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vendredi 14 avril 2017

"Lisez d'abord les meilleurs livres, de peur de ne les lire jamais." H.D. Thoreau





LETTRE X

Concord, 21 juillet 1852

M. Blake,
Je vais trop stupidement bien ces jours-ci pour vous écrire. Ma vie est presque totalement extérieure, toute de coquille, sans tendre amande, si bien que je crains fort que le récit que je pourrais vous en faire ne soit pour vous qu'une noix à croquer, sans la moindre chair à vous mettre sous la dent. Qui plus est, vous ne m'accaparez pas du tout, et je goûte une telle liberté en vous écrivant que je me sens aussi impalpable que l'air. Je me réjouis toutefois d'apprendre que vous avez patiemment accordé votre attention à tout ce que j'ai dit jusqu'à aujourd'hui, et que vous avez décelé quelques vérités. Cela m'encourage à vous en dire davantage - pas dans cette lettre, je le crains, mais dans un livre que je pourrais bien écrire un jour. Je suis heureux d'apprendre que je suis aussi important pour un mortel que l'est un épouvantail opiniâtre pour un fermier - de fait, je suis une gerbe de paille dans des habits d'homme, agrémenté de quelques morceaux d'étain étincelants au soleil. Comme si je travaillais dur dans ce champ ! Mais si ce genre de vie suffit à préserver le maïs d'un homme, eh bien, celui-ci à tout à y gagner. Je ne redouterai pas vos éloges tant que vous saurez bien ce que je suis, d'une part, et ce que je pense ou entends être, d'autre part. Et surtout tant que vous ferez la distinction entre les deux, car il arrive immanquablement qu'en louant le second, vous condamniez le premier.
[...]

H.D.T.


LETTRE XI

 [Concord, septembre 1852]

M. Blake,
Voici les considérations que je vous ai promises. Vous pouvez les garder, si cela vous intéresse, et les tenir pour des fragments épars de ce que je finirai peut-être par considérer comme un essai plus complet lorsque je me replongerai dans mon journal.
Je vous envoie ces pensées sur la chasteté et sur la sensualité non sans une certaine défiance et une certaine honte, ne sachant si je m'adresse à la condition humaine en général ou si je trahis mes défauts particuliers. Je vous prie de m'éclairer sur ce point si cela vous est possible.

Henry D. Thoreau

DE L'AMOUR

Personne n'a jamais répondu de façon satisfaisante à la question de la nature de cette différence essentielle entre l'homme et la femme qui fait qu'ils sont attirés l'un vers l'autre. Nous devons sans doute reconnaître la justesse du distinguo qui assigne à l'homme la sphère de la sagesse et à la femme celle de l'amour, mais il n'en demeure pas moins qu'aucun des deux n'appartient de façon exclusive à l'une ou l'autre. L'homme dit sans cesse à la femme : Pourquoi ne te montres-tu pas plus sage? La femme demande sans cesse à l'homme : Pourquoi ne te montres-tu pas plus aimant? Il ne leur appartient pas de décider d'être sage ou aimant, car à moins d'être à la fois sage et aimant, il ne peut y avoir ni sagesse ni amour.
La bonté transcendante est une, bien qu'appréhendée de différentes façons, ou par des sens différents. Nous la voyons dans la beauté, nous l'entendons dans la musique, nous la sentons dans le parfum, un palais fin la goûte dans la saveur, et le corps tout entier la ressent dans cette chose rare qu'est la santé.
[...]
[...]

