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vendredi 21 juin 2019

Artistes à l'oeuvre (2) : Face à la mort, UNE RAISON DE VIVRE

Suite du documentaire LSD (France-Culture) sur Les artistes à l’œuvre, face à la mort une nouvelle énergie. 
Dans le précédent billet je relatais quelques réflexions du peintre Gérard Fromanger dont j'aimais la décontraction voire la dérision, la lucidité, l'enthousiasme pour parler de cette ultime étape : la vieillesse, l'approche de la mort comme moteur de vie, de création. Les extraits que j'ai retranscrits ne remplacent absolument pas une réécoute de Gérard Fromanger, pour moi jubilatoire. Fromanger a 79 ans (né en 1939).

Puis, j'ai souhaité noter quelques séquences du documentaire sur l'artiste Hans Hartung dont j'avais vu une exposition  en 2017 dans ce bel endroit à Landerneau, les Capucins. Je m'en voulais de n'avoir pas eu le courage d'en faire un billet mais le cerveau commence à faiblir depuis au moins deux ans et, ne mettre que quelques photos des œuvres exposées me paraissait insuffisant. Eh bien, cette émission LSD m'a un peu motivée pour revenir sur cette exposition et j'ai publié ce billet qui restait dans mes brouillons, mais le courage manquait toujours pour que je l'étoffasse (*_*). Shame on me, je m'en suis tenue à mettre mes photos. Quand j'avais commencé ce billet, je pensais aussi parler de Anna-Eva Bergman... artiste, qu'il épouse en 1957. Pour en savoir plus... Fondation Hartung Bergman à Antibes.

Hans Hartung, né le à Leipzig, et mort le à Antibes, est un peintre français d'origine allemande, l'un des plus grands représentants de l'art abstrait et le père du tachisme.
Après [...] l'occupation de l'ensemble de la France, Hartung passe en 1943 en Espagne. Incarcéré, puis placé dans le camp de concentration de Miranda del Ebro durant sept mois, il rejoint l'Afrique du Nord et s'engage à nouveau dans la Légion, sous le nom de Pierre Berton cette fois-ci. Affecté au Régiment de marche de la Légion étrangère comme brancardier, blessé durant l'attaque de Belfort en novembre 1944, il est amputé de la jambe droite à Dijon. De retour à Paris en 1945, où il est aidé par Calder, il est naturalisé français en 1946, décoré de la croix de guerre 1939-1945, de la médaille militaire et de la Légion d'honneur.
(Wikipédia).

Revenons au document (à réécouter ici) Artistes à l’œuvre , face à la mort, et à Hartung. En fin de vie, handicapé, il a continué de peindre, de manière différente, dans son fauteuil roulant, avec des assistants, dont Bernard Derdérian, expert de l’œuvre de Hartung. Il intervient dans le documentaire LSD

Hartung with Bernard Derderian 1989
Photo: André Villers © Fondation Hartung Bergman
"Cette pulsion de vie qui passe de l’artiste à l’œuvre et qui se poursuit, de l’œuvre au regardeur, n’est pas l’apanage de la jeunesse, elle devient même plus prégnante avec l’âge

Or, l’histoire de l’art a tendance à négliger les derniers travaux des artistes, classés au rang de simples documents, de témoignages voire de catastrophe. Que l’on pense aux ultimes autoportraits de Bonnard, aux papiers découpés de Matisse, au minimalisme tardif de Picabia, aux Nymphéas de Monet  que l’on attribua à sa vue déficiente ou au feu d’artifice final de Hans Hartung, cloué sur son fauteuil roulant, auquel la critique refusa de croire.

Et si, plutôt que de ressasser leur œuvre ou l’obsession de leur mort prochaine, les artistes puisaient dans la vieillesse une force neuve, originale, libérée des contraintes et des regards critiques ; comme si, à la veille de l‘échéance ultime, ils rendaient un hommage à la création, à ce qu’elle leur avait donné de plus fort : une raison de vivre."


