Affichage des articles dont le libellé est Chine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chine. Afficher tous les articles

mardi 4 juin 2019

La mémoire de Tian'anmen


TIAN'ANMEN 
(=_=)


"En Chine, la simple mention du 4 juin 1989 est interdite"


On  n'est pas en Chine. Crions-le : 
Une tragédie
Le Parti a massacré le Peuple, une jeunesse non violente, sans armes





"Le 4 juin 1989, le poète Liao Yiwu, vivant dans le Sichuan, à l’autre bout de la Chine, écrit en état de transe un poème intitulé « Massacre », en écho aux chars qui écrasent au même moment le mouvement démocratique de la place Tian'anmen, au cœur de Pékin." Source



samedi 21 juillet 2018

Les loups au bout du monde



Une étrange exposition à Quimper qui ne cesse d'attirer les visiteurs depuis le mois d'avril. L'exposition devait  s'arrêter fin juillet mais forte de son succès, elle joue les prolongations jusqu'au 9 septembre.



Avec « Les loups arrivent », Liu Ruo Wang incite l'humanité à s'émanciper des contraintes que la société lui impose. 
| YVES-MARIE QUEMENER

"Les canidés pèsent chacun 300 à 400 kg. Pour les faire venir à Quimper, il a fallu six semi-remorques et toute la ténacité de Nathalie Morin, commissaire de l’exposition. Pendant trois ans, elle a remué ciel et terre pour que l’œuvre soit exposée à Quimper. Elle a finalement réussi à convaincre la ville et le sculpteur, après un séjour à Quimper en 2016."

Lettre de Nathalie Morin du 23 septembre 2016 à Michel Humbert, Yantai,
LE CERCLE FRANCOPHONE DE YANTAI SHANDONG CHINE  :
Monsieur Humbert,

Je vis depuis 12 ans à Pékin, je suis quimpéroise et j’organise des événements entre la France et la Chine. Je me permets de vous contacter pour vous exposer un projet artistique sino-français d'envergure en préparation à Quimper : « Les loups arrivent au bout du monde ». 

L’artiste Liu Ruo Wang, très connu en Chine pour ses impressionnantes sculptures de loups, m’a confié le soin de les exposer en France. Déjà exposé en Italie (Biennale de Venise), en Allemagne (Budelsdorf, Berlin), il rêve néanmoins d'exposer en France ; et pour nous Français c'est une chance supplémentaire de découvrir la puissance et la créativité de l'art contemporain chinois.
L’œuvre, tout d'abord. Il s'agit d'une meute de 110 loups de bronze et d'un guerrier solitaire qui se dresse face à eux, armé d'une épée (cf photos jointes).

J’ai obtenu l'engagement de la ville de Quimper (comme vous le savez jumelée à Yantai) pour parrainer une exposition de l'ensemble de l’œuvre pendant plusieurs mois fin 2016/début 2017. Les institutions locales sont prêtes à participer y compris financièrement mais l’organisation, le transport et la manutention de ces 110 loups de 270 kg chacun engagent des frais importants (total environ 175000 yuans manquent pour boucler le projet).

Cette exposition dépassera le cadre d'une simple promotion d'un artiste par divers aspects:
- Son volume, monumental, accessible dans la durée à la population, et susceptible d'attirer les touristes chinois dans la région Bretagne,
- La notoriété croissante de l'artiste, et ses probables "tournées" à venir à travers tous les pays occidentaux,
- Son inscription dans "l'air du temps" avec la renaissance de la mythologie du loup ("Le Totem du Loup", de Jiang Rong premier best-seller en Chine, "le Dernier Loup" de Jean-Jacques Annaud etc..)
- Son universalité: si le soldat rappelle l'archéologie chinoise, nombre détails (le visage, les chaussures..) montrent un homme universel,
- Son contenu philosophique enfin, défendu par l'artiste lui-même, de l'homme contraint à l'héroïsme individuel face à l'adversité et aux obstacles créés par la société qui l'entoure.

Tout ceci place d'emblée l’œuvre à un niveau exceptionnel, permettant aux Français et aux Chinois de partager, sans risque politique, des sentiments, des craintes, des vertus, une profondeur commune à tous, quelles que soient les circonstances de leurs pays respectifs.
Je sollicite votre aide pour trouver auprès d’entreprises chinoises ou françaises de Yantai les derniers fonds qui manquent pour faire de cette exposition un formidable événement Bretagne / Shandong ! France / Chine ! 

La médiatisation de l’exposition en France et en Chine sera à la hauteur de l’événement et pourrait donner à la province du Shandong l’occasion d’une belle opération de communication.
Dans l'attente de vos suggestions et conseils, veuillez recevoir, Monsieur Humbert, l'assurance de ma considération distinguée.