DE LA CHASTETÉ ET DE LA SENSUALITÉ

Le sexe est un sujet remarquable car, bien que nous soyons très concernés par ses manifestations, tant directement qu'indirectement et que, tôt ou tard, il occupe les pensées de chacun, l'humanité tout entière, pour ainsi dire, s'entend à garder le silence à son sujet. C'est, du moins, le plus souvent le cas entre les deux sexes. L'une des caractéristiques humaines les plus intéressantes se trouve plus occultée qu'aucun autre mystère. Elle est traitée avec un goût du secret et une crainte respectueuse qui, de toute évidence, ne conviendraient pas même à une religion, quelle qu'elle soit. Je crois qu'il est inhabituel, même pour les amis les plus intimes, de parler des plaisirs et des angoisses qui vont de pair avec la sensualité, autant que d'ébruiter l'aspect physique de l'amour, ses tenants et ses aboutissants. Les Shakers n'exagèrent pas plus dans leur façon d'en parler que le reste de l'humanité dans sa façon de le passer sous silence. Non pas que les hommes devraient en parler, pas plus que de n'importe quel autre sujet d'ailleurs, sans rien avoir de valable à dire, mais il est manifeste que l'éducation de l'homme vient à peine de commencer - il y a si peu de communication réciproque digne de ce nom.
Dans une société pure, on n'éviterait pas aussi souvent d'aborder le sujet de l'acte sexuel. On l'occulte plus ou moins, davantage par honte que par respect, ou on se contente de l'effleurer. Mais si on le traitait naturellement et simplement, peut-être éviterait-on d'en parler comme d'une chose mystérieuse. Si la honte nous empêche de l'évoquer comment peut-on passer à l'acte? Malgré les apparences, il y entre sans aucun doute bien plus de pureté que d'impureté.
[...]
[...]
Quand il y a impureté, c'est que sans le savoir, nous nous sommes "abaissés pour nous rencontrer".
[...]

Henry David Thoreau, in "Je suis simplement ce que je suis" Lettres à Harrison G.O. Blake, éditions finitude, 2007.


"Plus que jamais, je trouve qu'il n'y a rien à gagner à entretenir un commerce régulier avec les hommes. Cela revient à semer le vent, sans même récolter la tempête, rien qu'un calme et une inertie dépourvus d'intérêt. Nos conversations ne sont qu'interminables spéculations creuses et polies. [...) Tout cela serait plus respectable si, comme on l'a déjà dit, les hommes étaient des Géants du Désespoir, et non des Pygmées désespérés."
4e de couverture.

"Correspondance philosophique? Traité épistolaire? Un peu de tout cela. A la manière des sages de l'Antiquité s'adressant à leur disciple. Ces lettre qui s'échelonnent sur treize ans, constituent un prolongement précieux et inédit à Walden et à La Désobéissance civile, puisque c'est une pensée in progress qui s'y exprime en toute liberté. Elles sont aussi le pendant dynamique de l'immense Journal que Henry David Thoreau (1817-1862) rédigea tout au long de sa vie, sur les conseils d'Emerson. [...]"
Thierry Gillyboeuf (traducteur de l'ouvrage).
 
"Depuis l’adolescence, je suis fermement convaincu que Thoreau est mon allié, mon garde-frontières qui me défend contre les bêtises dont je suis capable, contre l’intempérance absurde de mon caractère qui me pousse à enfourcher le cheval de la vie sans selle ni bride. La leçon essentielle que nous apprend Thoreau consiste à simplifier notre vie, à dire non d’une voix de stentor, et à ignorer les mille âneries qu’on tente de nous imposer."
Jim Harrison : Thoreau, mon allié, mon garde-frontières.


Citation commémorative de Thoreau à Library Way de New York




dimanche 27 mars 2016

***

Jim Harrison (11 décembre 1937 - 26 mars 2016) est mort hier.
Big Jim...

Eat or die...

mardi 6 novembre 2012

"Montrez-moi une seule blessure sur terre guérie par l'amour"

9 h.
J'ouvre ma boîte mail. Rien, que des indésirables.
Ah si, la médiathèque m'avertit que c'est le dernier jour pour rendre les livres empruntés : Lettres à Louise Colet de Flaubert et L'usage de la photo de Annie Ernaux (et Marc Marie). Pas aimé du tout ce dernier; j'ai failli ne pas le terminer, j'ai voulu aller jusqu'au bout de ce livre écrit "à quatre mains". J'aime pourtant cet écrivain et tout ce que j'ai lu d'elle. Après lecture, j'ai lu quelques avis sur la Toile, tous positifs. Tant pis -ou tant mieux - je maintiens ma déception.
Par la fenêtre, un désirable : le ciel bleu.
Petit déj. Pas envie d'écouter les infos. Le silence.

