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vendredi 8 février 2019

Pfff !





A Brest, ce même jour... en raison du coup de vent, l'accès à la digue La Pérouse, à la marina du Château, était interdit aux piétons. Que faisaient-elles là ? Pistonnées ?

Photo de Béatrice Le Grand


Pour voir et lire c'est ici

vendredi 21 septembre 2018

***

"Vous croiserez dans ces pages de belles personnes qui savent danser sous la pluie, qui savent affronter les éléments parce que la vie à l’abri est impensable. Et sous la pluie, s’il y a une chose que l’on aime faire, c’est rire. On y trouve beaucoup de gens marrants, dans ces pages, des gens marrants qui savent pleurer aussi."

Christophe Miossec, in Les Inrocks, L'édito de Miossec, rédacteur en chef invité : Danser sous la pluie. 


Christophe Miossec, photo François Rousseau, 2014


lundi 20 mars 2017

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir

Paysages urbains sous un ciel triste et beau




Téléphérique, Brest
(Pour voir les cabines de près et le ciel bleu, c'est ici. Hum!)






Rajout personnel (0_0)

 
Photos prises le 9 mars 2017, dans un état vertigineux
après une manœuvre libératoire.
Ce n'était certes pas le jour pour tester le téléphérique!

(Petit rappel : cliquer sur les images pour, 
agrandir la grisaille ambiante) 


Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire

mardi 14 juin 2016

Cet espace est entretenu sans pesticides

Lundi 13 juin.

L'arrivée sur Brest ce matin était bloquée, la pluie n'arrangeait pas l'affaire et la rade était bien grise enveloppée de brouillard.
Malgré ce bouchon - annoncé - d'un bon quart d'heure pour traverser le pont d'Iroise, je n'étais pas en retard pour mon rendez-vous, j'étais même en avance puisque je trouvais une place pour me garer, pile devant la porte du cabinet ORL. Je descendais de ma voiture d'un pied instable et légèrement soûlée par la route; je passe sur les nombreux réveils nocturnes et les angoisses - (allais-je tenir debout en me réveillant et pouvoir conduire?).
Arrivée donc avec un quart d'heure d'avance, je passais une heure dans la salle d'attente, le praticien avait trois quart d'heure de retard. Mathématique!
Consultation, manœuvres libératoires, la routine : mes vertiges n'étaient pas une illusion. Tenez mon bras serré dans vos mains me dit-il, à trois, je vous renverse. Je m'accrochais à ce bras comme à une bouée de sauvetage, la bascule était rapide et violente, mais son bras était doux, je savais qu'il allait sans doute me sauver de la noyade. Bascule à gauche : la mer était plutôt calme mais à droite elle était très agitée le vertige fut intense, il le voyait à mes yeux sur un écran grâce au masque. La rémission aura duré six mois. Recommandations habituelles : porter la minerve durant deux nuits, position semi-assise, ne pas bouger la tête, ne pas lacer ses chaussures en baissant la tête, ne pas aller chez le coiffeur, ne pas aller chez le kiné ni chez le dentiste, ne pas mettre la tête en arrière, ne pas embrasser votre amant (mais non il n'a pas dit ça, tsss!), éviter le stress etc. etc. tout cela pendant une semaine. Mais ces recommandations-là sont mon quotidien, également en dehors des crises. Même quand je sors ma balle du trou au golf, je ne baisse plus la tête!!! et quand je joue seule, je laisse le drapeau dans le trou (chut!) pour ne pas me baisser en le ramassant.

