Affichage des articles dont le libellé est Art. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Art. Afficher tous les articles

vendredi 18 octobre 2019

À la manière de... (2)

... Nicolas de Staël ?  (*_~)

(Photos du jour)




Les Mouettes, Kerity-Penmarc'h



Nicolas de Staël, Les Mouettes





Archipel des Étocs, vu de Kérity-Penmarc'h



 
Nicolas de Staël,  Marine au Cap





Crottes de chien sur la digue, Kérity



Nicolas de Staël , Paysage du Vaucluse n°2, 1953

 
Romain Gary écrit à Staël, rue Gauguet : « Vous êtes le seul peintre moderne qui donne du génie au spectateur»

mardi 17 septembre 2019

À la manière de...

... Edward Hopper ?  (*_~)

(Photos du jour)


Lesconil,  Fisherman and woman by the sea



Edward Hopper,  Rooms by the sea, 1951
(Chambre au bord de la mer)



LESCONIL,  Phare  Men Ar Groas



Edward Hopper, Lighthouse Hill, 1927
(Le Phare sur la  colline)

jeudi 1 août 2019

"La polémique fait partie intégrante de l'art..." (Kathleen Bülher)


" Ce qui est écrit dans cette petite prose paraît très simple, mais il est des époques où tout ce qui est simple et facile à comprendre s'éloigne totalement de l'esprit des hommes et pour cela ne peut être compris qu'à grand peine."
Robert Walser, Institut Benjamenta.



Un hommage hors norme pour un immense écrivain


Les passants de la gare de Bienne se mêlent consciemment et inconsciemment à la 
Robert Walser-Sculpture.
(Enrique Muñoz García)


A Bienne, la «Robert Walser-Sculpture» de Thomas Hirschhorn est une micro-cité en matières pauvres, fourmillement de discussions où il fait bon s’attarder.

«Alors, vous restez toute la journée?» Chemise blanche à manches retroussées, coup de soleil sur le nez, Thomas Hirschhorn rédige le programme du jour de sa «Robert Walser-Sculpture», devant la gare de Bienne. Il est 10h et des poussières, en ce vendredi de début juillet, suite ici...

La «Robert Walser-Sculpture»
L’installation artistiqueLien externe de Thomas HirschhornLien externe rend hommage à l’écrivain Robert WalserLien externe. Elle est érigée devant la gare de Bienne et ouverte gratuitement au public jusqu’au 8 septembre, tous les jours de 10h à 22h. La sculpture couvre une surface de 1300 m2 et se présente comme une imposante construction en bois qui repose essentiellement sur des palettes. Elle a pour objectif d’inviter la population à échanger sur l’œuvre et la vie de Robert Walser, né à Bienne en 1878. Plus d’une trentaine d’événements culturels s’y dérouleront chaque jour.

vendredi 21 juin 2019

Artistes à l'oeuvre (2) : Face à la mort, UNE RAISON DE VIVRE

Suite du documentaire LSD (France-Culture) sur Les artistes à l’œuvre, face à la mort une nouvelle énergie. 
Dans le précédent billet je relatais quelques réflexions du peintre Gérard Fromanger dont j'aimais la décontraction voire la dérision, la lucidité, l'enthousiasme pour parler de cette ultime étape : la vieillesse, l'approche de la mort comme moteur de vie, de création. Les extraits que j'ai retranscrits ne remplacent absolument pas une réécoute de Gérard Fromanger, pour moi jubilatoire. Fromanger a 79 ans (né en 1939).

Puis, j'ai souhaité noter quelques séquences du documentaire sur l'artiste Hans Hartung dont j'avais vu une exposition  en 2017 dans ce bel endroit à Landerneau, les Capucins. Je m'en voulais de n'avoir pas eu le courage d'en faire un billet mais le cerveau commence à faiblir depuis au moins deux ans et, ne mettre que quelques photos des œuvres exposées me paraissait insuffisant. Eh bien, cette émission LSD m'a un peu motivée pour revenir sur cette exposition et j'ai publié ce billet qui restait dans mes brouillons, mais le courage manquait toujours pour que je l'étoffasse (*_*). Shame on me, je m'en suis tenue à mettre mes photos. Quand j'avais commencé ce billet, je pensais aussi parler de Anna-Eva Bergman... artiste, qu'il épouse en 1957. Pour en savoir plus... Fondation Hartung Bergman à Antibes.