Hans Hartung dans l'atelier d'Antibes, 1989
Photographie de André Villers  
(Photo capturée à l'exposition en 2017,
Hartung dans son fauteuil roulant)

"Dans les dernières années de sa vie, Hartung va peindre au pistolet à peinture, ce qui lui permit de faire plus trois cents toiles l'année de sa mort, en 1989."
(Un exploit, mais je comprends pourquoi ses dernières œuvres m'ont moins fait vibrer. Comparaison n'est pas raison mais je ne peux m'empêcher de penser à ce peintre que j'admire et dont les œuvres m'éblouissent : Zao Wou-Ki dont j'ai parlé ici... en 2013. Mais tout de même, je reconnais et j'admire cette énergie créatrice qui a animé Hartung alors qu'il était physiquement très amoindri).
 

"Journal des infirmière 
Nuit du 17 au 18 juillet 1989.

Monsieur Hartung se couche assez vite, se redresse du lit un peu plus tard, très angoissé. Veut aller à l’atelier terminer son tableau de cinq mètres, voudrait y faire de grands traits. Je le rassure et lui promet de le réveiller tôt demain, pour lui permettre de terminer sa toile. Massage de l’épaule droite où il ressent de violentes douleurs. Rassuré et calmé, se rendort pour toute la nuit.  9 h 30. Réveil. Café au lait. S’énerve pour un rien. Toilette. Se calme. Plus détendu mais très pressé. Demande l’heure toute les cinq minutes, pensant être en retard à l’atelier. A 11 heures, déjà dans l’atelier pour finir la grande toile. Beaucoup de tension car il fallait une très grande concentration pour réussir."

"Effectivement, la vie quotidienne, les gestes de la vie quotidienne étaient d’une grande lenteur. Quand il a eu cet AVC fin 86, jusqu’à 1989, il n’a plus la possibilité de marcher avec des béquilles, il a des problèmes d’équilibre, de force même dans les bras." (Bernard Derdérian).

"Beaucoup s’étonne de me voir encore travailler autant. Le plaisir de vivre se confond pour moi avec le désir de peindre, j’ai le sentiment d’un renouveau, comme une force, une nouvelle jeunesse qui me serait accordée. J’ai surtout le besoin de faire de grandes toiles. Dans l’art abstrait, le geste de peindre doit avoir la dimension qui correspond à son essence.

Voilà pourquoi il faut peindre en grand ce qui est pensé en grand. Voilà pourquoi cela m’agace tellement d’être physiquement empêché de peindre des tableaux, aussi grands que je les voudrais.[...] 
Les œuvres d’art témoignent pour l’humanité. Ces messages ont pour eux d’être universels, de traverser le temps sans en subir l’usure et sont des défis au néant, un mot auquel je ne veux ni ne peux croire. Heureusement rien ne me prouve que la mort soit la fin de la conscience du noyau humain. Je peux m’imaginer, l’espoir m’y pousse, que la spiritualité de l’homme une fois émise dans ce monde persiste et rayonne pour toujours. L’essence de Dieu nous est absolument inconnue. Il nous est donc permis de croire que rien ne se perd totalement, mais que tout reste inscrit dans le centre de cette énergie mystérieuse qui régit le monde. Je crois que tous nos actes, nos pensées, nos désirs restent dans la conscience universelle."

Autoportrait, Hans Hartung
Les artistes ne meurent pas.
Tu avais 47 ans... tu n'as pas eu le temps de penser à la vieillesse, à la postérité. Ce mot - comme il a fait rire Gérard Fromanger - t'aurait fait bien rire.

Tu n’es pas mort.

Je t’aime.


jeudi 11 octobre 2018

Plus jamais... mon Amour...