En sortant du cabinet, la pluie bat son plein. Je suis sonnée, encore plus déséquilibrée qu'en arrivant mais c'est normal. Quelle grisaille! Il était midi et quart, je n'avais rien dans le ventre depuis 7 heures du matin, il fallait que je mange un truc avant de refaire une heure de route. Le port de plaisance sous la pluie n'allait pas avoir d'intérêt, sauf celui d'un parking gratuit où il y a toujours de la place. J'y allais donc. J'enlevais ma minerve. Je passais devant Le Tour du Monde mais le ciel était trop plombé pour déjeuner dans ce restaurant qui surplombe la rade, si agréable quand le ciel est dégagé. Je me décidais pour un restaurant au ras de la rade (0_0) où je n'avais jamais mis les pieds. J'étais comme un marin qui arrive au port en quittant son navire, je tanguais vraiment.  L'Admiral's (c'est le nom du restaurant;-)) était complet à l'intérieur et je m'asseyais à une table en terrasse, couverte. C'était l'heure de pointe. Il me fallait quelque nourriture plus consistante que mes habituelles moules/frites et je commandais une pizza Calzone soufflée avec de l'eau... dommage, mais bon, pas question de boire du vin rosé ou blanc pour augmenter le tangage. J'étais au plus près des bateaux, je n'appréciais pas grand chose, je me sentais tristoune. Deux femmes viennent de s'asseoir près de ma table (une dame âgée de mon âge, tsss! avec une jeune fille). Elles ont commandé des moules/frites et la vieille dame les appréciaient vraiment : "elles sont vraiment bonnes" disait-elle toutes les trois minutes. (On radote en vieillissant). Sans tendre l'oreille j'entendais ce qu'elles disaient. La dame était apparemment une grand-tante de la jeune fille; elle vivait dans le coin et la jeune fille à Genève. Elle lui racontait qu'elle était obligée de garer sa voiture en France pour ne pas payer des frais qui m'ont échappés; aux questions de la tante elle répondait qu'elle circulait en vélo dans Genève, que oui il lui arrivait de manger des fruits de mer mais que c'était cher, que tout était cher à Genève. Mais tu as un bon salaire lui dit la "dame".
Bref, je mangeais ma Calzone sans me faire prier et la trouvais aussi bonne que la dame ses moules/frites. La grosse pluie s'était transformée en bruine, le fameux crachin breton et pourtant la lumière devint plus vive au point que je dus mettre mes lunettes de soleil.
Je commandais un café, réglais l'addition et saluais mes voisines en quittant le restaurant. C'était bien du crachin.

Dans ma voiture je remettais ma minerve, décidée à reprendre la route tout de suite sans faire de halte au cimetière.  Arrivée au rond-point, changement de programme, il fallait tout de même que j'aille voir pourquoi la Mairie m'avait appelée au sujet de la plaque en pierre qu'ils devaient retirer (de toutes les concessions) pour la (les) remplacer par du gazon dans l'allée. Ils voulaient savoir si dans la famille quelqu'un souhaitait la récupérer. Personne n'était intéressé, trop lourd à transporter. Je m'étais dit : quelle bonne idée de mettre du gazon, je n'aurai plus cette corvée du brossage de cette pierre qui recevait tous les détritus et boues de cette allée. Je n'avais pas acheté de plante, tant pis.
Je prenais des photos de ce nouveau gazon (il pleuvait toujours).


Sur la pancarte :  Cet espace est entretenu sans pesticides (0_0)
Les vers vont pouvoir boulotter tranquillement. Mmm!




Puis, j'allais mettre à la poubelle le bac piteux de plantes fanées et passais un arrosoir d'eau pour enlever des feuilles agglutinées dans les coins. Promis mes chers disparus, au prochain passage je déposerai des plantes fraîches.
Papa, maman, vous seriez bien tristes si vous saviez que deux de vos filles se déchirent en ce moment. (Je ne leur ai pas dit, je ne voulais pas leur faire de peine. Hum!). Et toi mon aimé, déjà trente ans que les vers te boulottent (*_*)!
Je me demande tout de même si les jardiniers ont une mini-tondeuse spéciale pour faire ces allées très étroites. L'herbe était bien haute.
J'allais ensuite sur la tombe de ma tante parisienne enterrée là avec ses parents : ma grand-mère et mon grand-père maternels, pour voir si là aussi les allées étaient gazonnées; mais non, pas encore...

Cette fois je reprenais la route du retour. J'allumais la radio mais je ne l'écoutais pas. Je regardais souvent mon compteur de vitesse, je levais le pied de temps en temps et parfois j'appuyais à fond sur le champignon pour décrasser le moteur et, me faire plaisir. Il n'y avait personne sur la route, c'était jouissif, elle marche bien ma mimi-cracra, pensais-je. Un moment même je m'imaginais le pied écrasant la pédale, le compte-tours dans le rouge et m'encastrer dans un poids lourd "Long Véhicule" pour que le chauffeur soit indemne. Mais, trop incertain de ne pas me rater! Hé ho! je blague; j'ai encore envie de jouer au golf!

