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jeudi 15 août 2019

***

Je passe le plus horrible été  dont j'ai le souvenir et je ne parle pas de ce fichu genou qui me fait souffrir, mais de cette marée humaine de touristes qui envahissent ma ville, mon quartier historique (quelle plaie de vivre dans un quartier historique), les restaurants, les terrasses bondées sur la côte. 
Vague humaine, bruit, cris, pleurs de pauvres enfants que l'on traîne avec soi dans cette cohue et qui n'en peuvent plus, musique dite d'ambiance dans les bistrots en tout genre.

Je voudrai être riche et forte (mes forces s'amenuisent de mois en mois) pour pouvoir m'enfuir (m'enfouir) sur une île, sauvage, grise, qui n'aurait pas d'histoire à raconter.
La Bretagne attire de plus en plus de touristes en été, alors qu'elle n'est merveilleuse qu'en hiver.

dimanche 14 juillet 2019

Est-on en France voué à mourir seul

Journal

Juin

Récapitulatif.
Semaines remplies de rendez-vous médicaux, divers spécialistes : urgentiste, généraliste, dentiste, kinésithérapistepeute.
Les journées sans rendez-vous : migraine. 
Les journées avec et sans rendez-vous : douleurs. Assommée d'antalgiques. 
Une oreille bouchée avec hyperacousie, allez comprendre, l'autre oreille baisse brutale d'audition.
Le golf, oublié !

Juillet

Rendez-vous urgent avec l'ORL, l'associé de mon ORL adoré, ce dernier décédé en décembre, à 63 ans (sale crabe), pas pu en parler, trop touchée. Associé, épatant aussi.
Migraines migraines.
Dentiste, ophtalmologiste (il s'est écrié : MAGNIFIQUE, quand il a vu que ma pression oculaire était passée en trois mois de 27 à 16 avec son traitement), kiné.
Chirurgien orthopédiste, radiologues... (je fais aussi une cure des Radioscopies de Jacques Chancel et ça, c'est un régal).
C'est pas une vie de passer son temps dans les salles d'attente. J'en ai assez. Plus envie de me faire soigner. Je veux pouvoir marcher sans douleurs. Hyperacousie : le bruit me fait mal, peux plus aller au cinéma, son trop fort.

Lors de ma dernière visite, récente évidemment (tsss !), chez ma généraliste, en fin de consultation elle me demande si j'ai lu le Journal d'Irlande de Benoîte Groult qu'elle était en train de lire. - Oui, formidable, quelle femme ! lui dis-je. Et comme elle connaît mon sujet de prédilection, je lui en parle souvent, sans tabou, je lui demande si elle a lu La touche étoile. - Non me dit-elle. Mais elle connaissait le sujet et je lui dis : elle a attendu trop tard, mais moi, je n'attendrai pas.
En rentrant chez moi, je l'ai sorti de ma bibliothèque, pour le relire. Il n'a pas pris une ride - si j'ose dire, ce n'est pas comme moi - en douze ans, et malheureusement rien n'a changé concernant cette ultime liberté.

