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mardi 10 septembre 2019

"Décisions ultimes" et "Obstination juridique déraisonnable"



À propos de "l'affaire Vincent Lambert"... mais pas que...

"...la "souveraineté de la personne sur elle-même" :
Dans toute circonstance, lorsque les conséquences des décisions d'une personne n'ont de conséquences directes que sur elle-même et qu'elle a elle-même décidé de prendre en responsabilité de telles conséquences en connaissance de cause, c'est à dire de ne pas imputer par la suite à autrui  ou à la "collectivité" une responsabilité qu'elle a librement choisi d'assumer, alors aucune autre personne, ni aucune autre collectivité ( ni souveraineté nationale, internationale ou "populaire" , ni "communautaire" ) ne peut l'empêcher de prendre une telle décision qui ne concerne directement que sa propre "personne". Le "juge ultime" est alors la personne concernée elle-même.
[...]
"Si vous-mêmes, en tant que personne, considérez que c'est à vous-même et à personne d'autre ( ni autre personne ou groupe, association, parti,  ou "communauté" ou "famille", ni autre collectivité politique juridique, nationale, européenne, ou internationale ) qu'incombe la liberté et la responsabilité des décisions "ultimes"  qui vous concernent en premier en tant que personne, rien ne vous empêche de le "déclarer" publiquement vous mêmes, "en personne", par les moyens de votre choix."

Ultime Liberté, commentaire  éditorial.

mardi 29 novembre 2016

JOURNAL

Je me demande aujourd'hui comment j'ai pu poster mes derniers billets (sans intérêt) dans mon état vertigineux. Il est vrai que je m'obligeais, que je m'oblige toujours à faire quelque chose quand mon corps se dérobe comme si cela m'aidait à croire que je ne vais pas si mal; et pourtant... Peut-être est-ce cela La philosophie de l'effort, pensais-je en écoutant cette émission vendredi dernier.
Je pouvais écouter la radio et même lire un peu pendant ces trois dernières semaines éprouvantes. Assise tout allait mieux, mais debout j'étais comme sur un bateau, déséquilibrée, avec le mal de mer.
Je notais des phrases, des réflexions  que j'entendais à la radio, la plupart du temps sur France-Culture, parfois France-Inter, puis j'allais voir sur Internet la suite. Je notais tout ce qui me parlait... au gré de mon écoute, sans que les sujets n'aient aucune concordance :

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

Charles Baudelaire, Réversibilité (extrait)

"L'amitié en tant que telle peut faire battre le cœur.
L'amitié est la relation la plus nécessairement réciproque, ce qui n'est pas toujours le cas de l'amour."

"Je ne parle pas aux cons, ça les instruit." (Michel Audiard). 

Quand je n'écoutais pas la radio, je lisais un peu, pas très longtemps. J'avais emprunté un petit ouvrage dans une belle édition : Le Carnet du chat sauvage de Charles-Albert Cingria avec des dessins de Alechinsky. Reposant, j'en ai fait une bouchée. Commencé un roman d'un autre auteur Suisse : Justice de Friedrich Dürrenmatt, un écrivain et peintre dont j'ai déjà parlé ici.

Et puis, il y a huit jours, je n'en pouvais plus de ne pas bouger, de me confiner dans l'appartement, j'ai fait l'effort d'aller au cinéma. Mauvaise idée, non pas pour le film (quoique j'ai été un peu déçue : confus, mélo, long... ce n'est que mon avis) mais parce que la caméra bougeait sans arrêt et, dans mon état, il n'en fallait pas plus pour me donner la nausée. Bon, j'ai tenu le coup mais je suis sortie chancelante. Le film : Le client, du cinéaste iranien Asghar Farhadi.

Deux jours plus tard, vendredi dernier, déraisonnable, je décidais d'aller faire quelques trous au golf, en portant mon collier cervical!!! Je n'ai pas eu de vertiges, j'ai pu faire sept trous en swinguant comme une vieille, j'avais de plus le dos bloqué. J'avais pris l'air, je n'étais pas plus mal en point après qu'avant.