Nathalie Morin
(Source et réponse ici)
   
Qui est Liu Ruo Wang ?

Liu Ruo Wang est né dans le nord-ouest de la Chine en 1977 et a abandonné l'université pour explorer la voie des arts en 1997. En 1999, il est allé à Pékin et a commencé sa formation professionnelle à l'Académie centrale des beaux-arts. En 2005, l'artiste a créé sa première œuvre, "The East Is Red", qui a été très remarquée par les professionnels et les critiques. Dès lors, il a commencé sa carrière en tant que professionnel, et s’est spécialisé dans la création d’œuvres monumentales.

Un entretien avec l'artiste sculpteur chinois (extraits, à lire ici)

Que représentent ces loups ?
Ces quatre-vingt-quinze loups représentent la multiplicité des contraintes que l'Homme rencontre au cours de sa vie, qu'elles soient culturelles, sociales, sociétales ou politiques. Le guerrier qui se dresse au milieu de la meute est l'Homme qui se dresse au milieu des contraintes. Leur lutte est commune : devenir libre.

Un autre animal aurait-il pu incarner cette allégorie ?
En Chine rurale, les paysans craignent le loup car il constitue une menace pour le bétail. La tradition veut qu'il soit le présage d'une crise, d'une destruction. Il traduisait bien le message que je souhaitais transmettre.

Quel message ?
Que les Hommes deviennent libres. À chacun d'être soit le guerrier et de s'émanciper de ses contraintes, soit le loup, solitaire, qui se bat en groupe contre un pouvoir, une domination. Une interprétation duale mais un sens universel.





Mes photos prises le 14 avril 2018
(J'aurais bien vu ces loups exposés dans une nature sauvage, 
rude, comme les Monts d'Arrée)







Mes préférées ci-dessous



 
  • Les loups arrivent au bout du monde" de Liu Ruo Wang
  • Esplanade François Mitterrand à Quimper
  • Du 13 avril au 29 juillet 2018. Prolongation jusqu'au 9 septembre 2018
Les Monts d'Arrée où je me suis arrêtée quatre jours plus tard, au retour d'une compétition de golf à Carantec. Un environnement rude, le vent était puissant. Il ne manquait que les loups !




jeudi 12 janvier 2017

***

On l'annonce violente en Normandie ce soir mais la tempête a aussi commencé cet après-midi en Bretagne!
J'ai vraiment failli m'envoler avec mon parapluie retourné, sous la pluie battante. J'avais l'air tellement idiote que le chauffeur du bus qui arrivait, s'est arrêté pour me laisser traverser, hors des clous (alors que je n'avais pas l'intention de traverser. Comique). Pôvre femme a-t-il dû se dire. Mais j'éclatais de rire. D'ailleurs, voyez ces Chinois comme ils ont l'air joyeux sous la tempête.

Images de Chine... que l'on aurait pu filmer à Quimper (sauf qu'on ne pouvait pas être en bras de chemise sous (ou accroché à) son parapluie! - vent glacial).



Photos : Reuters




Le 6 novembre 2015, un violent orage s’abat sur la ville de Yantai, dans la province chinoise de Shandong. Malgré son parapluie, cette jeune femme rentrera chez elle trempée jusqu’aux os. 
(Source : L'illustré, lien pour voir d'autres photos (en cliquant sur les images du site), étonnantes - sauf pour les Bretons habitués aux tempêtes!).
Dès que le vent souffle et que la pluie s'en mêle, comment ne pas penser à Bécassine avec son parapluie!
(Pour lire, clic sur image puis clic droit pour afficher l'image. Mais bon, Bécassine n'intéresse que les bécasses sous la pluie comme... votre dévouée).

vendredi 24 octobre 2014

"Aimer c'est dire : Tu ne mourras pas!" François Cheng

Le bonheur existe... je l'ai rencontré 
chaque soir de cette semaine en écoutant François Cheng dans A voix nue.
Un moment de grâce, de poésie.
Une voix, inoubliable.
Un passeur d'émotion.


 L'oeuvre de François Cheng s'inscrit dans une quête incessante du "vrai et du beau" © Carlos Freire

 Crédit photo : Carlos Freire


 

Calligraphie François Cheng

A voix nue, cinq chapitres à réécouter :


A déguster, à savourer comme un macaron de Pierre Hermé : l'Ispahan, le préféré de François Cheng, au parfum de rose et de litchi. Il en parle avec sensualité, en esthète avec la gourmandise d'un jeune homme de 85 ans.

Deux heures et demie de bonheur, par petites touches d'une demi heure pour faire durer le plaisir.

