Après le Festival (de Cannes) - et sa "grande famille du cinéma", Mmm! - quel bonheur de vivre cette journée Estivale à Pont-Aven.
Venir à Pont-Aven un dimanche de Pentecôte, il faut être fou. Je m'étais dit qu'en arrivant le matin, je trouverais facilement une place pour me garer. Tsss! Bon, j'avais mis des baskets et la marche ne m'a pas posé de problème, j'ai trouvé une place tout au bout du port, à l'opposé du Musée ! le temps d'une exposition où les couleurs explosent sur les cimaises. Le Musée de Pont-Aven présente des œuvres d'artistes du mouvement CoBrA. Ça m'a mis la tête à l'envers cette exposition mais il y a déjà bien longtemps que j'aime cette bande d'artistes et (certaines de) leurs œuvres ! Le Clown de Karel Appel dans mon profil (colonne de droite de ce blog) m'a toujours mis en joie (dommage qu'il ne figurait pas dans l'exposition) ! Tête à l'envers, donc aucune chronologie logique (comme d'habitude) pour les textes et photos qui suivent.

"Le
Mouvement CoBrA, acteur essentiel dans l'histoire de l'art moderne n'aura duré que
trois ans, de 1948 à 1951. Les six artistes cofondateurs et initiateurs
signataires du Manifeste et texte fondateur de CoBrA
intitulé "La Cause était entendue", furent Christian Dotremont, Joseph
Noiret (Belgique), Asger Jorn (Danemark),
Karel Appel, Constant Nieuwenhuys, dit Constant et Guillaume Corneille van
Berverloo, dit Corneille, (Pays Bas).
Ils créent ainsi en novembre 1948 à Paris, au Café de l'Hôtel Notre-Dame, sur le Quai Saint
Michel, le "Mouvement CoBrA" , à partir du nom des villes d'où ils viennent : Copenhague,
Bruxelles, Amsterdam.
Ils vivent pour la plupart alors dans la "grande capitale
culturelle", qu'est encore
Paris à ce moment là, mais aucun d'entre eux n'est Français. D'autres
artistes - belges, danois, néerlandais, suédois, tchèques, allemands et français
- se joindront plus tard à eux, comme Pierre Alechinsky, Jan
Nieuwenhuys ou Théo Wolvecamp,
ainsi que de nombreux autres tels que Tajiri,
Henry Heerup, Egille Jacobsen, Carl-Henning Pedersen, Jacques Doucet,
Jean-Michel Atlan, Michel Ragon,
lesquels participeront
également à l'aventure CoBrA.
A l'origine de leur activité artistique, se trouve
donc une
réflexion politique engendrée par une analyse marxiste révolutionnaire de la société,
et contre toute spécialisation de l'art : ils s'intéressent à la
réalisation en commun d’œuvres de poèmes, d'écritures, de peintures en
s'opposant à tout formalisme stylistique ou esthétique.
Classé aux États-Unis dans une continuité de l’expressionnisme abstrait défini aussi
par le terme d' "Action painting",
CoBrA
sera perçu en France comme une
prolongation du surréalisme, que l'on baptisera ensuite
" l' Abstraction
Lyrique ".
(Source : Le Monde des Arts, la suite ici)
Quelques photos, prises sans flash
Karel Appel / 1921-2006
Chat
(Photo recadrée)
Corneille / 1992-2010
Le Montagnard
1950
Huile sur toile
Collection particulière
Cobra, la couleur spontanée
Ci-dessus, Affiche de l'exposition
On comprendra pourquoi ces deux œuvres
sont présentées côte à côte.
Un fil les relie...
Jacques Doucet / 1924-1994
Sans titre
1949
Huile sur toile
Collection particulière
Corneille / 1922-2010
Le Cerf-volant
1950
Huile sur toile
Collection particulière
COBRA,
La couleur spontanée
Le groupe réunit des artistes et des écrivains européens qui revendiquent une entière liberté de création. Ils se présentent comme une Internationale des artistes expérimentaux [...].
