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jeudi 25 octobre 2012

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Photos du jour... les années se suivent et se ressemblent à l'automne.



J'avais repéré à la jumelle une colonie de champignons sous un vieux chêne,
des lycoperdons,
ces vesses-de-loup que nous nous amusions à presser comme des poires
pour en faire jaillir un petit nuage de poussière brune.

Michel Tournier, Les Météores.






Il en est des poètes, des peintres et des musiciens,
comme des champignons : 
pour un bon, dix mille mauvais.

Proverbe chinois.

dimanche 6 novembre 2011

De Marilou à Alice au pays des merveilles

Vendredi soir, théâtre.

L’Homme à (la) tête de chou.
Chorégraphie de Jean-Claude Gallotta.

"Dans la lumière d'une nuit de lune narquoise, forcément bleu pétrole, l'Homme à la tête de chou ne raconte pas seulement la vie tumultueuse de la petite garce Marilou, insaisissable shampouineuse qu'un homme "aveuglé par sa beauté païenne" fera disparaître sous la mousse".
Sur la musique, les paroles de Serge Gainsbourg, la voix de Alain Bashung, les danseurs occupent l’espace dans des courses frénétiques, bougeant leur corps au rythme sensuel – sexuel - des mots et de la musique.
Un très beau spectacle qui a dû réveiller les spectateurs qui étaient derrière moi. En s’installant dans leur fauteuil, j’entendais une femme dire à son ami : « je serais bien restée à la maison ce soir, j’étais douillettement installée… , aucune envie de ressortir. » Et l’ami de renchérir : « moi, pareil. ». J’aurai pu rajouter : moi itou !
J’avais craint d’être un peu déçue, les protagonistes étant absents, mais pas du tout. Leur présence était réelle. Certains tableaux sont violents, d'autres érotiques, j'ai trouvé ce spectacle à la hauteur des deux poètes.

Alain Bashung avait assisté aux répétitions; il devait être sur scène lorsque le projet s'est concrétisé.

"Il est 15 heures. Dans le beau studio qui ouvre sur les montagnes du Vercors, Mathilde Altaraz, la femme et l'assistante de Jean-Claude Gallotta, opère les dernières mises au point : rebonds, chaloupés et lancers des bras. Des "duos bien lents, bien doux, bien suaves", du "ciselé", du "balancé", du "pulsé", demande-t-elle, un papier à la main telle une liste de courses. Problème : comment faire valser les hommes à la façon de cette petite garce de Marilou ? En les tenant par la braguette*, bien sûr ! L'exercice provoque quelques fous rires. Après tout, L'Homme à tête de chou n'est pas une histoire d'enfants de choeur. Juste une histoire d'amour, de jalousie et de mort."
La suite ici.
* Sans aucune pudibonderie, ce n'est pas ce que j'ai préféré de la mise en scène; ça manquait de volupté, mais bon, on était dans du hard. Je le préfère ici.

Je me souviens de ce disque vinyl que tu écoutais si souvent avec une espèce de dévotion, celle que tu avais pour Gainsbourg et que tu m’avais transmise.

Samedi.

Une semaine sans taper dans la balle ! J’étais en manque et ce sont des fairways bien mouillés que j’ai parcourus hier midi. Ma balle a eu la bonne idée d’atterrir au pied d’un arbre et de me faire découvrir ces petites merveilles. Très étrange le petit champignon qui ressemblait  à une balle de golf, à côté de la mienne ! Quel bonheur d’être là à l’heure du déjeuner. Pas un joueur, le silence, l’air, les odeurs (les avant-greens ont été tondus), le soleil, le vent, tout, tout cela me procurait un bien-être proche… du bonheur ?




Il semblerait que ce soient des Amanita muscaria.
Dieu merci, je n'ai pas rencontré de Phallus impudicus dit Satyre puant (0_0)

Quand le terme détritus est utilisé dans les Règles de golf, il peut désigner :
A) le givre
B) un ver
C) une feuille morte
D) la neige
E) du sable sur l'avant green
F) un brin d’herbe adhérant à la balle
G) une crotte de chien
H) une feuille de papier abandonnée sur le sol
I) un brin d’herbe coupé
J) du sable sur le green
K) un mégot de cigarette
L) un champignon qui pousse sur le green
M) un arbre venant de tomber naturellement, totalement déraciné, en travers du fairway
Réponse : B, C, D, G, I, J, M

En compétition, j'aurai donc dû jouer ma balle sans la déplacer. Mais là, j'ai laissé le drôle de champignon pousser tranquillement et j'ai déplacé ma balle. Je n'ai d'ailleurs pas trouvé le nom de celui-ci.

Dimanche.

