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mercredi 20 septembre 2017

Picasso : Préambule ou/et Mise en bouche (1)








Picasso, Jacqueline assise de profil, 1954
Huile sur toile 

(J'ai recadré et donc rogné ma photo 
qui était légèrement convexe avec le cadre)

L'affiche de l'exposition (plus réussie que ma photo. Hum!)
a été tirée de ce tableau.

Force est d'admettre le Génie absolu de l'artiste. En commençant ma visite de l'extraordinaire exposition (25 juin - 1er novembre 2017) vue avant-hier, je pensais ne pas pouvoir occulter le bruit infernal des enfants présents dans les salles. Je précise que ces enfants excités étaient avec leurs parents qui n'intervenaient pas pour les calmer voire les faire taire et qu'il y avait également des classes de maternelles avec leur "maîtresse" qui, eux (les enfants), étaient absolument silencieux ou, parlant tout bas, observant parfois judicieusement les détails d'un tableau. Je me suis permise de faire part (gentiment) de ce bruit auprès d'une jeune femme, agent de surveillance qui m'a répondu plutôt vivement que "les enfants" sont rois "ont le droit de s'exprimer" (sic).
N'oublions pas que nous sommes à Landerneau, la ville qui "fête le bruit" chaque année. Mais bon, j'ai rarement entendu une telle cacophonie dans un musée ou autre lieu d'exposition importante. 
L'heure du déjeuner approchait et je pris mon mal en patience en me disant que les enfants commençaient à avoir faim et allaient sans doute - avec leurs parents - quitter les lieux et s'exprimer tout leur soûl dans une crêperie en ville. Ouf ! 
J'avais raison, à midi et demie le calme est revenu, j'étais là depuis une heure, j'avais tout de même réussi à m'extraire de ce vacarme en fuyant les zones occupées par les hyperactifs et j'allais poursuivre ma visite durant une heure.


J'aurais pu chanter, en voyant toutes ces œuvres - des premières aux dernières périodes - Tu me fais tourner la tête, tellement je ne m'attendais pas à voir une si belle exposition. J'ai compris assez rapidement que, exceptionnellement, j'allais devoir suivre la chronologie des années pour mesurer l'évolution des créations et l'inspiration suscitée par les différentes muses.

L'intérêt de cette exposition est "qu'elle est constituée des seuls "Picasso de Picasso", soit uniquement à partir des œuvres qu'il avait gardées toute sa vie auprès de lui dans ses différents ateliers, et dont, à sa mort, sa veuve Jacqueline [Roque] hérita en partie. Celle-ci, à partir de ce très important ensemble, organisera ou participera activement à plusieurs expositions de l’œuvre  de son mari, jusqu'à sa propre disparition.
C'est une rétrospective de l’œuvre qui est rendue possible ici grâce à la seule collection particulière de sa fille, Catherine Hutin."
"La rencontre avec Jean-Louis Andral, directeur du musée Picasso d'Antibes, commissaire de l'exposition, a permis de mûrir ce projet depuis l'été 2015."
(Source : Brochure de l'exposition)

Il va falloir que je potasse un peu mes notes, fasse le tri de mes photos pour reparler de cette exposition, plus sérieusement (mais je ne promets plus rien).
En attendant, ce tableau que  j'aime (et pas vraiment dans la veine de ceux qui suivront une dizaine d'années plus tard) :


Femme à la robe rouge, 1946
Huile sur bois


Détail

Après le préambule, et presque deux heures de visite, le ciel était couvert à Landerneau et il était trop tard pour y déjeuner, je tentais tout de même un restaurant, complet et en fin de service. J'avais faim. Je décidais de refaire la route  et même de la prolonger jusqu'à ma cantine où l'on sert en service continu. Quelle bonne idée! Le soleil m'attendait, j'oubliais l'heure de route que je venais de faire, le ciel tristounet de Landerneau et je jubilais d'être là. Mon assiette, ÉNORME, était plus qu'une mise en bouche, j'allais faire le plein d'Oméga 3. Bigre, j'aurais bien demandé un doggy-bag mais je n'ai pas osé; il était 14 h 45. Et les chiens préfèrent le poulet...