"L’épanouissement d’une fleur, le coucher du soleil ou le ciel étoilé permettent, un instant, de se trouver en accord avec le monde. La reconnaissance de la splendeur du monde nous renvoie à notre propre unité intérieure. L’univers a beau être très vieux, c’est pour chacun toujours « la première fois, l’unique fois ». [...] « Nous ne possédons pas la durée, mais nous vivons l’instant, qui est le vrai mode d’être de la beauté."

vendredi 19 avril 2013

Déchirures de joie et moments de tristesse

Découverte du jour via le blog Carnets de Chine et d'ailleurs 
ces photos de voyage en train du photographe Wang Fuchun.
 
 
Wang Fuchun"Né en Mandchourie en 1943, Wang Fuchun fait ses études à Harbin, chef  lieu de la province du Heilongjiang, dans le nord ouest de la Chine. Diplômé de l'université de Harbin du département de photographie, il passe une bonne partie de son temps dans les trains, pour photographier ce qui l'entoure. Il est employé comme photographe pour la compagnie de chemin de fer de Harbin. Le chemin de fer est le moyen de transport le plus populaire, et surtout le plus utilisé de Chine.
 
La vie en noir et blanc

 C'est avec ces deux couleurs, que Wang Fuchun expose des hommes, des femmes, et des enfants pris à un instant T, entre fou rire, et paysages naturels. Le site China Pictorial écrit de lui, "Ses photos témoignent que certains Chinois d'aujourd'hui entretiennent toujours des relations harmonieuses avec la nature". Il a dernièrement pris en photo les peuplades du nord-est de la Chine, vivant dans un univers aux antipodes de celui de Pékin, Shanghai ou Canton.
Ces photographies montrent des sourires, malgré la rudesse de la vie. Il expose une Chine sombre et magnifique. Sombre, par son climat et paysage difficile. Magnifique, car la beauté de l'être humain ressort à chaque instant, à chaque image." Lire ici. 

 
 
 
 
D'autres photos ci-dessous extraites de Chinese on the train 
sur le site de Wang Fuchun
 



 
Les voyages en train en Chine semblent être une incroyable aventure. L'esprit zen règne, malgré la chaleur, la promiscuité, chacun acceptant ces contraintes avec philosophie. Nous aurions beaucoup à apprendre, nous Français qui nous plaignons si facilement de tout et de rien - et qui sommes si impatients et individualistes -, sur cette humanité  où doit s'exercer une entraide généreuse et chaleureuse. Je retiens de ces photos, pour la majorité, une certaine joie de vivre, de consentement (résignation? acceptation?) qui me laisse rêveuse, dans la simplicité, la générosité et une vraie poésie.  Une expérience à vivre au moins une fois comme le raconte avec humour l'auteur des Carnets de Chine.
 
"Il y a des déchirures de joie et des moments de tristesse. J'essaie de mettre tout cela dans ma lentille".  Wang Fuchun
 
Et cette autre photo, à l'enseigne de B & W
prise dans un train par un nomade sédentarisé en Chine!
 
 
Train Shanghai-Guangzhou, 2013
 
 

jeudi 11 octobre 2012

Hop! Pfuit! Tsss!

Je viens de perdre un billet qui était dans mes brouillons. Je voulais le peaufiner, j'étais dessus depuis deux jours et pfuit, une mauvaise manipulation et plus rien. Je n'ai pas le courage de recommencer à zéro. J'avais passé deux heures à la bibliothèque à consulter des livres d'art sur la Chine, à noter, photographier, ce que je trouvais beau, intéressant. J'ai encore les photos bien sûr mais je les commentais et là, je n'ai plus le courage, même de les insérer. Je ne pensais pas que la perte d'un billet en cours me dépiterait à ce point-là. Je ne vais tout de même pas pleurer. C'est la première fois que ça m'arrive en... trois ans.
Je sens qu'il me faut être de plus en plus vigilante, pour tout. Ça m'énerve. Bon tant pis. Je mets une des photos qui me parlait et avec laquelle je me sentais en communion. L'artiste musicien Li Xianting fumant et méditant sur son canapé encombré de feuillets, devant sa table couverte de boîtes à thé et d'un vrai plateau à thé, près de sa bibliothèque dans un désordre exquis dont je devrais m'inspirer. Tout est trop bien rangé chez moi.


Li Xianting est considéré comme le maître du Guqin

 Photo tirée de l'ouvrage : Artistes en Chine


Et puisque j'y suis, deux autres photos, sans commentaire. Je les aime. Tsss!


Hung Tung-lu

Ah oui! Je disais donc dans le billet disparu que
ce bouquet de fleurs était charmant
dans ce fouillis d'objets.

