Affichage des articles dont le libellé est Spleen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Spleen. Afficher tous les articles

jeudi 20 juin 2019

vendredi 29 mars 2019

***

A 18h58, je le photographiais à travers la vitre, je me demandais ce qu'il butinait là ce bourdon.
J'ai ouvert la porte pour le prendre de plus près, il s'est envolé.



A 22h58, j'ai de la fièvre - enfin je crois -, j'ai les joues en feu mais c'est peut-être la cortisone - premier jour - qui commence à faire des flush et j'ai la migraine. Mais je peux marcher - un peu - à nouveau. Miracle de la cortisone. Vu trois fois ma toubib en  dix jours. J'en ai assez. Assez des examens, assez des radios, assez de la kiné. Je ne veux pas vieillir comme ça.
- Les problèmes s'accumulent en ce moment, me dit-elle.
- Oui, je trouve aussi. J'espère ne pas vous revoir top vite, lui dis-je, même si je vous aime beaucoup (et c'est vrai, elle est merveilleuse).
- Moi aussi je vous aime bien, m'a-t-elle répondu.
En plus, il fait un temps magnifique et je ne peux rien faire. Je contemple le ciel et le bourdon.
J'ai le bourdon.

mardi 5 juin 2018

"Ce qui me grisa lorsque je rentrai à Paris, en septembre 1929, ce fut d'abord ma liberté." (Simone de Beauvoir)

Samedi 26 mai 2018 

Je venais de sortir de ma bibliothèque, pour une re-relecture, un livre que j'avais aimé et que je t'avais offert, maman, pour une Fête des mères. C'est ton exemplaire que j'ai dans ma bibliothèque; je l'ouvre parfois et je lis quelques pages, au hasard; cette fois je décide de refaire une lecture complète, enthousiasmée par les premières pages. Et quelle surprise de trouver à l'intérieur une petite carte qui devait te servir de marque-page, où était écrit : Avec toi aujourd'hui. J'aurais pu rajouter : et éternellement. Ce petit carton m'a émue; il devait accompagner un bouquet de pivoines que je te faisais livrer.Tu aurais été émue, sûrement, de me voir nettoyer ta (votre) tombe ce samedi (avec une jambe raide, pfff!), - veille de la Fête des mères et jour anniversaire de ta disparition, mon aimé - et y déposer une plante.
Il est probable que tu fus moins captivée que moi en lisant cet ouvrage, mais je sais que tu l'as lu, qu'il t'avait intéressée, on en avait parlé longuement. Moi, j'étais déjà imprégnée de l'auteur, de sa vie, avec les Mémoires d'une jeune fille rangée. Je vivais à Paris et je connaissais le Quartier Latin comme ma poche. Je le fréquentais, je me reconnaissais en elle, je l'aimais. J'étais une jeune fille rangée qui aspirait à la liberté, à une vie libre.


La Force de l’âge, publié en 1960, est le deuxième tome de l’œuvre autobiographique écrite par Simone de Beauvoir, précédé des Mémoires d'une jeune fille rangée (1958) et suivi de La Force des choses (1963) et de Tout compte fait (1972). On peut aussi inclure dans cette œuvre autobiographique le récit de 1964 : Une mort très douce.
Ce tome traite de la période de sa vie s'étendant de 1929, de sa réussite à l'agrégation préparée avec Jean-Paul Sartre, à la Libération de Paris en août 1944.
(Source Wikipédia)



