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jeudi 1 août 2019

"La polémique fait partie intégrante de l'art..." (Kathleen Bülher)


" Ce qui est écrit dans cette petite prose paraît très simple, mais il est des époques où tout ce qui est simple et facile à comprendre s'éloigne totalement de l'esprit des hommes et pour cela ne peut être compris qu'à grand peine."
Robert Walser, Institut Benjamenta.



Un hommage hors norme pour un immense écrivain


Les passants de la gare de Bienne se mêlent consciemment et inconsciemment à la 
Robert Walser-Sculpture.
(Enrique Muñoz García)


A Bienne, la «Robert Walser-Sculpture» de Thomas Hirschhorn est une micro-cité en matières pauvres, fourmillement de discussions où il fait bon s’attarder.

«Alors, vous restez toute la journée?» Chemise blanche à manches retroussées, coup de soleil sur le nez, Thomas Hirschhorn rédige le programme du jour de sa «Robert Walser-Sculpture», devant la gare de Bienne. Il est 10h et des poussières, en ce vendredi de début juillet, suite ici...

La «Robert Walser-Sculpture»
L’installation artistiqueLien externe de Thomas HirschhornLien externe rend hommage à l’écrivain Robert WalserLien externe. Elle est érigée devant la gare de Bienne et ouverte gratuitement au public jusqu’au 8 septembre, tous les jours de 10h à 22h. La sculpture couvre une surface de 1300 m2 et se présente comme une imposante construction en bois qui repose essentiellement sur des palettes. Elle a pour objectif d’inviter la population à échanger sur l’œuvre et la vie de Robert Walser, né à Bienne en 1878. Plus d’une trentaine d’événements culturels s’y dérouleront chaque jour.

dimanche 24 mars 2019

Printemps du cinéma

Mardi 19 mars. 

Vers 18 heures, sous un ciel couvert mais lumineux, une mer calme, transparente, avec sa palette de couleurs pastel, l'harmonie était parfaite. Le silence était si intense que le doux bruit du flux et du reflux ne le troublait pas, il l'accompagnait. Je m'imprégnais de cet instant de paix avant ma séance de cinéma à 18 h 30 : Celle que vous croyez avec Juliette Binoche et François Civil (que j'avais vu la veille dans Le chant du loup, il était épatant, je le découvrais); et, Nicole Garcia. Je profitais de ces deux jours du Printemps du Cinéma avec la séance à 4 euros ! Deux films de genres différents : j'ai adoré Le chant du loup (je ne m'y attendais pas) et j'ai aimé Celle que vous croyez (je m'y attendais).


Photos de 18 heures








Photos de 20h30, en sortant du cinéma




Devant ce paysage je restais immobile, de longues minutes. Après tant d'années je ne m'en lassais pas, sous n'importe quel temps, à n'importe quelle heure si, j'avais le privilège d'y être seule...

 Bénodet

Je vous aime ce soir où monte la marée
Bateaux de Bénodet à la voile azurée
Pêcheurs de Loctudy dont les filets d’azur
Se confondent avec la mer et le ciel pur
Cependant que l’Odet bleu comme une prière
Pâlit et que là-bas chaque phare s’éclaire

 
                      L’Odet
Est la plus bleue et la plus claire Rivière
Loin de la guerre atroce et des coups de canon
Bénodet ne sait pas celle-là qu’il préfère
La mer aux mille écueils ou sa tendre rivière
L’Odet plus douce encore que ne sonne son nom

Mais le temps passe il faudra bien que tu t’en ailles
Laissant Quimper et le Comté de Cornouailles


Guillaume Apollinaire – Le Guetteur mélancolique 
(Apollinaire fit quelques séjours en Bretagne en 1916-1917) 

... seule donc... ce ne fut pas le cas ce samedi, ayant dû y revenir pour récupérer mes lunettes oubliées au cinéma ! Mais bon, tout le monde a le droit de venir s'y détendre, s'y promener, quand le printemps est enfin là et avec le soleil.