Hans Hartung, né le à Leipzig, et mort le à Antibes, est un peintre français d'origine allemande, l'un des plus grands représentants de l'art abstrait et le père du tachisme.
Après [...] l'occupation de l'ensemble de la France, Hartung passe en 1943 en Espagne. Incarcéré, puis placé dans le camp de concentration de Miranda del Ebro durant sept mois, il rejoint l'Afrique du Nord et s'engage à nouveau dans la Légion, sous le nom de Pierre Berton cette fois-ci. Affecté au Régiment de marche de la Légion étrangère comme brancardier, blessé durant l'attaque de Belfort en novembre 1944, il est amputé de la jambe droite à Dijon. De retour à Paris en 1945, où il est aidé par Calder, il est naturalisé français en 1946, décoré de la croix de guerre 1939-1945, de la médaille militaire et de la Légion d'honneur.
(Wikipédia).

Revenons au document (à réécouter ici) Artistes à l’œuvre , face à la mort, et à Hartung. En fin de vie, handicapé, il a continué de peindre, de manière différente, dans son fauteuil roulant, avec des assistants, dont Bernard Derdérian, expert de l’œuvre de Hartung. Il intervient dans le documentaire LSD

Hartung with Bernard Derderian 1989
Photo: André Villers © Fondation Hartung Bergman
"Cette pulsion de vie qui passe de l’artiste à l’œuvre et qui se poursuit, de l’œuvre au regardeur, n’est pas l’apanage de la jeunesse, elle devient même plus prégnante avec l’âge

Or, l’histoire de l’art a tendance à négliger les derniers travaux des artistes, classés au rang de simples documents, de témoignages voire de catastrophe. Que l’on pense aux ultimes autoportraits de Bonnard, aux papiers découpés de Matisse, au minimalisme tardif de Picabia, aux Nymphéas de Monet  que l’on attribua à sa vue déficiente ou au feu d’artifice final de Hans Hartung, cloué sur son fauteuil roulant, auquel la critique refusa de croire.

Et si, plutôt que de ressasser leur œuvre ou l’obsession de leur mort prochaine, les artistes puisaient dans la vieillesse une force neuve, originale, libérée des contraintes et des regards critiques ; comme si, à la veille de l‘échéance ultime, ils rendaient un hommage à la création, à ce qu’elle leur avait donné de plus fort : une raison de vivre."


Hans Hartung dans l'atelier d'Antibes, 1989
Photographie de André Villers  
(Photo capturée à l'exposition en 2017,
Hartung dans son fauteuil roulant)

"Dans les dernières années de sa vie, Hartung va peindre au pistolet à peinture, ce qui lui permit de faire plus trois cents toiles l'année de sa mort, en 1989."
(Un exploit, mais je comprends pourquoi ses dernières œuvres m'ont moins fait vibrer. Comparaison n'est pas raison mais je ne peux m'empêcher de penser à ce peintre que j'admire et dont les œuvres m'éblouissent : Zao Wou-Ki dont j'ai parlé ici... en 2013. Mais tout de même, je reconnais et j'admire cette énergie créatrice qui a animé Hartung alors qu'il était physiquement très amoindri).
 

"Journal des infirmière 
Nuit du 17 au 18 juillet 1989.

Monsieur Hartung se couche assez vite, se redresse du lit un peu plus tard, très angoissé. Veut aller à l’atelier terminer son tableau de cinq mètres, voudrait y faire de grands traits. Je le rassure et lui promet de le réveiller tôt demain, pour lui permettre de terminer sa toile. Massage de l’épaule droite où il ressent de violentes douleurs. Rassuré et calmé, se rendort pour toute la nuit.  9 h 30. Réveil. Café au lait. S’énerve pour un rien. Toilette. Se calme. Plus détendu mais très pressé. Demande l’heure toute les cinq minutes, pensant être en retard à l’atelier. A 11 heures, déjà dans l’atelier pour finir la grande toile. Beaucoup de tension car il fallait une très grande concentration pour réussir."

"Effectivement, la vie quotidienne, les gestes de la vie quotidienne étaient d’une grande lenteur. Quand il a eu cet AVC fin 86, jusqu’à 1989, il n’a plus la possibilité de marcher avec des béquilles, il a des problèmes d’équilibre, de force même dans les bras." (Bernard Derdérian).

"Beaucoup s’étonne de me voir encore travailler autant. Le plaisir de vivre se confond pour moi avec le désir de peindre, j’ai le sentiment d’un renouveau, comme une force, une nouvelle jeunesse qui me serait accordée. J’ai surtout le besoin de faire de grandes toiles. Dans l’art abstrait, le geste de peindre doit avoir la dimension qui correspond à son essence.