 Et hop, une dernière, tirée d'un autre ouvrage : L'Art chinois.
Je l'aime aussi Tsss, tsss!

Tête de Luohan - Xe XIIe siècle

Et pour poursuivre sur la Chine, le Prix Nobel de Littérature 2012 a été attribué à Mo Yan qui signifie Celui qui ne parle pas. Oui, mais il écrit!

Bref, ce billet n'a rien à voir avec celui qui a disparu... qui - lui - n'était pas nul!

dimanche 8 mai 2011

Confucius


Quelle folle idée de prétendre parler dans ce journal de Confucius, quand on peut lire sur la toile, dans des blogs de spécialistes  - ou réécouter des émissions de France Culture - tout ce qu’il faut savoir sur le sujet. Point n’est mon intention, je ne suis qu’une auditrice attentive des Nouveaux Chemins de la Connaissance et n’ai pas étudié Histoire de la pensée chinoise pour, ne serait-ce que tenter (de), comprendre la Chine ancienne et actuelle. Ce billet s’adresserait plutôt aux novices qui passeraient par ici qu’aux lettrés,  sinologues… et autres amateur éclairés. (Je ris car je me demande bien par quel hasard ceux-ci, atterriraient ici!).

Cette semaine des NCC a été consacrée à Cinq maîtres : Jésus, Confucius, Bouddha, Socrate et Sri Aurobindo et bien entendu ce ne sont pas pas ces petits extraits de l’émission sur Confucius qui remplaceront une réécoute ! En exergue, cette maxime :
 « N'aie cure de n'être fidèle qu'à toi-même, et tu m'auras suivi » (Gai Savoir, Nietzsche).

L’invité de l’émission sur Confucius était Rémi Matthieu, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la mythologie et de la philosophie de la Chine ancienne. Il a codirigé le volume d'oeuvres des Philosophes taoïstes II, et Philosophes confucianistes dans la « Bibliothèque de la Pléiade », éditions Gallimard. Il est l'auteur de Confucius, l’invention de l’humanisme chinois. Entrelacs - Collection Sagesses éternelles, 2006

« Confucius apparaît comme l’image de la Chine éternelle, c’est-à-dire celui qui procure le sentiment, non seulement d’éternité, mais l’expression la plus élevée de ce que peut être la culture chinoise, la sinitude. Confucius est moins un philosophe au sens occidental qu’un professeur de vie, d’humanité ou un homme d’expérience à tous égards. Il réanime la parole des anciens, la voie royale de l’antiquité, avec le souffle frais de l’expérience vécue. De sorte que, même si elle exige l’étude des textes anciens, l’éducation chez lui – semble-t-il – n’est pas plus livresque que chez Rabelais ou Montaigne qui étaient les hommes les plus cultivés de leur temps. Les plus belles âmes dit Montaigne sont celles qui ont le plus de variétés et de souplesse. Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de retrouver ces Vertus chez Confucius, que l’histoire présente souvent uniquement comme le héros des hiérarchies et le gardien des temples. A le lire et l’entendre, pour cet homme de tradition, il y a toujours plus de choses sur la terre et le ciel que toute la tradition n’en a jamais rêvée. »

« Le Dào (= le Tao) de la grande étude consiste à faire resplendir la lumière de la Vertu.


 Caractère chinois 道 dào

Etre proche du peuple comme de sa propre famille et ne s’arrêter que dans le bien suprême.
Savoir où s’arrêter permet d’être fixé.
Une fois fixé, l’esprit peut connaître le repos.

Le repos conduit à la paix, la paix à la réflexion.
La réflexion permet d’atteindre le but.
Toute chose a une racine et des branches, tout événement un début et une fin.
Qui sait ce qui vient avant et ce qui vient après, celui-là est proche du Dào.
Dans l’antiquité pour faire resplendir la lumière de la Vertu par tout l’Univers, on commençait par ordonner son propre pays.
Pour ordonner son propre pays, on commençait par ordonner sa propre maison.
Pour régler sa propre maison, on commençait par se perfectionner soi-même.
Pour se perfectionner soi-même, on commençait par rendre droit son coeur.
Pour rendre droit son cœur, on commençait par rendre authentique son intention.
Pour rendre authentique son intention, on commençait par développer sa connaissance et on développait sa connaissance en examinant les choses.
C’est en examinant les choses que la connaissance atteint sa plus grande extension.
Une fois étendue la connaissance l’intention devient authentique.
Une fois l’intention authentique le cœur devient droit.
C’est en rendant droit le cœur que l’on se perfectionne soi-même.
C’est en se perfectionnant soi-même qu’on règle sa maison.
C’est en réglant sa maison qu’on ordonne son pays et c’est lorsque les pays sont ordonnés que la grande paix s’accomplit par tout l’Univers.
Pour le fils du ciel comme pour l’homme ordinaire, l’essentiel consiste à se perfectionner soi-même.
Laisser l’essentiel au désordre en espérant maîtriser l’accessoire voilà qui est impossible.
Négliger ce qui vous tient à cœur en attachant de l’importance à ce qui n’en a pas voilà ce qui ne s’est jamais vu."