Je contemplais ce ciel à la Eugène Boudin avant de rentrer...


(À suivre... ?!)

mercredi 24 mai 2017

"La contemplation du temps est la clé de la vie humaine" (Simone Weil)

Mardi 23 juin.



La vue, toujours aussi belle sur le petit port, ne les intéressait pas.
Ils préféraient regarder leur écran de téléphone.
Pour nous, c'étaient des retrouvailles, savoureuses, avec un Tiramisu Breizh*.
Nous dégustions, l'instant, l'air, la mer, en silence. 

Que valent le silence, la contemplation? Est-ce que ces valeurs peuvent encore être perçues? 

"L'esprit a ses paysages dont la contemplation ne lui est laissée qu'un temps."
Marcel Proust, Le Temps retrouvé.

* (Crème au Mascarpone, caramel au beurre salé, morceaux de pommes, crumble de gâteau breton).

vendredi 7 octobre 2016

Un instant de grâce

En début de semaine, je suis allée faire un tour dans mon ancien club de golf, celui que j'ai quitté en 1997. Une envie, comme ça, sans raison précise, si ce n'était celle de trouver un pantalon pour jouer l'hiver. Futilités! Pas de soldes d'hiver dans leur boutique, évidemment, et tout était hors-de-prix!
Puis, j'y rencontrais - par hasard - un ami qui m'invita à prendre un café. Sur la terrasse, à l'heure des "fins de parties", en milieu d'après-midi, je reconnaissais d'anciens joueurs du club; ils étaient donc toujours là. On parlait haut et fort. Puis, j'entendis mon prénom, je me retournai et  je vis une amie et ancienne partenaire venir vers moi. Plaisir de la revoir. Nous nous promettons de nous appeler pour jouer ensemble ici ou dans mon club, échangeons nos numéros de téléphone (mais j'avais déjà le sien) et, que deviens-tu? et patati et patata... A bientôt. Buvant tranquillement mon café avec l'ami qui conversait de son côté avec une autre personne, j'entendis à nouveau mon prénom et une autre joueuse vint vers moi, m'embrassa et idem : échange de téléphone, IL FAUT ABSOLUMENT QU'ON JOUE ENSEMBLE, et patati et patata. Je répondais pendant ce temps à un petit signe amical d'une autre joueuse, attablée plus loin, qui me reconnaissait. Tout cela était fort agréable et sympathique. J'avais l'impression de n'avoir pas quitté ce club vingt ans plus tôt. Et si les visages avaient un peu changés, les regards étaient restés les mêmes.
Je ne m'attardais pas après avoir bu mon café avec l'ami et je me promettais de venir jouer avec elles un de ces jours ou de les inviter dans mon club, plus rustique.

Il faut battre le fer quand il est chaud! Le lendemain j'envoyais un texto à la première, qui avait été si souvent ma partenaire en compétitions et avec qui j'aimais jouer. Je lui proposais donc de faire un parcours avec elle ce vendredi (mais seulement pour 9 trous). Elle me répondit illico : "j'ai un départ vendredi avec une amie, si tu veux te joindre à nous ce sera avec plaisir". Ce qui fut dit fut fait.

Nous étions au départ toutes les deux dix minutes avant - comme il se doit - et attendions son amie. Une autre partie de trois allait démarrer avant nous et, attendait aussi. Mon amie me présente :
- xxx, une ancienne joueuse du club...
Je leur serre la main. L'une me demande, aimablement :
- Vous n'étiez pas sur la terrasse l'autre jour? 
- Si
- Je vous ai remarquée.
- Ah bon?
- Oui, vous avez un visage si... particulier...
- (Silence), elle poursuit
- ... si joli. 
- Gênée ou plutôt, perplexe, je la remercie, en rougissant.
Je me disais qu'elle avait réussi une belle pirouette après son "si... particulier", et pour se rattraper, a rajouté "... si joli".  Particulier, peut-être mais joli, hum! c'est invraisemblable. Elle, avait un joli prénom et un beau regard, assez impénétrable.
- Bonne partie nous dit-elle en se dirigeant vers son tee de départ.