"Je veux m'en aller, ma hotte lourde de souvenirs et les yeux pleins de la fierté d'avoir vécu vivante jusqu'au bout. M'en aller à mon heure à moi, qui ne sera pas forcément celle des médecins, ni celle autorisée par le pape, encore moins la mort au ralenti proposée par Marie de Henezel, avec son plateau de soins palliatifs en devanture et son sourire crémeux.
[...]
[...]
Ne pouvant me satisfaire des baisers des autres et des trop rares couvreurs qui se donnent en spectacle, ayant perdu presque tous mes plaisirs et presque tous les amis de mon âge, ayant écrit mon dernier livre, je ne vois pas pourquoi j'attendrais passivement le dernier coup du sort. Mais comment abréger mes jours, au cas où j'aurais la chance d'entendre grincer à temps la charrette de l'Ankou [qui annonce la mort chez les Bretons, N.D.L.R], conduite par son charretier funèbre qui a toujours pour moi le visage de Jouvet ?
En Suisse, en Belgique, en Hollande, on admet "l'aide à mourir". J'avais vu Exit à la télévision et suivi la mort douce et choisie d'un homme malade, dans les bras de sa femme. Et l'admirable Mar adentro, un film sur la joie de vivre et le courage de mourir.
La France n'est plus le pays des libertés. Nos députés viennent d'inventer l'hypocrite "laisser-mourir", formule affreuse bien dans la lignée du "laissez-les vivre", les deux slogans ayant en commun le même mépris de la volonté des intéressés.
[...]
Comment accéder à l'euthanasie, ce beau mot grec qui signifie tout simplement ce que tout le monde souhaite : "une belle mort" ?
Quand un philosophe est contraint de se défenestrer pour échapper à sa maladie incurable [Gilles Deleuze, N.D.L.R.], quand une femme âgée en est réduite à s'avancer dans l'eau glacée d'un étang jusqu'à s'y engloutir, afin d'échapper à ses poursuivants qui l'avaient déjà réanimée de force à deux reprises, qu'est-ce d'autre qu'un refus d'assistance? que le non-respect d'une personne ? Qu'est-ce d'autre qu'une mort dans la cruauté, sans l'aide d'une main secourable ? Pour ne pas laisser condamner le médecin qui vous aide, ou le proche qui vous tend la main, est-on voué en France à mourir seul ?
[...]
J'ai besoin de conseils éclairés et j'ai cru devoir consulter les spécialistes de la vie, donc de la mort. [...] Tous ont fait resurgir du fond de ma mémoire des impressions enfouies depuis plus de cinquante ans ! L'humiliation, l'impression d'être coupable, le ton paternaliste masquant mal une totale indifférence, le même blindage idéologique que pour l'avortement avant la Loi Veil. Et pour couronner le tout, l'alibi de la foi chrétienne chez des gens qui ne vont même pas à la messe.
Or quand un être n'a plus d'Espérance, c'est de Charité qu'il a besoin, non de Foi.
Réclamant le droit de choisir ma mort comme j'avais réclamé autrefois celui de donner ou non la vie, voilà que je me retrouvais dans la même position de quémandeuse devant la même nomenklatura ! Voilà qu'on me parlait comme à une petite fille alors que j'avais le double de l'âge de tous ces médecins et n'étais coupable que d'avoir trop vieilli à mon goût ! Ma vie n'était donc plus à moi ?

Pages  276 - 278 - 279 - 280 - 281

Benoîte Groult, in La touche étoile, éditions Grasset & Fasquelle, 2006.

vendredi 28 juin 2019

"Une des ces minutes de profonde félicité"




Samedi 22 juin.

J'ai joint l'utile à l'agréable. Je ne peux plus marcher depuis trois semaines, disons que je  peux me déplacer, faire quelques pas, jambe raide avec l'arthrose du genou et une entorse pour "agrémenter" la douleur. Fonte rapide des muscles de la jambe en trois semaines. J'avais déniché sur Internet un Mini vélo d'occasion, peu encombrant. État neuf.
Rendez-vous fut pris pour que j'aille le chercher l'après-midi, à Douarnenez.
Faire de la route uniquement pour ça, c'était dommage. Je ne pouvais pas marcher mais je pouvais conduire, manger et mettre les pieds sous la table.
Le ciel était dégagé, j'allais déjeuner dans ce vieux cabanon au bord de la mer. Heure de pointe, salle pleine, des clients debout attendent, un environnement très bruyant. Personne sur la terrasse, enfin si, un homme seul le nez dans son journal, attendant d'être servi.
Bravant les clients qui attendaient, je m'approche du serveur et lui demande si je peux déjeuner dehors. Réponse du Chef cuisinier, un peu bourru : on n'ouvre pas les parasols il y a trop de vent. Ça ne me dérange pas lui dis-je. Intérieurement je me suis dit : le vent me rafraîchira les méninges, ça m'évitera la migraine.
Hop ! Bonheur, petit vent délicieux, mer calme, silence, laissons les clients qui aiment le bruit et ont peur du vent dans le tintamarre, à l'intérieur. L'homme seul (un habitué je l'ai su plus tard) avait bien raison d'être là, je lui tournais le dos.
Les plats proposés sont simples mais produits frais, en voyant le cabanon on ne s'attend pas à de la cuisine gastronomique.
Je profitais de l'attente pour contempler l'horizon, observer les courageux  dans une eau claire mais qui devait être bien fraîche (la température n'était pas encore caniculaire comme ces jours-ci) et prendre quelques photos.
J'étais bien,  seule,  assise dos au soleil, l'air du large, divin, le temps d'un déjeuner impression d'être sur un bateau. " Jambes allongées, je m'apprête à vivre une de ces minutes de profonde félicité corporelle" (Louis Calaferte, Septentrion).
Le serveur fort aimable, lui, m'apporte mes sardines grillées servies avec une grosse pomme-de-terre au four coupée en deux accompagnée d'une crème ciboulette et d'une salade verte, le tout dans la même assiette. Oups ! La salade dans une coupelle eût été plus agréable, mais je me sentais si bien que j'aurai trouvé délicieuse n'importe quelle tambouille, et les sardines avec la grosse patate 😄 étaient trop bonnes.
En allant régler la note, à l'intérieur suffoquant et bruyant, je ne regrettais pas d'être restée "sur le pont".
.../...
Retour en claudiquant un peu jusqu'à ma voiture garée devant l'Île Tristan. Je note l'adresse pour le Mini vélo sur mon GPS. Il n'en veut pas ! Je vais devoir me débrouiller sans lui. Faisable. Arrivée sur les lieux, la "vendeuse" m'attendait, j'étais à l'heure.
J'essaie le petit engin, tout neuf et rutilant, parfait pour pédaler bien installée dans un fauteuil, plus confortable qu'une selle de vélo.












