J'écoutais samedi Carnet nomade, Notes d'un jour, et ces quelques mots d'introduction à l'émission :
"Au moins autant, si ce n’est plus qu’écrire, lire est un acte de vie privée.
Seul avec un livre*. Nous allons peut-être nous retrouver dans ces pages écrites par un autre. Notre propre vie, que nous connaissons si mal dans son désordre, soudain nous croyons la comprendre.
Une fiction nous en apprend davantage sur nous-mêmes que la réalité. Nous créons un rapport tout à fait personnel avec les écrivains du passé que nous aimons. Nous ne les verrons jamais mais nous les chérissons, même si des années voire des siècles nous séparent d’eux. Ils nous sont plus proches que des membres de notre famille ou des gens que nous pensons aimer. Ils peuvent devenir notre seule consolation.
"Il y a toujours eu un Tchekhov au grand moment d’une littérature, quelqu’un qui renonce au roman et à toute forme de représentation et d’interprétation explicite de son époque, pour toucher jusqu’au fond les âmes isolées des vaincus de son temps, isolées par le désarroi, par la tempête."".
Roger Nimier, in Le Palais des livres, éditions Gallimard.
Oui, la lecture est un acte intime, entre soi et l'auteur. J'ai souvent évoqué ce sujet dans ce blog :
"Parler d'un livre est un acte très intime, c'est se dévoiler en parlant de ce qui nous touche, tout comme offrir un livre que l'on aime c'est déjà dire à l'autre : prends-le, c'est un peu de moi que je te livre."
"Il n'y a rien de plus excitant, de plus troublant, je pourrai même dire de plus intime que de rentrer dans un livre et de se retrouver en tête à tête avec un auteur que vous aimez, le temps de la lecture. C'est simplement exquis."
"La lecture acte de communication c'est encore une jolie blague; ce que nous lisons, nous le taisons. Le plaisir du livre lu, nous le gardons le plus souvent au secret de notre jalousie, soit parce que nous n'y voyons pas matière à discours, soit parce que, avant d'en pouvoir dire un mot, il nous faut laisser le temps faire son délicieux travail de distillation."
Daniel Pennac.
"La lecture à l'inverse d'Internet, où tout est mis à disposition immédiatement, demande de la patience. Lire est un acte solitaire à un moment où tout le monde rêve d'appartenir à une communauté de réseau. C'est un acte égotiste et secret, difficilement partageable. Quand on parle d'un film entre amis, on est souvent d'accord sur les scènes essentielles. C'est moins souvent le cas pour la littérature, où chacun privilégie un ton ou un passage selon un attachement ou un tropisme personnel. Parler d'un livre, beaucoup plus que parler d'un film, met à nu."Eric Vigne, directeur du secteur essai chez Gallimard.
*Je revois cette superbe photo de Willy Ronis, hors sujet, qu'importe. Plaisir de lire peut être aussi plaisir des yeux.
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mardi 1 mars 2011
mercredi 28 avril 2010
Quelques réflexions à bâtons rompus
En faisant une recherche sur Rodin, j'ai découvert ce livre de Philippe Sollers sur les Dessins érotiques de Rodin.
Qu'y a-t-il sur vos murs?
"Presque rien. Un dessin de Rodin, un petit nu ; un magnifique rouleau que j’ai trouvé dans un coin à Pékin - de la calligraphie. Elle représente mon idéal, le paysage avec l’écriture, le tableau en même temps que le poème. C’est magnifique de ne pas accepter la dislocation entre d’un côté ce qu’il y a à voir et de l’autre ce qu’il y a à dire. C’est la même chose."
Je redécouvrais également lors de cette recherche les dessins de Matisse et leur correspondance chez Rodin, que ce soit dans les sculptures ou les dessins, la comparaison ne laisse de surprendre. Les artistes ont souvent été inspirés par des maîtres; je retrouve aussi le dessin ci-dessous de François Matton, un contemporain, qui, par le mouvement, autorise également la comparaison, le rapprochement.