A ce moment-là de l'émission, j'imaginais entendre le son de ces longues trompes tibétaines (dungchen ou tongqin en chinois) qui accompagnent certains rituels ou ces antiennes des moines bouddhistes en prière.
Cependant, le programmateur musical de l'émission a eu la bonne idée de passer cette chanson de Serge Gainsbourg; j'ai bien envie d'ajouter : Confucius c'est du chinois (=_=). Mais surtout : ne pas faire l'erreur de confondre le confucianisme et le taoïsme (dixit un ami expert).

Le lendemain ce fut de Bouddha qu'il s'agissait et ce fut pour moi plus passionnant, plus concret. Trouver la Voie qui mène à la cessation de la souffrance. J'ai découvert dans un beau blog ce qu'étaient Les Quatre Nobles Vérités : 1 - 2 - 3 - 4. Ce sont les fondements cruciaux du bouddhisme.
Et s'il s'agit de prendre La voie du milieu, c'est celle-ci que je prendrais.

Après ça, la cérémonie du thé s'impose!

Poème de LU Tong
La première tasse humecte mes lèvres et mon gosier
La deuxième rompt ma solitude
La troisième fouille mes entrailles mises à nu
et y débusque mille volumes d'étranges idéogrammes
La quatrième suscite une légère sueur
— et tout le noir de ma vie se dissout à travers mes pores
A la cinquième tasse, je suis purifié
La sixième m'expédie au royaume des Immortels
La septième — ah, je ne saurais en absorber davantage !
Je sens seulement un souffle de vent frais gonfler mes manches.
Où est Peng Lai Shan* ?
Ah ! Laissez-moi chevaucher cette douce brise et m'envoler loin d'ici !

* Peng Lai Shan : un des paradis taoïstes



vendredi 6 mai 2011

En attendant Confucius : confusion

Depuis mardi je suis plongée dans des écrits sur la Chine et les émissions de cette semaine sur les NCC.  Tout s'embrouille dans mon esprit au lieu de m'éclairer. Je vais faire une pause, même la nuit mes rêves sont emplis de cette Asie dont je ne connais rien, de verts paysages, de jardins zen, de lettrés.
"... renoncer à la sagesse... avoir peu de désirs..." : Daodejing. N'est-ce pas paradoxal?
Je n'atteindrai jamais ce qu'enseigne Le livre de la Voie et de la Vertu :
"Le faux savoir n'est que la fleur du Tao et le principe de l'ignorance."

Plus j'essaie d'apprendre et moins je sais.

Hier je me suis endormie sur des images de Joan Miró et ses trois grandes toiles bleues,


eh bien c'est pourtant la Chine qui était dans mes songes, j'étais sous un pont, sur la berge, je regardais l'eau d'une rivière couler, il y avait une grande roue... je lisais le Dào (Tao) et j'attendais une apparition. Confucius? Bouddha? WKW? (=_=)? Je voudrais comprendre...

mardi 15 mars 2011

Lu Xun

Lu Xun, statue à Shanghaï

Je reviens sur ce film passionnant sur l’écrivain Chinois Lu Xun que j’ai regardé il y a dix jours.

Petit rappel :