Le lendemain, samedi, j'allais de nouveau au cinéma mais cette fois pour un film de une heure et quart. Un film dont il faut connaître le sujet avant de s'y aventurer. Un film animé sur la "vieillitude" (=vieillesse/solitude). Un beau film doux, bouleversant, lent, des images comme des tableaux; parfois déchirant si l'on se sent impliqué par le sujet. Deux spectatrices ont quitté la salle (à moitié vide, séance de 14 heures) avant la fin (une âgée et une jeune). Cette vieille femme abandonnée (vivant d'espoir) qui ne baisse jamais les bras est délicieuse (j'ai trouvé cependant que le doublage de sa voix par Catherine Frot était un peu monotone et  manquait de vigueur alors que le personnage en débordait, même dans sa lenteur. (Ce qui n'est pas l'avis de G. Odicino dans le lien ci-dessous).
"Louise en hiver, le cinquième long métrage de Jean-François Laguionie, est le plus beau des voyages immobiles, à la fois invitation à la vie et flirt facétieux avec la mort." 
Synopsis : 
À la fin de l'été, Louise voit le dernier train de la saison qui dessert la petite station balnéaire de Biligen, partir sans elle. La ville est désertée. Le temps rapidement se dégrade, les grandes marées d'équinoxe surviennent condamnant électricité et moyens de communication. Fragile et coquette, bien moins armée que Robinson, Louise ne devrait pas survivre à l'hiver. Mais elle n'a pas peur et considère son abandon comme un pari. Elle va apprivoiser les éléments naturels et la solitude. Ses souvenirs profitent de l'occasion pour s'inviter dans l'aventure.
J'en suis sortie cette fois sans nausée, avec le sourire, l'impression d'être sur un nuage... enveloppée tout de même de mélancolie.
Je rentrais à pieds sous un ciel sombre, par la rive droite, côté Cap-Horn.




Le lendemain, dimanche, j'allais faire quelques trous, sans minerve. Je swinguais toujours comme une vieille, avec les bras, sans pivoter, comptant sur le paracétamol pour m'aider à jouer. Puis au quatrième trou, léger vertige. J'ai dû aller directement au 9 pour terminer, avec mal au cœur. Bien fait pour moi! Je croisais un ami qui était sur le 1. 

Il fallait que je bouge, je dois - je crois - apprendre à vivre dans cet état quasi permanent d'ébriété, me faire à cette idée, continuer de vivre comme si c'était normal.

Hier, lundi, le temps (comme aujourd'hui) était magnifique : sec, ensoleillé, vent d'Est cinglant.  J'allais prendre l'air au bord de la mer.



Ça caillait vraiment. Je pensais qu'un bon thé sur le port allait certainement me dégeler; mais cette fois, c'était bien la fin de saison. Il faudra attendre Noël ... pour se réchauffer, tous les bistrots étaient fermés.




Face au soleil, je "capturais" cette femme sur le banc...


... je retournais à ma voiture. J'avais froid. 
Nous étions le 28 novembre (*_*) et la circulation était fluide!






mercredi 1 avril 2015

Auteurs suisses d'expression française

Lectrice régulière des auteurs suisses d'expression française, l'article de Sergio Belluz ce matin dans LE TEMPS (extraits ci-dessous) a retenu mon attention. J'ai toujours eu du mal à accepter ces "clivages" quand il s'agit d'art, de littérature, de création et, d'autant plus de francophonie. Il ne me viendrait pas l'idée saugrenue de dire que je lis un auteur romand en parlant de Jean-Jacques Rousseau ou de dire que je lis de la littérature valaisanne avec Georges Borgeaud, que j'ai découvert récemment et avec enthousiasme dans son Voyage à l'étranger. Ouvrage qui obtint le prix Renaudot, publié il y a quarante ans... mieux vaut tard que jamais! 