Écrire ici n'est vraiment pas raisonnable : 1) pour ma tendinite 2) pour mes vertiges.
Écrire, pour vivre ou... pour ne pas mourir.

lundi 25 avril 2016

Cours magistral : Séance d'hypnotisme sans magnétiseur*

* Définition de Georges Elgozy dans L'esprit des mots ou l'antidictionnaire.

Conférence (suite)!



Cette conférence  sur l'histoire de ces deux villes ne fut qu'une lecture par le conférencier, sans anecdotes, sans photos interactives sur l'écran. C'était monotone, ardu, ennuyeux et cela a duré plus de deux heures. Pour ne pas m'endormir, au  bout de trente minutes, j'écrivais dans mon carnet mes impressions, du n'importe quoi j'en conviens, captant quelques bribes de mots. Nous partions du XIe siècle.

.  Le Léon et la Cornouaille : les riches dans le Pays du Léon (Brest), les pauvres en celui de Cornouaille (Quimper)...
.  Les Osismes (peuple gaulois)...
.  Les Voies Romaines...
.  Locmaria (Quimper) s'appelait Aquitonia...
. Brest  : Bristocus (mais les avis divergent) au Ve siècle, puis Brest-sur-Chevrette au XIe...
. La capitale était Carhaix  : Vorganium (Rennes : Vorgium)...
Puis nous passions du XIe au XIIIe siècle, dans un cours magistral. Mais nous n'étions pas dans un amphithéâtre. Nous avons tout de même eu le droit à une carte des Voies Romaines en Bretagne, sur l'écran, ainsi qu'un plan de Brest et de Quimper.
. Il faudra 250 ans pour construire la cathédrale de Quimper commencée au XIIIe siècle....
Précisons, je ne notais que des bribes de mots; les notes du conférencier (qu'il lisait d'une voix monotone) étaient très détaillées. Là, nous arrivions à la fin du XVe siècle et en étions à cinquante minutes d'historique. Je sentais déjà ma tête dodeliner. Réagissons rapidement avant de piquer du nez.
. Anne de Bretagne...
. Penmarc'h : fut le plus grand port d'armement d'Europe au XVIe siècle (ça valait le coup de le noter (0_0)).
. XVIIe. Richelieu va faire de Brest un port important.
A la fin de cette première heure mon cerveau n'enregistre plus rien. Le ton est toujours aussi monocorde et rien pour redynamiser le peuple d'auditeurs (peu nombreux).

Au milieu du XVIIIe je tente tout de même de sortir la tête de l'eau pour rentrer dans le sujet et me fixer sur le conférencier. 
(Je lis aujourd'hui la définition de "conférence" : " Au XXe siècle, les conférenciers sont passés du tableau noir, aux diapositives, rétroprojecteur, puis vidéoprojecteur et logiciels spécialisés (ici conférence sur la privatisation des savoirs). Depuis la fin des années 1990, une conférence peut facilement faire intervenir des personnes séparées dans l'espace et dans le temps grâce au téléphone (téléconférence), des enregistrements vidéo ou la visiophonie (visioconférence) ou directement sur Internet via des outils de travail collaboratif).") Ben oui, c'est bien ce que je pensais! Et, même pas de tableau noir pour notre conférencier.

Je regardais la lumière de la pièce  qui soudain sortait de l'ombre, le soleil projetant ses rais ((0_0) je poétise) par la fenêtre en éclairant quelques têtes plus ou moins chevelues. Cette percée fulgurante du soleil me donnait sérieusement envie de me carapater (j'argotise;-)) et d'aller manger une crêpe sucrée Place au Beurre (il était 20 heures). Vlatypa que nous venions d'entrer aussi dans le Siècle des Lumières. Coïncidence!  au moment où le soleil fit son apparition dans notre salle obscure.


Nous étions revenus (ou retournés) à Brest :
. La Penfeld :  Rive droite, Recouvrance, "quartier des ouvrier, des pauvres". Rive gauche, les riches, les bourgeois. La ville de Brest se situe à gauche (je parle du fleuve) d'où le terme de Brest-même pour signifier que l'on habite de ce côté-là. Hum! et avec l'accent, gast! (Je peux plaisanter, j'y suis née...).

