n'ose rien. Et voilà qu'un double s'invite chez lui et au travail. Rémi est déboussolé. Qui est ce type ? Un rival ? Un complice idéal ? Ou l'homme qu'il aimerait être ? Pierre Léon, qui avait déjà adapté L'Idiot, s'est inspiré très librement d'un autre livre de Dostoïevski (Le Double), en l'orientant vers une forme de conte burlesque. Un genre de comédie pince-sans-rire*, une divagation instruite mais s'amusant de l'esprit de sérieux, et servie par une bande piquante de comédiens excentriques. Du cinéma minimaliste, malicieux, matois*."
(Jacques Morice pour Télérama)

* J'ai dû me pincer pour ne pas quitter la salle; au premier quart d'heure je me raccrochais à l'idée que ça n'allait durer qu'une heure. Parfois une heure c'est plus long que: Deux heures deux.
La salle était pratiquement vide; il fallait sans doute une motivation pour aller le voir? Laquelle? La présence du cinéaste Pierre Léon et de l'interprète Pascal Cervo (Rémi)? Je me demande quelle était la mienne (*_~). Hum!. Deux Rémi deux, une fois ça suffit. Ce titre me rappelle les bistrots parisiens quand le garçon annonce les commandes : deux cafés, deux... etc. Aujourd'hui les serveurs ont des petits écrans où ils les notent. Tout fout l'camp et même les tickets de métro vont disparaître! Allez : Un Rémi (Martin), un! Non mais!
Rien à reprocher à l'interprétation.

* Je dois manquer de finesse...

Le Double (en russe : Двойник) est le deuxième roman de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski publié le 1er février 1846 dans Les Annales de la Patrie.
Contrairement à sa première œuvre, Les Pauvres Gens, ce roman rencontre un accueil glacial. Le sentiment d’échec est tel pour le jeune auteur qu’il tente vainement de réécrire Le Double dans les années qui suivirent. En 1861, il retravailla une nouvelle version, qu’il intègre à ses Œuvres complètes en 1866.


=0=0=0=0= 

(Je prends des vacances, sans un, ni deux...)


mercredi 30 mars 2016

"L'absence favorise l'idéalisation"

 Souviens-toi Barbara, 
Il pleuvait sur Brest ce jour-là.

Photos, hier...

 Le ciel était bien gris...


 Mais j'étais en...


... après le passage de... 

... l'aspirateur dans mon oreille complètement bouchée. Grand ménage... de printemps!
Passons aux choses sérieuses, les vertiges :
Manœuvres avec le masque.
- Il ne se passe rien, tout va bien, pas de vertiges dit-il. Vous ne ressentez rien n'est-ce pas?
Euh! non.
- Je suis content dit-il. (Il paraissait sincère). 
Et moi donc. 
Il faut continuer le traitement pour "votre" Menière.
Trois mois et demi sans vertiges, c'est une première depuis trois ans. Mais alors, pensais-je intérieurement, cette sensation vertigineuse que je ressens depuis trois semaines, si elle ne vient pas de mon oreille interne, d'où vient-elle? Je ne lui posais pas la question.  Si il n'y avait plus (pour le moment) de cristaux qui se déplacent, était-ce un problème de cristallisation? Tsss! 
Comme disait Françoise Hardy, "L'absence favorise l'idéalisation". Vu le documentaire qui lui était consacré avant-hier soir. Je suis complètement fan, une vraie midinette! "Elle sera toujours belle et, elle, n'a pas été refaite, ni par moi ni par la chirurgie" (dixit Jacques Dutronc). Dur de vieillir tout de même, et la maladie ça n'aide pas. Un joli documentaire. J'adorais son look des années 60/70, style Courrèges, que je copiais, ah ah! enfin, on peut rêver. On peut copier les vêtements mais pas ce beau visage (et quand elle rit, elle est encore plus belle) :







 L'amitié, 1965