Photos de samedi 23 mars



Le charme est un tantinet rompu, non ?
(J'exagère ? Pas sûr)

Coïncidence, un ami m'envoyait un texto ce mercredi 20 mars à 19h30 : "Bons baisers face à la mer, depuis la longue plage de La Baule, ma très chère M. Je poursuis ma dernière relecture, bercé par le ressac de souvenirs  d'enfance... Je vous embrasse."  Son ressenti face à la mer, à 19h30, devait être proche du mien, la veille, à 18h30.

Dimanche 24 mars.

Impossible de marcher, douleur vive dans la fesse depuis plusieurs jours. Je pensais que c'était une réaction tardive de ma chute mais non, c'est une sciatique. J'hésitais mais je n'avais que quelques pas à faire pour aller voir cette exposition BOL D'ART :





Eddie Morelle, Artémis

"Artémis, déesse de la chasse et de la nature, 
revient pour protéger le dernier arbre sur terre, 
en ces temps modernes contre la folie des hommes"

J'ai aimé cette sculpture...
"Toutes mes sculptures sont réalisées à partir de déchets. Une bouteille de gaz se métamorphose en masque africain ou hibou , le pot d'échappement en branche d'arbre..."

... et les créations de Emmanuel Pajot ne m'ont pas laissé indifférente :




dimanche 13 janvier 2019

Un beau dimanche (enième)

Dimanche 13 janvier 2019.

Après un réveil difficile (je m'étais décidée hier soir à prendre ce somnifère que l'on trouve en vente libre à la pharmacie, après deux nuits d'insomnie, d'angoisse et d'idées noires) avec la tête lourde, je prenais un petit dèj. salvateur, en alternant les masques gel réfrigérés sur mon front pour atténuer le mal de tête, quotidien. 
Le ciel était gris. Qu'allais-je faire de cette journée ? Je n'avais pas envie d'aller au cinéma. 
En tartinant mes toasts, je repensais à cette émission que j'avais regardée à la télévision la veille : Le French Bashing je l'avais trouvée excellente et elle m'avait souvent fait sourire, rire (j'en avais besoin). On peut revoir l'émission en cliquant sur le lien et voir également les prochaines rediffusions :

"Lâches, fainéants, efféminés, infidèles et grévistes de père en fils : les clichés sur les Français ont la vie douce. Les Anglo-Saxons, qui affectionnent tout particulièrement ces idées préconçues, se font un plaisir de les faire circuler de par le monde. [...]"
Perdue dans mes pensées, je tapais dans Google : Vieillesse !  Ben oui, quand tout va mal dans ma tête, j'enfonce le clou. Quelle bonne idée ! Je tombais sur un site de France-Culture (ma radio adorée) et mon choix était vite fait : écouter l'émission sur Simone de Beauvoir. En voyant la première émission proposée dans cette série sur la vieillesse et la tête de Jeanne Calment, j'ai vite zappé, faut pas exagérer. J'avais  déjà écouté il y a quelques semaines les émissions : La vieillesse ce joyeux naufrage (éclat de rire), je pouvais passer mon chemin.
Je finissais mon petit dèj rapidement, avalais un Doliprane pour mes genoux qui se déglinguent (quelle misère de vieillir) et j'emmenais ma tablette (quel pied ces tablettes) dans ma salle de bains pour commencer à écouter cette émission.