Île Tristan



Le Mini vélo d'appartement
(Mon kiné m'autorise à en faire à partir d'aujourd'hui !)




mardi 23 avril 2019

Une relation de cause à effet

Ce matin, je lisais cet article (la jeune mousse s'appelle Eve!), je m'y attardais sans raison particulière, mais peut-être que mon inconscient se remémorait ce film que j'avais beaucoup aimé : VOLONTAIRE, et j'enregistrais même la photo de l'article, ci-dessous, ne me demandez pas pourquoi, peut-être parce que je suis née (il y a très longtemps) à Brest et que la Marine y tient une place forte.
Je pensais aussi - un peu - à la dernière image du film LE CHANT DU LOUP, qui m'a donné quelques frissons (0_0).


Cérémonie de présentation aux drapeaux de l’École de maistrance et de l’École des mousses, sur le campus du centre d’instruction naval (CIN) de Brest. | DR/MARINE NATIONALE

Je précise que je lis la presse via ma tablette (Android) et que j'ai vraiment l'impression avec cette fichue tablette d'être suivie à la trace, c'est très énervant.

Et donc, ce soir, je reçois ça ! par courriel, à mon grand étonnement, avec un fou rire.  Il y avait quelques photos de marins que je ne peux pas reproduire ici.
 
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Il serait un peu tard pour m'engager dans la Marine et j'aime trop la liberté pour me plier à une discipline exigeante. Nonobstant, je ne nie pas admirer la prestance de ces marins.

Je lisais ce courriel en rentrant d'une promenade, par grand vent, sur le sentier côtier vers la baie d'Audierne, sans craindre  de faire une chute... j'empruntais le chemin : hardi petit !






mercredi 17 avril 2019

Ô mon Paris, Ô Notre-Dame


Nostalgie







Et voilà ce que j'écrivais  il y a 8 jours, laissé dans mes brouillons :

Dimanche 7 avril, 10 heures

Je consulte les programmes de cinéma ce matin, pas vraiment inspirée par ce qui passe dans ma ville. Si, peut-être : C'est ça l'amour (bonnes critiques).  Je lève la tête,  regarde les nuages et soudain, une folle envie d'aller à Paris, d'aller faire la queue au CHAMPO (tiens, je ne savais pas qu'il s'appelait aussi espace Jacques Tati) d'aller manger des scones au Tea-Caddy, de traîner chez Gibert à Saint-Michel, de m'attarder à l'Écume des pages, de prendre un café au Bonaparte à Saint-Germain, de revisiter l'IMA (mais non, pas pour le foot) etc etc. 
Ce n'est plus cinq jours ou une semaine qu'il me faudrait, mais au moins deux ! Et je pourrais alors étreindre mes plus chers amis au moins deux fois.
Il ne faut pas que cela reste une envie,  je veux, je dois y aller.

