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jeudi 1 août 2019

"La polémique fait partie intégrante de l'art..." (Kathleen Bülher)


" Ce qui est écrit dans cette petite prose paraît très simple, mais il est des époques où tout ce qui est simple et facile à comprendre s'éloigne totalement de l'esprit des hommes et pour cela ne peut être compris qu'à grand peine."
Robert Walser, Institut Benjamenta.



Un hommage hors norme pour un immense écrivain


Les passants de la gare de Bienne se mêlent consciemment et inconsciemment à la 
Robert Walser-Sculpture.
(Enrique Muñoz García)


A Bienne, la «Robert Walser-Sculpture» de Thomas Hirschhorn est une micro-cité en matières pauvres, fourmillement de discussions où il fait bon s’attarder.

«Alors, vous restez toute la journée?» Chemise blanche à manches retroussées, coup de soleil sur le nez, Thomas Hirschhorn rédige le programme du jour de sa «Robert Walser-Sculpture», devant la gare de Bienne. Il est 10h et des poussières, en ce vendredi de début juillet, suite ici...

La «Robert Walser-Sculpture»
L’installation artistiqueLien externe de Thomas HirschhornLien externe rend hommage à l’écrivain Robert WalserLien externe. Elle est érigée devant la gare de Bienne et ouverte gratuitement au public jusqu’au 8 septembre, tous les jours de 10h à 22h. La sculpture couvre une surface de 1300 m2 et se présente comme une imposante construction en bois qui repose essentiellement sur des palettes. Elle a pour objectif d’inviter la population à échanger sur l’œuvre et la vie de Robert Walser, né à Bienne en 1878. Plus d’une trentaine d’événements culturels s’y dérouleront chaque jour.

lundi 10 juin 2019

Artistes à l'oeuvre : tant d'illusions, tant de folie, tant de passion*



* A réécouter ici 
(ou directement sur le player ci-dessus si le lien ne fonctionne pas) 

Gérard Fromanger, 6 septembre 1939, 79 ans et l'enthousiasme d'un jeune homme de 20 ans.






Gérard Fromanger, Florence, rue d'Orchampt, 1975
Huile sur toile 

Et vous Gérard Fromanger, votre œuvre après vous, la postérité, vos tableaux, qu’est-ce qu’ils vont devenir ?


Eh ben je suis mort depuis dix ans, donc je vois bien ce qu’ils deviennent. Hé hé hé ! En dix années j’ai dû avoir les dix dernières années. Rroohh ! Oh oui c’est extraordinaire ; au moins dix rétrospectives, au moins ? Je regarde tout ça et… et après dans vingt ans, je ne sais pas si je serai encore là. Alors, je ne peux pas vous dire, puisque peut-être je ne serai plus là. Je ne sais pas et… et euh, je vais vous dire c’est pas vraiment mon problème. Alors, il y a des gens qui se font un musée à leur nom, une sorte de mausolée, Soulages ici, Rebeyrolle là-bas ; c’est bien, c’est très bien, ça fait vivre l’œuvre. Moi, comme ça, intuitivement, je préfère qu’il y en ait dans plusieurs endroits. Je préfère qu’il y en ait un à Romorantin, trois... non il y en a une trentaine à Beaubourg, quatre ou cinq au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Peut-être je vais en donner d’autres, sans doute même ; dans les musées qui m’ont exposé, qui m’ont aidé qui m’ont etc. mais il y en aura quelques-uns pour les gens qui vont survivre et qui auront besoin d’un peu d’argent, comme ça, c’est possible. Si ça vaut encore quelque chose [il rit], j’en sais rien, on  sait pas.

[…]

La seule chose qui me donne cette urgence, c’est l’idée du catalogue raisonné et de mettre un peu d’ordre dans tout ça, retrouver ici et là des œuvres et des choses, préparées pour… si je m’en vais, que ce ne soit pas  n’importe quoi n’importe où. Ca aide ceux qui veulent s’en occuper, parce qu’il y aura des gens qui vont s’en occuper. C’est sûr. Je pense…

