Affichage des articles dont le libellé est Elections. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Elections. Afficher tous les articles

lundi 15 mai 2017

Dernière (dé)pêche

Le nouveau Premier Ministre est Édouard Philippe (un Sagittaire de droite !).
Emmanuel Macron est également un Sagittaire mais pas du même décan. D'aucuns disent qu'il est de droite, d'autres qu'il est de gauche, parfois les mêmes disent (se contredisent) ni de droite, ni de gauche et les plus délurés vont jusqu'à dire qu'il est ni de gauche, ni de gauche ! Hugh!
Bon, on s'en fiche un peu, je relève juste que Édouard Philippe est né le même jour que moi (mais quelques décennies plus tard. Mmm!).
Je ris en entendant les électeurs de gauche et extrême-gauche dire qu'ils se sentent "blousés" parce qu'ils ont voté Macron (contre Le Pen). Ils n'avaient qu'à bien écouter les consignes de Mélenchon. S'ils n'ont pas compris que pour ne pas se sentir "blousés" il leur fallait voter blanc ou l'abstention, c'est qu'ils n'étaient vraiment pas des Insoumis ni des "Résistants". Une des consignes laissait aussi entendre (et le choix) de voter Macron; celle-ci était tellement chuchotée qu'il fallait tendre l'oreille pour l'entendre. Ils ont trop tendu l'oreille. Pfff! Bon, ils ont encore une chance de pouvoir voter aux législatives !

Passons à droite. Ô mon Dieu maman, le feuilleton est passionnant.

Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo rejoignent une vingtaine de personnalités de droite, parmi lesquelles figurent Le Maire, Solère et Estrosi.

- Borloo signe à son tour l'appel d'élus de droite à saisir "la main tendue" de Macron

Jean-Louis Borloo, fondateur de l'UDI, a annoncé lundi qu'il signait l'appel d'élus de droite à saisir "la main tendue" du président Emmanuel Macron. Cet appel, initié par Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire, après la nomination d'Édouard Philippe, député-maire LR du Havre, a déjà été signé par vingt-huit personnalités, la plupart juppéistes ou lemairistes, ainsi que par Nathalie Kosciusko-Morizet.  
(Source Le Point)


 

"Pour être l'homme de son pays, il faut être l'homme de son temps"

Cette phrase de Chateaubriand, Laurent Fabius, Président du Conseil Constitutionnel, l'a reprise lors de son discours à Emmanuel Macron.  C'est cette allocution lors de l'Investiture que j'ai appréciée, tant par la présence de Laurent Fabius que par la contenance* de Emmanuel Macron, dont la prestance était indéniable, tout au long de cette journée.

"Homme de notre temps, assurément vous l'êtes [...]"

"Apaiser les colères, réparer les blessures, lever les doutes, tracer la route et incarner les espoirs [...]"

Tout est dit dans la presse sur cette passation de pouvoir. C'est ma petite pierre à l'édifice de cette journée historique. Je faisais partie des sept et quelques millions de téléspectateurs qui ont passé des heures devant leur écran; il y a  des années que ma télé n'avait pas été allumée aussi longtemps; il faut dire que ma pile de repassage était imposante ! (Ma télé tient le coup - elle a 23 ans -, et pour cause, je ne la regarde pas souvent). Pour François Mitterrand, j'étais sur place...

Quelques captures d'écran









(Cliquer pour agrandir puis afficher l'image pour voir l'émotion contenue dans le regard brillant de la deuxième photo de Emmanuel Macron (j'y vois de la glycérine aux mirettes (*_*)). Ces trois dernières images, je les ai capturées à une seconde d'intervalle).



Sa manière de marcher, sa contenance, avaient quelque chose de particulier; dans d'autres occasions, on aurait pu lui souhaiter plus de grandeur; mais il suffisait, dans ce moment, de rester en tout le même pour paraître sublime (Mmede Staël, Considérations sur les princ. événements de la Révolution fr.,t. 1, 1817, p. 382).
Sa contenance sévère et digne, quoique affable, imprimait le respect (Balzac, César Birotteau,1837, p. 163). 
[...] elle tenait de son éducation et de sa race un air de grandeur, une contenance fière (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1844, p. 113).