Rodin, Femme nue aux longs cheveux renversée en arrière, vers 1900
Matisse, Grand Acrobate, pinceau et encre de chine. 1952.
J'aime quand dans l'érotisme d'un tableau, d'une photo, la lecture vient s'insérer; cela donne une spiritualité sensuelle à laquelle je suis très sensible.
Antoine Wiertz, La liseuse de romans, huile sur toile. 1853. 
Willy Ronis, Estelle, Paris. 1999
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vendredi 9 avril 2010
Cinquième jour
Lundi 29 mars.
Je suis restée dans "mon" quartier. Impression de redevenir parisienne = revivre. Paris m'envoie des ondes positives, je ne l'explique pas. Si, peut-être en regardant cette photo.
Je suis restée dans "mon" quartier. Impression de redevenir parisienne = revivre. Paris m'envoie des ondes positives, je ne l'explique pas. Si, peut-être en regardant cette photo.

Willy Ronis
(Et pourtant je ne supporterai plus d'y vivre, longtemps. Enfin, je n'en sais rien. Enfin si, je sais. Je sais que maintenant ma vie est ici, en province, voire en provinciale (quel mot horrible) je sais que je ne vivrai jamais en provinciale. Quand on a vécu trente ans à Paris on garde toute sa vie cette empreinte même au regard des autres et d'ailleurs j'y tiens).
Donc, balade vers Beaubourg, Centre Pompidou, la queue pour Lucian Freud, je me contenterai du catalogue feuilleté hier à L'écume des pages. Je m'arrête devant une affiche qui présente un fauteuil design extraordinaire (fait de papier en provenance d'une déchiqueteuse!). Je rentre dans la galerie pour voir l'expo sans savoir que je suis au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Titre de l'expo : LE BONHEUR EST DANS LE DESIGN! La collection du Grand-Hornu 26 mars/14 juin 2010.
Donc, balade vers Beaubourg, Centre Pompidou, la queue pour Lucian Freud, je me contenterai du catalogue feuilleté hier à L'écume des pages. Je m'arrête devant une affiche qui présente un fauteuil design extraordinaire (fait de papier en provenance d'une déchiqueteuse!). Je rentre dans la galerie pour voir l'expo sans savoir que je suis au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Titre de l'expo : LE BONHEUR EST DANS LE DESIGN! La collection du Grand-Hornu 26 mars/14 juin 2010.
Je suis ravie de ma découverte. Ci-dessous :
Rag Chair, Tejo Remy
Thinking Man's Chair, Jasper Morrison
"Devenue une référence internationale en matière d'expositions liées au design, Grand-Hornu Images est fréquemment sollicitée pour des travaux d'expertise, des co-productions, avec des organismes prestigieux tels que le Design Museum à Londres, la Fondation Cartier à Paris, le MUDAM (Musée Grand-Duc Jean) à Luxembourg... des publications à diffusion internationales etc."
Mais je retiens surtout de cette journée, ma soirée de retrouvailles avec mes petites chéries à Odéon. Il en manquait une mais je me promets de la voir bientôt! Quand je les regarde c'est moi que je revois... quarante ans plus tôt, remplie d'espérance dans la vie qui allait s'offrir et qu'il allait falloir conquérir. Je n'ai pas été déçue, sans être épargnée pourtant, j'ai beaucoup reçu et, donné. Je ne me fais pas de souci sur leur devenir.
Mais je retiens surtout de cette journée, ma soirée de retrouvailles avec mes petites chéries à Odéon. Il en manquait une mais je me promets de la voir bientôt! Quand je les regarde c'est moi que je revois... quarante ans plus tôt, remplie d'espérance dans la vie qui allait s'offrir et qu'il allait falloir conquérir. Je n'ai pas été déçue, sans être épargnée pourtant, j'ai beaucoup reçu et, donné. Je ne me fais pas de souci sur leur devenir.
jeudi 25 février 2010
303 ème
Je m'étais imposée de m'arrêter d'écrire ici au 300 ème, je n'ai jamais été une femme de parole et je pense si souvent le contraire de ce que je dis, surtout en amour : quand je leur dis non je veux qu'ils entendent oui, mais parfois, tout de même, je dis la vérité : je n'ai jamais menti quand je leur disais je t'aime.