LU XUN: L'âme de la Nation

"A travers la destinée de l'écrivain Chinois LU XUN, nous découvrons la vie des lettres et l'apparition des intellectuels modernes au cours des différentes révolutions qui bouleversent la Chine depuis un siècle. Ce portrait de LU XUN s'intègre dans la série "Un Siècle d'Ecrivains" proposée par Bernard RAPP sur FRANCE 3.
Le nom de Lu Xun (1881-1936) est étranger à la plupart d'entre nous, si ce n'est peut-être pour Journal d'un fou, premier texte écrit en langue chinoise parlée, et La Véritable Histoire d’Ah Q (éditions Stock). Pourtant, ce fils de lettres profond érudit, considéré comme le plus grand écrivain de la Chine moderne, abondamment "récupéré" après sa mort par le pouvoir officiel, a non seulement incarné l’avènement de l'intellectuel indépendant dans un pays où les esprits étaient jusqu’alors soumis au système confucéen, mais a impulsé des avant-gardes sociales, politiques, artistiques encore à l'ordre du jour. D'une belle élégance formelle, remarquablement construit et documenté, le film d’Henry Lange (réalisé avec le concours de Zoo Si, à l’appui des témoignages de familiers et des « héritiers» de son œuvre) restitue à la fois le cadre de cette Chine en mutation dans laquelle Lu Xun a évolué; la richesse et la singularité de son parcours; la solitude exigeante de sa pensée et de ses engagements; le mélange inextricable de lucidité pessimiste et d'élans utopistes qui ont animé cet intraitable, jamais dupe des masques pseudo-révolutionnaires de l'asservissement. Traducteur, enseignant, artiste, romancier, conteur ou polémiste, Lu Xun s'est épuisé, à défendre et revendiquer la liberté, la dignité sociale de chacun."
Réalisation Henry LANGE
Coproduction F PRODUCTIONS / FRANCE 3 / BEIJING TV
Droits MONDIAUX Durée : 52 mn
Versions FRANÇAISE, INTERNATIONALE


J’ai capturé sur mon écran ces deux passages:




Le réalisateur
"Ding Yinnan (丁荫楠), spécialiste des biographies hagiographiques des grands hommes de la Chine du vingtième siècle (Sun Yat-sen, Zhou Enlai, Deng Xiaoping), en a récemment consacré une à Lu Xun. Le film, sorti sur les écrans chinois en septembre 2005, part des dernières années de la vie de l’écrivain, le présentant comme un homme malade et affaibli, revisitant son passé à coups de flashbacks. Ding Yinnan a été conseillé par le fils de Lu Xun, Zhou Haiying. Le principal atout du film est l’acteur principal, Pu Cunxin, qui a une ressemblance hallucinante avec Lu Xun."

 Pu Cunxin, Lu Xun


La véritable histoire d’Ah Q a également fait l’objet d’un film de Cen Fan "qui, en 1982, fit sensation au Festival de Cannes et l’acteur Yan Shunkaï reçu le prix du meilleur acteur au festival international du film de comédie de Vevey, en août 1982."
 Yan Shunkai

Hier je regardais rapidement aux informations à la télévision des images d’une exposition qui se tient à Paris en ce moment : Tous cannibales, et cela m’a interpellée, je me souvenais des mots de Lu Xun : "dévorer l'homme", (seconde vidéo).
Une phrase de Claude Lévi-Strauss, placée en exergue de l'exposition, donne le ton :
"Nous sommes tous des cannibales. Le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même, c’est encore de le manger".


"Chez certaines tribus anthropophages, boire le sang et manger la chair de leurs ennemis était un moyen de s'approprier leur force. Le délire anthropophagique est une conviction psychotique : boire le sang de l'homme rapprocherait l'anthropophage du divin. En contact avec les peuples amérindiens, les explorateurs ont cherché à expliquer les motivations des tribus cannibales. Dans son Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil, Jean de Léry explique que "plus que par vengeance et pour le goût (…), leur principale intention est, qu'en poursuivant et rongeant ainsi les morts jusqu'aux os, ils donnent par ce moyen crainte et épouvantement aux vivants". L'anthropophagie est généralement considérée comme un acte de folie dans les sociétés occidentales. Il est perçu aussi chez certains peuples comme un acte d'humiliation pour la personne dépecée et sa famille. L'anthropophagie peut également être vue dans certains cas comme une volonté de s'approprier une partie de quelqu'un, à compter que l'anthropophagie ne nécessite pas forcément de meurtre. Ce n'est pas de la démence dans tous les cas de figure, l'anthropophagie peut être aussi nécessaire pour la survie". (Source
Wikipédia)


Lu Xun Museum, Shanghaï

jeudi 10 février 2011

Yin et Yang



Mon "Je" est en train de se dissoudre. Entrer dans l’intime deviendrait impudique maintenant, voire obscène. Je dois réserver cela à mon journal intime, mais ça fait des mois que je n’écris plus rien dans ce journal.

Vendredi dernier et durant deux jours, j’ai vécu une épreuve douloureuse. J’ai compris – comme jamais - ce que voulait dire le mot solitude ; ce "vertige", cet "abîme" dans lequel vous voudriez vous engloutir, sur le champ. Je relisais hier une des Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke dans laquelle il parle de cette solitude : "nous sommes solitude" et je me disais que, puisque j’avais résisté, c’est donc que je m’accrochais à la vie, malgré tout. Et puis, lundi, j'ai souri.Voilà ce que j'écrirais si je me laissais aller.
C'en est fait, de l'impudeur.