Rebelote, sur les greens à la même heure. Moins de vent, plus de soleil. Toujours pas de joueurs sauf le pro avec des bambins qui s’initient au swing. Avec une souplesse inouïe, ces enfants tapent dans la balle d’un geste tonique et gracieux. Pivot, backswing, finish, tout est déjà presque parfait. Bon c’est pas tout ça mais j’aimerais que le pro me laisse le passage là ! Ça y est, il m’a vue et me fait signe de jouer. Garez-vous les mômes, il m’arrive aussi de ne pas viser droit. Youpi ! Joli coup (on ne m'appelle pas Modeste), ouf, c’eût été vexant de rater ce départ. Quelques trous plus loin je passe devant les champignons d’hier. Tiens, quelques transformations en une nuit. Celui-ci  s'est fendu, aplati, le chapeau est moins bombé...


… et ceux-là ont sorti la tête des feuilles. Je remarque qu’ils ont  encore une peau de bébé, les excroissances viendront plus tard ; on dirait des tomates.



Clic clac, je remballe mon appareil et j’attaque les deux derniers trous. Il est temps, mon sac commence à me peser sur l’épaule, j’ai faim, il est deux heures. J'ai très mal joué mais les enfants ne m'ont pas vu jouer comme un pied... de champignon, heureusement! J'ai pris l'air et fait une belle balade. Je repensais à Marilou, à Lewis Carroll, à Alice au pays des merveilles... Dans ma voiture j'ai allumé la radio, j'avais raté mon émission du dimanche : Des Papous dans la tête...

Les années se suivent et

lundi 1 novembre 2010

La liberté retrouvée

Ce qu'il y a de merveilleux dans le climat breton c'est sa diversité : hier nous avions une matinée avec des éléments déchaînés sous un ciel gris et humide, aujourd'hui il fallait se pincer pour se croire à la Toussaint! Belle lumière, ciel clair, soleil chaud. Ne pas rester enfermée par un temps pareil, aller faire un parcours sans oublier de regarder le ciel, la couleur des arbres qui ne sont pas encore complètement dégarnis, ramasser quelques châtaignes et, plaisir des yeux avec ces champignons que je ne m'aventurerais pas à ramasser, non seulement parce que je n'y connais rien mais parce qu'ils sont vraiment trop jolis dans leur environnement.




J'étais pratiquement seule sur les greens à l'heure où la plupart déjeunent. Il m'arrive de jouir de ma solitude avec... sérénité? Je te revoyais tirant mon chariot, rouler tes clopes ou fumer un havane quand il y avait une embellie dans nos finances; pas question de taper dans la balle pour toi. Tu avais ta vision du golf : une balade pour m'accompagner, des couleurs qui "n'existaient" que dans ton regard, des mouvements vifs. Un jour tu as fait un tableau qui, m'avais-tu dit, t'avait été inspiré par le golf et que tu avais titré : La liberté retrouvée.



Cardinaux, Huile sur toile, 1980


Il y avait souvent le mot Liberté dans tes titres. J'étais étonnée de voir ces couleurs, qui n'avaient pour moi rien à voir avec le vert des greens; j'y voyais plutôt des mouettes tournoyant au soleil couchant au dessus de l'océan. Ce que j'aime dans tes toiles, c'est que ce que j'y voie change selon mes états d'âme.

Ma solitude... j'en jouissais aussi cette après-midi avec... sensualité? Mes pensées emplies d'odeurs d'herbe mouillée, de feuilles mortes, de champignons. Je n'étais pas vraiment concentrée sur mon jeu puisque je m'arrêtais pour prendre des photos.


J'étais loin des cimetières et de mes chers disparus qui, j'en suis sûre, devaient être heureux, là où ils étaient (?), de me voir aimer ainsi la vie. Oui, aujourd'hui. Mais demain... vraiment, je dis la vérité au moment où je dis : j'aime la vie - je n'ai pas peur de mourir - je veux vivre - je veux mourir. Chaque instant est changeant, chaque instant est vérité. Je suis aussi variable que le climat breton. Je voudrais être légère, je fais semblant d'être légère. Je ne suis pas légère. Je suis d'un insoutenable manque de légèreté. C'est pour cela que je ris souvent, pour faire croire que je suis légère, et insouciante. J'aime être ce que je suis : j'ose dire la vérité.


J'écoutais tout à l'heure l'émission L'humeur vagabonde et je relevais que George Sand pouvait se vanter d'être bourgeoise et communiste. Et pourquoi pas! Surtout quand il s'agit d'une bourgeoise , propriétaire d'une belle maison certes, mais sans le sou. Je suis souvent agacée par les gens qui n'acceptent pas l'idée que l'on puisse être bourgeois et fauché ou riche et de gauche!

"De ses amours tumultueuses et largement commentées dans les gazettes de l’époque, ce sont évidemment les noms de Musset, Chopin, Mérimée ou Jules Sandeau que l’on aura retenus. Mais l’homme qui a partagé quinze années de sa vie et lui a apporté stabilité et bonheur reste encore largement ignoré. Alexandre Manceau, de treize ans son cadet, entre dans sa vie à Nohant, à la Noël 1849."