C’est tragique d’ailleurs ; le nombre de copains qui sont morts dont TOUT LE MONDE se fout, han… c’est terrible. Des vies, des vies de peintre. Alors il reste les veuves, les épouses qui cherchent partout des moyens de faire, une expo de leur mari et de leur compagnon, qu’elles ont aimé pendant 20, 30, 40, 50 ans, qui est mort et tout le monde s’en fout. Oh ! alors [il éclate de rire, de dérision] la réputation, la femme, la postérité tout ça, oui oui, mais face au cosmos et à l’avenir du monde c’est pas grand-chose, c’est pas grand-chose. Par contre, de mon vivant avoir conscience que j’ai donné un petit quelque chose qui fait que – comme on dit chez nous, comment ils disent les sportifs dans notre jargon ? – j’ai fait l’histoire un tout petit peu, très modestement mais un petit peu, ah ! ça fait plaisir, ça fait plaisir parce que tant d’efforts, tant de travail, tant de passion, tant de rêves, tant d’illusions, tant de folie, tant de… de coups de pinceaux, ben oui, t’es un peu gratifié, récompensé par l’idée que… euh… voilà. Voilà.

dimanche 24 mars 2019

Printemps du cinéma

Mardi 19 mars. 

Vers 18 heures, sous un ciel couvert mais lumineux, une mer calme, transparente, avec sa palette de couleurs pastel, l'harmonie était parfaite. Le silence était si intense que le doux bruit du flux et du reflux ne le troublait pas, il l'accompagnait. Je m'imprégnais de cet instant de paix avant ma séance de cinéma à 18 h 30 : Celle que vous croyez avec Juliette Binoche et François Civil (que j'avais vu la veille dans Le chant du loup, il était épatant, je le découvrais); et, Nicole Garcia. Je profitais de ces deux jours du Printemps du Cinéma avec la séance à 4 euros ! Deux films de genres différents : j'ai adoré Le chant du loup (je ne m'y attendais pas) et j'ai aimé Celle que vous croyez (je m'y attendais).


Photos de 18 heures








Photos de 20h30, en sortant du cinéma




Devant ce paysage je restais immobile, de longues minutes. Après tant d'années je ne m'en lassais pas, sous n'importe quel temps, à n'importe quelle heure si, j'avais le privilège d'y être seule...

 Bénodet

Je vous aime ce soir où monte la marée
Bateaux de Bénodet à la voile azurée
Pêcheurs de Loctudy dont les filets d’azur
Se confondent avec la mer et le ciel pur
Cependant que l’Odet bleu comme une prière
Pâlit et que là-bas chaque phare s’éclaire

 
                      L’Odet
Est la plus bleue et la plus claire Rivière
Loin de la guerre atroce et des coups de canon
Bénodet ne sait pas celle-là qu’il préfère
La mer aux mille écueils ou sa tendre rivière
L’Odet plus douce encore que ne sonne son nom

Mais le temps passe il faudra bien que tu t’en ailles
Laissant Quimper et le Comté de Cornouailles


Guillaume Apollinaire – Le Guetteur mélancolique 
(Apollinaire fit quelques séjours en Bretagne en 1916-1917) 

... seule donc... ce ne fut pas le cas ce samedi, ayant dû y revenir pour récupérer mes lunettes oubliées au cinéma ! Mais bon, tout le monde a le droit de venir s'y détendre, s'y promener, quand le printemps est enfin là et avec le soleil.


Photos de samedi 23 mars



Le charme est un tantinet rompu, non ?
(J'exagère ? Pas sûr)

Coïncidence, un ami m'envoyait un texto ce mercredi 20 mars à 19h30 : "Bons baisers face à la mer, depuis la longue plage de La Baule, ma très chère M. Je poursuis ma dernière relecture, bercé par le ressac de souvenirs  d'enfance... Je vous embrasse."  Son ressenti face à la mer, à 19h30, devait être proche du mien, la veille, à 18h30.

Dimanche 24 mars.

Impossible de marcher, douleur vive dans la fesse depuis plusieurs jours. Je pensais que c'était une réaction tardive de ma chute mais non, c'est une sciatique. J'hésitais mais je n'avais que quelques pas à faire pour aller voir cette exposition BOL D'ART :





Eddie Morelle, Artémis

"Artémis, déesse de la chasse et de la nature, 
revient pour protéger le dernier arbre sur terre, 
en ces temps modernes contre la folie des hommes"

J'ai aimé cette sculpture...
"Toutes mes sculptures sont réalisées à partir de déchets. Une bouteille de gaz se métamorphose en masque africain ou hibou , le pot d'échappement en branche d'arbre..."

... et les créations de Emmanuel Pajot ne m'ont pas laissé indifférente :




samedi 21 juillet 2018

Les loups au bout du monde



Une étrange exposition à Quimper qui ne cesse d'attirer les visiteurs depuis le mois d'avril. L'exposition devait  s'arrêter fin juillet mais forte de son succès, elle joue les prolongations jusqu'au 9 septembre.



