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dimanche 23 mars 2014

Jamais l'ombre d'aucun arbre ne fut plus chère, ni plus aimable, ni plus douce!


« Ombra mai fù / di vegetabile / cara ed amabile, / soave più ! »




Kathleen Ferrier (1912-1953)

"Le premier air de Serse, Ombra mai fù, est un chant d'amour de Xerxès pour un arbre (Platane d'Orient) sur l'une des plus belles et célèbres mélodies de Haendel..."

jeudi 4 avril 2013

Sans la musique la vie serait une erreur *

* Friedrich Nietzsche.
 
J'écoute un vieux CD d'Elisabeth Schwarzkopft : des cantates de Bach, des airs de Handel, de Mozart et cet Abscheulicher! Wo eilst du hin? Il faudrait que j'écoute autre chose quand le spleen s'installe mais ce passage est si ardent, si beau... C'est la version de mon CD :
Elisabeth Schwarzkopf sings "Abscheulicher! Wo eilst du hin?"
from Fidelio by Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Philharmonia Orchestra
Herbert von Karajan, conductor
London 20.IX.1954
 
 

 
Opéra composé par Beethoven, Fidelio connut trois versions successives avant de rencontrer enfin le succès. Inspiré d’un fait divers authentique, il décrit le combat d’une femme, Léonore, dont le mari a été emprisonné par son ennemi Pizarro. Déguisée en homme et se faisant appeler Fidelio, elle devient l’aide du geôlier de la prison et tente de sauver son époux d’une mort certaine. Riche en passages sublimes, cette œuvre magnifique est un véritable hymne à la liberté, et à la force de l’amour conjugal.

"Une marche annonce l'arrivée de Pizzaro (baryton), qui, pressé par une dépêche lui annonçant la visite impromptue du ministre Don Fernando, décide d'abréger les jours de son ennemi (air d'une extrême noirceur, avec chœur des gardiens, « Ha ! Welch'ein Augenblick ! Die Rache werd ich kühlen »: Ha! Quel instant! Je vais assouvir ma vengeance »). Moyennant une bourse bien remplie, il charge Rocco d'accomplir la vile besogne (duo « Jetzt, Alter, jetzt hat es Eile ! » : « Allons, mon brave, le temps presse ! »). Ce dernier s'y refusant, Pizarro décide d'agir par lui-même. Fidelio a tout entendu et, dans une grande scène dramatique (récitatif accompagné « Abscheulicher ! Wo eilst du hin ? » : « Monstre ! Où te hâtes-tu ?) Et air « Komm, Hoffnung » : « Viens, espoir »), chante sa foi et son espérance en l'amour fidèle et la juste Providence."

samedi 30 mars 2013

Le premier baiser d'avril...

Ce matin :
Exquise matinée avec Charles Sigel et
Giacomo Puccini,


l'homme de l'effusion et de la fragilité.

C'est par ses héroïnes qu'il exprime son propre désespoir et la présence essentielle qui est celle de la mère, la mère jamais oubliée. Mais il fallait que l'héroïne, coupable - autrement dit lui-même - soit sacrifiée.



Je vis seule, toute seule,
mais quand vient le dégel
le premier soleil est pour moi,
le premier baiser d'avril est pour moi!

Dans un vase éclot une rose
Feuille après feuille je la guette!
C'est si doux... le parfum d'une fleur
Mais les fleurs que je fais, hélas...
n'ont pas d'odeur!

Après trois ans et neuf mois de travail, quand Puccini eut terminé La Bohème - la scène de la mort de Mimi - son émotion fut bouleversante.
"Il a fallu que je me lève et, debout au milieu de la nuit, dans mon cabinet de travail, je me suis mis à pleurer comme si j'avais vu mourir mon propre enfant."

"C'est en s'attelant à la composition de Turandot d'après Gozzi, dont il aime le mélange de conte chinois et de commedia dell'arte, qu'il retrouve la force d'accomplir une grande oeuvre personnelle. Mais il y travaille avec une extrême lenteur, se documentant sur la civilisation chinoise avec autant de ferveur qu’il s’était intéressé au Japon du temps de Madame Butterfly.
Hélas, il n'ira pas jusqu'au terme du troisième et dernier acte, emporté par un cancer de la gorge en 1924 à l'âge de 66 ans. Turandot est créé en 1926 sous la direction de son fidèle ami Toscanini, qui pose sa baguette au cours du fameux troisième acte en se tournant vers le public: "C'est ici que le maître mourut"."
(Source L'humeur vagabonde, de Charles Sigel).