Mon dieu que je suis sérieuse ici, alors que je ris ailleurs. Je passe du rire aux larmes comme le soleil à la pluie. Mes deux "moi" sont authentiques, complémentaires."Cette notion de complémentarité est propre à la pensée orientale qui pense plus volontiers la dualité sous forme de complémentarité."


Je suis le Yin et le Yang.
"Dans la langue du Che king, le mot yin évoque l’idée de temps froid et couvert, de ciel pluvieux ; il s’applique à ce qui est intérieur et, par exemple, qualifie la retraite sombre et froide où, pendant l’été, on conserve la glace. Le mot yang éveille l’idée d’ensoleillement et de chaleur ; il peut encore servir à peindre le mâle aspect d’un danseur en pleine action ; il s’applique aux jours printaniers où la chaleur solaire commence à faire sentir sa force et aussi au dixième mois de l’année où débute la retraite hivernale. Les mots yin et yang signalent des aspects antithétiques et concrets du Temps. Ils signalent, de même, des aspects antithétiques et concrets de l’Espace. Yin se dit des versants ombreux, de l’ubac (nord de la montagne, sud de la rivière) ; yang des versants ensoleillés (nord de la rivière, sud de la montagne) de l’adret, bonne exposition pour une capitale."

Marcel Granet, in La pensée chinoise.

vendredi 28 janvier 2011

La Chine, immersion


Hier soir.

Vu La couleur du mensonge tiré du roman de Philip Roth, La tache.

"Avec La tache, qui débute en pleine affaire Lewinsky, Philip Roth dresse une satire féroce des moeurs américaines. Un roman ébouriffant. Il n'y a que deux sortes de lecteurs de Philip Roth: ceux qui l'adorent et ceux qui ne l'ont pas lu. La Tache est un roman qui ravira les premiers et ouvrira aux seconds les portes de la littérature. Philip Roth confirme ce que l'on supposait: il est un écrivain hors norme, plus puissant, plus libre, plus proche de la vie à chacun de ses livres." L’Express, 2002.

Pas déçue et Anthony Hopkins était à la hauteur du rôle et complètement crédible en sexagénaire amoureux d’une jeune femme, Nicole Kidman, troublante. Pas repoussant DU TOUT le sexagénaire, je le redis : " pieds et poings liés"…
J’avais eu un peu de mal à lire le livre, beaucoup de personnages, de sujets importants (le racisme, la sexualité de l’homme vieillissant) mais en voyant le film je me le suis remémorée et j’ai aimé l’interprétation de tous les acteurs.
J’aime beaucoup les romans de Philip Roth et je me sens proche de ses questionnements existentiels.

J’ai poursuivi ma soirée avec La pensée chinoise. J’y arrive, tout doucement, à lire cet ouvrage (je zappe quelques chapitres pour y revenir plus tard) même si je ne sais toujours pas le bénéfice que j’en tirerai.

"Le Taö, dont on peut dire qu’il est à la fois Nature et Raison ([…]), est un principe d’universelle intelligibilité. La formule "vomis ton intelligence" n’exprime pas le mépris de l’activité de l’esprit, mais, simplement, le dédain de la science discursive, des jeux de la dialectique, de toute espèce de réalisme abstrait.
Les Maîtres taoïstes ne font aucune difficulté pour utiliser (ni d’ailleurs, semble-t-il aucun effort pour perfectionner) le système de classifications dont leurs contemporains se servent pour ordonner la pensée. Ils admettent que le vulgaire est dominé par 6 Appétits (ceux des honneurs et des richesses, des distinctions et du prestige, de la renommée et de la Fortune), 6 Entraves (celles qu’imposent le maintien et le comportement, la sensualité et le raisonnement, le tempérament et la réflexion), 6 (Sentiments qui font) obstacle au Taö (haine et désir, joie et colère, peine et plaisir), 6 (Attitudes qui font) obstacle au Taö (celles qui consistent à éviter ou à aller au-devant, à prendre ou à donner, à acquérir des connaissances ou à exercer des talents) : il faut réprimer ces 24 dispositions pour obtenir la rectitude et la quiétude, l’illumination et la vacuité. Il faut encore, sous peine de "perdre l’essence qui vous est propre (sing)," éviter les 5 perversions qui résultent d’un usage civilisé des sens : peinture, musique, parfums, cuisine, prédilections du cœur corrompent la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le jugement. En lui-même, déjà, l’usage naturel des sens peut être pernicieux, si l’on ne s’applique à défendre, contre la multiplicité des apparences, la simplicité originelle (p’ou) de l’être. La vision, l’audition, l’odorat, le goût, la connaissance ne méritent d’être qualifiés de tche (qui pénètre tout, qui s’étend à tout) que si aucun objet particulier ne les arrête.
[…]
"Le véritable sage entend avec ses yeux et voit avec ses oreilles". Ce n’est pas qu’il ait, déjà, trouvé le secret de l’audition paracoustique ou de la vision paroptique. […] Il sait seulement "unir son corps à son cœur, son cœur à son k’i (souffle), son k’i à son chen (puissance vitale) et le tout au wou (c’est-à-dire non pas au "néant", mais au Total indéterminé…).
[…]
Toute sensation partielle est épuisante et corruptrice. […] Il (en bon taoïste) se garde de vouloir connaître par le détail : "Vivre a des bornes et il n’y a point de bornes au connaître ! C’est un péril pour ce qui est limité de poursuivre ce qui ne l’est pas !" Nul, dans l’ancienne Chine, n’ignore que toute image résulte d’un contact…"