" Nous ignorions sur tous les plans le poids de la réalité. Nous nous targuions d'une radicale liberté. Ce mot, nous y avons cru si longtemps et avec tant de ténacité qu'il me faut regarder de près ce que nous mettions dessus.
[...] Le donné nous est apparu comme la matière de nos efforts et non comme leur conditionnement : nous pensions ne dépendre de rien. De même que notre aveuglement politique, cet orgueil spiritualiste s'explique d'abord par la violence de nos projets. Écrire, créer : on n'oserait guère risquer cette aventure si l'on n'imaginait pas être maître absolu de soi, de ses fins de ses moyens. Notre audace était inséparable des illusions qui la soutenaient [...].
Nous allions notre chemin sans contrainte, sans entrave, sans gêne, sans peur; mais comment n'achoppions-nous pas du moins à des barrières? Car enfin, nous avions les poches très plates; je gagnais chichement ma vie, Sartre écornait un petit héritage qu'il tenait de sa grand-mère paternelle : les magasins regorgeaient d'objets défendus; les endroits de luxe nous étaient fermés. [...] Nous n'étions pas des ascètes, loin de là; mais aujourd'hui, comme autrefois - et Sartre me ressemblait - seules les choses qui m'étaient accessibles, et celles surtout que je touchais, pesaient leur poids de réalité; je me donnais si entièrement à mes désirs, à mes plaisirs, qu'il ne me restait rien de moi à gaspiller en vaines envies. Pourquoi aurions-nous regretté de ne pas rouler en auto alors que le long du canal Saint-Martin ou sur les quais de Bercy nous faisions à pied tant de découvertes? Quand nous mangions dans ma chambre du foie gras Marie, quand nous dînions à la brasserie Demory dont Sartre aimait la lourde odeur de bière et de choucroute, nous ne nous sentions privés de rien. Le soir au Falstaff, au College Inn, nous buvions avec éclectisme des bronx, des side-car, des baccardi, des alexandra, des martini; j'avais un faible pour les cocktails à l'hydromel des Vikings, pour les cocktails à l'abricot qui étaient la spécialité du Bec de Gaz, rue Montparnasse : qu'est-ce que le bar du Ritz; aurait pu nous offrir de plus? Nous avions nos fêtes. Un soir aux Vikings, je mangeai une poule aux airelles tandis que dans une tribune un orchestre jouait l'air à la mode : Pagan love song. Je savais que ce festin ne m'aurait pas éblouie s'il n'eût été exceptionnel. La modestie même de nos ressources servait mon bonheur.
Aussi bien n'est-ce pas une immédiate jouissance qu'on cherche dans les objets de prix : ils servent de médiation avec autrui; leur prestige est conféré par des tiers prestigieux. [...] les habitués des palaces, les hommes à Hispano, les femmes à vison, les ducs, les millionnaires ne nous en imposaient pas; [...] J'éprouvais à leur égard une ironique pitié; coupés de la masse, confinés dans leur luxe et dans leurs snobismes, je me disais, quand je passais devant les portes infranchissables du Fouquet's ou du Maxim's, que les exclus c'étaient eux.  En général, ils n'existaient pas pour moi; leurs privilèges, leurs raffinements ne me manquaient pas plus qu'aux Grecs du Ve siècle le cinéma et la radio. Évidemment, le mur d'argent faisait échec à notre curiosité; mais nous ne nous en irritions pas parce que nous pensions que les gens huppés n'avaient rien à nous apprendre; leurs cérémonieuses dissipations ne couvraient que du vide.
Rien donc ne nous limitait, rien ne nous définissait, rien ne nous assujettissait; nos liens avec le monde, c'est nous qui les créions; la liberté était notre substance même."
Pages 19 - 20 - 21 - 22.


Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir
Coll. part. Archives Éditions Gallimard

Lundi 4 juin 2018 

Et me voilà donc replongée depuis dix jours dans La Force de l'âge, une lecture qui me passionne à nouveau tant elle ravive de souvenirs de ma jeunesse estudiantine parisienne, même si "Ce tome traite de la période de sa vie s'étendant de 1929 à 1944", je revis la mienne à l'époque où je lisais ce livre (deux ou trois ans avant mai 68), avec un peu de nostalgie mais avec une méga jubilation. C'est bien plus tard (trop tard) que je t'ai rencontré mon Amour, j'étais un peu assagie mais toujours rebelle et libre. Tu m'as légèrement embourgeoisée - avec tes goûts de luxe -, le comble pour un artiste-peintre fauché. En fait, la bohème c'était moi !

Et, 300 pages plus loin...
 

"Nous en avions fini avec la province; voilà qu'enfin nous vivions tous deux à Paris : plus de voyages en train, plus d'attente dans les gares. Nous nous installâmes dans un hôtel, beaucoup plus plaisant que le Royal Bretagne, que Sartre avait découvert pendant ma convalescence en Provence.




Hôtel Royal Bretagne
Photo, Le Paris de Beauvoir de Barbara Klaw, éditions Syllepse.


Il était situé entre l'avenue du Maine et le cimetière Montparnasse : j'avais un divan, des rayonnages et un bureau très commode pour travailler.