La femme devant moi avait enlevé sa veste au début de la conférence et l'avait posée sur ses genoux; elle la remonte maintenant comme une couverture, jusqu'au menton (le Siècle des Lumières ne remplace pas un radiateur). Mes deux voisines de droite semblent s'ennuyer autant, sinon plus que moi (qui m'amuse un peu en prenant ces notes) : l'une baille et l'autre fouille dans son sac en faisant du bruit, puis elle se lève et va prendre une brochure qu'elle se met à lire! Son amie ouvre son journal et ne fait même plus semblant d'écouter le conférencier. L'impatience est perceptible dans la salle. J'entends encore :
. Quimper est touchée par le Siècle des Lumières...
Les auditeurs des deux premiers rangs (j'étais au dernier, avec les ânes et mes deux voisines, mais près de la fenêtre) étaient imperturbables mais je sentais une faible agitation quand on entama le XIXe siècle. Le XXe approchait, tout le monde se réveillait, après deux heures d'écoute.
. La Bataille des Cardinaux  (je relevais la tête, hé hé!), 1759.

 Bataille des Cardinaux (en) Battle of Quiberon Bay


La Bataille de la baie de Quiberon, Nicholas Pocock, 1812. 
National Maritime Museum

Puis on passa à la construction du
. Bagne de Brest (cf. Vidocq). De belle architecture (aujourd'hui disparu) il fut surnommé le "Versailles des bagnes". (Rajout personnel, en faisant mes recherches sur Wikipédia, tout cela commence à vraiment m'intéresser. J'ai le temps de m'attarder et de plus, j'ai des images).
 
Enfin, on arrive à la Révolution, youpi! J'ai mal au popotin sur ma chaise aussi peu rembourrée que icelui.
. Blancs/Bleus, rivalités des officiers.
A ces mots je me redresse vivement en pensant à l'injonction souvent prononcée de mon père : "tiens-toi droite si tu veux te marier avec un officier [de la marine]". Mais en vérité, je m'affessais
"La baisse de la vitalité se répercute dans la spiritualité. Une saignée, une ps., un éreintement affaissent l'âme aussi bien que le corps, elles affectent dynamiquement tout l'homme, dont la force s'écoule comme le gaz d'un aérostat. − Le ressort, l'élasticité, l'entrain sont donc le signe d'un superflu de vitalité, la fleur de la santé joyeuse, ... " H.-F. Amiel, Journal intime,25 janv. 1866, p. 96.

Une dame enfilait sa veste, signifiant ainsi son désir d'être arrivée au terme de cette conférence. J'espérais que quelqu’un donne le La en quittant discrètement la salle  pour la suivre. Il était temps de quitter le port, de larguer les amarres.

Oh! le conférencier vient de regarder sa montre et son débit s'accélère subitement. Le règne de Napoléon va vite être expédié, je le sens :
. Construction de l'abattoir à Quimper (0_0), très intéressant ce que je lis.
Pas besoin d'aller à l'abattoir, je suis laminée : mal au dos, aux fesses et début de migraine.
Je n'ai également écouté que d'une oreille distraite l'histoire des évêques de Quimper et des Diocèses bretons, pourtant capitale.

J'élague, c'est la fin, pas de questions dans la salle.  Même plus envie d'aller manger une crêpe, c'est vendredi soir il y a du monde dehors, sur les terrasses devant la cathédrale, tellement belle. Des pigeons près des Halles font la Java et picorent des miettes de gâteaux secs.



Cette conférence m'aura finalement donné l'envie d'en savoir plus, de faire quelques recherches, des lectures via le Net, ce qui est positif. Faire l'Historique de ces deux villes : Brest et Quimper en deux heures et quart est finalement un exploit, c'est tellement condensé, riche qu'il faudrait y revenir siècle par siècle, un travail de thésard?!?

Complément d'informations sur Wikipédia pour l'Historique de Brest et de Quimper! Ce drapeau de Brest (rajout personnel, on n'en a pas parlé) au XVe (superbe) a peut-être inspiré  Mondrian voire  Malevitch ?








mercredi 30 mars 2016

"L'absence favorise l'idéalisation"

 Souviens-toi Barbara, 
Il pleuvait sur Brest ce jour-là.

Photos, hier...

 Le ciel était bien gris...


 Mais j'étais en...


... après le passage de... 