Simone de Beauvoir en 1967 Crédits : Ozkok chez SIPA - Sipa

Et là, en voyant ce beau visage, en écoutant mon Castor, j'oubliais tout le reste - ma vie, le futur angoissant - en me disant tout de même que l'Internet c'était merveilleux, que je ne pourrais plus m'en passer et que nous avions une chance inouïe de pouvoir ainsi, entendre, voir, des reportages, des documentaires que nous choisissons. Cette émission des Nuits Magiques Magnétiques (Tsss! me suis trompée, mais sont magiques aussi) date de 1979. J'étais exaltée et ça, c'est épatant : être exaltée à ... ans. On n'y parle pas que de vieillesse dans ce documentaire. A un moment Simone de Beauvoir dit, à peu près ceci : je me suis rebellée bien sûr sur cette vieillesse à laquelle je n'échappais pas, mais j'ai compris qu'il ne fallait pas en faire une obsession, sinon la vie devenait insupportable (c'est pas du tout comme ça qu'elle l'a dit, tant pis, écoutez-la). Et là, je me suis dit : moi je n'y arrive pas. C'est une obsession ! Je n’accepte pas de ne plus me reconnaître et de vivre avec ces douleurs, ces acouphènes et j'en passe et, je sais que je n'y arriverai jamais, à l'accepter. Cela ne m'empêche pas de vivre des moments que je trouve intenses et parfois délicieux. Ce qu'elle dit sur sa propre vieillesse :
"Il n'y a plus comme avant la pleine lumière ou l’obscurité. Ça serait un peu plus dans les gris, dans des gris teintés de rose, mais ce n'est plus cette chose tranchée entre, précisément, le bonheur et le désespoir [...] inquiet. On pourrait dire que je suis un peu éteinte. Je suis vivante certainement dans la mesure où j'ai encore des projets auxquels je tiens assez fort. J'ai des grandes joies et des grands plaisirs et je déteste toujours l'ennui [...] Mais il n'y a plus vraiment cette espèce de dédoublement de ma vie en des espoirs quasi-fous et des joies débordantes et puis les angoisses.




Je remettais à demain l'écoute de la seconde partie. Mais je continuais mes recherches; j'espérais trouver à la médiathèque le film-documentaire qu'avait réalisé Josée Dayan, mais non, ils ne l'ont pas, je me contenterai des vidéos extraites de ce film.




13h30.




Le ciel était de plus en plus gris, il crachinait. J'avais fait mon programme :
- médiathèque pour rendre mes emprunts, La Jalousie et Un été brûlant, deux films de Philippe Garrel, avec Louis Garrel. Je fais une cure de Louis Garrel ! J'ai sous le coude, à voir en DVD Le Redoutable.
J'ai emprunté deux films : un de Claire Denis, Beau travail et un coffret de 8 films (0_0) de Jean-Paul Civeyrac, pioché au hasard, je ne connais pas ce cinéaste, suis pas sûre d'en comprendre le fonctionnement : Réalisation multimédia.
- acheter (les magasins sont ouverts aujourd'hui, premier dimanche de soldes) une bougie parfumée pour ma sœur qui n'arrête pas de me dire que celle que je lui ai offerte à Noël "sentait trop bon et elle a duré longtemps" en rajoutant "tu crois qu'il y en a toujours des comme ça" ? Traduction : j'ai compris, tu voudrais que je t'en offre une autre. (La Bigoudène a la flemme de venir jusqu'à Quimper).
- aller voir l'exposition Doisneau au Musée des Beaux-Arts (c'est gratuit le dimanche après-midi) pour voir si elle est aussi intéressante que celle vue à Dinard en juin.

Je vais pas mal piétiner, je prends ma voiture et j'y vais. Des places pour se garer sans problèmes.

Alignement de mouettes près du Pont Pissette !



 A suivre demain...



samedi 21 juillet 2018

Les loups au bout du monde



Une étrange exposition à Quimper qui ne cesse d'attirer les visiteurs depuis le mois d'avril. L'exposition devait  s'arrêter fin juillet mais forte de son succès, elle joue les prolongations jusqu'au 9 septembre.