L'amie de mon amie venait d'arriver, je ne la connaissais pas. Elles avaient prévu de faire 18 trous et moi 9. Qui vois-je arriver? Le mari de mon amie avec qui je jouais très souvent aussi, il y a plus de vingt ans. Il avait abandonné le golf depuis quelques années et il nous a accompagnées sur 9 trous. Il était fatigué, légèrement dépressif m'a-t-il semblé et nous a quitté très rapidement. J'ai laissé mes partenaires poursuivre; nous nous sommes promises de "remettre ça" une autre fois. Ce fut une bonne partie, un démarrage difficile pour toutes les trois puis, réchauffées sans doute, nous avons bien joué. Je ne regrettais pas de ne faire que 9 trous, j'avais faim en voyant mon amie dévorer son sandwich.

Je ne prenais même pas le temps de prendre quelque chose au bar, je rangeais mon matériel dans le coffre et décidais d'aller déjeuner à Saint-Marine, en terrasse, j'étais bien couverte, il était 14 heures 15. J'avais fait la même chose lundi après mes 9 trous, ce fut aussi délicieux d'être devant ce paysage et bien plus jouissif que de déjeuner sur la terrasse du club house. J'allais finir par prendre un abonnement au Café de la Cale!

J'allais ensuite en voiture jusqu'à la pointe et je fis une balade le long de la baie, je me sentais aussi calme intérieurement que cette mer où filaient, sans bruit, quelques bateaux. Si j'aimais jouer au golf, en cet instant j'aimais peut-être encore plus être là, solitaire, contemplative. Je n'avais pas mon appareil de photo, ce n'était pas plus mal. Il y avait une lande de fougères sèches et de broussailles le long du sentier, sur la droite et sur la gauche cette baie magnifique; l'horizon était dégagé malgré un ciel un peu couvert, j'apercevais les îles Glénan. Dans la lande une ouverture menait à un portail en bois blanc, je m'approchais doucement, un superbe papillon noir et orange y était scotché. Je ne voulais pas le déranger; derrière le portail je devinais un grand parc, la pelouse était tondue, j'imaginais une belle demeure que je ne voyais pas. J'avais assez marché pour aujourd'hui après mes deux heures de golf. Je fis demi tour. Deux cormorans juchés sur des rochers au bord de l'eau n'avaient pas bougé depuis un quart d'heure. Ils étaient comme moi, captivés, charmés par ce qu'ils avaient sous les yeux. Comme un instant de grâce.

Dans ma voiture, en rentrant, je pensais à toi, mon Amour...