... l'aspirateur dans mon oreille complètement bouchée. Grand ménage... de printemps!
Passons aux choses sérieuses, les vertiges :
Manœuvres avec le masque.
- Il ne se passe rien, tout va bien, pas de vertiges dit-il. Vous ne ressentez rien n'est-ce pas?
Euh! non.
- Je suis content dit-il. (Il paraissait sincère). 
Et moi donc. 
Il faut continuer le traitement pour "votre" Menière.
Trois mois et demi sans vertiges, c'est une première depuis trois ans. Mais alors, pensais-je intérieurement, cette sensation vertigineuse que je ressens depuis trois semaines, si elle ne vient pas de mon oreille interne, d'où vient-elle? Je ne lui posais pas la question.  Si il n'y avait plus (pour le moment) de cristaux qui se déplacent, était-ce un problème de cristallisation? Tsss! 
Comme disait Françoise Hardy, "L'absence favorise l'idéalisation". Vu le documentaire qui lui était consacré avant-hier soir. Je suis complètement fan, une vraie midinette! "Elle sera toujours belle et, elle, n'a pas été refaite, ni par moi ni par la chirurgie" (dixit Jacques Dutronc). Dur de vieillir tout de même, et la maladie ça n'aide pas. Un joli documentaire. J'adorais son look des années 60/70, style Courrèges, que je copiais, ah ah! enfin, on peut rêver. On peut copier les vêtements mais pas ce beau visage (et quand elle rit, elle est encore plus belle) :







 L'amitié, 1965 

vendredi 28 août 2015

La belle promeneuse solitaire

Définition du mot Désespérance :
État d'une âme qui a perdu l'espérance. "Dans cet état de désespérance il ne tenait plus à la vie".

J'étais dans cet état mercredi en sortant de ma consultation ORL. L'autre oreille était maintenant, aussi, atteinte. J'apprenais qu'il y avait 3 canaux dans chaque oreille qui pouvaient perturber l'équilibre en se bouchant lorsque les cristaux se déplacent. Je sentais qu'il ne savait plus comment tenter de me rassurer, seulement me faire comprendre que je devais ACCEPTER de vivre avec ça : moments de rémission puis crises de vertiges.
Pendant qu'il "curait" et aspirait mes oreilles je regardais son étagère de tintinophile. Je lui avais apporté un petit cadeau, à cet instant, je n'étais pas sûre d'oser le lui remettre. L’apprécierait-il? Le trouverait-il incongru? Puéril? 
Puis nous sommes passés dans la pièce aux tests (je commence à radoter avec ça, c'est toujours le même protocole) : masque et manœuvre libératoire de Sémont, la sienne. Plus efficace, pour mon cas, que celle d'Eplay que la kiné m'avait faite 8 jours plus tôt et qui s'était avérée insuffisante, même si amélioration. Il est perplexe car il n'y a plus de vertige à gauche (ce qui était habituel) mais à droite, léger. Le vertige ne passe pas, il reste des séquelles. 
Nous repassons dans son bureau, explications scientifiques, trop pointues pour moi. Les cristaux ont changé de canal. Il va falloir changer le processus. Faire pendant une semaine, toute seule chez moi, le "barbecue" deux fois par jour. Je connais, je l'ai fait, souvent sans résultat. Mais allons-zi allons-zo! Il me propose un rendez-vous dans huit jours et si tout va bien de l'appeler pour l'annuler. Ben oui, faire une heure de route pour le voir, toute de même, si je peux m'abstenir hein...
Je l'écoute, religieusement, je voudrais le croire, je voudrais même qu'il me mente mais il ne ment pas et insiste au contraire pour me dire que ça ne guérira plus. Après les cristaux qui se déplacent il y a aussi les osselets qui, comme le reste, vieillissent et se pulvérisent (0_0), et il me montre une photo de gros cailloux, des lisses comme des galets et d'autres bien cabossés; pas besoin d'explications supplémentaires. Pfff! Tout devient fragile chez moi. Je ne lui dis pas ma désespérance. Au contraire, avec un sourire je luis dis en regardant son étagère :
-  une question indiscrète; vous êtes tintinophile? 
- Et il éclate d'un rire presque coupable et me répond : oui! 
- J'ose alors en riant à mon tour : je vous ai apporté un cadeau et je lui tends la pochette.
- (silence) il sort l'objet et me dit : Oh merci! c'est vraiment trop gentil. Là je vois qu'il est content, vraiment.
Il sort l'objet de sa boîte et va le placer tout de suite sur son étagère, avec les autres figurines de Tintin.
- C'est une scène de l'album L'Oreille cassée. C'est parfait dans votre bureau. Je n'ai pas trouvé le fétiche Arumbaya avec l'oreille cassée lui dis-je. (Je mentais, j'aurai pu l'acheter sur Internet mais je n'allais tout de même pas lui faire un cadeau de 165 euros!). Et puis cette figurine de Tintin dans son fauteuil avec Milou dormant à ses pieds est reposante. 