Aujourd'hui j'ai envie de mettre tout ce qui est sérieux dans une poubelle, d'oublier un peu mon intellect avide de connaissances, ne serait-ce que 24 heures, et de rire, d'éclater de rire, d'avoir un fou-rire, d'être con, con et belle à la fois, juste une heure, une heure simplement (merci Brel). Envie de cela, en vrai, pas à travers mon écran. Mais cela est impossible même s'il m'arrive encore - heureusement - de rire toute seule, de rire aux anges comme ce Petit parisien de Willy Ronis, le rire du bonheur de vivre; le rire le plus merveilleux est celui qui est partagé, celui qui nous fait presque oublier ce que nous sommes, tant il est imprévisible voire complètement débile mais déclenché par une complicité profondément intime avec la personne avec qui nous rions. J'ai envie d'un rire sans raison dans la déraison. Ô mon dieu que j'ai envie de ce rire-là.
Tout cela pour seulement dire : j'ai envie d'être à deux.
Et ce soir je vais voir A Single Man* de Tom Ford. Pfff! Pour le rire je repasserai... On ne se refait pas.
"Magnifique ode à l'amour, à la vie, à la mort et aux souvenirs. A Single Man est un portrait à hauteur d'homme, livré par un protagoniste inoubliable et doté d'une réalisation étonnamment fluide et efficace. Facilement un des meilleurs films américians de l'année."
Martin Gignac, le cinema.ca.
23 h. Je rentre du cinéma. L'amour et son chagrin, la mort, la solitude, ce film avait tout pour me plaire, je le savais. Comme d'habitude je lis quelques critiques après l'avoir vu : Le Monde, Télérama, le Nouvel Obs et je me dis, heureusement que je ne les avais pas lues avant. Trop d'esthétisme se plaignent-ils. J'ai savouré cet esthétisme, la beauté des comédiens aussi. On peut être beau et expressif. Je pense que les machos détesteront et je déteste les machos. Critique excellente des Inroks. C'est aussi un film sur la tendresse. Et la tendresse, bordel, qu'est-ce c'est bon. Je danserai bien un slow avec A single man!
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Willy Ronis
samedi 12 septembre 2009
Willy Ronis
Willy Ronis
N. O. - Qu'est-ce qu'un beau nu pour vous?W. Ronis. - C'est difficile à dire parce que, dans la prise de vue, il y a une grande part d'instinct. J'ai eu de la chance, je ne suis jamais tombé sur des modèles qui me désespéraient, dont je ne tirais rien. J'ai toujours trouvé des jeunes filles, des jeunes femmes qui étaient à leur aise avec moi, qui se laissaient photographier pour le plaisir, certaines dans l'espoir d'avoir une ou deux photographies d'elles, que je leur donnais, bien entendu. La beauté du corps féminin m'a toujours impressionné. Dans un beau nu, le corps se suffit.
Willy Ronis vient de mourir à 99 ans! Cela fait vingt ans aujourd'hui que maman est morte; j'avais oublié la date. Pas besoin de date pour la commémorer, mes pensées suffisent.
Difficile de faire un choix parmi ses photos éblouissantes.
J'aime aussi beaucoup le "Petit Parisien" à la baguette.
J'ai choisi ce nu parce qu'il est très beau et éveille mon imaginaire : elle lit nue. Pose-t-elle son livre pour mieux savourer le passage qu'elle vient de lire? Ou pense-t-elle à son amant qui vient de la quitter et n'arrive-t-elle plus à se concentrer sur sa lecture?
Lire aussi Willy Ronis et Sollers.
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