Avec « Les loups arrivent », Liu Ruo Wang incite l'humanité à s'émanciper des contraintes que la société lui impose. 
| YVES-MARIE QUEMENER

"Les canidés pèsent chacun 300 à 400 kg. Pour les faire venir à Quimper, il a fallu six semi-remorques et toute la ténacité de Nathalie Morin, commissaire de l’exposition. Pendant trois ans, elle a remué ciel et terre pour que l’œuvre soit exposée à Quimper. Elle a finalement réussi à convaincre la ville et le sculpteur, après un séjour à Quimper en 2016."

Lettre de Nathalie Morin du 23 septembre 2016 à Michel Humbert, Yantai,
LE CERCLE FRANCOPHONE DE YANTAI SHANDONG CHINE  :
Monsieur Humbert,

Je vis depuis 12 ans à Pékin, je suis quimpéroise et j’organise des événements entre la France et la Chine. Je me permets de vous contacter pour vous exposer un projet artistique sino-français d'envergure en préparation à Quimper : « Les loups arrivent au bout du monde ». 

L’artiste Liu Ruo Wang, très connu en Chine pour ses impressionnantes sculptures de loups, m’a confié le soin de les exposer en France. Déjà exposé en Italie (Biennale de Venise), en Allemagne (Budelsdorf, Berlin), il rêve néanmoins d'exposer en France ; et pour nous Français c'est une chance supplémentaire de découvrir la puissance et la créativité de l'art contemporain chinois.
L’œuvre, tout d'abord. Il s'agit d'une meute de 110 loups de bronze et d'un guerrier solitaire qui se dresse face à eux, armé d'une épée (cf photos jointes).

J’ai obtenu l'engagement de la ville de Quimper (comme vous le savez jumelée à Yantai) pour parrainer une exposition de l'ensemble de l’œuvre pendant plusieurs mois fin 2016/début 2017. Les institutions locales sont prêtes à participer y compris financièrement mais l’organisation, le transport et la manutention de ces 110 loups de 270 kg chacun engagent des frais importants (total environ 175000 yuans manquent pour boucler le projet).

Cette exposition dépassera le cadre d'une simple promotion d'un artiste par divers aspects:
- Son volume, monumental, accessible dans la durée à la population, et susceptible d'attirer les touristes chinois dans la région Bretagne,
- La notoriété croissante de l'artiste, et ses probables "tournées" à venir à travers tous les pays occidentaux,
- Son inscription dans "l'air du temps" avec la renaissance de la mythologie du loup ("Le Totem du Loup", de Jiang Rong premier best-seller en Chine, "le Dernier Loup" de Jean-Jacques Annaud etc..)
- Son universalité: si le soldat rappelle l'archéologie chinoise, nombre détails (le visage, les chaussures..) montrent un homme universel,
- Son contenu philosophique enfin, défendu par l'artiste lui-même, de l'homme contraint à l'héroïsme individuel face à l'adversité et aux obstacles créés par la société qui l'entoure.

Tout ceci place d'emblée l’œuvre à un niveau exceptionnel, permettant aux Français et aux Chinois de partager, sans risque politique, des sentiments, des craintes, des vertus, une profondeur commune à tous, quelles que soient les circonstances de leurs pays respectifs.
Je sollicite votre aide pour trouver auprès d’entreprises chinoises ou françaises de Yantai les derniers fonds qui manquent pour faire de cette exposition un formidable événement Bretagne / Shandong ! France / Chine ! 

La médiatisation de l’exposition en France et en Chine sera à la hauteur de l’événement et pourrait donner à la province du Shandong l’occasion d’une belle opération de communication.
Dans l'attente de vos suggestions et conseils, veuillez recevoir, Monsieur Humbert, l'assurance de ma considération distinguée.

Nathalie Morin
(Source et réponse ici)
   
Qui est Liu Ruo Wang ?

Liu Ruo Wang est né dans le nord-ouest de la Chine en 1977 et a abandonné l'université pour explorer la voie des arts en 1997. En 1999, il est allé à Pékin et a commencé sa formation professionnelle à l'Académie centrale des beaux-arts. En 2005, l'artiste a créé sa première œuvre, "The East Is Red", qui a été très remarquée par les professionnels et les critiques. Dès lors, il a commencé sa carrière en tant que professionnel, et s’est spécialisé dans la création d’œuvres monumentales.

Un entretien avec l'artiste sculpteur chinois (extraits, à lire ici)

Que représentent ces loups ?
Ces quatre-vingt-quinze loups représentent la multiplicité des contraintes que l'Homme rencontre au cours de sa vie, qu'elles soient culturelles, sociales, sociétales ou politiques. Le guerrier qui se dresse au milieu de la meute est l'Homme qui se dresse au milieu des contraintes. Leur lutte est commune : devenir libre.