"Je ne crois pas que je la reverrai jamais. Plus jamais je ne la verrai, l'entendrai, la toucherai, l'étreindrai, l'écouterai, ni ne rirai avec elle; plus jamais je n'attendrai le bruit de ses pas, ne sourirai en entendant une porte s'ouvrir, ne joindrai étroitement son corps au mien, le mien au sien. Je ne crois pas non plus que nous nous retrouverons sous quelque forme dématérialisée. Je crois que ce qui est mort est bien mort. Certains pensent que le chagrin est une sorte de violent, quoique justifiable, apitoiement sur soi; d'autres disent que c'est le survivant qu'ils plaignent, parce que c'est lui qui a tout le tourment, alors que l'être aimé perdu ne peut plus souffrir. De telles approches tentent de gérer le chagrin en le minimisant - et en faisant de même avec la mort. Il est vrai qu'une partie de mon chagrin est centré sur moi - voyez ce que j'ai perdu, voyez combien ma vie en a été diminuée -, mais il s'agit davantage, bien davantage, et depuis le début, d'elle : voyez ce qu'elle a perdu, maintenant qu'elle a perdu la vie. Son corps, son esprit; sa radieuse curiosité de la vie. J'ai parfois le sentiment que la plus grande perdante dans le deuil, est la vie elle-même, parce qu'elle n'est plus exposée à cette radieuse curiosité.

Pages 88-89

Tous les couples, même les plus bohèmes, élaborent des structures au cours de leur vie commune, et ces structures ont un cycle annuel. De sorte que la Première Année est comme une image négative de l'année dont vous aviez l'habitude. Au lieu d'être émaillée d'événements, elle est maintenant ponctuée de non-événements : Noël, votre anniversaire, son anniversaire, celui du jour où vous vous êtes rencontrés, anniversaire de mariage. Et à ceux-ci se superposent de nouveaux anniversaires : celui du jour où la peur a surgi, du jour où elle est tombée pour la première fois, du jour où elle a été hospitalisée, du jour où elle est sortie de l'hôpital, du jour où elle est morte, du jour où elle a été enterrée.
Vous pensez que la Deuxième Année ne peut pas être pire que la Première, et croyez y être préparé. Vous pensez avoir connu toutes les différentes sortes de souffrance que vous aurez à endurer, et qu'après cela il n'y aura que des répétitions. Mais pourquoi une répétition devrait-elle impliquer moins de souffrance? Ces premières répétitions vous invitent à contempler toutes les répétitions à venir dans les années futures. Le chagrin est l'image négative de l'amour; et, s'il peut y avoir une accumulation d'amour au fil des ans pourquoi pas aussi de chagrin?
[...]
Cela a pris un certain temps, mais je me souviens du moment - ou plutôt, de l'argument arrivant soudainement - qui a rendu moins probable que je me tuerais. J'ai compris que, dans la mesure où elle vivait encore quelque part, elle vivait dans mon souvenir. Bien sûr, elle restait aussi puissamment dans l'esprit d'autres personnes; mais j'étais celui qui se souvenait le mieux d'elle. Si elle était quelque part, elle était en moi, intériorisée. C'était normal. Et il était également normal - et irréfutable - que je ne pouvais pas me tuer car alors je la tuerais aussi. Elle mourrait une seconde fois, mes chatoyants souvenirs d'elle s'estompant tandis que l'eau du bain se teinterait de rouge. Cela fut donc, finalement (ou, du moins, pour le moment), simplement décidé. Comme fut résolue la question plus large, mais apparentée : comment dois-je vivre? Je dois vivre comme elle aurait voulu que je vive."

Pages 99-100-101.

Julian Barnes, in Quand tout est déjà arrivé (récit La perte de profondeur), éditions Mercure de France, 2014.

"Dans ce troisième récit, Julian Barnes "nous parle - droit au cœur de ce qui se passe quand "tout est déjà arrivé", en l’occurrence, la mort de l'être qui vous était le plus proche et "qu'on est tombé de la plus grande hauteur". Disons simplement que Julian Barnes est sans doute là au sommet de son art."

4e de couverture.

mardi 12 juin 2018

Tout art doit avoir un certain mystère






Figure étendue à deux pièces no 5, Bronze (1963-64), 
titre original : Two Piece Reclining Figure No. 5

« Tout art doit avoir un certain mystère et doit interroger le spectateur. Donner à une sculpture ou à un dessin un titre trop explicite enlève une part de ce mystère, et ainsi le spectateur se déplace vers l'objet suivant, sans faire l'effort de mesurer le sens de ce qu'il vient de voir. Tout le monde pense avoir compris, mais en fait pas vraiment, tu sais. »
(A suivre... après visite de l'exposition).