Quant à Paul Nizon (un de mes chouchous) écrivain suisse de langue allemande (livres traduits en français), il est à peine plus connu en France que Frisch ou Dürrenmatt... voire en Suisse : j'ai fait découvrir Paul Nizon à un ami suisse - pourtant féru de littérature - qui ne le connaissait pas! Il m'a remercié.

"Pourquoi il faut en finir avec la «littérature romande»

Sergio Belluz
Les politiques culturelles de la Suisse francophone devraient laisser tomber Ramuz et ce vieux concept de «littérature romande» et mettre davantage l’accent sur des auteurs suisses d’expression française, estime Sergio Belluz, auteur de «CH. La Suisse en kit (Suissidez-vous!)», Ed. Xenia, 2012 et de «Fables» (à paraître)

Au Centre de recherches sur les lettres romandes de l’Université de Lausanne, on est très vigilant quant à la certification romande – c’est-à-dire ramuzienne, c’est une AOC – de la littérature produite dans la région [...]
[...]
 Et quand il s’agit de culture romande, donc de Ramuz, on ne lésine ni au Centre de recherches sur les lettres romandes, qui, il y a peu, avait budgété une édition complète de Ramuz à hauteur de 4,2 millions de francs, ni au Grand Conseil vaudois qui n’avait pas hésité à accorder 1 155 000 francs pour une publication en Pléiade, dans l’illusion d’une consécration suprême de la littérature romande.

On aurait tout aussi bien pu refiler l’argent directement à la Fondation Ramuz dont les présidents successifs dirigent aussi le Centre de recherches sur les lettres romandes, mais enfin le résultat est là: sur la page web de la Pléiade, en cherchant par nationalité d’auteur – pas d’entrée «Romandie» ni «Vaud (Pays de)» –, on tombe sur LA page suisse et ses quatre volumes: le Jaccottet (février 2014) et les trois volumes de romans de Ramuz (2005), le reste a paru ailleurs, faute d’accord avec les héritiers. Keller? Frisch? Dürrenmatt? Inconnus au bataillon, aucun canton suisse allemand n’a jugé bon de miser des millions sur eux. Quant aux autres Suisses romands pléiadés (Rousseau, Constant, Mme de Staël…), ils y sont en se faisant habilement passer pour des Français.
[...]
Les politiques culturelles des cantons francophones sont bloquées sur Ramuz, mort il y a près de septante ans, et sur ce concept de «littérature romande» né il y a plus d’un siècle pour se démarquer de la France et afficher une identité latine face à la Suisse allemande. On peut se poser la question: le moment ne serait-il pas venu d’enfin laisser tomber Ramuz et le Romandisme et de mettre l’accent sur la promotion des auteur(e)s suisses d’expression française? Parle-t-on de peinture romande pour Auberjonois? de cinéma romand pour Goretta? de musique romande pour Binet? Rousseau, Mme de Staël, Albert Cohen ou Nicolas Bouvier sont-ils des écrivains romands? C’est quoi, un écrivain romand?

Ce qualificatif de «romand» – le mot même est artificiel puisque, par parallélisme avec «suisse allemand», on avait rajouté un «d» final au terme «roman» utilisé dans une certaine terminologie historico-géographique jusqu’à la moitié du XIXe –, n’est-il pas devenu obsolète et stigmatisant? N’est-il pas confondu, hors de Suisse, avec un qualificatif régional de type «littérature provençale» qui range ses auteurs dans une catégorie terroir dont ils n’arrivent pas à se défaire? N’est-il pas une des raisons pour lesquelles la littérature suisse d’expression française a de la peine à s’exporter?
[...]
Kafka est défini comme «auteur pragois de langue allemande», Julien Green comme «écrivain américain de langue française», Samuel Beckett comme «auteur irlandais d’expression française et anglaise». Dans un monde connecté où les frontières s’estompent, n’est-il pas contradictoire de se réclamer d’une identité qui ne se définit que par un espace géographique, et de se plaindre en parallèle d’une discrimination culturelle et exiger à grands cris une reconnaissance nationale et internationale? Et si on mettait tout l’argent sur la promotion énergique des auteur(e)s suisses d’expression allemande, française, italienne et romanche, c’est-à-dire de la littérature suisse tout court?