Avec « Les loups arrivent », Liu Ruo Wang incite l'humanité à s'émanciper des contraintes que la société lui impose. 
| YVES-MARIE QUEMENER

"Les canidés pèsent chacun 300 à 400 kg. Pour les faire venir à Quimper, il a fallu six semi-remorques et toute la ténacité de Nathalie Morin, commissaire de l’exposition. Pendant trois ans, elle a remué ciel et terre pour que l’œuvre soit exposée à Quimper. Elle a finalement réussi à convaincre la ville et le sculpteur, après un séjour à Quimper en 2016."

Lettre de Nathalie Morin du 23 septembre 2016 à Michel Humbert, Yantai,
LE CERCLE FRANCOPHONE DE YANTAI SHANDONG CHINE  :
Monsieur Humbert,

Je vis depuis 12 ans à Pékin, je suis quimpéroise et j’organise des événements entre la France et la Chine. Je me permets de vous contacter pour vous exposer un projet artistique sino-français d'envergure en préparation à Quimper : « Les loups arrivent au bout du monde ». 

L’artiste Liu Ruo Wang, très connu en Chine pour ses impressionnantes sculptures de loups, m’a confié le soin de les exposer en France. Déjà exposé en Italie (Biennale de Venise), en Allemagne (Budelsdorf, Berlin), il rêve néanmoins d'exposer en France ; et pour nous Français c'est une chance supplémentaire de découvrir la puissance et la créativité de l'art contemporain chinois.
L’œuvre, tout d'abord. Il s'agit d'une meute de 110 loups de bronze et d'un guerrier solitaire qui se dresse face à eux, armé d'une épée (cf photos jointes).

J’ai obtenu l'engagement de la ville de Quimper (comme vous le savez jumelée à Yantai) pour parrainer une exposition de l'ensemble de l’œuvre pendant plusieurs mois fin 2016/début 2017. Les institutions locales sont prêtes à participer y compris financièrement mais l’organisation, le transport et la manutention de ces 110 loups de 270 kg chacun engagent des frais importants (total environ 175000 yuans manquent pour boucler le projet).

Cette exposition dépassera le cadre d'une simple promotion d'un artiste par divers aspects:
- Son volume, monumental, accessible dans la durée à la population, et susceptible d'attirer les touristes chinois dans la région Bretagne,
- La notoriété croissante de l'artiste, et ses probables "tournées" à venir à travers tous les pays occidentaux,
- Son inscription dans "l'air du temps" avec la renaissance de la mythologie du loup ("Le Totem du Loup", de Jiang Rong premier best-seller en Chine, "le Dernier Loup" de Jean-Jacques Annaud etc..)
- Son universalité: si le soldat rappelle l'archéologie chinoise, nombre détails (le visage, les chaussures..) montrent un homme universel,
- Son contenu philosophique enfin, défendu par l'artiste lui-même, de l'homme contraint à l'héroïsme individuel face à l'adversité et aux obstacles créés par la société qui l'entoure.

Tout ceci place d'emblée l’œuvre à un niveau exceptionnel, permettant aux Français et aux Chinois de partager, sans risque politique, des sentiments, des craintes, des vertus, une profondeur commune à tous, quelles que soient les circonstances de leurs pays respectifs.
Je sollicite votre aide pour trouver auprès d’entreprises chinoises ou françaises de Yantai les derniers fonds qui manquent pour faire de cette exposition un formidable événement Bretagne / Shandong ! France / Chine ! 

La médiatisation de l’exposition en France et en Chine sera à la hauteur de l’événement et pourrait donner à la province du Shandong l’occasion d’une belle opération de communication.
Dans l'attente de vos suggestions et conseils, veuillez recevoir, Monsieur Humbert, l'assurance de ma considération distinguée.

Nathalie Morin
(Source et réponse ici)
   
Qui est Liu Ruo Wang ?