Dublin, Trinity College, myself april 1978
(Hum! photos avec appareil jetable)
devant la sculpture de Henry Moore 

 

(J'y faisais un stage d'anglais de deux semaines, c'était notre première séparation, un an après notre rencontre, tu m'appelais tous les soirs et chaque soir on se jurait que jamais plus on ne se quitteraient).

 

samedi 21 janvier 2017

Les amoureux du 15e


C'était il y a 40 ans, ces photomatons... toi et moi,
deux mois, jour pour jour, après notre rencontre le ...


21 janvier 1977
21 janvier 2017 




Jusqu'au 25 mai 1986, on nous appelait LES AMOUREUX DU 15e

C'est étrange qu'aujourd'hui, 21 janvier 2017, par hasard, j'ai reçu un mot d'amitié d'amour magnifique, qui m'a laissé le cœur battant devant mon écran pendant de longues minutes. Amour? Amitié? Les deux se mêlent des années plus tard, comme à l'époque, quand je lui parlais d'amour il me répondait, désir. Il avait raison... 
Mon Aimé est mort en 1986 mais sa "pierre précieuse" ne l'oublie pas. 
Et si cet homme délicat qui m'écrit justement, aujourd'hui 21 janvier 2017, coïncidence, des mots (et, coïncidence des mots que je garde pour moi) magnifiques, je me dis que finalement le hasard n'existe pas.
Quand j'ai commencé ce blog fin août 2009... c'était pour panser ce chagrin amoureux d'avec cet homme. Je me suis mise alors à parler de toi, pas très souvent, puis de lui, quand... j'espérais toujours... et encore, puis, peu à peu de beaucoup d'autres choses... 

C'est chouette (pour moi) de relire mes premiers billets, c'est ma mémoire, c'est ma vie, une belle vie... malgré tout, et si riche. Et cet ami-amant-amour, c'est vraiment doux de recevoir ses mots aujourd'hui, avec un détachement qui me permet de les savourer encore plus. Merci à lui.

Mon Aimé... je me souviens comme si c'était hier de notre rencontre, dans ton atelier.  

mardi 19 juillet 2016

***

J'avais réussi à maintenir une température supportable dans mon appartement, fenêtres fermées, stores baissés dans la journée. Mais aujourd'hui ce n'était plus tenable, malgré ces précautions et les fenêtres grandes ouvertes la nuit.
Après avoir somnolé dans la fournaise pour récupérer de ma nuit aux multiples réveils, je me décidais à rappeler les Pompes Funèbres (MDR) pour un complément d'informations et, la mairie de... au sujet de la prolongation de la concession (re MDR). Tout commençait à s'éclaircir, si j'ose dire, de ce côté-là. J'en savais assez pour me débrouiller. Inutile de signer un contrat obscène obsèques, trop de contraintes : délai de carence... exclusions de garantie... pfff! Un feuillet manuscrit de ses dernières volontés suffit. Faire faire des devis était tout de même une bonne idée, ainsi j'ai toutes les options en main pour faire mon papier et le distribuer à ma famille : demandez le programme! Hé hé! Hop! Ouf!
Je sentais qu'il était temps de changer d'air, mon ventilateur brassait de l'air chaud, je changeais aussi de tenue rapidement - ou plutôt j'en mettais une - et je filais en voiture  à Sainte-Marine. Je marchais un peu pour me dégourdir les jambes et surtout la tête, il y avait un délicieux petit vent, quel bonheur. La mer était haute, je ne m'installais pas à la terrasse de mon petit Café de la Cale habituel mais à celle du Café du Port; je recherchais de l'ombre, elle était de ce côté-là.
Je trouvais presque miraculeuse cette fraîcheur océane alors qu'il n'y avait pas un souffle d'air en ville dans l'étouffante chaleur.
Oui, j'étais bien, là, à regarder l'eau, enfoncée dans mon fauteuil presque relax. Il n'était que 18 heures, j'avais le temps de ne rien faire, juste ne rien faire, ne penser à rien d'autre qu'à être là, sans penser à toute cette tristesse accumulée depuis bientôt deux mois. La vie était trop belle et trop courte maintenant, pour que je perde mon temps à vouloir la perdre (je me comprends). J'avais pris un livre mais je ne parvenais à me concentrer sur ce que je lisais. Je lisais cela (et je le refermais, satisfaite) :
Lundi 24 juillet 1961, Golfe-Juan
En panne sur cette immense Côte d'Azur. Climat léthargique, gens affreux, vulgarité suffocante.
Jean-René Huguenin, Journal.