Voilà pourquoi il faut peindre en grand ce qui est pensé en grand. Voilà pourquoi cela m’agace tellement d’être physiquement empêché de peindre des tableaux, aussi grands que je les voudrais.[...] 
Les œuvres d’art témoignent pour l’humanité. Ces messages ont pour eux d’être universels, de traverser le temps sans en subir l’usure et sont des défis au néant, un mot auquel je ne veux ni ne peux croire. Heureusement rien ne me prouve que la mort soit la fin de la conscience du noyau humain. Je peux m’imaginer, l’espoir m’y pousse, que la spiritualité de l’homme une fois émise dans ce monde persiste et rayonne pour toujours. L’essence de Dieu nous est absolument inconnue. Il nous est donc permis de croire que rien ne se perd totalement, mais que tout reste inscrit dans le centre de cette énergie mystérieuse qui régit le monde. Je crois que tous nos actes, nos pensées, nos désirs restent dans la conscience universelle."

Autoportrait, Hans Hartung
Les artistes ne meurent pas.
Tu avais 47 ans... tu n'as pas eu le temps de penser à la vieillesse, à la postérité. Ce mot - comme il a fait rire Gérard Fromanger - t'aurait fait bien rire.

Tu n’es pas mort.

Je t’aime.


lundi 10 juin 2019

Artistes à l'oeuvre : tant d'illusions, tant de folie, tant de passion*



* A réécouter ici 
(ou directement sur le player ci-dessus si le lien ne fonctionne pas) 

Gérard Fromanger, 6 septembre 1939, 79 ans et l'enthousiasme d'un jeune homme de 20 ans.






Gérard Fromanger, Florence, rue d'Orchampt, 1975
Huile sur toile 

Et vous Gérard Fromanger, votre œuvre après vous, la postérité, vos tableaux, qu’est-ce qu’ils vont devenir ?


Eh ben je suis mort depuis dix ans, donc je vois bien ce qu’ils deviennent. Hé hé hé ! En dix années j’ai dû avoir les dix dernières années. Rroohh ! Oh oui c’est extraordinaire ; au moins dix rétrospectives, au moins ? Je regarde tout ça et… et après dans vingt ans, je ne sais pas si je serai encore là. Alors, je ne peux pas vous dire, puisque peut-être je ne serai plus là. Je ne sais pas et… et euh, je vais vous dire c’est pas vraiment mon problème. Alors, il y a des gens qui se font un musée à leur nom, une sorte de mausolée, Soulages ici, Rebeyrolle là-bas ; c’est bien, c’est très bien, ça fait vivre l’œuvre. Moi, comme ça, intuitivement, je préfère qu’il y en ait dans plusieurs endroits. Je préfère qu’il y en ait un à Romorantin, trois... non il y en a une trentaine à Beaubourg, quatre ou cinq au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Peut-être je vais en donner d’autres, sans doute même ; dans les musées qui m’ont exposé, qui m’ont aidé qui m’ont etc. mais il y en aura quelques-uns pour les gens qui vont survivre et qui auront besoin d’un peu d’argent, comme ça, c’est possible. Si ça vaut encore quelque chose [il rit], j’en sais rien, on  sait pas.

[…]

La seule chose qui me donne cette urgence, c’est l’idée du catalogue raisonné et de mettre un peu d’ordre dans tout ça, retrouver ici et là des œuvres et des choses, préparées pour… si je m’en vais, que ce ne soit pas  n’importe quoi n’importe où. Ca aide ceux qui veulent s’en occuper, parce qu’il y aura des gens qui vont s’en occuper. C’est sûr. Je pense…

C’est tragique d’ailleurs ; le nombre de copains qui sont morts dont TOUT LE MONDE se fout, han… c’est terrible. Des vies, des vies de peintre. Alors il reste les veuves, les épouses qui cherchent partout des moyens de faire, une expo de leur mari et de leur compagnon, qu’elles ont aimé pendant 20, 30, 40, 50 ans, qui est mort et tout le monde s’en fout. Oh ! alors [il éclate de rire, de dérision] la réputation, la femme, la postérité tout ça, oui oui, mais face au cosmos et à l’avenir du monde c’est pas grand-chose, c’est pas grand-chose. Par contre, de mon vivant avoir conscience que j’ai donné un petit quelque chose qui fait que – comme on dit chez nous, comment ils disent les sportifs dans notre jargon ? – j’ai fait l’histoire un tout petit peu, très modestement mais un petit peu, ah ! ça fait plaisir, ça fait plaisir parce que tant d’efforts, tant de travail, tant de passion, tant de rêves, tant d’illusions, tant de folie, tant de… de coups de pinceaux, ben oui, t’es un peu gratifié, récompensé par l’idée que… euh… voilà. Voilà.

dimanche 24 mars 2019

Printemps du cinéma

Mardi 19 mars. 