Hôtel Mistral
(Cliquer sur les images puis sur afficher pour lire)




Je pris de nouvelles habitudes; le matin, je buvais un café, je mangeais des croissants sur le zinc d'une brasserie bruyante et rougeoyante, Les Trois Mousquetaires. Je travaillais souvent chez moi. Sartre habitait à l'étage au-dessus. Nous avions ainsi tous les avantages d'une vie commune, et aucun des inconvénients.

Qu'allais-je écrire, maintenant que j'avais achevé mes nouvelles? Certains thèmes rôdaient dans ma tête depuis longtemps mais je ne savais pas comment les aborder. Un soir, peu après la rentrée, j'étais assise avec Sartre au fond du Dôme; nous parlâmes de mon travail, et il me reprocha ma timidité. [...] "Enfin ! pourquoi ne vous mettez-vous pas en personne dans ce que vous écrivez ? me dit-il avec une soudaine véhémence. Vous êtes plus intéressante que toutes ces Renée, ces Lisa..." Le sang me monta aux joues; il faisait chaud, il y avait comme d'habitude beaucoup de fumée et de bruit autour de nous, et j'eus l'impression de recevoir un grand coup sur la tête. "Je n'oserai jamais !" dis-je. me jeter toute crue dans un livre, ne plus prendre de distance, me compromettre : non, cette idée m'effrayait. "Osez", me disait Sartre. Il me pressait : j'avais mes manières à moi de sentir, de réagir, et c'était tout ça que je devais exprimer. Comme chaque fois qu'il se donnait à un projet, ses mots faisaient lever en foule des possibilités, des espoirs; mais j'avais peur. De quoi au juste?  Il me semblait que du jour où je la nourrirais de ma propre substance la littérature deviendrait quelque chose d'aussi grave que le bonheur et la mort."

Pages 323 -324.

Simone de Beauvoir, in La force de l'âge, éditions Gallimard, 1960.

Nota Bene : Simone de Beauvoir entre, enfin, à la Pléiade.

Mardi 5 juin

Tenir le coup, vivre avec ses douleurs physiques, ne pas rester assise trop longtemps, prendre des antalgiques, des anti inflammatoires pour pouvoir marcher, continuer de se révolter, contre tout ! ça donne de l'énergie. Mourir cela n'est rien mais vieillir...Je me disais tout cela ce matin en prenant mon petit déjeuner. Mon genou me jouait un sale tour et avait doublé de volume il y a dix jours; épanchement m'a-t-elle dit, rien d'autre, pas de prescription spéciale à part les antalgiques "je ne vous donne pas d'anti inflammatoires, si dans trois semaines vous avez toujours mal, je vous prescrirais de la cortisone. Ben voyons. Démerde-toi (pardon maman chérie de dire des gros mots) toute seule avec tes douleurs. De toute façon, ce sera ça ton avenir : après les coudes, les genoux, et sans doute plus tard l'épaule, les pieds. Ce matin, je n'ai pas lésiné pour avaler antalgique et anti inflammatoire (ils sont en vente libre) et allons-y gaiement... au golf. Je décidais de faire un test : 3? 6? 9? trous. Je mis ma genouillère et déjà en descendant les escaliers je savais que ce serait plutôt 6 que 9, voire 3. Elle me compressait trop derrière le genou, là où l'enflure me faisait mal. Zut, j'avais du mal à marcher... jusqu'au parking. Shit ! Je "verrouillais" pourtant la jambe mais la douleur était là.  J'arrivais au golf, sortais mon matériel, me dirigeais vers le départ. J'avais trop mal. Je m'arrêtais à l'accueil et j'allais aux toilettes pour retirer ma genouillère. Soulagement. Je marchais mieux. Youpi ! Quelques mouvements, étirements des bras et hop ! c'est parti. Au 3 je ne sentais plus de douleur, les médicaments faisaient de l'effet. Je savais que ça n'était pas la solution, je savais, je le savais, je m'en fichais, je n'avais plus mal et je jouais pas mal. L'herbe était mouillée, les fairways n'étaient pas tondus, les greens étaient lents, je m'en fo fichais, j'étais là, je pouvais donc encore marcher un peu, je pouvais jouer au golf, je n'étais pas foutue. Je n'avais pas les idées roses mais, elles étaient déjà un peu moins noires que ces derniers jours. Et j'ai fait 9 trous +3 ! (Mais c'est un très petit parcours de golf). Je ne pense pas que ma nuit sera calme...