 Mes photos de début de soirée




Et dimanche, de la terrasse (photo ci-dessous, Baie d'Audierne) nous avons vu, par hasard,  passer le Tour de Bretagne de cyclisme féminin! C'était la première fois de ma vie! que je voyais - en vrai - d'aussi près un peloton de cyclistes. Il est passé à une telle vitesse que je n'ai pas eu le temps de le prendre en photo. Mon amie me dit : mais pourquoi toutes ces voitures qui suivent? (Elles avaient toutes des vélos sur le toit, la réponse était facile non?) - Mais pour les vélos de rechange si des cyclistes tombent en panne (je-di-ça-je-dis-rien).



Époustouflant un peloton qui passe : vvlouf! (Ce n'est sûrement pas le bon mot mais je n'en connais pas d'autre (0_0))


Cardinaux, Liberté retrouvée, Huile sur toile 1980
(Je l'appelle Les cyclistes ;-))

samedi 21 mai 2016

Plus nul tu meurs



Hier, dans une salle d'attente, je feuillette un vieux Psychologies magazine et je découvre un encart publicitaire; les bras m'en tombent  et le magazine avec. Plus nul tu meurs! Ils ont semble-t-il des clients (vu leur chiffre d'affaire). Si vous perdez un être cher et que son odeur vous manque, ils vous concoctent un parfum qui vous rappellera le défunt, à 560 euros! Manquait plus que ça. Un "créateur de liens olfactifs".
"Nous, créateur de liens olfactifs, voulons tout simplement grâce à la technologie d’aujourd’hui faire ce que bon nombre de gens sensibles aux odeurs n’ont pu qu’imaginer jusqu'à présent.

Un lien olfactif fort vous lie à votre bébé, votre enfant, conjoint, papy, mamie… Vous souhaiteriez en leur absence humer leur effluve si personnelle, vous laisser envahir par ce bien être, ce plaisir doux que procure la signature olfactive de l’être aimé.
Nous, créateur de liens olfactifs, pouvons vous aider à perpétuer ce souvenir et combler une absence en retranscrivant fidèlement l’odeur de votre être cher."

Et, pour mourir de rire, la start up "câline" est implantée à MISEREY. 

Non mais 560 euros pour une odeur!!! La tienne (tiens, j'ai oublié de la humer l'année dernière et peut-être même les années précédentes (0_0)? Hum!) je l'ai gratuitement. Et si en plus je fumais un Davidoff... Mais aujourd'hui je n'en supporterais plus l'odeur. 
 
Je laissais tomber le magazine pour feuilleter un journal et... rrrooohhh! j'éclatais de rire;  tout de même, cette photo  : ça craint...

vendredi 13 mai 2016

***



Cardinaux,  Bouquet, Huile sur toile, 1966

Ma nouvelle acquisition (*_*)

lundi 4 avril 2016

Rouge viscontien

Dimanche 3 avril.

Une journée de rien, à rêvasser. Impossible de lire en ce moment.

Repos bien mérité. Le soir, je me repassais le film de Luchino Visconti : L'Innocent. 

"Ce dernier film, crépusculaire malgré la jeunesse des personnages et la lumière de Rome et de la campagne romaine, L'Innocent (L'Innocente), (1976), est librement inspiré du roman de Gabriele D'Annunzio, L'Innocent, titre de la version littéraire italienne (1892), (L'Intrus dans sa traduction française). À sa sortie, la presse n'en fit pas grand cas, trompée peut-être par la société bourgeoise décrite dans le film, par les décors et les costumes de la fin du XIXe siècle. Se trompant sur le sens du film, elle n'y vit pas ce qu'il contenait, l'analyse profonde du seul sentiment amoureux, sentiment universel, et de la dépendance qu'il implique, compliquée, douloureuse, voire destructrice."
(Source Wikipédia).