(Je suis allée voir C'est ça l'amour.  Un film magnifique de Claire Burger, avec un acteur que je ne connaissais pas, Bouli Lanners qui m'a chamboulée).

vendredi 29 mars 2019

***

A 18h58, je le photographiais à travers la vitre, je me demandais ce qu'il butinait là ce bourdon.
J'ai ouvert la porte pour le prendre de plus près, il s'est envolé.



A 22h58, j'ai de la fièvre - enfin je crois -, j'ai les joues en feu mais c'est peut-être la cortisone - premier jour - qui commence à faire des flush et j'ai la migraine. Mais je peux marcher - un peu - à nouveau. Miracle de la cortisone. Vu trois fois ma toubib en  dix jours. J'en ai assez. Assez des examens, assez des radios, assez de la kiné. Je ne veux pas vieillir comme ça.
- Les problèmes s'accumulent en ce moment, me dit-elle.
- Oui, je trouve aussi. J'espère ne pas vous revoir top vite, lui dis-je, même si je vous aime beaucoup (et c'est vrai, elle est merveilleuse).
- Moi aussi je vous aime bien, m'a-t-elle répondu.
En plus, il fait un temps magnifique et je ne peux rien faire. Je contemple le ciel et le bourdon.
J'ai le bourdon.

dimanche 24 mars 2019

Printemps du cinéma

Mardi 19 mars. 

Vers 18 heures, sous un ciel couvert mais lumineux, une mer calme, transparente, avec sa palette de couleurs pastel, l'harmonie était parfaite. Le silence était si intense que le doux bruit du flux et du reflux ne le troublait pas, il l'accompagnait. Je m'imprégnais de cet instant de paix avant ma séance de cinéma à 18 h 30 : Celle que vous croyez avec Juliette Binoche et François Civil (que j'avais vu la veille dans Le chant du loup, il était épatant, je le découvrais); et, Nicole Garcia. Je profitais de ces deux jours du Printemps du Cinéma avec la séance à 4 euros ! Deux films de genres différents : j'ai adoré Le chant du loup (je ne m'y attendais pas) et j'ai aimé Celle que vous croyez (je m'y attendais).


Photos de 18 heures








Photos de 20h30, en sortant du cinéma




Devant ce paysage je restais immobile, de longues minutes. Après tant d'années je ne m'en lassais pas, sous n'importe quel temps, à n'importe quelle heure si, j'avais le privilège d'y être seule...

 Bénodet

Je vous aime ce soir où monte la marée
Bateaux de Bénodet à la voile azurée
Pêcheurs de Loctudy dont les filets d’azur
Se confondent avec la mer et le ciel pur
Cependant que l’Odet bleu comme une prière
Pâlit et que là-bas chaque phare s’éclaire

 
                      L’Odet
Est la plus bleue et la plus claire Rivière
Loin de la guerre atroce et des coups de canon
Bénodet ne sait pas celle-là qu’il préfère
La mer aux mille écueils ou sa tendre rivière
L’Odet plus douce encore que ne sonne son nom

Mais le temps passe il faudra bien que tu t’en ailles
Laissant Quimper et le Comté de Cornouailles


Guillaume Apollinaire – Le Guetteur mélancolique 
(Apollinaire fit quelques séjours en Bretagne en 1916-1917) 

... seule donc... ce ne fut pas le cas ce samedi, ayant dû y revenir pour récupérer mes lunettes oubliées au cinéma ! Mais bon, tout le monde a le droit de venir s'y détendre, s'y promener, quand le printemps est enfin là et avec le soleil.


Photos de samedi 23 mars



Le charme est un tantinet rompu, non ?
(J'exagère ? Pas sûr)

Coïncidence, un ami m'envoyait un texto ce mercredi 20 mars à 19h30 : "Bons baisers face à la mer, depuis la longue plage de La Baule, ma très chère M. Je poursuis ma dernière relecture, bercé par le ressac de souvenirs  d'enfance... Je vous embrasse."  Son ressenti face à la mer, à 19h30, devait être proche du mien, la veille, à 18h30.

Dimanche 24 mars.