"J'ai envie de bouger et je crois aux vertus de la mobilité. Quand on est immobile on devient très fragile. C'est fatigant, mais c'est passionnant. [...] Je ne serai jamais un adulte. J'aime bien les hommes qui disent des bêtises. Un adulte c'est un homme qui marche et un jour il se pose le cul et il croit qu'il continue de marcher. [...] Dès qu'on est assis on commence à s'occuper beaucoup de son fauteuil. "
Jacques Brel (la suite dans la vidéo, c'est épatant).
 

vendredi 20 octobre 2017

Ma maison, où est ma maison...





Quand je me tourne vers mes souvenirs
je revois la maison où j'ai grandi
Il me revient des tas de choses
je vois des roses dans un jardin
Là où vivaient des arbres, maintenant
la ville est là
et la maison, les fleurs que j'aimais tant
n'existent plus
Ils savaient rire, tous mes amis
ils savaient si bien partager mes jeux
mais tout doit finir pourtant dans la vie
et j'ai dû partir, les larmes aux yeux
Mes amis me demandaient "Pourquoi pleurer?"
et "Couvrir le monde vaut mieux que rester
Tu trouveras toutes les choses qu'ici on ne voit pas
toute une ville qui s'endort la nuit dans la lumière."
Quand j'ai quitté ce coin de mon enfance
je savais déjà que j'y laissais mon cœur
Tous mes amis, oui, enviaient ma chance
mais moi, je pense encore à leur bonheur
à l'insouciance qui les faisait rire
et il me semble que je m'entends leur dire:
"Je reviendrai un jour, un beau matin
parmi vos rires,
oui, je prendrai un jour le premier train
du souvenir."
La temps a passé et me revoilà
cherchant en vain la maison que j'aimais
Où sont les pierres et où sont les roses
toutes les choses auxquelles je tenais?
D'elles et de mes amis plus une trace,
d'autres gens, d'autres maisons ont volé leurs places
Là où vivaient des arbres, maintenant
la ville est là
et la maison , où est-elle, la maison
où j'ai grandi?
Je ne sais pas où est ma maison
la maison où j'ai grandi
Où est ma maison?
Qui sait où est ma maison?
Ma maison, où est ma maison?
Qui sait où est ma maison?

mercredi 26 juillet 2017

***

"Certes je ne crois pas que personne puisse comprendre la tristesse qui habite mon âme, je souris, je ris comme tout le monde, mais chaque sourire est une larme de plus qui se concentre dans mon âme jusqu'à ce qu'éclatent ces perles d'amertume sur ces pages où elles restent."

Anaïs Nin, Journal d'enfance.

samedi 18 février 2017

***

Un jour le je, le moi deviendront elle, et c'en sera fini de sa spontanéité, de sa vérité.
Bonjour tristesse.

***

Je ne fais que des bêtises en ce moment. Tout va mal. J'écris des billets, je les publie, je les retire puis je les laisse en brouillon, je les relis et me dis : tu ne vas tout de même pas oser poster ça! :
Anecdote, aujourd'hui, dans un magasin : J'achète un truc (un gros truc) et je règle par chèque. Je repars avec le truc et la facture. Je m'installe au volant de ma voiture. Je pense à l'addition et je décide de vérifier vite fait le montant, après les deux remises. Je cherche "le" ticket de paiement par carte bancaire. Je ne le trouve pas. Je ressors de ma voiture et retourne dans le magasin (ma voiture était garée devant la vitrine). Je "lui" dis : vous ne m'avez pas donné le ticket de paiement de ma carte bancaire (0_0). Il me répond en riant : mais vous avez fait un chèque! Ouille, p'tain, merde, ch..., je déc... là. Prémices Alzheimer, je le parierai! Pour donner le change, j'éclate de rire... pour ne pas éclater en sanglots. Bon, OK, je ne règle pratiquement jamais par chèque, mais tout de même... 
Maman chérie (pardon pour les gros mots), dis-moi que je ne vais pas finir comme toi.

dimanche 15 janvier 2017

***

"Nul ami tel qu'un frère, nul ennemi comme un frère."
Proverbe indien

"L'idéal serait de pouvoir traverser la vie 
et de la finir sans réaliser qu'on est seul."

samedi 3 décembre 2016

La première fois

Samedi 3 décembre.