Liu Ruo Wang est né dans le nord-ouest de la Chine en 1977 et a abandonné l'université pour explorer la voie des arts en 1997. En 1999, il est allé à Pékin et a commencé sa formation professionnelle à l'Académie centrale des beaux-arts. En 2005, l'artiste a créé sa première œuvre, "The East Is Red", qui a été très remarquée par les professionnels et les critiques. Dès lors, il a commencé sa carrière en tant que professionnel, et s’est spécialisé dans la création d’œuvres monumentales.

Un entretien avec l'artiste sculpteur chinois (extraits, à lire ici)

Que représentent ces loups ?
Ces quatre-vingt-quinze loups représentent la multiplicité des contraintes que l'Homme rencontre au cours de sa vie, qu'elles soient culturelles, sociales, sociétales ou politiques. Le guerrier qui se dresse au milieu de la meute est l'Homme qui se dresse au milieu des contraintes. Leur lutte est commune : devenir libre.

Un autre animal aurait-il pu incarner cette allégorie ?
En Chine rurale, les paysans craignent le loup car il constitue une menace pour le bétail. La tradition veut qu'il soit le présage d'une crise, d'une destruction. Il traduisait bien le message que je souhaitais transmettre.

Quel message ?
Que les Hommes deviennent libres. À chacun d'être soit le guerrier et de s'émanciper de ses contraintes, soit le loup, solitaire, qui se bat en groupe contre un pouvoir, une domination. Une interprétation duale mais un sens universel.





Mes photos prises le 14 avril 2018
(J'aurais bien vu ces loups exposés dans une nature sauvage, 
rude, comme les Monts d'Arrée)







Mes préférées ci-dessous



 
  • Les loups arrivent au bout du monde" de Liu Ruo Wang
  • Esplanade François Mitterrand à Quimper
  • Du 13 avril au 29 juillet 2018. Prolongation jusqu'au 9 septembre 2018
Les Monts d'Arrée où je me suis arrêtée quatre jours plus tard, au retour d'une compétition de golf à Carantec. Un environnement rude, le vent était puissant. Il ne manquait que les loups !




mardi 12 juin 2018

Tout art doit avoir un certain mystère






Figure étendue à deux pièces no 5, Bronze (1963-64), 
titre original : Two Piece Reclining Figure No. 5

« Tout art doit avoir un certain mystère et doit interroger le spectateur. Donner à une sculpture ou à un dessin un titre trop explicite enlève une part de ce mystère, et ainsi le spectateur se déplace vers l'objet suivant, sans faire l'effort de mesurer le sens de ce qu'il vient de voir. Tout le monde pense avoir compris, mais en fait pas vraiment, tu sais. »
(A suivre... après visite de l'exposition).






Dublin, Trinity College, myself april 1978
(Hum! photos avec appareil jetable)
devant la sculpture de Henry Moore 

 

(J'y faisais un stage d'anglais de deux semaines, c'était notre première séparation, un an après notre rencontre, tu m'appelais tous les soirs et chaque soir on se jurait que jamais plus on ne se quitteraient).

 

dimanche 20 mai 2018

Une explosion artistique et poétique au coeur du XXe siècle : CoBrA

Après le Festival (de Cannes) - et sa "grande famille du cinéma", Mmm! - quel bonheur de vivre cette journée  Estivale à Pont-Aven.


Venir à Pont-Aven un dimanche de Pentecôte, il faut être fou. Je m'étais dit qu'en arrivant le matin, je trouverais facilement une place pour me garer. Tsss! Bon, j'avais mis des baskets et la marche ne m'a pas posé de problème, j'ai trouvé une place tout au bout du port, à l'opposé du Musée ! le temps d'une exposition où les couleurs explosent sur les cimaises. Le Musée de Pont-Aven présente des œuvres d'artistes du mouvement CoBrA. Ça m'a mis la tête à l'envers cette exposition mais il y a déjà bien longtemps que j'aime cette bande d'artistes et (certaines de) leurs œuvres ! Le Clown de Karel Appel dans mon profil (colonne de droite de ce blog) m'a toujours mis en joie (dommage qu'il ne figurait pas dans l'exposition) ! Tête à l'envers, donc aucune chronologie logique (comme d'habitude) pour les textes et photos qui suivent.