mardi 19 juillet 2016

***

J'avais réussi à maintenir une température supportable dans mon appartement, fenêtres fermées, stores baissés dans la journée. Mais aujourd'hui ce n'était plus tenable, malgré ces précautions et les fenêtres grandes ouvertes la nuit.
Après avoir somnolé dans la fournaise pour récupérer de ma nuit aux multiples réveils, je me décidais à rappeler les Pompes Funèbres (MDR) pour un complément d'informations et, la mairie de... au sujet de la prolongation de la concession (re MDR). Tout commençait à s'éclaircir, si j'ose dire, de ce côté-là. J'en savais assez pour me débrouiller. Inutile de signer un contrat obscène obsèques, trop de contraintes : délai de carence... exclusions de garantie... pfff! Un feuillet manuscrit de ses dernières volontés suffit. Faire faire des devis était tout de même une bonne idée, ainsi j'ai toutes les options en main pour faire mon papier et le distribuer à ma famille : demandez le programme! Hé hé! Hop! Ouf!
Je sentais qu'il était temps de changer d'air, mon ventilateur brassait de l'air chaud, je changeais aussi de tenue rapidement - ou plutôt j'en mettais une - et je filais en voiture  à Sainte-Marine. Je marchais un peu pour me dégourdir les jambes et surtout la tête, il y avait un délicieux petit vent, quel bonheur. La mer était haute, je ne m'installais pas à la terrasse de mon petit Café de la Cale habituel mais à celle du Café du Port; je recherchais de l'ombre, elle était de ce côté-là.
Je trouvais presque miraculeuse cette fraîcheur océane alors qu'il n'y avait pas un souffle d'air en ville dans l'étouffante chaleur.
Oui, j'étais bien, là, à regarder l'eau, enfoncée dans mon fauteuil presque relax. Il n'était que 18 heures, j'avais le temps de ne rien faire, juste ne rien faire, ne penser à rien d'autre qu'à être là, sans penser à toute cette tristesse accumulée depuis bientôt deux mois. La vie était trop belle et trop courte maintenant, pour que je perde mon temps à vouloir la perdre (je me comprends). J'avais pris un livre mais je ne parvenais à me concentrer sur ce que je lisais. Je lisais cela (et je le refermais, satisfaite) :
Lundi 24 juillet 1961, Golfe-Juan
En panne sur cette immense Côte d'Azur. Climat léthargique, gens affreux, vulgarité suffocante.
Jean-René Huguenin, Journal.

 Mes photos de début de soirée




Et dimanche, de la terrasse (photo ci-dessous, Baie d'Audierne) nous avons vu, par hasard,  passer le Tour de Bretagne de cyclisme féminin! C'était la première fois de ma vie! que je voyais - en vrai - d'aussi près un peloton de cyclistes. Il est passé à une telle vitesse que je n'ai pas eu le temps de le prendre en photo. Mon amie me dit : mais pourquoi toutes ces voitures qui suivent? (Elles avaient toutes des vélos sur le toit, la réponse était facile non?) - Mais pour les vélos de rechange si des cyclistes tombent en panne (je-di-ça-je-dis-rien).



Époustouflant un peloton qui passe : vvlouf! (Ce n'est sûrement pas le bon mot mais je n'en connais pas d'autre (0_0))


Cardinaux, Liberté retrouvée, Huile sur toile 1980
(Je l'appelle Les cyclistes ;-))

mercredi 29 juin 2016

Veiller à ne jamais faire pitié

Ce soir en sortant du cinéma, à 18 h 20,  je n'étais pas éblouie par la lumière, comme ce 20 novembre quand je sortis de la même salle, à peu près à la même heure. Ce soir, le ciel était gris sous le crachin et pourtant, je trouvais encore à cet instant que le paysage était beau. Il convenait parfaitement à ce que je ressentais, depuis des jours et des jours. Oui, la grisaille était en harmonie avec mes pensées, la grisaille m'était douce, elle me réconfortait, je ne déparais pas, je me confondais avec elle, peut-être même je me fondais en elle. Une lumière vive, éblouissante m'aurait agressée et puis, je n'aime pas l'été. Après le film que je venais de voir (avec eux, pour être près d'eux, uniquement) - il va faire un "carton" a-t-il dit en sortant du cinéma (hum!) - c'est de-cette-grisaille-là exactement dont j'avais besoin. Eux, n'y ont pas fait attention à la beauté de cette grisaille en sortant de la salle. Ils sont vite retournés à leur voiture. Arrivée à la mienne je leur ai fait un petit signe quand ils m'ont dépassée, c'est alors que j'ai pris mon appareil et que je suis retournée devant le cinéma prendre ces photos : ce que j'ai vu en sortant du cinéma. Cette brumisation sur mon visage était jouissive. Je me sentais bien, dans cette grisaille, sous ce crachin. C'est l'été depuis huit jours (*_*).