«Besoin de grandeur», écrivait Ramuz…"



samedi 21 mars 2015

"... le monde n'est rien d'autre qu'un asile"


http://farrellgrehan.com/wp-content/uploads/2012/11/Grehan-Durrenmatt-0212.jpg

Crédit photo : Farrell Grehan

"La littérature suisse en langue allemande du 20e siècle marche sur deux plumes majeures. Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt."

 

Max Frisch und Friedrich Dürrenmatt in Rüschlikon, 1968. Foto: Pia Zanetti

"L’écrivain, dramaturge et peintre suisse Friedrich Dürrenmatt, disparu il y a vint-cinq ans, a été sans nul doute l’un des plus brillants esprits de son temps. Un portrait riche d’archives et de textes partiellement inédits" de Sabine Gisiger diffusé sur Arte il y a quelques semaines et qu'on  peut encore revoir ici. Passionnant.

"Ouvert au monde et à l’universel, observateur infatigable de l’absurde, partisan d’un humour distancié et maniant avec brio symboles et paradoxes, le Suisse Friedrich Dürrenmatt (1921-1990) n’hésitait pas à en découdre avec sa patrie qu’il qualifiait parfois de prison. Régulièrement montées sur les scènes européennes, ses célèbres pièces de théâtre comme La visite de la vieille dame et Les physiciens ou ses romans, Le juge et son bourreau, Le soupçon ou La promesse, traitent de sujets qui n’ont rien perdu de leur actualité : justice et injustice, pouvoir et sentiment d’impuissance, violence et pardon. Ce film propose un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de l’auteur helvète à travers des témoignages personnels jamais publiés, ainsi que de nombreux extraits de films et d’émissions de radio et de télévision. Autant de séquences passionnantes pour écouter Dürrenmatt parler de lui-même ou de ses œuvres, et livrer un diagnostic sans appel sur son temps".

Ci-dessous quelques réflexions de Friedrich Dürrenmatt tirées de ce film-documentaire. Elles ne remplacent pas le plaisir de voir et d'écouter Dürrenmatt.

"Je me suis marié et en même temps je suis devenu écrivain et j'ai fondé une famille.
Tout homme a besoin d'avoir des responsabilités; une charrette qu'il lui faut tirer et qui lui donne de l'entrain.
[...]
Je suis diabétique depuis 25 ans. je peux vous dire que quand on passe sa vie à combattre une maladie on est parfois affreusement épuisé. Mais je ne cède jamais au désespoir, au contraire : le mal et la folie en ce monde continuent de me griser.
[...]
J'ai peu de contact avec autrui, j'ignore pourquoi, peut-être cela tient-il à moi.
Aujourd'hui je n'ai plus de charrette à tirer. Le bon côté de la chose est que je prends à nouveau plaisir à travailler.
[...]
Je crois que la dernière tentative d'appréhender le monde de manière objective reste l'humour. L'humour c'est quoi? Tout simplement prendre de la distance, prendre du recul. Si Dieu existe, il doit avoir énormément d'humour et éprouver une folle joie à faire voler des mondes en éclat, comme un enfant qui joue avec ses soldats de plomb tout en leur faisant la morale. Non! Je crois qu'il se réjouit à la vue de ce spectacle, et tout être créatif ressent inconsciemment la même chose.
[...]
J'ai écrit deux pièces de théâtre sur des asiles de fous. Pour moi le monde n'est rien d'autre qu'un asile. Il y a bien plus de fous qu'on ne l'imagine. On est de toute façon fou; je suis un fou qu'on tolère.
[...]
On croit toujours que l'écrivain est convaincu de bien écrire, mais il n'en est rien. Il continue d'écrire, dans l'espoir d'y parvenir. En réalité l'écriture est liée à tant d'échecs, et dans mon cas à un tel sentiment d'infériorité que, il me met dans un état d'incertitude permanent. Je me demande encore si j'ai choisi le bon métier. J'ai parfois le sentiment que j'aurais dû devenir peintre. 