Impossible de marcher, douleur vive dans la fesse depuis plusieurs jours. Je pensais que c'était une réaction tardive de ma chute mais non, c'est une sciatique. J'hésitais mais je n'avais que quelques pas à faire pour aller voir cette exposition BOL D'ART :





Eddie Morelle, Artémis

"Artémis, déesse de la chasse et de la nature, 
revient pour protéger le dernier arbre sur terre, 
en ces temps modernes contre la folie des hommes"

J'ai aimé cette sculpture...
"Toutes mes sculptures sont réalisées à partir de déchets. Une bouteille de gaz se métamorphose en masque africain ou hibou , le pot d'échappement en branche d'arbre..."

... et les créations de Emmanuel Pajot ne m'ont pas laissé indifférente :




vendredi 15 mars 2019

Ce n'est pas demain que je vais avoir une antenne implantée dans le crâne et...

... que je vais pouvoir jouer au golf; même sans fracture ! Hein tonton ?



Grip overlapping
(C'est mon grip pour tenir mon club.
Pas étonnant que mon auriculaire soit complètement déformé)

Maintenant, quand vous allez faire une radio, on vous remet le compte-rendu mais pas question de voir le radiologue. On se demande d'ailleurs si c'est bien lui qui a fait ce compte-rendu quand, en bas de celui-ci est indiqué sous le nom du radiologue :"Document signé électroniquement". Pfff ! Donc, vous n'avez pas de fracture (tant mieux, pas de plâtre) mais vous restez avec votre douleur, qui vous handicape pas mal. Il faudrait revoir le toubib pour savoir pourquoi la douleur perdure. Plus je vieillis et moins j'ai envie d'aller voir les médecins. Une invitation, avec cette nouvelle médecine, à l'automédication. Prendre des antalgiques pour soulager la douleur, passer chez le pharmacien qui m'a proposé des emplâtres imbibés d'antiinflammatoire (j'ai acheté),  jeter un coup d’œil sur Internet pour se renseigner.  Marre. Marre de tout. Marre aussi du ciel gris, du vent, du crachin.

Et mes mains, tu les aimes mes mains ? Sans chair ni vieille peau, elles font leur petit effet non? Tsss!




Et là, je me marre ! Autre sujet :  ma toubib me prescrit une IRM de contrôle pour "bilan de vertiges et migraines" (migraines quotidiennes dès le réveil). Pas de rendez-vous possible avant le mois d'août. Je dis : merci à la secrétaire en précisant que je rappellerai plus tard. Non mais ! J'ai le temps de mourir d'ici-là d'un AVC ou d'autre chose de cérébral, ou de devenir un légume et, si rien ne se passe d'ici le mois d'août, c'est que ça va bien, alors pourquoi aller subir en août (nous sommes en mars) ces marteaux-piqueurs dans mes oreilles déjà lésées. Basta ! Marre de la médecine. Je ne suis plus patiente. 

.../...
Il est temps que je me remette à lire. A lire des choses que j'aime : Journaux intimes, Correspondances. En ce moment, lecture de textes sur Beyrouth de Richard Millet, un petit livre acheté d'occasion. Un joli tirage sur du beau papier aux Éditions du Champ Vallon, collection "des villes", 1987.

"C'est à peine si je reconnais la ville. j'ai sous les yeux deux photographies nocturnes de Beyrouth. [...]  
Je ne la retrouve qu'en songe, ou dans les paroles des Beyrouthins exilés - dans le grain de voix qui savent mêler la douceur à une extrême décence, façon de signifier le désespoir."
Pourquoi ce livre a retenu mon attention? Par son auteur (souvent mal aimé), dont j'aime l'écriture et par son titre, Beyrouth. L'été dernier, j'ai vu une exposition d'un artiste-peintre, Paul Bloas dont quelques œuvres m'ont intéressée, et particulièrement celle représentant un homme, géant (titan), un vautour au-dessus de la tête, elle figura sur un mur du centre ville à Beyrouth en 1992. J'aimais le mouvement de l'homme et la vision du vautour, une figuration à la limite de l’abstraction, dans des couleurs ocres rouges. Elle ressemblait à celles ci-dessous mais c'en était une autre :


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Et voilà comment, par association d'idées, des livres entrent dans ma bibliothèque.

.../...