Je sortais de son cabinet à 15 heures. J'avais faim, je n'avais rien dans le ventre depuis mon petit déjeuner à 8 heures. J'avais prévu d'aller manger des crêpes dans un petit port que je ne connaissais pas et qui était sur ma route du retour; j'avais regardé sur Internet, il faisait le service continu.
Je passais aussi devant la maison de mon enfance, c'était plus fort moi, puis du coup j'étais à deux pas du cimetière; je n'avais pas prévu de m'y arrêter mais c'était une évidence, je devais le faire. Le tombe n'était pas trop sale; je mis à la poubelle un plant mort. Je n'avais rien acheté pour le remplacer. Tant pis, je savais qu'ils s'en fichaient ceux qui étaient dans la tombe, qu'ils auraient été contents de me voir... s'ils avaient été en vie. Tsss! J'allais chercher deux arrosoirs que je remplissais d'eau et les déversais sur la tombe, pour pousser les feuilles mortes. La dalle en ciment au pied de la tombe était encombrées de feuilles et de mauvaises herbes qui poussaient entre les interstices. Je n'avais rien pour les arracher. Et puis, je devais faire attention à ne pas baisser la tête, j'étais secouée après la manœuvre de l'ORL, je devais être prudente. Je prévoirais de quoi nettoyer cette dalle une prochaine fois.
Je commençais à avoir mal à l'estomac, il fallait que je mange.
Dans ma voiture je branche mon GPS pour me guider vers ce petit port à Plougastel. Une trouvaille tout de même le GPS. J'étais partie à midi et demie de Quimper sous des trombes d'eau et j'arrivais sous le soleil. Merveille! Vite une table, la carte, la crêpe. 
Sujet de bac philo : la désespérance empêche-t-elle de vivre? 
Je n'ai plus envie de vivre mais je suis toujours capable de savourer quelques moments de vie... comme celui-là.


(Cliquer pour lire et agrandir)

"Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire; 
elles le submergent quelquefois, 
mais sans elles il ne pourrait voguer."
Voltaire




En attendant ma crêpe andouille de Guéméné-œuf miroir, verre de cidre


Mon Dieu qu'elle est bonne cette crêpe. On ne devrait manger que quand on a faim, c'est tellement plus jouissif. Je n'ai pas pris de crêpe dessert au froment mais une deuxième crêpe de blé noir andouille-oeuf miroir (trop bonne). Une femme, très belle, est venue s'asseoir près de ma table pour manger une glace; c'est vrai qu'à cette heure-là se bâfrer de crêpes, c'est bizarre. Je la regardais discrètement et lui trouvais grand charme. Son visage était beau, son allure, ses geste étaient élégants. Elle avait des chaussures de marche; c"était le genre de femme que rien ne pouvait enlaidir. Quand elle a passé sa commande de glace, elle avait du mal à comprendre; à son accent elle était allemande. Nous nous sommes souris, j'enviais sa grâce. Sûr, ELLE N’ÉTAIT PAS TRANSPARENTE, elle. Elle ne s'est pas attardée, je me régalais autant des crêpes que de ce que j'avais sous les yeux.
Puis, je réglais ma note. Comment se fait-il que mon père ne m'aie jamais emmené dans ce havre de paix à dix minutes de Brest, lui qui aimait tant venir au Pont de Plougastel et au Passage le dimanche avec moi? 
Je fis le tour du port, allai jusqu'à la digue voir les pêcheurs, la vue était belle, on apercevait les rives de Logona en face. Un baigneuse courageuse sortait de l'eau, il ne faisait pas très chaud malgré le soleil; son compagnon, moins téméraire, l'attendait sur les rochers.  Je croisais la belle allemande et la photographiais rapidement de dos. Elle magnifiait le paysage. J'exagère? Peut-être que je l'auréolais d'une beauté visible que pour moi, parce que c'était une promeneuse solitaire.




 Gréement Le Général Leclerc à gauche sur la photo


Vendredi 28 août.

Noir c'est noir.



dimanche 27 juillet 2014

Une "menière" de vivre...