Vers 18 heures, sous un ciel couvert mais lumineux, une mer calme, transparente, avec sa palette de couleurs pastel, l'harmonie était parfaite. Le silence était si intense que le doux bruit du flux et du reflux ne le troublait pas, il l'accompagnait. Je m'imprégnais de cet instant de paix avant ma séance de cinéma à 18 h 30 : Celle que vous croyez avec Juliette Binoche et François Civil (que j'avais vu la veille dans Le chant du loup, il était épatant, je le découvrais); et, Nicole Garcia. Je profitais de ces deux jours du Printemps du Cinéma avec la séance à 4 euros ! Deux films de genres différents : j'ai adoré Le chant du loup (je ne m'y attendais pas) et j'ai aimé Celle que vous croyez (je m'y attendais).


Photos de 18 heures








Photos de 20h30, en sortant du cinéma




Devant ce paysage je restais immobile, de longues minutes. Après tant d'années je ne m'en lassais pas, sous n'importe quel temps, à n'importe quelle heure si, j'avais le privilège d'y être seule...

 Bénodet

Je vous aime ce soir où monte la marée
Bateaux de Bénodet à la voile azurée
Pêcheurs de Loctudy dont les filets d’azur
Se confondent avec la mer et le ciel pur
Cependant que l’Odet bleu comme une prière
Pâlit et que là-bas chaque phare s’éclaire

 
                      L’Odet
Est la plus bleue et la plus claire Rivière
Loin de la guerre atroce et des coups de canon
Bénodet ne sait pas celle-là qu’il préfère
La mer aux mille écueils ou sa tendre rivière
L’Odet plus douce encore que ne sonne son nom

Mais le temps passe il faudra bien que tu t’en ailles
Laissant Quimper et le Comté de Cornouailles


Guillaume Apollinaire – Le Guetteur mélancolique 
(Apollinaire fit quelques séjours en Bretagne en 1916-1917) 

... seule donc... ce ne fut pas le cas ce samedi, ayant dû y revenir pour récupérer mes lunettes oubliées au cinéma ! Mais bon, tout le monde a le droit de venir s'y détendre, s'y promener, quand le printemps est enfin là et avec le soleil.


Photos de samedi 23 mars



Le charme est un tantinet rompu, non ?
(J'exagère ? Pas sûr)

Coïncidence, un ami m'envoyait un texto ce mercredi 20 mars à 19h30 : "Bons baisers face à la mer, depuis la longue plage de La Baule, ma très chère M. Je poursuis ma dernière relecture, bercé par le ressac de souvenirs  d'enfance... Je vous embrasse."  Son ressenti face à la mer, à 19h30, devait être proche du mien, la veille, à 18h30.

Dimanche 24 mars.

Impossible de marcher, douleur vive dans la fesse depuis plusieurs jours. Je pensais que c'était une réaction tardive de ma chute mais non, c'est une sciatique. J'hésitais mais je n'avais que quelques pas à faire pour aller voir cette exposition BOL D'ART :





Eddie Morelle, Artémis

"Artémis, déesse de la chasse et de la nature, 
revient pour protéger le dernier arbre sur terre, 
en ces temps modernes contre la folie des hommes"

J'ai aimé cette sculpture...
"Toutes mes sculptures sont réalisées à partir de déchets. Une bouteille de gaz se métamorphose en masque africain ou hibou , le pot d'échappement en branche d'arbre..."

... et les créations de Emmanuel Pajot ne m'ont pas laissé indifférente :




mardi 2 octobre 2018

Je ne crois pas comme ils croient, je ne vis pas comme ils vivent, je n'aime pas comme ils aiment... Je mourrai comme ils meurent" (Marguerite Yourcenar, Feux)

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas  demeurer en repos, dans une chambre."
Blaise Pascal (cité par Marguerite Yourcenar)

Marguerite Yourcenar  1903-1987,
née Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour







Écouter  cette voix, seulement quelques minutes : une voix profonde, une tonalité d'aristocrate, un verbe brillant, UNE FEMME DE LETTRES.
"Il est difficile de ne pas se croire supérieur lorsqu'on souffre davantage [...] et la vue des gens heureux donne la nausée du bonheur."
Marguerite Yourcenar, in Alexis ou le Traité du Vain Combat.