Autre sujet : aujourd'hui, j'ai bien aimé les slogans de la jeunesse qui se mobilise pour le climat et la planète ! Vu dans le quotidien suisse Le Temps  :



(J'ai balancé mon Nutella cet été. Hop ! à la poubelle, après qu'un ami m'a dit : laisse-le fondre au soleil et tu verras le liquide gras au-dessus de la pâte à tartiner. Je l'ai fait, je l'ai vu, ça m'a suffi).

(Cliquer puis afficher pour agrandir)

Cet après-midi, dans Quimper, de nombreux lycéens, étudiants manifestaient et, je fus très surprise de voir des groupes munis de grands sacs plastiques ramasser les mégots et autres détritus sur les trottoirs. Bigre ! Que voilà une belle manifestation, pacifique, qui joint le geste aux idées. Bravo les jeunes !


Photo Ouest-France


Hier, vu un reportage incroyable, une "truc de ouf". Un homme, jeune, s'est fait implanté une antenne dans le crâne, Neil Harbisson. Ça ne lui pose pas de problème, sauf pour passer la douane quand il voyage.  Lire l'article, ça sera plus clair. Là, il me faudrait une antenne quelque part pour tenir le coup, je suis dépassée mais fascinée. Dis papa, tu n'en reviendrais pas de tout ce qui se passe en 2019, toi qui nous disais déjà dans les années 60 en voyant à la télévision le premier homme sur la lune (Amstrong en 1966) : vous, vous verrez des chose EXTRAORDINAIRES EN L'AN 2000. Tu n'en reviendrais pas. Et ce n'est que le début. Heureusement que je vais mourir bientôt, je n'arrive plus à suivre.

vendredi 8 mars 2019

La chute

8 février - 8 mars.
Un mois. Rien.
Angoisse, anxiété, stress, vertiges. Puis...

Chute, renversée par un jeune cycliste, je courais sous la pluie pour aller au cinéma voir Celle que vous croyez, j'étais en retard; il arrivait rapidement, il tournait la tête sans me voir, il ne m'a pas vue, il m'a entendu crier,  sa roue avant sur moi, je tombais violemment sur le dos, il dérapa, tomba à son tour, attrapa ma grande écharpe pour retenir ma tête.  La place de la fontaine était vide. Il était bouleversé il m'avait renversée. J'étais choquée, mon dos semblait intact et ma tête aussi. Il répétait sans cesse : ça va ? Ça va ? Il m'aida à me relever, je lui dis ça va. Je tremblais, en tombant j'avais pensé au pire : fractures épaule, hanche, colonne vertébrale et je me suis mise à pleurer, j'avais du mal à me relever. Ma fesse était douloureuse. Il m'a fait asseoir sur le bord d'une vitrine, nous étions dans le centre ville piétonnier. La commerçante est sortie du magasin et m'a demandé si je voulais aller à l'hôpital.  Surtout pas lui ai-je dit. J'avais seulement très mal à la main droite, la pluie s'était arrêtée.  Je dis : non merci, ça ira. Le jeune homme était vraiment contrarié, j'avais le sentiment que c'était plus de ma faute que de la sienne... Il voulait me raccompagner, je le remerciai mais lui dis de ne pas s'inquiéter  que c'était aussi de ma faute et qu'il avait bien fait d'attraper mon écharpe pour protéger ma tête du choc.
Je suis rentrée chez moi en bus et là j'ai senti la douleur vive de ma main en serrant le pouce pour me tenir dans ce fichu bus qui freinait brutalement (souvenir) mais là je n'avais pas envie de rigoler. J'avais la tête lourde, encore envie de pleurer et comme une idiote je pensais que je n'allais pas pouvoir jouer au golf si mon pouce était cassé.  Je tâtais la poche arrière de mon pantalon, ma médaille de l'ADMD" ne pas réanimer" était toujours là.
Je me demande encore pourquoi je n'avais pas pu l'éviter,  il tenait son guidon et moi j'avais la tête dans le guidon ! 
Radio prévue lundi, une semaine après la chute. Depuis, je fais tout ce que je peux au cas où il y aurait fracture et plâtre. Pour le moment je peux conduire,  passer les  vitesses avec la paume de la main ça va, sauf la première et la seconde me font mal, je m'aide avec la main gauche. Il y a trois ans je  voulais changer de voiture justement pour avoir les vitesses automatiques, au cas où ce genre de truc m'arriverait.  Et puis je ne l'ai pas fait et maintenant je vais la garder jusqu'à... la fin. Amen !