1. L'homme inspirait la sympathie : Ni trop humble, ni enflé de vanité, ni intimidé par la Majesté, ni arrogant, il gardait dans sa contenance du goût et de la mesure... A. Arnoux, Rêverie d'un policier amateur,1945, p. 80.

ET MAINTENANT :
 AU BOULOT MONSIEUR LE PRÉSIDENT ! 


Photo : Benoît Tessier, Reuters


 

lundi 8 mai 2017

Un fugace instant de grâce. Une certaine gravité...

 Élections présidentielles, 7 mai 2017.
Emmanuel Macron (né le 21 décembre 1977), à ce jour, 39 ans.
Son chiffre - aussi le mien - (porte-bonheur) : le 7 !


Photo AFP 

... une liesse mesurée, contrôlée. Et, une belle entrée en scène, solennelle, de notre jeune Président Emmanuel Macron. L'ombre sur la colonne, la marche vers la pyramide du Louvre, le fantôme de Mitterrand planait dans cette mise en scène. Une belle mise en scène. Maintenant que la pièce va se jouer, attendons la suite. Ayons cette bienveillance, le futur va être ardu. Pas de rose mais des épines.
Cette marche, de l'homme, seul, si jeune, appelé aux plus hautes fonctions, fut - pour moi - le moment le plus fort. A quoi pensait-il ? Son cœur battait-il la chamade ? Son mal de ventre était-il passé (ben oui, il avait sûrement eu mal au ventre avant non ? (0_0)). Avait-il un peu peur de ne pas être à la hauteur de la tâche ? Sans doute ne pensait-il à rien de tout cela; il devait être sur un nuage, il aurait pu marcher sur l'eau, il devait juste penser à marcher droit, ne pas buter sur un obstacle (pas de tapis rouge), garder la tête haute, l'air altier et grave, ce-fugace-instant-de-grâce dont on ne sait jamais le temps qu'il va durer.
Puis l'allocution "la tâche qui nous attend est immense" a-t-il dit. J'ai relevé dans son discours de nombreuses fois ce mot : immense. Oui, elle va être gigantesque, comme la construction de la pyramide d'origine,  Khéops ? (Il a fallu vingt ans à plus de 100 000 hommes pour la bâtir). 
Enfin, les photos : avec son épouse (son mentor ?) émue et, la famille... réunie. Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais vu ça, j'avoue avoir été bluffée du début à la fin. Je peux en parler facilement puisque mon cœur n'a pas changé de côté (pas de cœur au centre, non mais!) : il était presque parfait (et il a un meilleur tailleur que celui de François Hollande. Je parierai qu'il a le même fournisseur que Marcel Proust pour ses chemises (*_*)).

Bientôt les législatives... Les abstentionnistes et surtout les votes blancs (je-dis-ça-je-dis-rien, j'aime la couleur du drapeau de la Paix. Mmm!) vont (se) manifester (non mais!) et il le sait. Alors : Bon courage Monsieur le Président.


AFP. Photo Eric Feferberg



Reuters. Photo Benoît Tessier

A 20 heures hier, j'étais au restaurant avec des amis. L'un d'entre eux consulte les premiers résultats sur son smartphone : Macron ! Dans le restaurant tout était normal, les yeux des clients étaient fixés sur la carte et les menus, pas de voix qui s'élèvent, un soir comme un autre. Une grande tablée d'Anglais près de nous,  joyeux, se passant des photos d'un téléphone à l'autre, qui n'avaient rien à voir avec l'élection; la vie continuait pour eux, comme avant, sans doute; le Brexit n'avait pas changé - apparemment - leur vie. Bref, tout était plutôt calme, il était plus de 20 heures. Le dîner fut excellent, nous voulions tester le changement de propriétaire, de staff, apparemment pas de changement de cuisinier, nonobstant une présentation plus soignée des plats et quelques nouveautés (pris un Tataki de thon aux légumes croquants : divin).
De retour à la maison, j'assiste à cette marche solennelle au Louvre... et à l'allocution...

Vivement les législatives. Hi !

jeudi 27 avril 2017

"Même voter pour ce qui est juste, ce n’est rien faire pour la justice. "



Justice représentée avec le glaive, la balance et le bandeau. 
Sculpture de 1543 par Hans Gieng sur la fontaine de la justice à Berne (Suisse)


A quelle condition serait-il légitime de ne pas voter?
Si le vote est un devoir, dans quelles circonstances faillir à son devoir?
Sujet d'actualité !

Quelques réponses (suggestions) dans l'essai de Henry David Thoreau et dans un entretien passionnant avec Manuel Cervera-Marzal, invité de Adèle Van Reeth (Les Chemins de la Philosophie).




« De grand cœur, j’accepte la devise : « Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins » et j’aimerais la voir suivie de manière plus rapide et plus systématique. Poussée à fond, elle se ramène à ceci auquel je crois également : « que le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout » et lorsque les hommes y seront préparés, ce sera le genre de gouvernement qu’ils auront. Tout gouvernement n’est au mieux qu’une « utilité » mais la plupart des gouvernements, d’habitude, et tous les gouvernements, parfois, ne se montrent guère utiles. […]

Quel est le cours d’un honnête homme et d’un patriote aujourd’hui ? On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un « Dieu vous assiste » à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. Mais il est plus facile de traiter avec le légitime possesseur d’une chose qu’avec son gardien provisoire.

Tout vote est une sorte de jeu, comme les échecs ou le trictrac, avec en plus une légère nuance morale où le bien et le mal sont l’enjeu ; les problèmes moraux et les paris, naturellement l’accompagnent. Le caractère des votants est hors-jeu. Je donne mon vote, c’est possible, à ce que j’estime juste ; mais il ne m’est pas d’une importance vitale que ce juste l’emporte. Je veux bien l’abandonner à la majorité. Son urgence s’impose toujours en raison de son opportunité. Même voter pour ce qui est juste, ce n’est rien faire pour la justice. Cela revient à exprimer mollement votre désir qu’elle l’emporte. Un sage n’abandonne pas la justice aux caprices du hasard ; il ne souhaite pas non plus qu’elle l’emporte par le pouvoir d’une majorité. Il y a bien peu de vertu dans l’action des masses humaines. Lorsqu’à la longue la majorité votera pour l’abolition de l’esclavage, ce sera soit par indifférence à l’égard de l’esclavage, soit pour la raison qu’il ne restera plus d’esclavage à abolir par le vote. Ce seront eux, alors, les véritables esclaves.  
Seul peut hâter l’abolition de l’esclavage celui qui, par son vote, affirme sa propre liberté. »

Henry David Thoreau, in La désobéissance civile, 1849.




Claude Nougaro. Au piano Maurice Vander.

(Ce n'est pas le même topo taureau ! H D Thoreau se prononce à l'anglaise)

 

samedi 29 mars 2014

Je vote CHAT

Je suis un peu obsédée par les chats en ce moment et j'ai depuis longtemps (toujours?) pensé que c'est (ce sera) l'erreur de ma vie de n'en avoir pas eu. Manque de courage plus que de motivation. Alors je contemple, j'observe ceux de mes amis et ceux qui croisent mon chemin.

Chat en clair-obscur






Audrey Hepburn par Richard Avedon
(Celui-là n'a malheureusement pas croisé mon chemin)

Après Les chats de Rilke et Mitsou de Balthus voici ceux de Chris Marker : Chats Perchés. Ils ne sont ni de poils ni de peluche mais de graffitis que le cinéaste filme à Paris en les cherchant dans la rue, dans le métro, sur les toits, dans les manifs ou dans l'histoire de l'art.





En cette période d'élections municipales, bien entendu
 je vote pour le parti des chats!
(Captures d'écran)




http://p6.storage.canalblog.com/67/13/254272/61964605.jpg 

Un bonus dans le DVD : un petit bestiaire de Chris Marker et
un conte de François Maspero à lire version papier : Les chats de la liberté.

Début du conte :

"Luc ne pouvait se consoler du départ de Caliban. Comment continuer de vivre sans sa présence attentive, son corps souple et soyeux. ses poses alanguies quand il sentait fixé silencieusement sur lui le regard de ses immenses yeux dorés? Un regard qui était à la fois de sentinelle et de propriétaire : " Rien ne t'arrivera tant que je veillerai sur toi, je ne laisserai rien ni personne te faire du mal. " Comment dormir sans sentir contre lui la chaleur de ce corps abandonné qui semblait dire dans son sommeil : " J'ai confiance en toi, je sais que toi non plus tu ne laisseras rien ni personne me faire du mal "? Luc et Caliban étaient indissolublement l'un à l'autre. Et pourtant.
[...]

Pour ceux qui veulent en savoir plus, cliquer sur le lien ci-dessous :

Guillaume-en-Egypte est le nom d'un chat de Chris Marker, mais c'est aussi celui de son alias, son autre moi, qui tiendra une chronique sur Poptronics jusqu'en 2010.
C'est tout justement dans un numéro spécial de Poptronics du 31 octobre 2009, "Guillaume-en-Egypte au Brésil" que l'on peut prendre connaissance des origines et de la vie de Guillaume-en-Egypte. Les plus curieux cliqueront et liront!

File:Guillaume En-Egypte.png
 Guillaume en Égypte, l'avatar de Chris Marker
 « Chris Marker, c'est un peu le plus célèbre des cinéastes inconnus. »
(Philippe Dubois (dir.), Théorème 6 : Recherches sur Chris Marker, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle,‎ 2006, 196 p.Recueil d'articles sur des aspects du travail de Marker)

mercredi 7 novembre 2012

La baraka

Entendu ce matin après l'élection de Barack Obama :
"C'est le Tiger Woods de la politique".
Cette fois pourtant il a préféré le basket au swing pour se détendre.



"A 16h (21h, heure française le 6.11.12) c’est l’heure du basket pour Barack ! Obama, qui passe la journée de l'élection dans son fief de Chicago (Illinois, nord), s'est rendu dans un complexe sportif de la ville, "Attack Athletics" pour jouer avec des collaborateurs et des amis. Le président sortant joue toujours au basket le jour d’une élection, pour évacuer le stress mais aussi par superstition."

Prêt pour un second mandat!



mardi 15 mai 2012

Coup de balai, coup de foudre, un peu d'humour

Une journée "normale" extraordinaire!



Dernier coup de balai sur le tapis rouge, à l’Elysée, avant l’arrivée des invités à la cérémonie de passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, le 15 mai 2012.
(REUTERS/Benoit Tessier)



"L'avion de Hollande prend la foudre, son départ pour Berlin retardé!"

(*_*)

Après le déluge sur les Champs-Elysées, la foudre frappe...


... une seconde fois...

... sur sa trajectoire.

Ah quelle journée pour le nouveau Président!



Photos AFP


Ben oui, ça s'arrose une investiture!
Bonne chance monsieur le Président.

dimanche 6 mai 2012

Où est la gauche

Coïncidence, je tombe sur ce chapitre - publié en 2006 - en ce jour d'élection présidentielle.

UNE POLITIQUE HÉDONISTE

1

Le génie colérique libertaire. Où est la gauche? Question d'actualité, bien sûr, mais aussi question plus fondamentale. Quand naît-elle? Où est-elle? Qu'est-ce qui la définit? Quels sont ses combats? A quoi ressemble son histoire? Et ses grands noms? Ses plus célèbres combats? Ses ratages, ses limites, ses zones d'ombre? Le socialisme, le communisme, le stalinisme, le trotskisme, le maoïsme, le marxisme-léninisme, le social-libéralisme, le bolchevisme en font partie, certes. Mais quoi de commun entre Jaurès et Lénine? Staline et Trotski? Mao et Mitterrand? Saint-Just et François Hollande? Théoriquement : un désir de ne pas composer avec la pauvreté, la misère, l'injustice, l'exploitation du plus grand nombre par une poignée de nantis. Pratiquement : la Révolution française, 1848, la Commune, 1917, le Front populaire, Mai 68, Paris de 1981 à 1983... Mais aussi, en son nom : la Terreur de 93, le Goulag, la Kolyma, Pol Pot. Voilà l'Histoire - pulsions de vie et pulsions de mort mélangées.
Et l'esprit de la gauche? Si l'on en juge par ses réalisations dans la seule Histoire de France : égalité juridique des citoyens en 1789 - juifs et non juifs, hommes et femmes, blancs et noirs, riches et pauvres, Parisiens et provinciaux, nobles et roturiers, gens de lettres et artisans; fraternité sociale des travailleurs - chantiers communautaires et travail pour tous en 1848, semaine de quarante heures et congés payés en 1936; libertés élargies du plus grand nombre une fois démontées les barricades de Mai 68. Ces conquêtes découlent de l'usage de la force et de la puissance du génie colérique de la révolution. Cette énergie qui parcourt ces trois siècles constitue ce que je nomme une mystique de gauche. Une force architechtonique que l'on sent en soi, ou pas, et à laquelle on adhère, ou non. Elle procède moins d'une déduction rationnelle que d'une situation épidermique en rapport avec soi : là encore, la psychanalyse existentielle peut rendre compte de cette présence du souffle en soi - ou de son absence...

2

Le nietzschéisme de gauche. Je tiens le nietzschéisme de gauche pour la pointe la plus avancée du génie colérique au XXe siècle. la vulgate associe toujours nietzschéisme et pensée de droite. L'aryen blond aux yeux bleus paraît l'incarnation de Zarathoustra à nombre d'incultes prenant pour argent comptant la falsification des textes du penseur par sa soeur nazie. Lire l'oeuvre, voilà qui interdit pour toujours de faire de ce pourfendeur de l'Etat, de cet antisémite forcené, de ce conchieur du Reich, de cet ennemi de la violence militaire, un nazi, ni même un compagnon de route de l'aventure nationale-socialiste.
[...]
[...]
En Allemagne, Gystrow inaugure ce courant nietzschéen de gauche, puis en Russie, Eugène de Roberty, en France, Bracke-Desrousseaux, Daniel Halévy, Charles Andler. Jaurès ne s'y trompe pas et emboîte le pas à ce courant. En 1902, à Genève, le tribun socialiste s'appuie sur Ainsi parlait Zarathoustra pour célébrer l'aristocratisation des masses et les noces du prolétariat avec le surhumain.
[...]

Chapitre : Une politique libertaire.
Michel Onfray, in La puissance d'exister, Grasset 2006.

Lire aussi sa chronique ici.

Et, dans trente minutes nous saurons qui sera l'élu : François Hollande ou Nicolas Sarkozy.

jeudi 19 avril 2012

Je vote pour...

 Ce "je" me rappelle quelque chose!

Candidats du premier tour de l'élection présidentielle.
Faut que... Moi je... Blablabla.

Je me dirigeais hier après-midi vers la médiathèque et ce "je vote donc j'existe" a attiré mon regard sans vraiment m'interpeller, sauf qu'à ce moment-là je me suis demandée si j'allais trouver le livre de Michel Onfray : La puissance d'exister, dont j'avais lu une belle critique sur la Toile et le sujet m'intéressait. Je n'ai toujours pas terminé la biographie de Nietzsche mais cela ne m'empêche pas concomitamment de lire Onfray, ce dernier ne m'éloignant pas vraiment de Nietzsche.

A la médiathèque je me dirige vers le rayon Philosophie, je m'y perds un peu, ouf! je trouve le livre que je cherchais. Un petit tour  à l'étage supérieur pour emprunter un DVD : deux films de Jacques Rivette : Noroît et Duelle, que j'ai vus (c'est si loin) et qui datent de 1976! J'ai envie de les revoir, j'avais une passion alors pour Géraldine Chaplin, Bulle Ogier, Juliet Berto....

Je suis à l'étage des livres d'art. Je prends  deux ouvrages pour les consulter sur place, un de Hans Hartung et un de Kasimir Malevitch. Je m'assois à une table où se trouvent deux étudiants, il n'y a pas d'autre place de libre; j'entends la jeune fille dire au jeune homme : "ne va pas dans ce restau c'était dégueu..."; malheureusement je n'ai pas su de quel endroit il s'agissait. Peut-être préparaient-ils une dissertation sur la "mal-bouffe"? Je m'attarde sur le bel ouvrage de Malevitch et je découvre de superbes peintures figuratives comme celle-ci :

Jeune fille sans emploi, 1904. Huile sur toile, 80 x 66 cm.

Cette autre déjà plus abstraite... je l'aime beaucoup.

Paysage avec cinq maisons, 1928-1932. Huile sur toile, 83 x 62 cm. 


On est bien loin cependant de son Carré noir sur fond blanc
et du Suprématisme.

"Malevitch développa en autodidacte son œuvre plastique qu'il déclina au cours de sa vie dans une dizaine de styles différents : réalisme, impressionnisme, symbolisme, cézannisme, fauvisme, néo-primitivisme, cubo-futurisme, cubisme alogique, suprématisme, supranaturalisme."

Bon, mon choix est fait : je vote pour Malevitch!





vendredi 20 janvier 2012

Campagne électorale

Alain Duhamel interrogé il y a quelques minutes sur cette campagne d'élection présidentielle :

- A votre avis qui sera élu?
- Le plus probable c'est François Hollande. Le plus certain c'est personne (0_0)!

mardi 23 février 2010

10 Mai 81


La Bastille Mai 1981

Cardinaux, Affiches tirées d'une huile sur toile, 1981


La journée mémorable du 14 juillet 1789 - Gravure populaire



A chaque fois que des élections se profilent à l'horizon j'ai la nostalgie de l'époque où je m'intéressais - je devrai dire me passionnais pour - à la politique. Dès les années 65/70 mon coeur penchant à gauche, je fréquentais les rebelles de cette époque. Nous nous associions aux idées défendues dans les journaux et revues dites de gauche : Combat, puis Le Matin de Paris en 1977 qui était le quotidien du Nouvel Observateur, Le Nouvel Observateur évidemment, le Canard enchaîné (même si celui-ci se voulait politiquement indépendant). Parmi nous il y avait une jeune fille que j'admirais et qui lisait Témoignage Chrétien; je pensais que c'était un journal de cathos trop bien-pensants et j'ai voulu comprendre pourquoi elle le lisait. C'était aussi un journal de gauche qui appelait à voter Mitterrand.
Bref, je parle de mes premières années de jeunesse! Ensuite je suis restée une rebelle qui s'est un peu assagie mais mon coeur penchait toujours du même côté.


Puis je t'ai rencontré, plus tard, bien trop tard... et pas du tout dans une manif, d'ailleurs tu t'en fichais de la politique, tu jouais un peu sur tous les tableaux si j'ose dire, penchant vers ceux qui porteraient un regard sur les tiens! Et il y en eut de droite, de gauche!
Cependant j'avais fini par t'influencer malgré tout, tu m'aimais tellement, il fallait bien que tu me fasses croire que tu devenais un peu socialiste, toi, que notre cher voisin d'atelier appelait : le peintre capitaliste parce que tu claquais tes "recettes" en havanes, château-margaux, vinaigre de xérès Fauchon, pains au chocolat, brioches au beurre de chez Dalloyau et j'en passe! J'en ris encore quand je repense comment tu m'as séduite et à toutes ces folies qui nous faisaient ensuite bouffer des pâtes et des patates pendant des semaines.

Des élections régionales donc dans un peu moins d'un mois, la campagne ronronne!


Oui, on est bien loin de cette agitation, cette effervescence que fut - il est vrai qu'il s'agissait de présidentielles - la campagne des élections de 1981! Du moins pour celles et ceux qui, comme moi, avait le coeur à gauche. J'étais tellement excitée que j'avais réussi à te transmettre mon enthousiasme! Et, rentrant un soir de mon boulot, que vois-je sur le chevalet, une sorte de prise de la Bastille, avant l'heure si je puis dire - je parle ici de la liesse qu'il y eut à la Bastille quand Mitterrand fut élu le 10 Mai 1981 et à laquelle je t'avais entraîné - je vois donc une grande toile bleu blanc rouge que tu contemplais assis dans ton fauteuil. J'étais debout derrière toi et je la regardais, scotchée; tu devais sentir mon coeur battre dans ta nuque. Au fond de moi, je me disais : je veux la garder cette toile. C'était la Révolution! Je t'ai dit : elle est belle et re-belle! Tu m'as dit (et je n'ai pas vu tout de suite le rapport) : j'ai invité Philippe à dîner avec sa femme demain soir, je vais leur faire un rôti de veau à la ventrèche et au foie gras! Très léger, Philippe va adorer... t'ai-je dit en riant.

Le lendemain soir, je le pressentais, Philippe a eu un coup de foudre pour le tableau, il faut dire qu'il était lui aussi en pleine excitation avec ces élections; néanmoins je n'étais pas sûre que ce soit que le côté révolutionnaire de la toile qui lui plaisait mais plutôt les couleurs, le mouvement, il était amateur depuis longtemps de ta peinture . Il n'est pas reparti avec le tableau, il fallait qu'il sèche un peu, mais il l'a acheté et payé! Quand on s'est retrouvé tous les deux, tu as vu ma grimace! Bon, j'étais contente mais j'aurais bien voulu le garder. Pendant le dîner il ne fut question que de l'élection de Mitterrand - et de ta recette fabuleuse tendre et onctueuse - mais surtout pour Philippe des élections législatives qui allaient suivre.
Le Point n'était pas franchement un magazine de gauche!

Trois jours plus tard, Philippe avait fait prendre le tableau par le coursier du
Point. Oui, Philippe était à cette époque le directeur du magazine. Puis une semaine après, il t'a appelé pour te demander l'autorisation de faire des affiches de ce tableau qui seraient exposées à la soirée du Point lors des résultats et dans quelques endroits stratégiques de la capitale. Il en ferait aussi la Une du Point. Il avait donc vu tout de suite le côté Révolution de cette toile et avait sans doute déjà une idée derrière la tête en l'achetant. En mauvais homme d'affaire que tu fus, tu lui as dit oui tout de suite, sans négocier quoi que ce fut! C'était tout bon pour Le Point. Philippe t'avait dit que çà te ferait une bonne pub et cela t'avait suffi. Je râlais quand tu m'appris la nouvelle mais sans en rajouter; je sentais que tu étais content et j'avais seulement envie de t'embrasser, de te dire que de toute façon je t'aimais.
Voilà, l'histoire de cette affiche un peu gondolée (de 1,50 m x 1,15 m)... qui est surtout un tableau bien plus beau (sans ce logo du Point) : 10 Mai 81. Aujourd'hui mon coeur ne sait plus trop pour qui pour quoi il bat, il bat pour des idées généreuses plus que pour des partis et je suis restée rebelle.