Il était trop tôt pour dîner au restaurant mais je n'avais pas envie de rentrer, faire cuire des pâtes, faire mes courgettes et mon poivron, cuire mon poisson, puis faire la vaisselle. Oh non je n'en avais pas envie mais il n'était que 18 h 45! Je remontais dans ma voiture et je m'arrêtais à Sainte-Marine où le ciel était aussi sombre et le crachin aussi dense. Il y avait de la lumière à la crêperie, vu de l'extérieur pas un pékin, je rentre. Un couple était attablé. On me dit que les tables près de la baie vitrée sont réservées, on me propose une table d'où, tout de même, je domine le petit port; épatant. On me précise que le service ne commence que dans un quart d'heure. Pas de problème, je peux patienter avec cette vue dont je ne me lasse pas, dans le silence et sans musique. Ouf!




J'avais eu le temps de prendre ces deux photos, en une demi heure la salle était pleine, en bas et sur l'estrade. J'étais, comme d'habitude la seule cliente seule. Je me demandais quel effet ça pouvait faire de voir une femme seule au restaurant. Et je repensais à ces mots lus le matin dans un JDD, qu'un père avaient prononcés avant de mourir en s'adressant à sa fille* : "de veiller à ne jamais faire pitié". Je les ai fait miens depuis toujours.

* Marie Dabadie, secrétaire générale de l'académie Goncourt.


 

samedi 26 mars 2016

Remember to live

Balade cette après-midi... en images.
(Cliquer pour les agrandir)
J'avais téléphoné à mon ange, là-haut, pour qu'il arrête la pluie.
"Ah! qu'elle est belle ma Bretagne
Sous son ciel gris, il faut la voir"...




 Allons-y, non mais! J'ai le droit : us(ée)âgée!



 Places vacantes.
 Pas de visiteurs plaisanciers?! Mais si, plus loin...
Et pas un pékin non plus à se promener.
Mon plaisir n'en était que plus intense.



Si on suit la flèche, on a vite fait de prendre sa douche dans la mer.


Le VAGALAM
Je ferais une bonne coéquipière avec le skipper.



(REL) AXE MA POULE (*_*)


Charmant cet olivier. 
Le capitaine rêve peut-être de mer méditerranée, 
plus chaude  que l'océan atlantique?
Une petite vidéo pour entendre claquer les haubans... 
Je me suis bien calée contre une borne pour ne pas tomber. 
J'ai d'ailleurs arrêté l'enregistrement avant de perdre l'équilibre. 
En fait on n'a rien à perdre quand on est usagée, prenons des risques!



Et voilà cette merveille! 
Ça valait le coup de prendre des risques 
pour découvrir cette coque de bateau colorée.




Il y de la joie dans les "gribouillages".
Les dessins sont ravissants : méduses, étoile de mer, poissons, avions...


Bon courage à vous (pour un ami).



Partir en voyage avec le capitaine : OK! 
Après le VAGALAM,  
"J'veux qu'on rie/j'veux qu'on danse/
j'veux qu'on s'amuse comme des fous!"
("avant qu'on me mette dans l'trou" (0_0)).






ZADIG de (et) Voltaire, on s'en souvient. 



RÊVES DE MERS



Cordage. Savoir faire des nœuds... pour les défaire...



Après cette promenade, décoiffante, 
je retrouvais le calme au Café de la Cale et dégustais mon cappuccino.

Quatre jeunes garçons (étudiants?) derrière moi jouaient aux cartes.
J'entendis l'un : "il [il parlait sans doute d'un copain] dit que l'art ça ne sert à rien dans la vie."
S'adressant à ses camarades : - " je trouve que c'est  important. Pas vous?"
Je n'entendais pas les réponses, ils étaient plus éloignés. J'étais - agréablement - surprise d'entendre cette interrogation. Tout de même, quand ils ne sont pas scotchés à leur smartphone, ces jeunes sont sensationnels (oui maman, sensass comme tu disais). Et ceux-là, même scotchés à leur smartphone, sont sûrement formidables.