Longtemps j'ai vécu seule, souvent avec mélancolie, parfois avec une certaine joie de vivre cette indépendance, cette liberté.
Aujourd'hui je vis avec un sale type, un méchant compagnon : Prosper Menière. Il bousille ma vie. 
Toujours j'ai souhaité que ma vie ne se prolonge pas trop longtemps mais aujourd'hui je voudrai qu'elle s'arrête.

Le spécialiste (réputé) que j'ai consulté l'année dernière à la même époque, je l'ai revu jeudi, mes crises de vertiges étant de plus en plus rapprochées. Cette fois il a bien diagnostiqué : maladie de Menière et, comme si ça ne suffisait pas, associée aux vertiges positionnels "qui sont deux choses différentes" a-t-il précisé en poursuivant : "Menière, on n'en guérit pas. On vit avec. On essaie de gérer." On n'en meurt pas, malheureusement, sauf si... je... n'en peux plus...

Alors, me voilà obligée d'ingurgiter quatre molécules différentes, trois fois par jour, plus un morceau de la fameuse barrette, le soir. Quant aux effets secondaires de cette batterie de médicaments, le spécialiste évite d'en parler, la liste est si longue.  Ce qu'il n'a pas arrêté de m'asséner c'est : Menière ON-N'EN-GUERIT-PAS! Ce n'est pourtant pas l'avis du Professeur Chays : (écouter à partir de la minute 46:30).

De plus, suppression du sel, du café, du vin (il ne me l'a pas dit mais ça c'est déjà fait depuis la dernière crise il y a un mois). Une vie sans sel, sans petit noir c'est tout vu pour moi pour voir la vie en noir. De toute façon avec toutes ces molécules je vais être atone et stone alors franchement, vivre comme une morte-vivante, très peu pour moi. Et, évidemment, plus de projets d'aucunes sortes, Menière entre sans prévenir et sans frapper à la porte au moment où tout semble aller mieux... et, chaque nouvelle crise ne sera JAMAIS la dernière. Quel compagnon insupportable!

Après la manipulation de jeudi, je m'applique à suivre les recommandations (sauf que j'ai repris le volant sans me faire conduire... et je ne me rase pas sous le menton (0_0))... je me tiens droite comme un piquet avec ma minerve mais dès que je l'enlève j'oublie. "Dormez avec, sur le dos, en position relevée à 45°" m'a-t-il dit! Porter une minerve au lit, j'ai déjà l'impression d'être dans la boîte en sapin! D'ailleurs il est temps que je pense à l'urne...


Après la consultation, moral en berne, un peu (même beaucoup) de glycérine aux mirettes (expression de mon bien-aimé), je suis allée pour m'apaiser boire un thé au port de plaisance. A l'ombre et en lisant Rachel et autres grâces de Emmanuel Berl, je retrouvais un soupçon de bien-être. Je levais le nez de temps en temps et contemplais cette plage près de laquelle dans ma jeunesse nous venions dans un bar - qui n'existe plus - jouer au bowling.



Je décidais alors d'aller faire une petite promenade jusqu'au bout du quai et sur la jetée. 



Il faisait chaud, très chaud. Je n'avais pas envie de rentrer tout de suite et de faire une heure de route. Je décidai de rester dîner au Tour du Monde. La terrasse était pleine et très animée, le serveur me trouva une table à l'ombre. J'étais seule, vieille parmi la foule, la jeunesse. Le poisson était bon; avec un doigt de vin blanc il eut été très bon; avec de l'eau pétillante, y a que dans le verre que ça pétillait, pas dans mon sang. La lumière du soir sur les bateaux et le Pont de Plougastel était exceptionnelle, mon enthousiasme de contemplative était intact, le soleil descendait du ciel comme un ange... L'instant occulta mes idées noires qui devinrent saumonées, comme le ciel.




Cependant je repris le chemin du retour alors qu'il faisait encore jour, avec les mêmes angoisses et l'idée insupportable que ce sale compagnon ne me lâcherait plus. J'arrivais chez moi dans la nuit; le Festival de Cornouaille battait son plein.

J'ai décidé de suivre le traitement prescrit pour six mois pendant un mois et voir si mon système digestif, ma tête tiennent le coup, si je ne deviens pas un zombie.

Dans un mois... le sort en sera jeté!