10 h.
Les NCC, je prends quelques notes, on y parle justement du silence, de la solitude avec une analyse des textes de Thoreau. C'est passionnant, j'y reviendrai...

11 h.
Le ciel toujours aussi bleu, pas un nuage. Ce serait bien d'aller au golf à l'heure du déjeuner, il n'y aura personne. La pause déjeuner est sacrée en province; je suis restée parisienne. Allez, j'enfile un pull à col roulé, il ne fait que 10° et j'y vais.

11 h 45.
Personne au départ, personne à l'horizon. Le pied. Les fairways sont humides mais pas détrempés, les greens ne sont pas interdits donc pas gelés. Je porte mon sac avec seulement trois clubs et un putter. Après neuf trous j'enlève un pull, la marche, le soleil m'ont bien réchauffée, je redémarre un deuxième neuf trous.
Le golf m'appartient, il est 13 heures, je suis la seule joueuse. Bonheur. Je pense à Thoreau, au sauvage solitaire, au silence. Un parcours de golf est loin d'une nature sauvage mais tout de même, en longeant la forêt sur les trous 4 et 5 j'entends les oiseaux, je sens l'odeur de l'herbe, des feuilles, de la terre humide, je me tords les pieds sur les châtaignes. Je longe le talus, j'ai raté mon coup, je ne vois pas ma balle mais soudain je m'arrête : un jeune lièvre ou lapin (il avait de grandes oreilles) près du talus. Je ne bouge plus, je le vois de dos mais il semble me regarder de son oeil gauche. J'ouvre la fermeture éclair de mon sac tout doucement pour prendre mon appareil de photo et pfuitt, la peluche s'enfuit. Zut! C'est la seconde fois que je voie un lapin sur ce trou. Il ressemblait à celui-ci, en moins gros :


De retour à la maison à 14 heures, je meurs de faim. Je déjeune, j'allume la télé : je tombe sur une opération de la mâchoire. Au secours! Je l'éteins. Je repense au petit lapin. C'était divin ce non-déjeuner au golf.

Un peu de repos avant d'aller rendre mes bouquins.

17 h.
Médiathèque. Emprunté un Jim Harrison : Lettres à Essenine et un Romain Gary : Charge d'âme.
Colum McCann rend un bel hommage à Jim Harrison pour ces Lettres ici. Je crois avoir fait un bon choix pour mon premier ouvrage de Jim Harrison. Essenine, poète soviétique fut "le chantre de la révolution d'Octobre" et l'époux de la danseuse américaine Isadora Duncan. Pour Charge d'âme je ne sais pas si mon choix est bon : conte philosophique ou science fiction? De toute façon, le jour où je serais déçue par un ouvrage de Gary il fera nuit!
En attendant, la lumière sur l'Odet en cette fin d'après-midi était magique.

Il n'aura manqué qu'une chose à cette journée pour qu'elle fût merveilleuse. Elle fut seulement formidable, ce n'est pas si mal.

"Hier soir j'ai bu une flasque d'alcool à cent degrés en regardant une photo de ma soeur. Morte depuis dix ans. Montrez-moi une seule blessure sur terre guérie par l'amour. J'ai donné une livre de boeuf à ma chienne mourante et je l'ai enterrée heureuse dans la cour de la grange."
Jim Harrison, in Lettres à Essenine.

samedi 3 novembre 2012

"Eat or die"

Cette parution lors de la rentrée littéraire 2012
a suscité de nombreux entretiens avec l'auteur
dans son fief du Montana.
(Lire l'article de Macha Séry dans Le Monde sur Grand Maître).
J'ai déjà dit ici ce que je ressens quand j'écoute cet homme.

Jim Harrison, un ours dans sa tanière


«Je suis un homme de l’aube et du crépuscule»

«A 40 ans, j’ai réalisé que ceux que j’aimais pouvaient mourir; il fallait que je devienne un écrivain, pas de compromis, avec rien, fuck tout le reste.».