Je peux voir et revoir les films de Visconti, je découvre et ressens toujours quelque chose de nouveau. Et cette permanence : beauté des images, richesse de la décoration. Il y a un rouge viscontien (comme il y a un rouge Hermès,  un rouge de Chine, un rouge Cardinaux). Le rouge est ma couleur favorite.








(Captures d'écran)

Visconti par lui-même

Le metteur en scène milanais « a consciemment rattaché ses propres films à ses souvenirs autobiographiques », nous dit René de Ceccaty, traducteur en français du Roman d'Angelo, œuvre littéraire inachevée de Luchino Visconti. Situations, scènes et personnages des films réalisés par Visconti constituent presque invariablement un florilège de réminiscences intimes et personnelles. Voici comment Visconti se décrit lui-même : « Je suis venu au monde le jour des Morts par une coïncidence qui restera toujours scandaleuse, en retard de vingt-quatre heures peut-être sur la fête de la Toussaint... Cette date m'est restée attachée pour la vie comme un mauvais signe. Je viens d'une famille riche. Mon père, bien qu'aristocrate, n'était ni stupide ni inculte. Nous étions sept enfants, mais la famille s'en est bien sortie. Mon père nous a élevés sévèrement, durement, en nous aidant à apprécier les choses qui comptaient : la musique, le théâtre, l'art... J'ai grandi dans une odeur de pharmacie : nous, les enfants, entrions dans les couloirs de l'établissement Erba, qui sentaient l'acide phénique, et c'était une telle excitation, une telle aventure ! Le sens du concret que je crois toujours avoir possédé me vient de ma mère... Elle aimait beaucoup la vie mondaine, les grands bals, les fêtes fastueuses, mais elle aimait aussi ses enfants, la musique, le théâtre. C'est elle qui s'occupait chaque jour de notre éducation, qui m'a fait apprendre le violoncelle. » (Settimo giorno, 28 mai 1963) Cette mère tant aimée, les critiques n'ont pas manqué d'en souligner la ressemblance avec la mère « proustienne » de Tadzio, l’éphèbe de Mort à Venise. « Il n'y a pas un instant de notre vie d'alors qui ne s'illumine dans le souvenir de la présence attentive de ma mère... Mon souvenir le plus heureux se situe à la première heure, avant le petit déjeuner... Je vois encore le reflet de la lumière incertaine sur mon violoncelle, je sens le poids léger de la main de ma mère sur mon épaule », nous confie encore Luchino Visconti. René de Ceccaty rappelle également que Visconti précisait que le Prélude, choral et fugue de César Franck, que joue la mère dans Sandra, incarnée par Marie Bell, était souvent interprété par sa propre mère.

(Source Wikipédia)

Lundi 4 avril.

Perdu deux balles. Mais non, pas au bandit manchot (0_0)!
Deux balles de golf perdues sur le même trou! Même pas dans l'eau, dans des herbes sauvages et toujours détrempées; pourtant les fairways sont impeccables. Je ne les ai pas cherchées, pas envie de glisser. Mon adorable partenaire n'était pas là pour me les ramener; il prenait d'ailleurs trop de risques et me faisait penser un peu, dans cette intrépidité, à toi quand tu t'approchais trop près  de la mer sur les côtes sauvages de Quiberon et de la Pointe du Raz. Tu te retournais vers moi en riant et je te faisais la tête. Le reverrais-je un jour, lui?
Mais oui, il suffit d'y croire et j'y crois, fermement. Quand je le reverrai, je ne l'écrirai pas. Il n'y aura plus rien à dire. Ce sera... ce sera, un point c'est tout. On ne perd jamais un ami. 
"Personne ne sait jamais ce qu'on gagne avec une naissance. On n'y gagne que des espérances, des illusions et des rêves. Il faut attendre la mort pour savoir enfin ce qu'on perd."

Jean d'Ormesson,  Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée.


lundi 1 février 2016

Journal

Journal du week-end.