Assise, les yeux dans le vague, je sirote mon thé en pensant à cette scène vécue jeudi. 

Je montais dans le bus, passais ma carte sur le "truc" et me dépêchais - comme d'habitude (même si je le prends rarement) - d'aller jusqu'au milieu du bus, en me tenant fermement car il venait de redémarrer brutalement (je pouvais me cogner, tomber sur le c... et je ne suis pas un Botero!).
Oui, je me dépêche toujours d'aller au milieu pour m'asseoir aux places "normales"  la tête haute, en passant devant les places vides "réservées aux personnes âgées". Non mais! Pas question de m'asseoir là. Tsss! Mais le bus était plein et je restais coincée à l'avant, les places des vieilles étaient occupées (en partie par des jeunes, mais ils ont le droit aussi d'être fatigués). Tant mieux. Je n'avais que deux stations à faire. Que nenni! J'allais vivre "la première fois" et pas celle de mon premier baiser.  
Un jeune homme, noir, se lève de sa place "réservée aux personnes âgées" (aaarrrgggrr!) et me regarde avec un grand sourire. Pas besoin de me dire : prenez ma place. Je n'allais pas la lui refuser, il avait l'air si gentil, je l'aurais offensé. J'en avais pourtant très envie et de lui dire avec un grand sourire : je ne suis pas encore une vieille! Mais je savais, cette fois j'en étais sûre, je l'étais. Je ne lui dis rien de cela, je m'asseyais. Je ravalais mon orgueil, en le remerciant : c'est gentil. Il reste près de moi, de toute façon, on ne pouvait pas bouger et, accroché au pilier il dit : il n'y a pas beaucoup de personnes gentilles aujourd'hui (il avait un sourire éclatant, il insistait sur le mot gentil). Il attendait une réponse : ben si, vous. Je rajoutais : maintenant il y a le wi-fi dans le bus et tous les jeunes (et moins jeunes) ont le nez plongé dans leur smartphone mais il y a tout de même parfois des regards souriants. Je n'en vois pas beaucoup me dit-il, les gens sont fermés, ils ont peur avec tout ce qui se passe, ils ne cherchent pas le contact ni les regards.  Je sentais qu'il avait envie de parler mais deux stations c'est vite fait (eh oui! parfois je suis flemmarde en plus d'être vieille. Hi!) et il fallait déjà  que je me lève pour arriver près de la porte de sortie. Alors je lui dis : vous savez, je suis persuadée qu'on ne peut répondre à un sourire que par la gentillesse mais je suis d'accord avec vous, nous croisons rarement des visages souriants dans la rue. C'est dommage. Merci beaucoup.
Il descendait aussi à la même station, il allait à gauche et moi à droite. Il devait avoir 16-17 ans. Il n'était pas Harold et je n'étais pas Maude...
Je venais tout de même de prendre un coup de Penn Bazh
Il y a eu une première fois, il y aura une seconde, une troisième et ainsi de suite, jusqu'à ce que... mort s'en suive.
Mais c'était plutôt une bonne journée, j'avais parlé à quelqu'un, de vive voix. (Et là, éclatons tous de rire, derrière nos écrans). 

Mon thé était froid pour une "resucée" (je me souviens de ce mot dans ta bouche, maman chérie). 

Bon, hier j'étais au golf, avec une partenaire, parce que hein, je ne prends pas le bus tous les jours! Je marche encore... Non mais!

dimanche 2 octobre 2016

***

" Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s'empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour; quelque chose de plus impitoyable que l'espace nous tient éloignés d'eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu'elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d'un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus pure, pareil à un mirage devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n'avons pas eu notre pleine mesure de vie et d'amour, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre."

Ernst Jünger, in Sur les falaises de marbre.

lundi 26 septembre 2016

"Ce bruit mystérieux sonne comme un départ"

C'est l'automne. Et je crains qu'il n'y ait jamais plus de jours heureux, en aucune saison. Snif!


Chant d'automne, texte intégral ici.

[...]
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

[...]

[...]

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.


Charles Baudelaire, Chant d'automne, Les Fleurs du mal.