Aujourd'hui, cinéma, cette fois  j'étais en avance sur l'heure de la séance, hum!. vu Grâce à Dieu. Effrayant, excellent film de François Ozon.


"S'attendre au pire, à quelque chose de pis que la chute, tout en chutant, c'était un peu la conception que j'avais de la vie."  
Christian Oster, Mon grand appartement.

dimanche 27 janvier 2019

***


Mercredi 23 janvier.


Tea-time breton



Book'n'billig crêperie bouquinerie    

Jeudi 24 janvier.

Promenade sur la côte.






Vendredi 25 janvier.

Vu un film magnifique en VO : Monsieur.


Samedi 26 janvier.

Médiathèque.
J'entre dans l'ascenseur. J'appuie sur le 1.
Un homme entre en courant. Il me dit bonjour en souriant.
Je lui dis bonjour en chuchotant. Je lui montre du doigt le bouton 1 en le regardant.
Il appuie sur le 2 en disant :  je vais au 2e.
Il me dit d'un  ton inquiet : vous ne parlez pas ? Vous n'avez pas de voix ?
Je lui dis en riant : mais si j'ai une voix mais plus de jambes. (J'avais la flemme de  monter à pied ).
Ah ! J'ai cru que  nous n'aviez pas de voix dit-il avec son beau sourire.
Premier étage, la porte s'ouvre, il me dit : vous n'avez plus de jambes mais vous avez toujours du charme et - en touchant la manche de ma veste - ça n'a pas de prix. 😚
Un dernier sourire et pour le coup j'étais sans voix.
Un bel homme, cheveux tondus ras, barbe très rase (comme je les aime sauf qu'elle met les joues de l'aimée en feu), poivre et sel. Environ vingt ans de moins que moi ?!
Bien sûr,  il avait deviné mon âge,  nous étions si près l'un de l'autre. Son toujours en était la preuve. Hé hé.
Mais mon Dieu, qu'est-ce que c'est bon d'entendre ce joli compliment. Depuis le temps que je suis devenue invisible, un homme m'a regardée.
Merci MONSIEUR !
L'ascenseur continuait sa montée, je ne savais plus ce que je cherchais au premier étage...


Dimanche 27 janvier.

Fait quelques rajouts de photos dans mon billet "exposition Doisneau à Dinard". Hum ! Ben oui, voir un peu de ciel bleu un dimanche de tempête ça ne fait pas de mal, en attendant la suite de celui-ci sur "Doisneau à  Quimper". Hum ! Bis.
Je procrastine et j'ai une méchante épicondylite.

dimanche 13 janvier 2019

Un beau dimanche (enième)

Dimanche 13 janvier 2019.

Après un réveil difficile (je m'étais décidée hier soir à prendre ce somnifère que l'on trouve en vente libre à la pharmacie, après deux nuits d'insomnie, d'angoisse et d'idées noires) avec la tête lourde, je prenais un petit dèj. salvateur, en alternant les masques gel réfrigérés sur mon front pour atténuer le mal de tête, quotidien. 
Le ciel était gris. Qu'allais-je faire de cette journée ? Je n'avais pas envie d'aller au cinéma. 
En tartinant mes toasts, je repensais à cette émission que j'avais regardée à la télévision la veille : Le French Bashing je l'avais trouvée excellente et elle m'avait souvent fait sourire, rire (j'en avais besoin). On peut revoir l'émission en cliquant sur le lien et voir également les prochaines rediffusions :

"Lâches, fainéants, efféminés, infidèles et grévistes de père en fils : les clichés sur les Français ont la vie douce. Les Anglo-Saxons, qui affectionnent tout particulièrement ces idées préconçues, se font un plaisir de les faire circuler de par le monde. [...]"
Perdue dans mes pensées, je tapais dans Google : Vieillesse !  Ben oui, quand tout va mal dans ma tête, j'enfonce le clou. Quelle bonne idée ! Je tombais sur un site de France-Culture (ma radio adorée) et mon choix était vite fait : écouter l'émission sur Simone de Beauvoir. En voyant la première émission proposée dans cette série sur la vieillesse et la tête de Jeanne Calment, j'ai vite zappé, faut pas exagérer. J'avais  déjà écouté il y a quelques semaines les émissions : La vieillesse ce joyeux naufrage (éclat de rire), je pouvais passer mon chemin.
Je finissais mon petit dèj rapidement, avalais un Doliprane pour mes genoux qui se déglinguent (quelle misère de vieillir) et j'emmenais ma tablette (quel pied ces tablettes) dans ma salle de bains pour commencer à écouter cette émission.