Marcel Granet, in La pensée chinoise. Pages 434-435.

Je crains vraiment de n’arriver jamais à "réprimer les 24 dispositions pour obtenir la rectitude et la quiétude, l'illumination et la vacuité". Je ne suis pas prête pour une béatification.

Après avoir refermé mon livre, avant d’éteindre la lumière pour dormir, j’ai allumé la radio et je suis tombée sur l’émission d’Alain Veinstein ! Incroyable, il recevait le sinologue Jean Lévi pour parler de son essai, La Chine est un cheval et l’Univers une idée. Quelques réflexions sur Robert Musil qui a inspiré l’auteur, méditation sur le langage, des citations de Tchouang Tseu… et me voilà bercée par cet entretien, qui m’a tenue éveillée au lieu de m’assoupir :

"La Chine est un cheval et l'univers une idée " est une citation de Zhuangzi (350-275 av.J.-C.) dans laquelle il tourne en ridicule les paradoxes sophistes, et en particulier le plus célèbre d'entre eux, le fameux "un cheval blanc n'est pas un cheval " de Gongsun Long. À travers le pastiche de l'argumentation sophiste, c'est le langage humain en tant que tel que le philosophe entend disqualifier. Tout jugement, dans la mesure où il est jugement, est l'expression d'une subjectivité qui opère un découpage arbitraire dans le réel".

Beaucoup de mal à m'endormir ensuite!

Ce vendredi matin.

Je vous le donne en mille - non je n'ai pas rêvé de Pégase.
Je me lève, tardivement, j’allume la radio toujours branchée sur France Culture et, quentends-je (je me demande si je suis bien réveillée)? :
Le journaliste lit un poème chinois (traduit), de l’époque Han, tiré d’un livre de Jean-Pierre Dieny, paru aux éditions Les Belles Lettres : Les dix-neuf poèmes anciens.

Un réveil en douceur ! Epatant.

Maintenant je n’ai plus qu’à regarder Le plateau tibétain, enregistré ce matin de cette série magnifique La Chine Sauvage, et l’immersion sera totale. Une inquiétude soudain, ou plutôt un rêve : mes yeux ne sont-ils pas en train de se "brider", mes cheveux se raidir (enfin !). Un coup d’œil dans le miroir : non, pas de "brides" mais que des rides. Pfff ! Pourtant il ne serait pas impossible que j’eusse les yeux bridés avec mes origines (arrière arrière grand'mère). Non non pas mongoles, mais bigoudènes !




Tibétaines, capture d'écran du Plateau Tibétain

Mythe :
"Selon certains ethnologistes du XIXe les bigoudens auraient été les descendants des aborigènes occupant la Bretagne avant les premières invasions celtes, selon d'autres, se basant sur des "ressemblances physiologiques" (pommettes hautes des bigoudenes, yeux légèrement bridés, etc.), les Bigoudens descendraient d'une tribu mongole. Il n'en est absolument rien, une vaste étude menée à partir de 1983 par le professeur Youinou, généticien et immunologue de l'INSERM, a montré que la population bigoudène n'a absolument aucune parenté avec les populations asiatiques, et qu'au contraire elle avait plus d'affinités génétiques avec les populations des pays celtiques insulaires que la moyenne de la population finistérienne." Wikipédia.


Bon, tant pis, mais ma chère tante avait néanmoins les yeux bridés des mongoles.

Pub Blogger/Google! à mon intention :
"Editez un livre vous même
Fabriquez votre propre livre et Publiez votre livre mondialement".
Tsss! Sont fous... Je ris, je pense à toi, combien de fois m'as-tu dit : tu devrais écrire des romans.
Impossible, la fiction c'est trop dur, j'ai un sacré imaginaire mais aucune imagination, seul mon Je m'inspire quelques mots et maux...