"L'amour est un châtiment, nous sommes punis de n'avoir pas pu rester seul."
Marguerite Yourcenar, in Feux.


Et pour ceux qui - comme moi - l'écouteraient pendant des heures, cette vidéo complète :


 

vendredi 31 août 2018

Coups de coeur du jour



Jean Fautrier (1898-1964)
Matière et lumière 




Jean Fautrier, Poissons, 1926/1927 (?)




Jean Fautrier, Les pommes (Le jour et la nuit),
1940-1943




Jean Fautrier, Reclining woman IV


© ADAGP, Paris and DACS, London 2018
 



"«Un peintre, notait André Malraux, qui a pour adversaire beaucoup de peintres, pour admirateurs la plupart des poètes. » Jean Fautrier a créé dès les années vingt une peinture qu'on a pu qualifier de « figuration informelle » - ce qui pourrait frôler le paradoxe. Règne de la matière, ses gros empâtements sur papier marouflé ou sur toile donnent à sentir l'épaisseur de la substance mais sans mimer sa forme. Francis Ponge, l'un de ses plus constants admirateurs, qui l'estime le peintre « le plus révolutionnaire du monde à ma connaissance depuis Picasso », écrit : « Chacun de ses tableaux s'ajoute à la réalité avec vivacité, résolution, naturel. » S'ajoute : ne la reproduit pas."
Source
" Le monde de Jean Fautrier ? « Excessif, monstrueux, violent, comme abusif, où les poires sont plus grandes que les poires, et les fleurs plus convulsées que des fleurs », écrit Jean Paulhan en 1962. La citation figure dans le catalogue de l'exposition que le musée d'art moderne de la Ville de Paris (Mamvp) consacre à la donation du marchand et collectionneur Michael Werner. Un demi-siècle après la formule de Jean Paulhan, l'exposition (lire Le Quotidien de l'Art du 5 octobre 2012) braque à nouveau les projecteurs sur l'artiste (1898-1964). Le début du parcours déroule des oeuvres peintes, dessinées ou sculptées, telle une mini-rétrospective « Fautrier » : Fruits dans un compotier et fleurs (1939) ; Fleurs noires (1926), comme un pâle feu d'artifices dans la nuit ; Les Yeux, bronze de 1940 ; nus en arabesques et oeuvres abstraites comme Terre d'Espagne (1956). Werner avoue volontiers que la découverte du fondateur de l'art informel à Paris fut pour lui un déclic pour s'ouvrir à la modernité et bâtir sa formidable collection."
Source

samedi 21 juillet 2018

Les loups au bout du monde



Une étrange exposition à Quimper qui ne cesse d'attirer les visiteurs depuis le mois d'avril. L'exposition devait  s'arrêter fin juillet mais forte de son succès, elle joue les prolongations jusqu'au 9 septembre.



Avec « Les loups arrivent », Liu Ruo Wang incite l'humanité à s'émanciper des contraintes que la société lui impose. 
| YVES-MARIE QUEMENER

"Les canidés pèsent chacun 300 à 400 kg. Pour les faire venir à Quimper, il a fallu six semi-remorques et toute la ténacité de Nathalie Morin, commissaire de l’exposition. Pendant trois ans, elle a remué ciel et terre pour que l’œuvre soit exposée à Quimper. Elle a finalement réussi à convaincre la ville et le sculpteur, après un séjour à Quimper en 2016."

Lettre de Nathalie Morin du 23 septembre 2016 à Michel Humbert, Yantai,
LE CERCLE FRANCOPHONE DE YANTAI SHANDONG CHINE  :
Monsieur Humbert,

Je vis depuis 12 ans à Pékin, je suis quimpéroise et j’organise des événements entre la France et la Chine. Je me permets de vous contacter pour vous exposer un projet artistique sino-français d'envergure en préparation à Quimper : « Les loups arrivent au bout du monde ». 

L’artiste Liu Ruo Wang, très connu en Chine pour ses impressionnantes sculptures de loups, m’a confié le soin de les exposer en France. Déjà exposé en Italie (Biennale de Venise), en Allemagne (Budelsdorf, Berlin), il rêve néanmoins d'exposer en France ; et pour nous Français c'est une chance supplémentaire de découvrir la puissance et la créativité de l'art contemporain chinois.
L’œuvre, tout d'abord. Il s'agit d'une meute de 110 loups de bronze et d'un guerrier solitaire qui se dresse face à eux, armé d'une épée (cf photos jointes).