What a lovely day! (comme disent les irlandais quand il fait gris). 
Et : Remember to live.

dimanche 3 janvier 2016

Popoff

Le 31 décembre 2015, contre vents et déluge, je retournais à l'Ile Tudy, je voulais déguster un autre thé celte Chez Pierre. Déception en arrivant au port, le café était fermé. Tant pis, profitons (me dis-je) d'être là pour sillonner les ruelles de l'île, protégées du vent. Il y avait une accalmie.
Je photographie ce bateau, Popoff, à marée basse. Je découvre ici son histoire.


 

(Cliquer pour agrandir)

Je l'imaginais toutes voiles dehors...

 
Soudain une pluie diluvienne, oblique, cinglante avec un vent fou se déchaîne. Je m'appuie contre un mur tentant d'ouvrir mon parapluie mais que nenni, impossible; ou il se retourne ou je m'envole avec!



http://www.jpm-copro.com/images/Becassine%20NF1.JPG


Je me réfugie dans une vieille cabine téléphonique abandonnée, la cage est branlante, le vent siffle dans les interstices, pas un chat dans les rues; je ne suis guère rassurée et pourtant, je jubile! Une voiture s'arrête près de la cabine, en sortent deux jeunes filles (non, elles n'attendent pas que ça se calme) qui crient de joie, elles dansent et rient d'être là, d'un bonheur qui me réjouit aussi. Le conducteur, un jeune homme, les rejoint, moins expansif. Je les regarde se diriger vers le port, la tête dans le guidon si j'ose dire, bien "encapuchonnés". Ils ne m'ont pas vue dans ma cage de verre.

Cinq bonnes minutes plus tard, je quitte la cabine et retourne vite fait dans ma voiture, direction Sainte-Marine, où j'ai pu déguster un cappuccino et me réchauffer près de la cheminée au Café du Port. Je n'avais plus envie de thé! Le nombre de places est limité et le café vite rempli. Cinq jeunes touristes entrent et s'exclament : "Oh! c'est trop mignon ici, quelle chance de découvrir cet endroit pour notre dernier jour" (de vacances je suppose). Eh oui! C'est trop mignon et vous avez eu de la chance, c'était la dernière table... Ensuite, ils ont parlementé pendant une heure pour décider de leur programme de réveillon; aucun n'était d'accord pour aller voir le même film, ça commençait mal. VIVE LA SOLITUDE? NON, CHIENNE DE SOLITUDE! Enfin, ça dépend des moments...


lundi 24 août 2015

Meryn, Marine, Marina, Voran?

J'avais besoin d'un bol d'air pour occulter mon état bancal, devenu mon état normal depuis un mois, vertigineux.
Je fus servie.
Un vent fort et bien frais soufflait sur le port. Il était 16 heures 30 et j'avais faim. Je n'avais pu avaler grand chose au déjeuner. A droite, le Café du Port était à l'ombre, je passais mon chemin et allais m'installer au soleil au Café de la Cale.

 Café de la Cale

J'avais très faim. La jeune fille vient prendre ma commande et je lui dis : je prendrai un thé; avez-vous un gâteau? Je peux vous proposer un thé gourmand me dit-elle et elle annonce : du far, un gâteau au chocolat..; je l'arrête tout de suite. Non merci. Elle m'apporte alors la carte. Terminé les cafés ou autres thés gourmands pour moi! A chaque fois c'est la déception, des mini portions de cake, de far ou autre gâteau "étouffe-chrétien" (pardon, c'est une expression familiale (0_0)) et une espèce de truc hyper sucré écœurant, des mini machins immangeables pour le prix exorbitant d'un excellent dessert. Je n'ai plus l'intention de me faire avoir. Non mais! Le seul café gourmand que j'ai apprécié fut celui-ci (dernière photo).
Sur la carte je vois un émincé de pommes au carmel beurre salé qui me fait saliver (j'en avais déjà mangé ici même et en gardais un bon souvenir). J'attends que la demoiselle revienne prendre ma commande. Elle passe devant moi sans me regarder, repasse une seconde fois en m'ignorant : coucou lui dis-je. Tsss! Elle ne m'entend pas ou fait comme si. Des clients viennent de s'installer derrière moi, elle arrive et prend leur commande. Je décide de ne pas la rappeler, espérant (sans conviction) qu'elle passerait prendre aussi la mienne. Que nenni! Cette fois, une chose est sûre : JE SUIS DEVENUE TRANSPARENTE.