«Quand j’avais 25 ans, mon père et ma sœur sont morts dans un accident de voiture; j’ai été très dépressif pendant de longues années et, quand vous êtes dans cet état, vous vous foutez de mourir. Maintenant, je ne pense pas trop à ça, parce que je suis vieux, tout le monde sait que les vieilles personnes meurent.»

«Sur mon lit de mort, je me moquerai de quoi j’aurai l’air dans le miroir ou devant les autres, mais je me remémorerai avec plaisir la petite cuillère plongeant sans bruit dans le kilo de béluga.»

«Eat or die» est devenu sa devise.

Il vient d’une «famille pauvre qui lisait beaucoup», et aime René Char, Camus, Dostoïevski, Faulkner, Joyce… Il a épinglé les portraits de certains de ces écrivains sur le mur de son bureau, dans sa grande maison de bois bleue. Il y a aussi des dessins de truites et des photos d’oiseaux. Ce passionné de chasse et de pêche ne peut plus se promener. Il lui reste son esprit errant, lui qui «n’a pas d’autre don que [son] imagination». Sur une étagère, une photo de lui et Linda. Lui, ventru, elle, les traits délicats, la quarantaine prospère, ils sont ivres et dansent. Voilà plus de cinquante ans qu’ils vivent ensemble. Il a écrit: «Dans le mariage, j’ai trouvé un ancrage sur terre. J’étais trop nu pour survivre autrement et j’ai découvert de quoi me vêtir dans ce rituel quotidien de l’amour.» Parfois, elle le recoiffe, lui glisse: «How are you?» d’une voix douce et voilée. «C’est un amour romantique. On est tombés amoureux quand on avait 19 et 20 ans, on s’est mariés, et on s’est fait une vie agréable. Cela dure parce que l’on fait attention à l’étiquette, on est aimable [«kind»] l’un pour l’autre.» Est-ce suffisant? «Elle n’est pas autoritaire, moi non plus, on aime les mêmes choses, on est tous les deux obsédés par la bouffe, on cuisine ensemble.»

Plus il vieillit, plus il adore remplir ses romans de lubricité. Mais il croit «à un grand amour». «Je n’ai jamais imaginé vivre sans Linda.» Il a choisi d’habiter en pleine nature, d’abord dans le Michigan dont il est natif, aujourd’hui l’été dans le Montana et l’hiver en Arizona, avec elle. Pour la garder, aussi.

Extraits tirés de l’article de Charlotte Rotman, LE TEMPS, rubrique Culture.

samedi 13 août 2011

Un personnage déroutant


Vu ce soir un documentaire sur James Ellroy :
"American Dog"

"Ma mère m'a donné ce cadeau et cette malédiction : l'obsession. Celle-ci a débuté en lieu et place d'un chagrin d'enfant. Elle s'est épanouie, en quête d'un savoir obscur, avant de se muer en une abominable soif de stimulation mentale et sexuelle. Mes pulsions obsessionnelles ont failli me tuer."
James Ellroy.

Je pioche un peu au hasard à la médiathèque les DVD dans la rubrique "portraits d'écrivains". J'avais pris celui-ci en même temps que celui de Jim Harrison. A vrai dire je ne connaissais ni l'un ni l'autre, si ce n'est de notoriété, n'ayant jamais eu l'occasion (ou l'envie) de les lire. Autant j'ai été enthousiasmée par le "portrait de Jim Harrison", autant celui de James Ellroy m'a seulement intéressée pour la complexité du personnage, sans me sentir aucune affinité avec lui.
Ci-dessous, début de ce portrait :



Extrait :



Je trouve amusant, voire passionnant de découvrir par hasard des portraits d'auteurs qu'il ne me serait pas venu à l'idée de lire. Jim Harrison dégage une générosité, une chaleur humaine incroyable. Difficile d'en dire autant pour James Ellroy. L'un est le feu, l'autre la glace. Un point commun : la folie... douce pour l'un, furieuse pour l'autre.

dimanche 7 août 2011

Big Jim!