Après-midi :

Passage à la bibliothèque : trouvé un autre livre de Christian Oster Une femme de ménage et demandé qu'on me réserve En ville sa dernière publication.
Moins léger, j'ai emprunté Les Faux-Monnayeurs de André Gide. Je vais mettre un temps fou à le lire.
Ensuite passage au rayon DVD : Effi Briest de R.W. Fassbinder.

Programme complet pour le week-end de Pâques!

Soirée :

Rien. Enfin. Silence total en rentrant de la bibliothèque et après avoir vu un film terrible : Blind Shaft! J'en suis sortie anéantie (ne veux pas dire déçue, loin de là). Il me fallait faire le vide ensuite, dans le silence de mes acouphènes assourdissants.
Très étrange ce silence dans l'appartement. Pas de radio, pas de musique, surtout pas de télé. Rien, en regardant le jour s'assombrir avant la tombée de la nuit, en se demandant pourquoi on ne fait pas le silence plus souvent, pourquoi on n'éteint pas tout, pourquoi on n'ouvre pas un livre, pourquoi on ne ferme pas les yeux... plus souvent? Peut-être parce qu'on voudrait alors ne plus les ouvrir... à moins "qu'un baiser d'avril..." se pose sur nos paupières...

Cette nuit : passage à l'heure d'été. Hier nous avions quelques flocons de neige et aujourd'hui la température était de 3° au meilleur de la journée.



dimanche 2 décembre 2012

L'humour tragique, l'essence de l'amour

Mercredi 28 novembre.

Après-midi à la médiathèque; je n’ai pas réussi cette fois à me passionner pour le Romain Gary que j’avais emprunté : Charge d’âme, pourtant tout ce que j’ai lu de lui m’a enthousiasmé;  la fiction ne me passionne pas. Je n’ai pas non plus été transportée par les Lettres à Essenine de Jim Harrison. J’ai emprunté trois petits ouvrages, des Essais :

- Goethe et Tolstoï de Thomas Mann (150 pages)
- Mes ateliers de Paul Nizon (60 pages)
- De la bêtise de Robert Musil (50 pages)
Lettres choisies de Nietzsche (330 pages + 100 pages de Notes)

Sur place j'ai consulté les magazines littéraires et me suis attardée sur celui ci, numéro de Novembre-Décembre 2012 :

Couverture : Walser au Säntis (Alpes suisses) le 1er juin 1942
© Keystone / Robert Walser-Striftung Bern

Un dossier sur Robert Walser lui est consacré et ne pouvait que m'intéresser. Merveilleux écrivain dont j'ai déjà parlé ici et .



Titre du dossier - Le Shakespeare de la petite prose :

"Il comparait les Alpes suisses aux dentelles des petites culottes de dames, et ses petites proses à des danseuses. De la promenade, il fit un art de vivre en même temps que le modèle de la condition d’une écriture aussi labyrinthique que bouleversante. Traversée de l’œuvre et de la vie du génie singulier que fut Robert Walser (1878-1956)."

A vrai dire, mieux vaut se lancer tout de suite dans la lecture des ouvrages de Walser que dans celle de ce dossier, pour les lecteurs qui n'ont rien lu de cet auteur.

Une publication de sa correspondance vient de paraître : Lettres de 1897 à 1949.



« Dimanche dernier, j'ai fait une ravissante promenade à Laupen, et de manière générale, j'ai déjà fait assez bonne connaissance avec les charmants environs de Berne. Je n'ai pas grand-chose à vous raconter. Qui travaille ne vit pas grand-chose, justement. Si cela vous intéresse, je peux vous annoncer qu'il y a peu, j'ai perdu, tel un petit enfant, une belle incisive en parfait état. Je le déplore, bien sûr, et c'est en brèche-dent que je dois désormais aller mon chemin dans ce monde si beau. Un autre que moi le prendrait peut-être au tragique. »

Lettre à Frieda Mermet, 15 février 1921.