Friedrich Dürrenmatt, La Catastrophe (ou Catastrofe), 1968

Une voie ferrée passe au-dessus d'un défilé communiste et le tout s'effondre sur une église. La Catastrophe est technologique, idéologique, religieuse et, tout en haut, cosmique. Nous nous construisons un monde de catastrophes inéluctables.

De quelle maladie souffrons-nous? Il faut que nous ayons le courage de ne pas rester à la superficie et d'établir un diagnostic sur notre cas, sur le cas de l'humanité. Il existe une profonde contradiction entre notre connaissance et notre manière d'agir, mais nous n'en faisons pas bon usage. Au fond, nous sommes toujours restés les mêmes. 
 [...]
Je ne connais aucun peuple qui soit plus trouillard que les Suisses. Je suis convaincu que la Suisse n'aurait pas besoin d'une armée car les catastrophes sont mondiales. Un petit État ne peut pas se noyer car il remonte invariablement à la surface, tel un bouchon de liège. Les Suisses sont un peuple antédiluvien qui ne cesse d'attendre le déluge. Être Suisse me donne le doit d'être critique envers la Suisse. Je ne la vois pas si idyllique que ça. Son côté idyllique n'est qu'une façade.
[...]


Friedrich Dürrenmatt, 1966
Ultime Assemblée Générale d'un Établissement bancaire fédéral

La question qui se pose est celle de la morale de la société : la liberté peut-elle exister dans une démocratie de gangsters? La démocratie est-elle possible entre gangsters? Je ne parle pas de gangsters de Chicago, simplement de gangsters du monde des affaires où chacun ne pense qu'à son propre profit. La démocratie est-elle encore possible dans ce contexte?
[...]
Le temps de la belle peinture est révolu. A l'image du monde sacré de la littérature, la peinture sacrée n'existe plus. Le sacré et sacrément passé.
[...]

(Ensuite Dürrenmatt aborde la question du théâtre et parle de ses pièces, dont,
Les Physiciens :
"Bienvenue à la clinique psychiatrique « Les Cerisiers ». Trois patients y sont enfermés. Ils sont tous les trois physiciens. L'un se prend pour Newton, l'autre se prend pour Einstein, le troisième s'appelle Möbius et prétend avoir des visions du roi Salomon. Hasard ou coïncidence ?"

La visite de la vieille dame dont il dit :  je ne peux plus la voir. C'est la dernière pièce que j'aie écrite, j'y joue avec moi-même, j'y joue avec le temps. 
(Cette pièce sera en "tournée" en Suisse du 17 avril au 24 mai 2015).

[...]
La matière que l'on n'a pas écrite foisonne en soi. C'est comme une pierre que l'on traîne et dont il faut se libérer Il faut faire un grand ménage.
[...]
Perdre sa femme est une grande déchirure mais la vie continue, il faut s'y résigner. Il y a des choses auxquelles on ne peut tout simplement pas échapper alors il faut l'accepter, on ne peut pas faire autrement.
La mort bouleverse tout, le passé ne va plus de soi. Pourtant, plus nous nous éloignons de quelqu'un que la mort a arrêté dans le temps, plus cette personne prend forme dans notre souvenir.
Nous comprenons plus facilement les morts que les vivants car nous les modelons à notre image, avec beaucoup moins de retenue.
La mort est le moteur de l'évolution.
[...]
Ce fut un grand soulagement pour moi lorsque je compris que la vie n'a pas besoin d'avoir un sens, que c'est le devoir de l'homme de lui en donner. Qu'il est libérateur de savoir que le sens ne dépend que de l'homme, de moi-même."