Entre 1948 et 1951, COBRA rassemble plus de cinquante artistes et poètes représentés dans la revue Cobra et lors des expositions internationales organisées par le groupe. En 1951, les membres du groupe se séparent à la suite de la IIe Exposition internationale d'art expérimental de Liège. Néanmoins l'esprit de Cobra perdure et irrigue l'art des décennies suivantes.
Les œuvres de l'exposition [du Musée de Pont-Aven], réalisées depuis l'immédiat après-guerre jusqu'aux années 1990, retracent cette aventure artistique et poétique qui est aujourd'hui l'une des sources de l'art contemporain.
Les membres danois de Cobra
"Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les artistes danois,
réunis autour de la revue Helhesten (Cheval
d’enfer), pratiquent un art abstrait libre, nourri de spontanéité populaire, de
préhistoire et de mythologie scandinave, ce qui constitue l’une des origines de
Cobra.
Le 8 novembre 1948, à Paris, Asger Jorn est le seul danois
à signer le texte de fondation du nouveau groupe. Grâce à l’énergie qu’il
déploie, il invite les artistes de Helhesten
à participer aux expositions et aux publications Cobra. Asger Jorn peint
directement sur la toile dans une démarche expérimentale. Il cherche à laisser
s’exprimer la pensée spontanément, hors de tout contrôle exercé par la raison,
dans le but d’atteindre la source vitale de l’être.
Asger Jorn / 1914-1973
La Peur
1950
Huile sur toile
Collection particulière
(Photo recadrée)
Asger Jorn / 1914-1973
Caractère joyeux
1945
Huile sur panneau
Collection particulière
Parmi les autres membres danois, Egill Jacobsen rejette toute
référence à la réalité. Il adopte un style expressif très coloré, fondé sur le
motif du masque africain. Henry Heerup, peint des images naïves sur les grands
thèmes de la vie. En tant que sculpteur, il travaille le granit qui est, selon
lui, un matériau vivant auquel il donne une forme nouvelle pour libérer les êtres
cachés qui l’habitent. Carl-Henning Pedersen crée des paysages imaginaires de
couleurs et de lumière. Pour lui, l’art est la négation de la nuit lorsqu’il déclare : « Je veux
capturer le soleil pour que jamais le jour ne disparaisse. »"
Le Groupe expérimental hollandais
"Les membres néerlandais de Cobra appartiennent au Groupe
expérimental hollandais fondé en juillet 1948 à Amsterdam par Karel Appel,
Constant et Corneille.
Lors d’un séjour à Copenhague en novembre 1948, quelques
semaines après la fondation de Cobra, les jeunes peintres néerlandais sont
profondément bouleversés par la découverte des œuvres des peintres danois. L’emploi
spontané de la couleur et la référence aux arts populaires et aux dessins d’enfants
influencent fortement leur travail. Il s’agit désormais pour eux de faire
confiance à la matière et au pouvoir de l’imagination.
Le travail de la matière et de la couleur donne ainsi
naissance à un monde peuplé de créatures fabuleuses. « Un tableau n’est
pas une construction de couleurs et de lignes, mais un animal, une nuit, un
cri, un homme et tout cela en même temps » affirme Constant. Associant l’art
populaire et le dessin d’enfant, ils explorent le plaisir de la matière. Ils s’inspirent
de formes artistiques non occidentales, dites primitives, qui sont à leurs yeux
l’expression d’une liberté qui ouvre de nouvelles possibilités artistiques."
Corneille / 1922-2010
La cité
1950
Corneille / 1922-2010
Constant / 1920-2005
Sans titre
1950
Gouache sur papier usagé et réutilisé
Galerie Michel Rooryck, Courtrai
Interlude, pause café
avec un film (extrait) de Luc de Heuch.