"Au fil des lettres, captivantes même lorsque Walser se contente d'y détailler ses journées, ses promenades, jus­qu'aux menus de ses petits déjeuners, ses tracas ordinaires et ses bonheurs minuscules, se dessine un personnage complexe et passionnant. Un autoportrait de Robert Walser en homme fantasque, spontané, délicat, capricieux, enfantin dans ses enthousiasmes excessifs et ses épanchements sentimentaux, poignant de solitude, mais tout autant ironique, perspicace et lucide [...] "
Lire  l'article de Nathalie Crom, Télérama.

Après lecture du dossier Walser, visite de l'exposition Claude Ponti ("pour les petits et pour les grands!").

Illustration de Claude Ponti. Crédit : Ecole des Loisirs

Je me suis bien amusée à regarder ces images. Petites merveilles qui laissent à penser que je suis encore une enfant. Quelques photos (qualité médiocre, flash dans le verre et, sans flash les couleurs étaient sous exposées) des dessins qui m'ont fait rêver, sourire... ou rire!





(Cliquer sur les images pour agrandir)

 « Mes histoires sont comme des contes, toujours situées dans le merveilleux, elles parlent de la vie intérieure et des émotions de l'enfance, ainsi chaque enfant peut-il mettre ce qu'il veut dans les images : les personnages et les rêves qui sont les siens. »

Jeudi 29, Vendredi 30 novembre.

Golf sous un ciel clément et des températures revigorantes, 8°! Un seul green de fermé.


En soirée jeudi, vu à la télévision :  The reader de Stephen Daldry sorti en 2008. D'après la critique de Jean-Luc Douin dans Le Monde :  à éviter. Je n'ai pas lu le livre de Bernard Schlink, Le liseur dont est tiré le film et, pour ma part j'ai bien aimé. Je comprends aussi le malaise qu'il a suscité, je l'ai ressenti. Il n'empêche, je dis : à voir.

Samedi 1er décembre

Occupations sans intérêt. Bu un chocolat l'après-midi dans un bistrot où je pensais prendre le temps de lire la presse. J'étais coincée entre deux tables, - près du bar où le barman faisait la plonge des tasses et des soucoupes dans un fracas assourdissant et - sous les baffles de la sono qui dispensaient une musique tonitruante! J'ai avalé mon chocolat à toute vitesse et me suis échappée à l'air... libre dans une petite rue déserte où régnait un calme bienfaiteur.
Retour  à la maison en contemplant les nuages dans le ciel et en pensant à Eugène Boudin! Mais oui, pourquoi pas!

Dimanche 2 décembre

Ciel gris et pluvieux. Un temps à faire de la cuisine l'après-midi : éplucher des carottes, les couper en rondelles, couper un oignon, le tout en écoutant Carmen  et, en pensant à Nietzsche qui aimait cette oeuvre de Georges Bizet, dont il disait :

"Quel bien nous font ces après-midi dorées de bonheur ! Si nous contemplons l’horizon, vîmes-nous jamais la mer plus unie ? — Et comme la danse mauresque s’adresse à nous en nous apaisant ! Et comme sa mélancolie lascive enseigne la satisfaction à nos désirs toujours insatisfaits ! — Enfin l’amour, l’amour ramené à la nature ! Non pas l’amour d’une « noble jeune fille » ! Pas de sentimentalité à la Senta ! Mais l’amour comme fatum, comme fatalité, cynique, innocent, cruel, — et voilà justement la nature ! L’amour dont la guerre est le moyen, dont la haine mortelle des sexes est la base ! —
Je ne sais pas de circonstance où l’humour tragique, qui est l’essence de l’amour, s’exprime avec une semblable âpreté, trouve une formulation aussi terrible que dans le dernier cri de Don José, avec lequel l’ouvrage se clôt :

« Oui, c’est moi qui l’ai tuée,
Carmen, ma Carmen adorée ! »"







vendredi 30 juillet 2010

Una Furtiva Lagrima



Pavarotti : Donizetti, L'Elixir d'amour, Una Furtiva Lagrima
Dans cette aria Neronimo évoque cette simple larme qu'il a vue perler dans l'oeil d'Adina. Il comprend ainsi qu'elle l'aime, malgré ce qu'elle veut lui faire croire. La musique exprime avec fougue son bonheur lorsqu'il s'écrie : "Elle m'aime, oui, elle m'aime, j'en suis témoin". Mais Néronimo se reprend : "Ce serait merveilleux de mêler mes soupirs aux siens".