J’ai obtenu l'engagement de la ville de Quimper (comme vous le savez jumelée à Yantai) pour parrainer une exposition de l'ensemble de l’œuvre pendant plusieurs mois fin 2016/début 2017. Les institutions locales sont prêtes à participer y compris financièrement mais l’organisation, le transport et la manutention de ces 110 loups de 270 kg chacun engagent des frais importants (total environ 175000 yuans manquent pour boucler le projet).

Cette exposition dépassera le cadre d'une simple promotion d'un artiste par divers aspects:
- Son volume, monumental, accessible dans la durée à la population, et susceptible d'attirer les touristes chinois dans la région Bretagne,
- La notoriété croissante de l'artiste, et ses probables "tournées" à venir à travers tous les pays occidentaux,
- Son inscription dans "l'air du temps" avec la renaissance de la mythologie du loup ("Le Totem du Loup", de Jiang Rong premier best-seller en Chine, "le Dernier Loup" de Jean-Jacques Annaud etc..)
- Son universalité: si le soldat rappelle l'archéologie chinoise, nombre détails (le visage, les chaussures..) montrent un homme universel,
- Son contenu philosophique enfin, défendu par l'artiste lui-même, de l'homme contraint à l'héroïsme individuel face à l'adversité et aux obstacles créés par la société qui l'entoure.

Tout ceci place d'emblée l’œuvre à un niveau exceptionnel, permettant aux Français et aux Chinois de partager, sans risque politique, des sentiments, des craintes, des vertus, une profondeur commune à tous, quelles que soient les circonstances de leurs pays respectifs.
Je sollicite votre aide pour trouver auprès d’entreprises chinoises ou françaises de Yantai les derniers fonds qui manquent pour faire de cette exposition un formidable événement Bretagne / Shandong ! France / Chine ! 

La médiatisation de l’exposition en France et en Chine sera à la hauteur de l’événement et pourrait donner à la province du Shandong l’occasion d’une belle opération de communication.
Dans l'attente de vos suggestions et conseils, veuillez recevoir, Monsieur Humbert, l'assurance de ma considération distinguée.

Nathalie Morin
(Source et réponse ici)
   
Qui est Liu Ruo Wang ?

Liu Ruo Wang est né dans le nord-ouest de la Chine en 1977 et a abandonné l'université pour explorer la voie des arts en 1997. En 1999, il est allé à Pékin et a commencé sa formation professionnelle à l'Académie centrale des beaux-arts. En 2005, l'artiste a créé sa première œuvre, "The East Is Red", qui a été très remarquée par les professionnels et les critiques. Dès lors, il a commencé sa carrière en tant que professionnel, et s’est spécialisé dans la création d’œuvres monumentales.

Un entretien avec l'artiste sculpteur chinois (extraits, à lire ici)

Que représentent ces loups ?
Ces quatre-vingt-quinze loups représentent la multiplicité des contraintes que l'Homme rencontre au cours de sa vie, qu'elles soient culturelles, sociales, sociétales ou politiques. Le guerrier qui se dresse au milieu de la meute est l'Homme qui se dresse au milieu des contraintes. Leur lutte est commune : devenir libre.

Un autre animal aurait-il pu incarner cette allégorie ?
En Chine rurale, les paysans craignent le loup car il constitue une menace pour le bétail. La tradition veut qu'il soit le présage d'une crise, d'une destruction. Il traduisait bien le message que je souhaitais transmettre.

Quel message ?
Que les Hommes deviennent libres. À chacun d'être soit le guerrier et de s'émanciper de ses contraintes, soit le loup, solitaire, qui se bat en groupe contre un pouvoir, une domination. Une interprétation duale mais un sens universel.





Mes photos prises le 14 avril 2018
(J'aurais bien vu ces loups exposés dans une nature sauvage, 
rude, comme les Monts d'Arrée)







Mes préférées ci-dessous



 
  • Les loups arrivent au bout du monde" de Liu Ruo Wang
  • Esplanade François Mitterrand à Quimper
  • Du 13 avril au 29 juillet 2018. Prolongation jusqu'au 9 septembre 2018
Les Monts d'Arrée où je me suis arrêtée quatre jours plus tard, au retour d'une compétition de golf à Carantec. Un environnement rude, le vent était puissant. Il ne manquait que les loups !