Un autre départ, hier... The King


Arnold Palmer (1929-2016) ici en 1953



Arnold Palmer en 2009, à côté de sa statue 
sculptée par Zenos Frudakis au centre.
(Photos ci-dessus Wikipédia)



 Golf Club in Augusta, Ga., Wednesday, April 8, 2009. 
(AP Photo/Chris O’Meara)

"Palmer a marqué l'histoire du golf par son palmarès où figurent 95 titres dont sept tournois du Grand Chelem, le Masters à quatre reprises (1958, 1960, 1962 et 1964), deux éditions du British Open (1961, 1962) et l'US Open 1960."

=0=0=0=0=




Bon, c'est quand qu'on fait un match-play (*_*)?

 
 

mercredi 27 juillet 2016

***

Et... trois ans plus tard, Julie Fuchs était ce soir aux Chorégies d'Orange  avec
La mélodie du bonheur!




Hum! J'a do re  le solfège (*_*) 

Et, Le roi carotte  de Jacques Offenbach vous connaissez?
Un opéra-bouffe. Hi!



Faire du rire un chasse-spleen (gratuit)

lundi 18 juillet 2016

De, la tristesse

"De grandes et multiples tristesses auraient donc croisé votre route et leur seul passage, dites-vous vous a ébranlé. 
[...]
[...]
Ne vous observez pas trop. Gardez-vous de tirer de ce qui se passe en vous des conclusions hâtives. Laissez-vous faire  tout simplement. Sinon vous seriez conduit à vous reprocher (j'entends du point de vue moral) votre propre passé, qui a une part dans tout ce qui vous advient maintenant. 
[...]
Aussi, cher Monsieur Kappus, ne devez-vous pas vous effrayer quand une tristesse se lève en vous, fût-elle une tristesse plus grande que toutes celles que vous avez vécues." 
Rainer Maria Rilke, in Lettres à un jeune poète

jeudi 14 juillet 2016

La vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie

14 Juillet 2016.

Ce sera une journée à rayer de ma mémoire.
Mais ce soir, tout va bien, j'ai passé quelques heures à écouter Raphaël Enthoven (*_*) sur You Tube. 
Celle ci-dessous est "amusante" :  Souchon/Malraux. Mmm!
  

"Parler de la mort, c'est la vocation même du travail du philosophe. La philosophie ne fait que poser les questions que tout le monde se pose. Quiconque s'est demandé pourquoi vivre alors qu'il va mourir a là, une porte d'entrée en philosophie et se donne les moyens de découvrir que la philosophie s'est déjà posé cette question avant lui. Est-ce snob ou pas, je n'en sais rien, peut-être, sûrement d'ailleurs, mais nécessaire également. "




15 juillet. 
J'apprends ce matin que, à l'heure où je publiais ce billet, un homme - avec un camion - venait de tuer 84 personnes sur la Promenade des Anglais à Nice ce soir du 14 juillet 2016 à l'heure où le feu d'artifice s'achevait.
Parler d'une "philosophie de la mort" me semble pour le coup, bien snob. Et pourtant...

samedi 9 juillet 2016

Le spleen comme une grâce


Entretien avec Olivier Py par Alexandre Demidoff (extraits).

A quoi sert le théâtre?
A changer les hommes. Quand on ne peut pas changer le monde, on change les hommes. Et peut-être qu’ils changeront le monde. J’ai été changé par le théâtre. Je travaille avec des détenus. L’un d’entre eux, qui s’en est sorti, s’est inscrit au conservatoire. Le théâtre lave les âmes.
 
Dire comme vous le faites que c’est l’art du XXIe siècle, n’est-ce pas un vœu pieux?
C’est l’art du XXIe siècle à cause de la présence réelle des acteurs, celle que n’offrent pas les jeux vidéo, les réalités virtuelles. Vous remarquerez que les arts plastiques ont tendance à se théâtraliser. Même s’ils s’en défendent. Le théâtre a toujours été vilipendé, c’est pour ça qu’il est magnifique. C’est l’art du XXIe siècle aussi parce qu’il n’est pas rentable. 
 
Vous avez souvent travaillé à Genève, au Grand Théâtre notamment. Vous y monterez en septembre Manon de Jules Massenet avec la chanteuse Patricia Petibon. Qu’est-ce que cette ville vous inspire?
C’est l’Europe rêvée. Tout le monde y parle toutes les langues. Les Français disent parfois que les Suisses sont lents : or ce qu’ils appellent lenteur est de la considération, le souci de l’autre. Quand je retourne en France, j’ai l’impression de rentrer chez les barbares.
[...] 