Amateur de grands espaces, Jim Harrison,
l’auteur de "Légendes d’automne" et de "Dalva",
vit et écrit dans le Montana

J’ai regardé hier soir un portrait de l’écrivain Jim Harrison, né le 11 décembre 1937.
Quelle personnalité magnifique.
Un (vieux) film de 45 minutes suivi d’un « bonus », une passionnante interview (1993).

« Big Jim vit dans le Michigan… Peu à peu, il se dévoile dans son univers face à la caméra : la pêche, les longues promenades avec ses chiens, les ripailles entre amis mais aussi dans sa lutte pour la condition indienne et dans ses moments de grande solitude où il écrit.
Tour à tour expansif et secret, sociable et solitaire, « chien » puis « loup », portrait d’un homme « plus grand que nature » aussi imprévisible et fascinant que les personnages de ses romans. »

J’ai noté quelques « pensées », réflexions  :




« Plus je passe de temps dans la nature et plus j’aime Mozart, ou Shakespeare ou Stravinsky, car cela ouvre l’esprit et les oreilles.
Vous entendez ce qu’ils vous disent, ça aiguise le sens esthétique.
J’écris surtout pour des raisons esthétiques.
Un roman sérieux, plein de bonnes intentions, ça me tombe des mains si ce n’est pas bien écrit.
Si l’on veut lire la philosophie, alors lisons les philosophes.
L’exception ce sont des auteurs comme Dostoïevski, capable de bouleverser avec toutes sortes de sujets : folie, philosophie, politique. Saul Bellow a aussi ce talent, il sait tout faire en même temps.
Loin de vous transformer en primitif, la nature ouvre les yeux. Les gens les plus sophistiqués sont en ce sens les plus primitifs, car ils libèrent leur énergie.
Par exemple, Picasso et Matisse étaient des êtres simples mais dotés d’un sens esthétique très développé. Et on ne développe pas forcément ce sens esthétique dans les universités.
Il s’agit d’une entreprise solitaire. »

"Le porto bon marché de l’épicier vaut mieux que l’eau distillée de l’université (dit-il en éclatant de rire).
Il me faut deux siestes par jour avant de reprendre le collier. Henry Miller dit : Ne vous contentez pas de faire une petite sieste. Enlevez tous vos vêtements, glissez-vous entre les draps, mettez un oreiller sous votre nuque, un autre sur vos yeux, et ronflez.
"Henry Miller était un formidable vieux, sage, fou."
Et Wang Wei, le vieux Chinois, dit une chose magnifique : Qui sait pourquoi une porte s’ouvre ou se ferme. Il parle de la poésie."


Dans une autre interview, il dit ceci :

"Cela fait vingt-cinq ans que je pratique le zen, mais je ne peux pas dire que je sois bouddhiste, puisque ma culture est totalement chrétienne. L'influence la plus évidente du zen se traduit par le niveau d'attention que vous apportez à votre vie. Je pense y être parvenu en grande partie grâce à l'influence et à l'amitié de Peter Matthiessen, Gary Snyder et Dann Gerber. Le cheminement crée la voie. Les cendres ne se retransforment pas en bois."

Ce fut un moment très excitant de voir et d'écouter cet écrivain. Ci-dessous un autre entretien de 1993, il parle entre autre de cuisine, avec humour : "J'ai commencé à faire de la cuisine pour ne plus pratiquer l'adultère" ! Explication (patienter quelques secondes pour le téléchargement) :

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Quelques citations :

"L'écrivain est un cheval. Les personnages lui passent un licol et l'entraînent au galop."

"...je me promène dans les champs déserts, les canyons, les bois, mais de préférence près d’un torrent ou d’une rivière, car depuis l’enfance j’aime leur bruit. L’eau vive est à jamais au temps présent, un état que nous évitons assez douloureusement."
"En marge, mémoires" - Mai 2003

"J'ai découvert trop tard le plaisir de rester assis, sans penser à rien de précis."

Jim Harrison