D'ici là, je n'écrirai pas ici, l'écran ne faisant qu'augmenter la fatigue, voire quelques symptômes.  Une déconnexion n'est pas superflue.

mercredi 24 juillet 2013

Je ne savais pas alors ce qu'était le bonheur...

Lundi 22 juillet.

RDV à Brest à 14 h 30 : tests vertiges puis consultation ORL. Arrivée avec un quart d'heure de retard, j'avais pourtant pris de l'avance. Mon GPS est nul, il n'a pas tenu compte du nouveau tramway qui empêche la circulation dans les artères principales. Nul nul nul! Arrivée stressée mais personnel de l'hôpital compréhensif. Je venais de loin pour cette consultation. Toubib épatant.
Je passe...
J'en sors trois heures plus tard après avoir bien macéré dans mes vêtements, chaleur étouffante à l'hôpital. 
Besoin urgent de prendre l'air, de sentir l'air, de le respirer. J'avais à peine déjeuné, j'avais faim et soif. Je reprends la voiture, je traverse la ville, je passe devant la maison de mon enfance, je vais au Tour du Monde. J'avais envie d'une glace pleine chantilly, ils n'en font pas. Ils me proposent un Magnum. Je dis OK et vais m'installer là, pour le déguster. Bonheur de l'instant.



Je suis bien, pas envie de décoller. J'aperçois le Pont de Plougastel à travers les mâts des bateaux à droite; il me vient une idée. Au lieu de rentrer directement à Quimper, je vais prendre la bretelle après le Pont pour aller au Passage, là où tu m'emmenais papa quand j'avais entre 10 et 15 ans. En y pensant j'en gardais un souvenir un peu flou. Quelle bonne idée! me dis-je.  J'ai fini mon Magnum; j'ai réussi à le manger sans que ça dégouline.  Je regarde le port de plaisance, tout est si calme à cette heure, l'air est vivifiant, la chaleur supportable; je ne suis pas pressée de reprendre la route. Le cimetière est à deux pas; j'y fais un arrêt pour arroser les plantes que nous avions déposées, avec ma soeur,  début juillet, avant la canicule. Je m'attendais à la  catastrophe; pas besoin de les arroser, elles étaient mortes. Hop! à la poubelle. Salut mes chers disparus...

Oui, c'est décidé je vais m'arrêter au Passage. A la sortie par la bretelle il y a un rond-point qui bien sûr n'existait pas. Tout change... mais Le Passage est bien indiqué et le chemin  pour y arriver est toujours aussi pentu et fleuri. J'avais peur de cette descente en voiture avec toi papa, peur que les freins lâchent mais j'appréhendais encore plus la remontée, peur que ta voiture n'y arrive pas; il fallait pousser le moteur. J'imaginais que tu calais et que tu ne pouvais plus remonter la côte. J'ai un peu gardé cette phobie quand je conduis sur des chemins ou des petites routes étroites très pentus;

J'arrive, la petite chapelle Saint Languis est toujours là.




J'ai le coeur qui bat. Je suis excitée et sereine. Rien n'a changé. Ô papa, tu es là près de moi.
Rien de surfait, ni de superficiel ici; même pas un bistrot pour se désaltérer, tant mieux. Dans la petite anse, quelques baigneurs, il est 19 heures, la mer est haute, calme comme un lac. 



Quelques pêcheurs... La belle villa existait déjà. L'école d'aviron aussi. 





Tu venais le dimanche laver ta voiture ici; je t'aidais; je ne savais pas alors ce qu'était le bonheur : c'était cela. La vue sur le Pont de Plougastel est belle; le pont est maintenant "doublé" avec le Pont de l'Iroise et, vu d'ici c'est très beau, les haubans ne déparent pas avec les arches, c'est harmonieux. Il y a de la brume de ce côté-là et je prends les photos en contrejour. 



Il faudrait savoir raconter, décrire, écrire tout cela : simplicité, authenticité, beauté. Je souris, je suis là, seule avec mes souvenirs et c'est magnifique. La petite fille sur cette photo n'oubliera jamais j'en suis sûre cet instant avec son père.


Je suis restée quarante cinq minutes à regarder la mer, c’eût été un beau moment pour mourir. Mais il fallait rentrer. Au retour j'étais emplie de ce passé et enveloppée d'un bien-être que je n'avais ressenti depuis longtemps. Je n'allumais pas la radio, la musique était intérieure.