Un autre animal aurait-il pu incarner cette allégorie ?
En Chine rurale, les paysans craignent le loup car il constitue une menace pour le bétail. La tradition veut qu'il soit le présage d'une crise, d'une destruction. Il traduisait bien le message que je souhaitais transmettre.

Quel message ?
Que les Hommes deviennent libres. À chacun d'être soit le guerrier et de s'émanciper de ses contraintes, soit le loup, solitaire, qui se bat en groupe contre un pouvoir, une domination. Une interprétation duale mais un sens universel.





Mes photos prises le 14 avril 2018
(J'aurais bien vu ces loups exposés dans une nature sauvage, 
rude, comme les Monts d'Arrée)







Mes préférées ci-dessous



 
  • Les loups arrivent au bout du monde" de Liu Ruo Wang
  • Esplanade François Mitterrand à Quimper
  • Du 13 avril au 29 juillet 2018. Prolongation jusqu'au 9 septembre 2018
Les Monts d'Arrée où je me suis arrêtée quatre jours plus tard, au retour d'une compétition de golf à Carantec. Un environnement rude, le vent était puissant. Il ne manquait que les loups !




jeudi 30 juin 2016

Chronique d'une mort annoncée

“Nous sommes en colère”. Le réseau des Centres d’art contemporain réagit à l’annonce du maire de Quimper qui condamne à mort son centre d’art.
La triste chronique des centres d’art menacés vient de s’allonger d’une ligne. Après la fermeture Des Eglises à Chelles, du Cac de Bretigny-sur-Orge et, il y a quelques semaines, de la Galerie du Dourven dans les Côtes d’Armor, c’est au tour du Quartier, le Centre d’art contemporain de Quimper de faire les frais de coupes budgétaires drastiques et de la décision de la mairie de Quimper (sa tutelle principale) qui signent son arrêt de mort. L’été dernier, le Père Ubu s’improvisait commissaire posthume d’une exposition collective dans les pas du facétieux Alfred Jarry. On y croisait les œuvres de Benjamin Seror, Pauline Curnier Jardin ou Julien Bismuth après des expositions consacrées à Guy de Cointet*, Charlie Jeffrey** ou Fayçal Bagriche. Un an plus tard, la situation, devenue ubuesque, affole le réseau des Centres d’art et son directeur Etienne Bernard qui signe la tribune ci-dessous."
(Lire la suite dans Les Inrocks...).
Une création de Charlie Jeffery m'avait inspirée;-) un jour en faisant du ménage!

 
Mes photos du jour
 



Je me dirigeais donc vers la Place Laënnec

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Le Quartier 1990-2016 







La plupart des expositions que j'ai vues au Quartier m'ont laissé perplexe. Il me faut une brochure pour tenter de comprendre ce que veulent démontrer, faire passer comme message les artistes d'art contemporain conceptuel. J'ai néanmoins signé la pétition pour que le CAC ne ferme pas. Ne pourrait-il pas se transformer en Musée d'Art Moderne si l'Art (dit) Contemporain n'est pas assez "rentable" pour le Maire? Un musée n'est pas une galerie, marchande. Le Musée des Beaux-Arts de Quimper n'investit guère dans l'art moderne et l'abstraction. Le CAC pourrait devenir le CAM (*_*) ou - l'espace des salles d'exposition le permettrait - conserver les expositions d'art (dit) contemporain, conceptuel, performant ET partager l'espace (fifty/fifty) avec des œuvres d'art moderne. Je-dis-ça-je-dis-rien.
« Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d'études, d'éducation et de délectation. »

Mais un Centre d'Art Contemporain se différencie d'un musée.
NE FERMONS PAS LE QUARTIER!

samedi 4 octobre 2014

Il n'est de promenade exquise que solitaire

Vendredi 26 septembre.

Ce mois de septembre où l'été se prolonge de manière si douce est fut une invitation à visiter des lieux devenus silencieux et déserts après le départ des touristes. 
Le Domaine de Trévarez en est un et si celui-ci est réputé pour les rhododendrons et les camélias de son parc et donc, envahi de visiteurs en période de floraison et pendant les vacances, c'est divin en septembre. Silence, calme, solitude, délice de marcher dans des allées où vous êtes le seul promeneur, cela vaut - pour moi - tous les camélias et rhododendrons en fleurs.
Mais, étais-je vraiment seule dans ce domaine? Ces femmes de la Belle Époque croisées sur mon chemin n'étaient-elles pas là pour m'accompagner?