Dotremont, les-logogrammes, 1972
Fonds Henri Storck, Bruxelles
Christian Dotremont / 1922-1979
Tes jours sont comptés mais non les siècles
qu'il y a dedans
1971
Encre de Chine et crayon sur papier
Collection Niels, Bruxelles
Asger Jorn,
Christian Dotremont
Dentelles de foudre
1948
Huile sur toile
Collection fonds Christian Dotremont,
Fondation roi Baudouin, en dépôt aux Archives et
Musée de la Littérature, Bruxelles
Pont-Aven et Cobra
« A travers la référence
aux arts dits primitifs et aux dessins d’enfants, les artistes de Cobra
réaffirment leur filiation avec les pionniers de la modernité qui ont trouvé
dans les arts extra-occidentaux et naïfs les termes d’un renouveau artistique
Vassily Kandinsky, Paul Klee, Joan Miro,
Pablo Picasso et leurs prédécesseurs tels que Paul Gauguin font partie du
panthéon des artiste de Cobra.
En 1950, Corneille et Theo
Wolvecamp séjournent à Pont-Aven et à Concarneau. Ils se rendent sur les traces
de Paul Gauguin qui fut l’un des précurseurs de cette nouvelle conception de
l’art. En déclarant qu’il fallait tout oser et qu’il était à la fois « un
enfant et un sauvage », Gauguin apparaît pour certains des jeunes artistes
de Cobra comme un véritable modèle. Les formes simples et les aplats de
couleurs pures des œuvres de Gauguin ouvrent ainsi la voie aux couleurs libres
et spontanées de celles de Cobra dont les peintres voient également en lui un
exemple de vie entièrement dédiée à l’art. »
Svavar Gudnason / 1909-1988
Peur de la mort
1947
Huile sur toile
Collection particulière
(Je la trouvais d'humeur joyeuse, cette mort)
A droite, une huile sur toile de Pierre Alechinsky
Au fond, une huile sur toile de Asger Jorn
Asger Jorn / 1914-1973
La victoire de l'erreur
1960
Huile sur toile
Collection Ellen et Jan Nieuwenhuizen Segaar
Ci-dessous : détail
Anton Rooskens / 1906-1976
A la plage
1970
Huile sur toile
Collection particulière
(Source des textes : Musée de Pont-Aven)
Exposition :
Du samedi 10 mars au dimanche 10 juin 2018
En quittant le musée j'allais me restaurer aux Ajoncs d'or, pourquoi changer : même clientèle que la dernière fois, ambiance du dimanche dans un restaurant au charme désuet et bonne table. Puis je flânais, jetais un regard sur quelques galeries, je m'arrêtais sur celle-ci :



Sur le trottoir, un tapis rouge le long des vitrines (je montais les la marche... du palais trottoir, hum!), un vernissage allait avoir lieu, j'entrais dans la galerie, j'avais envie de mettre mes lunettes de soleil, la peinture acrylique trop brillante m'aveuglait; en légende : "technique mixte" . Ce que je voyais ne me touchait pas. Des tableaux de décoration. Quelques jolies sculptures, signées d'autres artistes. En parlant de sculpture, je me réjouis de voir bientôt la prochaine exposition à Landerneau, consacrée à Henry Moore. Mon premier contact - si j'ose dire - avec Henry Moore, c'était à Dublin en 1977. Coup de foudre ! (l'année de mon coup de foudre pour toi mon aimé). Puis, à Paris, exposition de ses sculptures dans le Parc de Bagatelle en 19... Recherche faite, c'était en 1992. (Et toi tu n'étais déjà plus de ce monde...).
Avant de rejoindre ma voiture, je marchais le long de la rivière, au soleil, à l'ombre l'air était frais.
Je remarquais cette femme, elle était ce que j'aimais : solitaire, contemplative, loin de la foule, lectrice.
Et dans ce silence qui émanait d'elle, j'avais envie de chanter :
Y'a d'la joie bonjour bonjour les hirondelles
Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus le toit
Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles