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lundi 24 juin 2019

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Hier, dimanche, "jour de merde par excellence" comme le rappelait Louis Calaferte, j'envoyais à un ami quelques photos de ma halte de la veille en bord de mer, à Douarnenez.

A peine cinq minutes plus tard, il m'accusait  réception avec ce poème. J'ai remplacé mon prénom par "très chère" (rien que ça ! Mais je suis aussi parfois sa "très chère";-)) dans nos échanges épistolaires. Ce qui me plaît c'est la rapidité  de l'envoi, donc un premier jet sans retouche. Il est probable que s'il avait su que je souhaitais le publier, il l'eût retravaillé. Je le trouve épatant et beau, tel quel ! J'y sens un peu de spleen. J'ai son accord pour le mettre ici, sans retouche, sa spontanéité m'enchante ! 
Ce dimanche n'était plus du tout en phase avec Calaferte ! 
Merci David.


Ah,très chère,
que votre Bretagne est enchanteresse
et nul doute que si j'avais des cheveux
D'extase elle me ferait des tresses!!

Moi, je me perds dans la ville
pour y puiser bien autre chose
que du connu et du servile
qu'un besoin de culture à haute dose!

Sous la crasse de l'ennui
de l'asphalte, des visages gris,
j'entrevois, c'est à peine si j'écris,
la lueur profonde de mes nuits.

Je lui préfère de beaucoup la mer
les horizons larges, le grand air,
mais dans mon désir infini 
d'infini, je me désole et reste assis.

Poétiquement vôtre,

D.


dimanche 21 avril 2013

...

Samedi.
En sortant de la médiathèque, cet arbre... toujours aussi beau.


"Quelle vanité que la peinture qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire point les originaux"
Blaise Pascal, Pensées.


"Dimanche, jour de merde par excellence".
Louis Calaferte
Cette phrase a pris son sens aujourd'hui... Hôtel complet fin mai et en juin. Peuvent pas rester chez eux les retraités?! Le seul hôtel les pieds dans l'eau... du lac. Oui, futile tristesse...

 Photo mai 2012 (Hôtel)
J'envisage toujours mes escapades comme une bouée de sauvetage, quand la noyade est imminente.

mercredi 10 avril 2013

Alea jacta est * : quand le vin est tiré, il faut le boire... jusqu'à la lie



Je suis effrayée par l'étonnement (je reste polie) des Français aux diverses révélations qui explosent de toutes parts.
Quelle candeur que de croire à l'intégrité des politiciens, des hommes d'affaires!
Les comptes en Suisse? Pfff! C'est presque aussi courant (je ne dis pas : normal) que de posséder une Rolex quand on a du pognon.
 
Et cette nouvelle "transparence" que l'on voie surgir sur les "biens" des personnes au pouvoir. Quelle rigolade!
(Je possède un couteau suisse:))!
 
Comment prendre tout cela au sérieux? Tout le monde va de son "c'est lamentable, honteux...". Eh oui! Et lorsque j'ose dire que ça me fait marrer, j'ai le droit à des regards ébahis, voire très réprobateurs. Ah ah!
 
Tout cela est tellement gros et minable, comment ne pas en rire.
 
Nous vivons dans un monde où le vaudeville et la tragédie se côtoient sans cesse.
 
"Les idéologies m'importent peu, je suis du côté de la dignité de l'homme."
Louis Calaferte.

* "Généralement la traduction de cette locution latine est « le sort en est jeté » ou « les dés sont jetés » ce qui signifierait l'abandon de l'individu au hasard, aux évènements sur lesquels il n'aurait aucune emprise, n'ayant plus la possibilité de revenir sur ce qui a été commis. Mais une autre interprétation tendrait à indiquer que le locuteur choisit de prendre un risque en précipitant les évènements, même s'il n'en est pas totalement le maître : il prend en main sa vie. La première interprétation est fataliste alors que la seconde est une apologie du libre-arbitre."
(Wikipédia)

mardi 1 novembre 2011

Louis Calaferte

"Mystique, anarchique,
Calaferte se voulut d'abord un homme debout"

Je viens de terminer Choses dites, un livre d’entretiens et de choix de textes de, et avec Louis Calaferte.
Comme beaucoup de lecteurs, j’ai découvert – je devrais dire, un ami** m’a fait découvrir (et bien d’autres auteurs : Marcel Moreau, Joë Bousquet, Pierre Michon, Paul Gadenne, André Velter,  la suite serait trop longue) – cet écrivain avec Septentrion. Couverture de l’ouvrage, collection Folio, dans le bandeau de mon blog, à droite : un visage de femme : une peinture de Louis Calaferte. Et quelle découverte ! Bien sûr, j’ai ensuite poursuivi avec son premier récit : Le requiem des innocents qui m'avait moins emballée, puis d’autres ouvrages, achetés ou empruntés à la médiathèque.
« On n’a jamais, je dis bien jamais, écrit quelque chose d’aussi fort, d’aussi cru et violent. Et drôle. Et horrible. Et peut-être prophétique (…) Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral. »
Philippe Sollers (Le Nouvel Observateur).

Mise en garde : le lire avant de l’offrir, pour ne pas commettre d’impair. On ne ressort pas indemne de sa lecture.

Celui que je viens de terminer donc, Choses dites, ce sont des Entretiens qui avaient été diffusés par France Culture, en 1988.
« Les relisant aujourd’hui, il me semble qu’ils n’ont rien perdu de leur vivacité. Puissent-ils, à l’instar des textes qui complètent ce volume, inciter des lecteurs à aller au plus près d’un monde où même l’amour a « la saveur du terrible ».
« Le franchissement de la ligne. » Louis Calaferte nommait ainsi cet instant où l’homme abdique et entre en agonie. La création fut le barrage qu’il établit face à la maladie. Écrire, peindre, aimer, en une tempête chaque aube éveillée, pour ne pas se laisser surprendre. Telle fut la leçon de vie de ce « mortimiste ».
Pierre Drachline.

Les Entretiens ont été restitués dans l'ouvrage sans la moindre réécriture, tels qu'ils ont été dits sur France Culture. Extraits :

P.D.- Vous avez commencé quand l’écriture de Septentrion ?

L.C.- J’ai mis cinq ans à l’écrire. Je l’ai publié… je ne sais plus… Il y avait déjà un an qu’il était fini.

P.D.- En 1963. C’est un livre qui est mal parti, un livre qui a une légende. Un des rares livres de la littérature contemporaine que les gens se signalent comme en secret. On se le passe un peu, mais on le prête difficilement, de peur de ne pas le voir revenir. Et c’est un livre qui commence par une phrase superbe, « Au commencement était le sexe ». Alors, référence à la Bible ?

L.C.- Bien sûr. Bien sûr. Forcément, oui. Il y a une espèce de dénaturation, là.

[…]

P.D.- Il y a dans Septentrion un passage superbe sur la lecture – qui a d’ailleurs été repris en affiche par les éditions Denoël – sur la nécessité de lire.

L.C.- Sur la nécessité absolue de lire. Parce que… la connaissance c’est la vie. Point. Terminé. C’est tout. Si on n’a pas ça dans la tête, on est foutu. D’une manière comme de l’autre, on est foutu. Et ça c’est une choses que personne n’enseigne… Parce que moins il y a de connaissance, plus on peut vous étouffer. Non, non, la connaissance, c’est la vie. Donc, il faut lire. La connaissance s’acquiert. En fait, qu’on le veuille ou non, jusqu’à maintenant il n’y a quand même qu’un moyen, c’est quand même le livre. Le reste… l’image… moi, je veux bien, mais enfin… l’image, ça passe.

[…]

P.D.- Ce rapport à la femme ? Ce mélange de fascination et de répulsion dans Septentrion…

L.C.- Ah ! Nous y voilà.

[…]

P.D.- Il y a quelques très beaux portraits de femmes dans Septentrion.

L.C.- Oui… très beaux ?... enfin… il y a un portrait de femme.

[…]

P.D.- Ça ne vous a pas trop énervé les comparaisons qui ont été faites avec Henry Miller ?

L.C.- Pas du tout. Pas du tout. J’avais une très grande admiration – que j’ai toujours – pour Miller.

P.D.- Vos œuvres respectives n’ont pourtant pas grand-chose à voir.

L.C.- Non. Oh ! mais, moi, on m’a comparé à tout le monde. On m’a comparé à Céline. Un jour, j’avais fait la liste. C’est effrayant. Kafka. Céline. Miller… je ne sais plus. Qui encore ? Enfin, il y en avait des paquets, des tonnes. C’est le besoin de comparaison. Quoi qu’il en soit, l’univers de Miller n’est pas le mien. Cela dit, moi, j’aime beaucoup Miller.

P.D.- Dans Septentrion et ça, on ne l’a pas assez souligné – on a préféré s’arrêter souvent aux anecdotes -, il y a un travail, avant tout, sur la langue, qui est fantastique.

L.C.- Merci de le dire !...

=0=0=0=0=

P.D.- Aujourd’hui, un écrivain qui a quelques milliers de vrais lecteurs, c’est fantastique.

L.C.- Ah ! bon. Alors, c’est fantastique. Alors, j’ai quelques milliers de vrais lecteurs. Je suis content de les avoir. Je ne les connais pas, eux non plus d’ailleurs, ils m’écrivent de temps en temps, je réponds un petit peu et puis après je ne réponds plus, parce que, sinon, ça n’a pas de fin. Ça me fait plaisir, je suis content, mais ce n’est pas mon objet. Vous savez bien que je suis loin de tout ça. Pourtant très longtemps – une fois encore, je ne raconte pas d’histoires – j’ai envisagé de ne pas publier. Vraiment. Ça ne m’aurait pas gêné du tout.

P.D.- Qu’est-ce qui vous a amené à cette position ?

L.C.- Rien, mais…

P.D.- Un dégoût ?

L.C.- Oui… voir toute cette…

P.D.- Une fatigue ?

L.C.- Voir cette vanité… toute cette agitation autour de ça… Je ne sais pas, moi, le menuisier qui fabrique une table, il ne fait pas tant d’histoires. Il fait sa table, elle tient debout, il a mis ses quatre pieds. Moi, je fais des livres et, en général, ils tiennent debout, ils ont leurs quatre pieds. Je suis prêt à l’anonymat, qu’on ne mette pas mon nom sur les couvertures, dans les journaux. Je m’en fous ! Ça ne me gêne pas. Je m’en fous ! Au contraire, même, je souhaiterais que l’art soit complètement anonyme. Ça se faisait, vous savez… les ateliers… Leonardo da Vinci… A cette époque-là… C’est le XIXe qui a amené tout ça… cette personnalisation… Un peu plus tard, la vedette… C’est complètement tordu, ça. Qu’on ne mette plus aucun nom sur les livres ! Vous allez voir, il va se faire un vide dans la littérature ! Putain ! Mais personne ne va plus vouloir écrire. On va être trois à rester, vous allez voir ! Ils ne veulent pas faire de l’art, ils veulent leur nom ! Ils veulent qu’on voie leurs têtes ! C’est ça, la vérité. C’est là où ça pourrit tout ! Bon… et puis, je ne sais pas pourquoi je m’emballe…

P.D.- A défaut d’être quelqu’un, ils veulent être quelque chose.

L.C.- Oui… ils veulent être… Rien… Ils veulent être… mais vous le savez bien, vous essayez de me faire parler. (Rires) Vous la savez bien, ils veulent être à la télévision… pour qu’on les voie. Pauvres mecs ! c’est lamentable. Absolument lamentable. Je vous le dis, qu’on ne mette pas de nom sur les livres ! Anonymes. Anonymes. Vous verrez ! Pivot n’a plus personne. Réglé !

Louis Calaferte, in Choses dites. Entretiens et choix de textes, éditions Le cherche midi, 1997.


** Je viens de retrouver ce que cet ami m’avait écrit au sujet de Septentrion.

"Je pensais que vous n'aviez pas lu Calaferte et qu'en effet ce serait un grand bonheur pour vous, il me semble. Ses textes poétiques sont aussi intéressants, mais à l'instar de Céline avec "Le voyage..." (et "Mort à crédit" que j'aime aussi beaucoup) je dirais qu'il a "tout" mis dans son Septentrion.

Je pense également à un autre auteur, spontanément, que vous avez peut-être lu, et que vous aurez sans nul doute adoré, c'est Marcel Moreau. Il y a un an, environ, il a publié Nous, amants au bonheur ne croyant... (Éditions Denoël), qui est un troublant hymne à l'amour (et à sa perte qui le grandit souvent davantage). Mais ces textes antérieurs étaient tout aussi puissants. Je pense qu'avec cet auteur, d'origine belge, le lecteur touche à la "gangue" du verbe. Et son oeuvre parle de la femme comme peu d'auteurs ont su le faire.
Ainsi de Quintes (publié en 1963), Sacre de la femme, Julie ou la dissolution, Le Chant des paroxysmes....
Si ce n'est déjà fait, je vous laisse aux "Anges" de le découvrir!"

Il va sans dire que j'ai "adoré" Marcel Moreau.

"Tous les livres ne sont pas pour tous les lecteurs indifféremment. Chacun doit trouver les siens. Les trouve-t-il, c'est l'harmonie."
Louis Calaferte.

Vidéo INA et lire aussi ici.

vendredi 28 octobre 2011

Extase esthétique

L’air est granuleux.
Glacé.
La feuille se détache du bout de la branche.
Tourbillonne dans le vide.
Légère.
Balancée.
S’amollit sur le trottoir.
Jaune mordoré.
Rousse.
Pourpre.
Morte.
D’une beauté bouleversante.

Louis Calaferte, in Choses dites.

Je lisais cela ce matin et je me souvins de cette phrase d’un ami :

« J'ai eu une sorte d'extase esthétique à midi, en voyant un arbre entièrement doré sur fond de ciel bleu-roi. Il fait vraiment trop beau.... ».

Hier, c'est un torrent de pluie qui s'est abattu sur la ville. On aurait dit des pluies tropicales; l'air était chaud. Je n'en menais pas large en conduisant ma voiture sur la chaussée qui se remplissait d'eau, giclant jusque sur mes vitres. Je crois que je n'avais jamais vu une telle pluie ici.
Aujourd'hui, le ciel était bleu, sans un nuage, l'air tout aussi doux. J'avais pris mon sac d'hiver pour aller au golf, ayant remisé le chariot. Je pensais que le terrain n'aurait pas absorbé toute cette eau. Eh bien si! Pas une flaque sur le parcours mais beaucoup (trop) de monde pour profiter de cette journée. Je crois que j'aurais préféré des flaques!

mercredi 26 octobre 2011

En attendant la suite...

"Comment n'être pas saisi, n'avoir pas la foi devant cette beauté de la nature? La science s'éclaircit, éclaircira la plupart des mystères qui nous bornent; pénétrera-t-elle ces instants de l'âme qui, soudain, nous élèvent? N'est-ce pas là la part de Dieu?"


"A quelle vie antérieure ou à venir appartiennent ces lieux, paysages et maisons, auxquels nous ramène périodiquement le puzzle de nos rêves?"


"A quelle effrayante distance nous sommes de nous-mêmes. Comment nous rejoindre jamais?"


"Que sommes-nous, sinon une perpétuelle absence".


Louis Calaferte, in Choses dites, Interrogation.


Avons-nous les mêmes pensées, à deux...





... que solitaire?





(A suivre).

jeudi 13 octobre 2011

***

Lectures en cours :

. Philip Roth, Indignation.
. Louis Calaferte, Choses dites.

Ménage en cours :
. Aspirateur
. Dépoussiérage
. Machine à laver

Projets en cours :
. Nettoyer les vitres
. Passer la serpillère sur le sol
. Dégivrer le congélateur
  (Là, je "procrastine":))

Loisir en cours :
. Ordinateur

Loisirs à venir :
. Golf
. Lecture
. Ecriture
. Rêverie

=0=0=0=0=

"Olaf (sur des genoux qui n'en sont plus) répète sans jamais se lasser
"il est des merdes qu'on ne me fera pas bouffer"
E.E. Cummings, "Je chante Olaf le gai le grand"
Citation en épigraphe de Indignation de Philip Roth.

"Le bonheur ne proviendrait-il que de l'absence de pensée?"
Interrogation, Louis Calaferte, Choses dites.

"Mes pensées sont si envahissantes que je ne peux rien faire de mes mains."
Anonyme.

dimanche 11 octobre 2009

Dimanche

"...jour de merde par excellence".
Louis Calaferte, Septentrion.

Nuit noire, mes insomnies deviennent chroniques et cauchemardesques.
J'envisage de faire un break avant de faire un burn out! Oui, même les oisifs peuvent être épuisés.
Une île me tend les bras, et si j'y allais...