" Renoncer à sa capacité de séduction, devenir transparente [aux yeux des hommes], c'est mourir à toute une part de soi-même, et c'est dur à vivre quand on a pris de mauvaises habitudes."
François Giroud, Arthur ou le bonheur de vivre.

Je contemplais la mer et les bateaux dans le petit port dont je ne me lasse pas. Je voulais à mon tour ignorer l'impudente.




Je me suis cependant lassée d'attendre. Hop! je plie bagage et vais voir ailleurs si la mer est plus bleue et le service plus avenant. Le ciel se couvrait et les tables de la terrasse au Café du Port étaient en plein vent. Tant pis, j'étais bien couverte, gros pull en laine. Je m'assois dans le fauteuil confortable, à une table de quatre fauteuils, et je suis seule! J'ose. Cette fois je mangerais n'importe quoi, j'ai trop faim. Un jeune homme arrive : un thé earl grey svp et, avez-vous un gâteau ou quelque chose à grignoter. - Non, je n'ai que des glaces. Désolé me dit-il avec un sourire. (Aïe! Zut! Flûte! Merdoum!, une glace quand il fait à peine 19°, non merci). Bon, seulement un thé svp. Je fouille au fond de mon sac, j'ai parfois des minis financiers. Évidemment, il n'y en a pas. Allez, occulte ta faim, regarde le paysage, si reposant. Ce que je fais, emmitouflée dans mon gros pull et l'écharpe en laine que j'avais prévue, heureusement. Il ne pleuvait pas, j'étais donc gâtée. Hum! J'ai sorti le bouquin offert par un ami, déjà bien entamé, lu quelques pages. Deux enfants jouaient aux dominos avec leur mère à côté de ma table. J'ai refermé le livre, bu mon thé, savouré l'instant malgré la faim et suis restée à méditer devant le petit port.


Puis, avant de reprendre la route ma méditation m'a conduite vers la chapelle Sainte Marine. Je n'étais pas seule à méditer devant la mer.



Chapelle du 15e siècle située à l'estuaire de l'Odet, face à Bénodet. La voute et les sablières (poutres) ont été rénovées et peintes en 2013/2014 ainsi que l'éclairage et le chaulage des murs.


Je ne crois pas en Dieu mais j'aime me recueillir dans les chapelles.


A gauche, Sainte Barbe avec sa tour en bois, du 16e
A droite, Sainte Marine, du 18e
 


Saint Pierre (patron des pêcheurs) avec sa clef et son livre, du 16e

"En breton, Sainte-Marine se dit Sant Voran et est donc du masculin! Comment expliquer cette transformation?
Selon le chanoine anglican G-H. Doble, à l'origine il s'agit de saint Meryn, toujours vénéré dans la paroisse voisine de Plomelin (Finistère) - dont le nom vient de plo-Meryn.
La statue de la chapelle représente une vierge de Bithynie (Asie Mineure) : Marina, du 8e siècle (fêtée ici le 20 juillet par confusion avec sainte Marine d'Antioche). Alors, Meryn, Marine, Marina, Voran?"
(Source de la chapelle).

Je venais de passer des semaines éprouvantes, tout le bienfait de mes vacances du mois de juin fut pulvérisé par un vertige rotatoire le 29 juillet qui ne laisse de m'épuiser. Dès que je me sens d'attaque pour conduire, je file au bord de la mer, dans des lieux calmes. Pas de randonnées mais de tranquilles promenades. Je sais que ces moments-là sont précieux et ne vont pas durer.
Je remets sans cesse ma vie en question, et plus précisément son inutilité, son poids, sa non-valeur, son non-intérêt. 
Je suis remontée dans ma voiture. J'avais respiré l'air marin et je n'avais plus faim.