Votre chasse-spleen préféré? 
J’accueille le spleen comme une grâce. Le mot est tellement doux. Je me retrouve dans la tristesse qui me lave de beaucoup de vanités.

mardi 7 juin 2016

Quelque part n'importe où, guidés par le hasard



Des petits morceaux de papier déchirés... ça fait plus de bruit qu'un clic de souris pour la poubelle.
Ce fut un bel après-midi où la ma raison a pris le dessus sur la déraison. 
C'est bien la preuve que je vieillis.
Il y a quoi : dix ans? Je ne me serais même pas interrogée de savoir s'il fallait être raisonnable ou pas. J'aurais succombé allègrement à l'ardente tentation, délibérément, déraisonnablement.

Mais...


samedi 4 juin 2016

***



Après l'allégresse...




... vient la tristesse.

vendredi 29 avril 2016

***

"L"humour est une plante gaie arrosée de tristesse."





C'était en mai 2014, aujourd'hui le moulin à vent a triste mine
et la tête à l'envers. Comme moi. 
Il est temps de le mettre à la déchetterie!



"Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre."
Victor Hugo

lundi 18 avril 2016

***




Ruines du cœur

Mon cœur était jadis comme un palais romain,
Tout construit de granits choisis, de marbres rares.
Bientôt les passions, comme un flot de barbares,
L'envahirent, la hache ou la torche à la main.

Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain.
Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares.
Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares ;
Et les ronces avaient effacé le chemin.

Je suis resté longtemps, seul, devant mon désastre.
Des midis sans soleil, des minuits sans un astre,
Passèrent, et j'ai, là, vécu d'horribles jours ;

Mais tu parus enfin, blanche dans la lumière,
Et, bravement, afin de loger nos amours,
Des débris du palais j'ai bâti ma chaumière.


François Coppée




jeudi 31 mars 2016

Sensation de l'âme


 Éducation d'Alexandre par Aristote de Charles Laplante


Dans les NCC, une semaine sur LES ÉTATS DE L'ÂME.
J'écoutais hier matin  l'émission - sur la conception qu'avait Aristote de l'âme - je l'écoutais comme une mélodie, qui me plaisait, sans capter toutes les paroles, toutes les significations. Je retenais cependant des bribes de mots, de phrases, d'explications qui attisaient mon intérêt, présentés par l'invité Jean-Louis Labarrière (directeur de recherche au CNRS, spécialiste d'Aristote). J'apprends ainsi que : l'âme est mortelle. Je ne suis pas surprise.

"Contre une conception moderne d'un esprit éternel, Aristote affirme l'incarnation nécessaire de l'âme dans un corps. Contre Platon [qui nous dit que l'âme est immortelle], Aristote nie toute séparation de l'âme en parties distinctes."

Aristote dit qu"'il est ridicule de donner une définition de l'âme".

"L'animé se distingue de l'inanimé par le fait qu'il est vie. Mais comme le fait de vivre s'entend de plusieurs façons, nous prétendons qu'il y a vie, là où se trouve ne serait-ce qu'une seule quelconque des manifestations, tels que l'intelligence, la sensation, le mouvement local et le repos [...].
[...]
C'est aussi ce qui se produit dans d'autres traits distinctifs de l'âme, notamment dans le cas des insectes, lorsqu'on les sectionne. Chacun des segments est en effet doué de sensation ainsi que de mouvement local. Or, sensation implique : représentation et appétit, car là où il y a sensation il y a également douleur et plaisir, et dans ce cas aussi, nécessairement : désir."
Pour Aristote :
"L'âme est un tout dans un corps qui est lui-même un tout. L'âme est diffuse dans toutes les parties du corps. Mais il y a des limites à cela. Par exemple, à propos de la sensation et des animaux : tous les animaux doivent posséder le toucher, c'est le sens animal par excellence. Si on prive un animal du toucher, l'animal meurt. Par contre on peut lui crever les yeux, ça ne lui entraîne pas la mort."

Et je rajoute : priver l'homme (l'humain) du toucher, il meurt. Lente agonie, vertigineuse sensation de la perte de soi. Qu'on ne me crève pas les yeux en plus, car je ne pourrais plus atteindre ma réserve... (humour, dérision, mélancolie).

A midi j'allais jouer au golf, pour chasser ma mélancolie, dans le silence des oiseaux.