Simone de Beauvoir en 1967• Crédits : Ozkok chez SIPA - Sipa

Et là, en voyant ce beau visage, en écoutant mon Castor, j'oubliais tout le reste - ma vie, le futur angoissant - en me disant tout de même que l'Internet c'était merveilleux, que je ne pourrais plus m'en passer et que nous avions une chance inouïe de pouvoir ainsi, entendre, voir, des reportages, des documentaires que nous choisissons. Cette émission des Nuits Magiques Magnétiques (Tsss! me suis trompée, mais sont magiques aussi) date de 1979. J'étais exaltée et ça, c'est épatant : être exaltée à ... ans. On n'y parle pas que de vieillesse dans ce documentaire. A un moment Simone de Beauvoir dit, à peu près ceci : je me suis rebellée bien sûr sur cette vieillesse à laquelle je n'échappais pas, mais j'ai compris qu'il ne fallait pas en faire une obsession, sinon la vie devenait insupportable (c'est pas du tout comme ça qu'elle l'a dit, tant pis, écoutez-la). Et là, je me suis dit : moi je n'y arrive pas. C'est une obsession ! Je n’accepte pas de ne plus me reconnaître et de vivre avec ces douleurs, ces acouphènes et j'en passe et, je sais que je n'y arriverai jamais, à l'accepter. Cela ne m'empêche pas de vivre des moments que je trouve intenses et parfois délicieux. Ce qu'elle dit sur sa propre vieillesse :
"Il n'y a plus comme avant la pleine lumière ou l’obscurité. Ça serait un peu plus dans les gris, dans des gris teintés de rose, mais ce n'est plus cette chose tranchée entre, précisément, le bonheur et le désespoir [...] inquiet. On pourrait dire que je suis un peu éteinte. Je suis vivante certainement dans la mesure où j'ai encore des projets auxquels je tiens assez fort. J'ai des grandes joies et des grands plaisirs et je déteste toujours l'ennui [...] Mais il n'y a plus vraiment cette espèce de dédoublement de ma vie en des espoirs quasi-fous et des joies débordantes et puis les angoisses.




Je remettais à demain l'écoute de la seconde partie. Mais je continuais mes recherches; j'espérais trouver à la médiathèque le film-documentaire qu'avait réalisé Josée Dayan, mais non, ils ne l'ont pas, je me contenterai des vidéos extraites de ce film.




13h30.




Le ciel était de plus en plus gris, il crachinait. J'avais fait mon programme :
- médiathèque pour rendre mes emprunts, La Jalousie et Un été brûlant, deux films de Philippe Garrel, avec Louis Garrel. Je fais une cure de Louis Garrel ! J'ai sous le coude, à voir en DVD Le Redoutable.
J'ai emprunté deux films : un de Claire Denis, Beau travail et un coffret de 8 films (0_0) de Jean-Paul Civeyrac, pioché au hasard, je ne connais pas ce cinéaste, suis pas sûre d'en comprendre le fonctionnement : Réalisation multimédia.
- acheter (les magasins sont ouverts aujourd'hui, premier dimanche de soldes) une bougie parfumée pour ma sœur qui n'arrête pas de me dire que celle que je lui ai offerte à Noël "sentait trop bon et elle a duré longtemps" en rajoutant "tu crois qu'il y en a toujours des comme ça" ? Traduction : j'ai compris, tu voudrais que je t'en offre une autre. (La Bigoudène a la flemme de venir jusqu'à Quimper).
- aller voir l'exposition Doisneau au Musée des Beaux-Arts (c'est gratuit le dimanche après-midi) pour voir si elle est aussi intéressante que celle vue à Dinard en juin.

Je vais pas mal piétiner, je prends ma voiture et j'y vais. Des places pour se garer sans problèmes.

Alignement de mouettes près du Pont Pissette !



 A suivre demain...