Vendredi 29 janvier.
Je voulais faire un long break pour le golf mais je n'ai tenu que deux jours sans. Et vendredi j'avais tout de même pris le temps de déjeuner - au lieu de jouer entre midi et trois l'estomac vide - pour avoir plus d'énergie. J'allais prendre mon départ au 1 quand mon "charmant partenaire" terminait le 9 avec un autre joueur. Ils m'invitèrent à jouer avec eux puisqu'ils repartaient pour un second tour. 
Et voilà, le hasard avait bien fait les choses ce jour-là. J'ai moins mal joué mais tout de même, à peine mieux. J'étais moins perturbée : nous étions trois au lieu de deux. Donc... CQFD.

Samedi 30 janvier.
Le ciel est toujours aussi gris, l'humidité pénétrante. Pas question de rester entre quatre murs en ce moment. Trop de spleen. Sortir, m'aérer, même en ville. Je me suis attardée dans deux magasins spécialisés dans la vente de matériel pour les artistes peintres. Simplement pour y respirer quelque fragrance, enivrante. 
Point d'odeur de peinture à l'huile ni de térébenthine. Je me souvenais de ta "palette" et de ton "établi" remplis de gros tubes de peinture à l'huile de chez Marin : ils "nous" coûtaient une fortune, avec les toiles sur châssis à clé, et nous laissaient au régime  pâtes et pommes-de-terre pendant quelque temps. Ce n'était pas un problème, tes gratins de macaronis et dauphinois (à la lyonnaise) étaient savoureux. 
Bien sûr, il n'y avait aucune odeur particulière dans ce magasin. J'y ai  déniché un joli carnet pour un journal de voyage; des pages blanches à remplir si j'ose repartir, loin, en voiture. Ne pas y penser à l'avance, ne pas penser aux vertiges. Vivre au jour le jour. Mes jours sont désormais sans lendemain.



 Le carnet et l'Invitation au voyage

Puis j'allais à la médiathèque.
Emprunté deux DVD : un film de Wong Kar-Wai, Chungking Express, de 1995 et un film de Jim MacBride, Le Journal de David Holzman, de 1967. Pas encore visionnés.
Emprunté : Le livre du ça de Georg Groddek, conseillé par un ami (pour me remonter le moral;-).
Pause thé au XXIe. Surprise! Changement de décor, de propriétaire. Déception pour moi; j'y allais pour l'accueil chaleureux, le sourire, la poignée de main de Sébastien : 
"L'enseigne créée par Frédéric Mérour il y a quinze ans et tenu par Sébastien Laimé ces cinq dernières années, le XXIe, situé sur la place Saint-Corentin, vient de changer de propriétaire...."
Sébastien portait  bien son nom! 


Terrasse du XXIe avant rénovation, mais elle, reste intacte!

Grosse déception. Rien à ajouter. J'ouvrais Le livre du ça, en attendant mon thé, je lisais la Préface de Lawrence Durell et je compris pourquoi cet ami me l'avait conseillé, j'allais me régaler.

Dimanche 31 janvier.
Pluie le matin, pluie l'après-midi, pluie le soir. 
Pas mis le nez dehors.
Un peu de ménage, de repassage, en écoutant la radio, une émission très intéressante à propos de l'exposition qui se tenait au Musée du Quai Branly jusqu'au 31 janvier.

Affiche, crédit : DR




 
Puis, lecture ou plutôt relecture de Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig. 
 
