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jeudi 26 janvier 2017

EVIDEMMENT

On a beau faire ce qui est préconisé à coups de marteau par la pub, on peut la choper quand même cette sale grippe.
On dit qu'elle peut être mortelle. J'en rêvais, la nuit, je le désirais, je crois que la fièvre m'a fait délirer dans ma putain de solitude. (Pardon maman chérie pour le gros mot).
Aujourd'hui, j'ai pu mettre le nez dehors, enfin, le temps d'aller jusqu'à ma voiture. Il fallait bien que j'aille acheter un peu de nourriture et autre course...

Je remonte dans ma voiture, j'allume la radio, j'entends France Gall; je l'adore et je chante avec elle. J'ai donc encore une voix. Sourire aux lèvres je pensais : il y a deux jours tu voulais (pour la énième fois) mourir et là, tu chantes, tu tapotes ton volant en rythme.
Ben, rien de contradictoire là-dedans. 
N'attends pas trop longtemps...


Y A ...
COMME UN GOUT DE POUSSIERE DANS TOUT
[...]
Y A DES SILENCES QUI DISENT BEAUCOUP
[...]
ET TOUTES CES QUESTIONS QUI TIENNENT PAS DEBOUT
EVIDEMMENT 
EVIDEMMENT
ON RIT ENCORE
POUR LES BETISES
COMME DES ENFANTS
MAIS PAS COMME AVANT 

EVIDEMMENT
EVIDEMMENT




J'allais oublier... et c'est important, pour mesurer la futilité de mes propos : cette grippe, ces lamentations sont-elles justifiées ou plutôt justifiables, au regard de ce jeune homme, hémiplégique,  qui traversait la rue avec beaucoup de difficultés?

"Laissons les autres se lamenter sur ces temps mauvais ; je me plains de leur misère, car ils sont dénués de passion. Les pensées des hommes sont ténues et fragiles comme des dentelles ; ils sont eux-mêmes pitoyables comme des dentellières. Les pensées de leur cœur sont trop misérables pour être coupables." 
Soren Kierkegaard

mardi 1 septembre 2015

Désespérer... pour être heureux?!

" [...] une certaine continuité dans le désespoir peut engendrer la joie. 
[...]  l’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner."
Albert Camus, Noces.

C'est le thème de la semaine dans les NCC. 
(Lecture par Jean-Louis Jacopin : Albert Camus, Noces, « L’été à Alger » : un très court extrait  à la fin de ce billet)

Sujet qui ne peut que me passionner : faire de mon désespoir une énergie de vivre.

Et hier : Kierkegaard, au-delà du désespoir.

Une rentrée épatante! Non? Oui!
Finies les vacances, ouf!


Vincent Van Gogh, <i>Autoportrait à l'oreille coupée</i>

Vincent Van Gogh, Autoportrait à l'oreille coupée

Autoportrait à l'oreille coupée (1889), par Van Gogh. Peinture à l'huile. (Courtauld Institute Galleries, Londres.)
Ph. Coll. Archives Larousse
 

mardi 25 février 2014

Une descente en enfer



Auguste Rodin, La Porte de l'Enfer (détail)

Passé deux nuits et deux jours d'enfer en enfer.
On parle souvent des vertiges sous une forme plaisante même s'ils sont là aussi douloureux, mais il y a des vertiges qui sont comme une petite mort ou du moins qui vous engloutissent vous anéantissent au point de ne plus rien contrôler de ce corps qui devient un corps de chiffon. Je voudrais crever quand je vis ces heures-là.
Oui, c'est bien l'enfer ces vertiges quand je ne tiens plus debout, que le plafond tourbillonne et que je m'accroche pour aller vomir (je sais c'est répugnant ce que j'écris). Je ne brûle pas dans cet enfer; ce sont mes larmes qui me brûlent quand la nausée me saisit. Les idées les plus noires se font claires, et vives. Une crise par mois depuis novembre, c'est trop pour avoir envie de vivre.
Je veux bien croire que mes vertiges - en dehors du fait du dérèglement de mon oreille interne - soient augmentés par mon angoisse de vivre. 

"Kierkegaard cerne l’angoisse sous son double registre à la fois psychologique et ontologique en révélant ainsi son point névralgique. Sur le plan psychologique, l’angoisse est liée au sentiment de culpabilité, ce que Kierkegaard illustre à travers son analyse du récit de la chute dans la Genèse. C’est précisément l’observation clinique d’un tel sentiment de culpabilité lié à la sexualité qui permettra à Freud d’engendrer tout l’édifice de la psychanalyse. Sur le plan ontologique, l’angoisse est liée à cet étrange mélange d’effroi et de fascination que suscitent en l’homme le néant et la mort, intuition fulgurante que Sartre et Heidegger développeront avec talent sans oublier leur « dette » intellectuelle pour le philosophe danois. Pour Kierkegaard, le point de jonction entre ces deux dimensions de l’angoisse se trouve dans la liberté. Dans le jardin d’Éden, Adam est angoissé par sa liberté du possible, car il peut violer l’interdit divin à tout instant. Le paradoxe insoutenable soulevé par Kierkegaard est celui d’une loi morale qui incite  l’être libre à la faute et qui pourtant est nécessaire pour extraire l’homme de l’animalité. Dans l’expérience de l’angoisse du néant l’être humain éprouve un sentiment de vertige ontologique face à l’infini des possibilités qu’engendre sa liberté. Dans le vertige physique, on est attiré par le vide qui pourtant nous effraye, tandis que dans le vertige métaphysique, on est fasciné par le néant qui est en même temps source d’effroi. Mais cette épreuve de l’angoisse est précisément pour Kierkegaard ce qui forme l’être humain à l’authenticité de la liberté…. "  
Sören Kierkegaard, Le concept de l'angoisse. 

"J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges."
Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, Délires II.