vendredi 28 mai 2010

Vive les manifs!

Hier...
13 h 10. Je déjeune à la terrasse du Café branché, snob, BCBG où l'on vient se faire voir plus que voir. Quoi que, regarder, oui, mais seulement les autres snobs (tiens ce type qui avait réservé sa table, le patron lui offre une coupe de champagne, ce doit être un élu ou plutôt un chef d'entreprise? il a l'air hilare et son sourire est... effrayant - ses dents, mon dieu, ses dents, des chicots, comment est-ce possible? - Voilà qu'un jeune homme le rejoint : casquette! on dirait qu'il revient du golf ou de Roland Garros! polo blanc avec une broderie de marque sur la manche, très moulant, il est gras pour son âge, lunettes noires de marque, bronzé, l'ensemble vulgaire, j'imagine pourtant qu'il doit se trouver très classe, le genre infatué insupportable). Je ris parce que j'ai plein de trucs de marque aussi. Maman, c'est de ta faute!
Mais ne boudons pas notre plaisir, je suis là et j'observe ce petit monde un peu puant et, merveille, la solitaire est privilégiée! Une table pour elle toute seule - de plus au bon endroit, sans réservation - qui, franchement est déjà minuscule et qui est la même pour deux et même trois personnes. D'ailleurs trois touristes viennent de s'installer; ils demandent au garçon s'ils peuvent rapprocher deux tables? Que nenni! Ils devront serrer des coudes et surtout, surtout savoir manger proprement sur leur minuscule espace : un couple et un homme seul apparemment, pas mal du tout, assis du bon côté pour... me lorgner (rires). (Je me sens prédatrice!!! un mot qu'un jour un homme a utilisé en me disant : je ne suis pas un prédateur!). Il a des cheveux blancs épais, un visage poupin, bronzé, l'oeil vif et expressif. Pfff! en voilà un qui va disparaître de mon horizon rapidement, ainsi va la vie. Un de ces regards qui parle et ne dure qu'un instant, le temps d'une station comme dans le métro.
Mais pourquoi je ne viens pas plus souvent me mêler à la foule des pékins!
Cette place de la cathédrale est une mine pour le contemplatif, la cathédrale m'offre sa beauté majestueuse, je ne m'en lasse pas; à gauche le musée des Beaux Arts. Une classe de jeunes enfants vient d'arriver avec leur enseignant, ils s'asseyent tous sagement par terre au pied de l'édifice et écoutent ce que leur raconte le maître. Ils sont mignons.
Il fait beau : le soleil, la vie, avec ses cons, ses snobs mais aussi ses habitants, - ces enfants -, ses travailleurs (c'est l'heure du déjeuner avec les tickets restau.) et par-ci par-là quelques êtres qui ne manquent pas d'intérêt, de piquant et sûrement d'intelligence.
La vie quoi! Et là, en ce moment précis, très précis, je suis heureuse d'être là à manger mon omelette-salade, et de faire partie de ce monde fluctuant et riche de vie.

Et qu'est-ce qui m'a mené ici aujourd'hui? Pfff!



Ben voilà, j'ai quitté mon home à 11 h 30 pour me diriger en voiture chez le coiffeur. Au premier feu rouge, blocage des accès, moto de CRS barrant la route, impossible d'aller en ville, manifs pour la retraite et, apparemment il y a foule pour ce rassemblement. Je fais demi tour, reviens garer ma voiture sur mon parking et je repars, à pieds. Arrivée chez le coiffeur qui, d'habitude me prend sans rendez-vous, pas possible... avant 15 heures. Fait ch...! Les manifestants sont partout dans le centre ville, très nombreux, des vieux, des jeunes...
Bon, je reviendrai la semaine prochaine. Je ne voulais pas avoir fait toute cette marche pour des prunes, d'ailleurs j'étais un peu trop fatiguée pour rentrer tout de suite, j'étais à deux pas de cette place et la terrasse était accueillante.

14 h 30. Je rentre tranquillement, le long des quais; je songe aux manifestants, je me souviens d'être venue à un rassemblement - pour la première fois de ma vie - en 1995 je crois, pour être aux côté des chômeurs (dont je faisais partie). Le lendemain j'avais ma photo à la Une du Télégramme. Je vivais à la campagne et j'ai eu le droit à ce genre de réflexion d'un paysan d'une ferme à quelques mètres de ma maison : alors, t'es allée manifester avec les bons à rien? Le silence est d'or dans ces cas-là.