Lundi 1er février.
Ciel gris, humidité, la même rengaine. Pas de pluie.
Golf. Le hasard va-t-il...? J'ai réservé un départ, seule à 15 h. Mais un joueur s'est inscrit pour jouer avec moi. Je ne le connais pas, il est déjà au départ du 1 quand j'arrive et me dit :  - vous êtes Madame xxx? Je me suis inscrit avec vous, ça ne vous dérange pas? - Non, pas du tout, au contraire (faut que j'arrête d'être sauvage) et nous échangeons nos prénoms en nous serrant la main. Un monsieur très âgé, il a l'air sympathique. Et, qui vois-je au 9? Mon "charmant partenaire" avec le joueur de vendredi qui, lui, a déjà quitté le départ et se dirige vers le club house. Je me réjouis, je vais saluer "mon charmant ex-partenaire" (0_0) et en même temps je me dis : zut! je ne suis pas toute seule. Je n'ose pas lui demander s'il veut refaire un tour avec nous, peut-être pense-t-il que je connais celui qui m'accompagne et préfère ne pas désorganiser une partie prévue à deux? Il ne sait pas que je ne connais pas mon partenaire. Je me sens idiote, je lui dis : - vous avez bien fait de jouer avant la pluie (un petit crachin commençait à tomber). Je ne sais même plus ce qu'il m'a répondu, j'étais plus que perturbée. Il "nous" a souhaité une bonne partie et s'en est allé. Pfff! Snif! Pas de heureux hasard aujourd’hui.
Nonobstant une gentille partie, sous le crachin, avec A. le monsieur d'un certain âge qui me rappelait un acteur (le nom ne me revient pas) au visage buriné, des cheveux bouclés blancs  s'échappaient de sa casquette, un pull-over écru à torsades et col roulé irlandais. Je l'imaginais dans un pub à Cork buvant une Guiness après une partie de golf. 
 
Ce soir sur Arte, un hommage à Jacques Rivette avec Ne touchez pas la hache, j'aurais préféré revoir La belle noiseuse.
 

mardi 26 janvier 2016

"Dieu ne joue pas aux dés"


Le hasard fait-il bien les choses?






Des droites parallèles ne se croisant que par le plus petit des hasards.


"Il faut [alors] distinguer plus clairement le hasard et la contingence : un fait est hasardeux s’il échappe à toute prévision humaine, sans pour autant échapper aux lois de la nature ; tandis qu’un fait contingent est reconnu comme pouvant aussi bien être que ne pas être. Tout ce qui est hasardeux n’est pas contingent car pouvant posséder des causes déterminantes et résultant d’un nombre indéfini de conditions. Le hasard serait ici non pas l’absence de nécessité mais plutôt l’ignorance des nécessités qui font se réaliser les choses. Gagner au loto par hasard, cela signifie que personne ne pouvait le prévoir, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de causes déterminantes ni que dans la roue de la loterie nationale l’enchaînement de ces causes n’était pas nécessaire. En revanche tout ce qui est contingent est hasardeux car imprévisible du fait qu’on ne peut a priori pas prévoir si A se réalisera plutôt que non-A, étant donné que A est tout aussi possible que non A.
[...]
Le génie intuitionnel d’Einstein qui, bien que sachant que « Dieu ne joue pas aux dés », prévoyait que théorie et pratique  sont comme des droites parallèles ne se croisant que par le plus petit des hasards : 
"La théorie c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.""


"Ce que nous appelons le hasard n'est que notre incapacité à comprendre un degré d'ordre supérieur."
(Jean Guitton)

Anecdote du jour :
Elle m'envoie un SMS : "Il vaudrait peut-être mieux qu'on reporte à la semaine prochaine. Tu risques d'être bloquée sur la voie express avec des manifs d'agriculteurs."
Ô mon Dieu, merci de me donner, ENFIN, l'occasion de prendre des risques. Je lui réponds :
"Non, je maintiens pour jeudi. Depuis le temps qu'on doit fêter toutes les deux nos X0 ans. Pour la route... Inch Allah! Mektoub".
(Nous avons appris quelques mots arabes;-) en croquant des pépites (graines de tournesol) au Maroc).

A moi de vérifier si, le hasard fera bien les choses... Sachant que bien, ici, n'a sans doute pas le même sens pour elle que pour moi. Tenir à la vie, n'est-ce pas, ne rien laisser au hasard? J'ai envie, aujourd'hui, de laisser toute la place au hasard. Je ne tiens plus à rien de vital. J'étais un peu dans cet état d'esprit quand je t'ai rencontré. Ce fut un heureux hasard.
Il faudrait peut-être que j'aille acheter un steak (0_0)?

En tout cas, c'est sûr, jeudi je vais prendre des risques. Youpi! 

Et le golf, comment ça va? Mal, très mal, très très mal. Je ne soulève plus une balle. C'est déprimant. Je suis épuisée. Un break s'impose!



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