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mardi 11 septembre 2018

Ô douceur d'un soir de septembre





  
11 septembre 2018
Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s'oublie
Aux soleils couchants.

Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,

Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves.


Paul Verlaine


lundi 6 février 2017

Des voix chères qui se sont tues

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Paul Verlaine

(La femme qui m'apparaît en lisant ce poème, c'est cette femme : elle est si belle Oceania). Plus de six ans, déjà...).

jeudi 25 septembre 2014

"La vie est comme la rosée au bout d'un brin d'herbe." *

*  Proverbe bouddhiste : Sentences bouddhistes - VIe s. av. J.-C.


J'apercevais de loin son crâne luisant dans le soleil du matin.


 Je m'approchais et touchais ces gouttelettes.
Non, ce n'était pas ce que je croyais : 
de la résine du pin qui se serait déposée là, sur son crâne.


 Mon Bouddha transpirait... de rosée!



J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front. 
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée 
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Paul Verlaine, Green.