J'ai profité d'une exposition de photos de Jacques Henri Lartigue et de quelques œuvres contemporaines de Shigeko Hirakawa et de François Méchain. J'ai été moins sensible à leurs "performances" qu'aux photographies de Jacques Henri Lartigue.

Début de ma visite par le parc, immense (85 hectares), les écuries étaient fermées pour rénovation. A l'entrée il est proposé des cannes-sièges pour le parc, je n'en ai pas pris, c'était lourd, encombrant et pas pratique pour faire des photos. J'ai très bien tenu le coup : une heure et demie de marche, il doit bien en falloir trois pour ne rien rater. Mais j'ai pris mon temps pour contempler cette nature qui m'était offerte.  J'avais heureusement un plan de visite car il y avait de quoi se perdre. A vrai dire je connaissais ce domaine; j'y étais venue il y a une dizaine d'années, en famille, lors de ces terribles journées du patrimoine où se presse la foule. En fait je n'avais rien vu, du moins ce fut mon impression en y revenant et en prenant mon temps. Nous étions restés dans le périmètre du château sans faire de promenade dans le parc. Oui, je réitère, il n'est de promenade exquise que solitaire!

Non, je n'allais pas commencer cette visite par m'asseoir dans ces fauteuils, paraissant confortables de loin et moins moelleux de près.



Il faisait très chaud, certains espaces en plein soleil, comme ci-dessous, venaient d'être fauchés et sentaient le foin. Je m'y suis prise en photo, dans un fauteuil, "selfie" oblige, devant le potager.




Puis j'entamais ma balade en compagnie de Jacques-Henri Lartigue et ces premières photos où l'on devine le caractère joyeux et espiègle du photographe (voir vidéo fin du billet).







Je quittais ensuite cette partie ensoleillée pour entrer dans les allées ombragées et dès cet instant j'ai savouré le tout : la fraîcheur, le silence, la solitude, l'odeur des sous-bois et ces promeneuses de La Belle Époque dont la présence indicible était prégnante. Quel bonheur d'être là!





J'entendais un son étrange et je m'asseyais pour l'écouter, en contemplant l'arrière du château.






J'imaginais cette masse verte de rhododendrons au pied du château, exploser de couleurs à la floraison. Néanmoins, je trouvais ces hortensias aux tons d'automne, en harmonie avec le château.  Continuons la promenade...


Tiens, des visiteurs... qui s'attardent sur "l'empreinte de l'eau" de Shigego Hirakawa. On ne le voit pas sur cette photo mais l'eau qui coule du ruisseau est colorée en vert. (Pour le voir, clic droit et afficher l'image).




La balade dans le parc nous amène devant le château que je n'ai pas photographié. La façade est remplie d’échafaudages et en rénovation. Ci-dessous, photo Wikipédia...


 ... et cette volière de François Méchain

http://www.artsetcob.org/tl_files/adherents/epcc-chemins-du-patrimoine-en-finistere-domaine-de-trevarez/agenda/2014/CPF_FrancoisMechain2014.jpg 


Pratiquement interdit de visite à part quelques salles. Cependant, de la terrasse du château surplombant l'horizon, la vue est superbe; on aperçoit au loin la ville de Châteauneuf-du-Faou et dans le parc au pied du château, en contrebas la chapelle Saint Hubert.



Je n'allais tout de même pas quitter le domaine sans entrer dans le château. Je regardais cette chapelle à travers les vitres et j'imaginais le romantisme et, la mélancolie, que ressentirent peut-être ceux et celles qui y vivaient, influencée par mes années de vie à la campagne dans un décor moins majestueux mais tout aussi bucolique.



"Ce château comporte une centaine de pièces et trente chambres, chacune équipée d'une salle de bains et de chauffe-serviettes. On compte également 20 baignoires, 14 cabinets de toilette et 3 piscines d'agrément. On note la présence des escaliers de service qui permettaient aux domestiques de ne jamais croiser leurs maîtres. Au summum de la modernité, téléphone et lumière électriques sont alimentés par une centrale indépendante située près des écuries.
C'était un château de grand luxe pour l'époque, comme en témoigne l'eau chaude courante à tous les étages." (Wikipédia).

Ce qu'il en reste...




Fin de la visite (j'ai un peu élagué! mais si j'ai élagué (0_0))!


 
Le salon de thé (un peu kitch) est désert, mais ouvert rien que pour moi!



Pour l'historique du château et le parc et jardins... voir les liens... Non mais!