"Le Mouvement CoBrA, acteur essentiel dans l'histoire de l'art moderne n'aura duré que trois ans, de 1948 à 1951. Les six artistes cofondateurs et initiateurs signataires du Manifeste et texte fondateur de CoBrA intitulé "La Cause était entendue", furent Christian Dotremont, Joseph Noiret (Belgique), Asger Jorn (Danemark), Karel Appel, Constant Nieuwenhuys, dit Constant et Guillaume Corneille van Berverloo, dit Corneille, (Pays Bas). Ils créent ainsi en novembre 1948 à Paris, au Café de l'Hôtel Notre-Dame, sur le Quai Saint Michel, le "Mouvement CoBrA" , à partir du nom des villes d'où ils viennent : Copenhague, Bruxelles, Amsterdam.
 Ils vivent pour la plupart alors dans la "grande capitale culturelle", qu'est encore Paris à ce moment là, mais aucun d'entre eux n'est Français. D'autres artistes - belges, danois, néerlandais, suédois, tchèques, allemands et français - se joindront plus tard à eux, comme Pierre Alechinsky, Jan Nieuwenhuys ou Théo Wolvecamp, ainsi que de nombreux autres tels que Tajiri, Henry Heerup, Egille Jacobsen, Carl-Henning Pedersen, Jacques Doucet, Jean-Michel Atlan, Michel Ragon, lesquels participeront également à l'aventure CoBrA.

A l'origine de leur activité artistique, se trouve donc une réflexion politique engendrée par une analyse marxiste révolutionnaire de la société, et contre toute spécialisation de l'art : ils s'intéressent  à la réalisation en commun  d’œuvres de poèmes, d'écritures, de peintures en s'opposant à tout formalisme stylistique ou esthétique.
Classé aux États-Unis dans une continuité de l’expressionnisme abstrait défini aussi par le terme d' "Action painting", CoBrA sera perçu en France comme une prolongation du surréalisme, que l'on baptisera  ensuite
" l' Abstraction Lyrique ".
(Source : Le Monde des Arts, la suite ici)

Quelques photos, prises sans flash



Karel Appel / 1921-2006
Chat 
(Photo recadrée)



Corneille / 1992-2010
Le Montagnard
1950
Huile sur toile
Collection particulière 

 
Cobra, la couleur spontanée 
Ci-dessus, Affiche de l'exposition




On comprendra pourquoi ces deux œuvres
sont présentées côte à côte.
Un fil les relie...



Jacques Doucet / 1924-1994
Sans titre
1949
Huile sur toile
Collection particulière 



 Corneille / 1922-2010
Le Cerf-volant
1950
Huile sur toile
Collection particulière



COBRA, 
La couleur spontanée

Le groupe réunit des artistes et des écrivains européens qui revendiquent une entière liberté de création. Ils se présentent comme une Internationale des artistes expérimentaux [...].
Entre 1948 et 1951, COBRA rassemble plus de cinquante artistes et poètes représentés dans la revue Cobra et lors des expositions internationales organisées par le groupe. En 1951, les membres du groupe se séparent à la suite de la IIe Exposition internationale d'art expérimental de Liège. Néanmoins l'esprit de Cobra perdure et irrigue l'art des décennies suivantes.
Les œuvres de l'exposition [du Musée de Pont-Aven], réalisées depuis l'immédiat après-guerre jusqu'aux années 1990, retracent cette aventure artistique et poétique qui est aujourd'hui l'une des sources de l'art contemporain.



 Les membres danois de Cobra
"Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les artistes danois, réunis autour de la revue Helhesten (Cheval d’enfer), pratiquent un art abstrait libre, nourri de spontanéité populaire, de préhistoire et de mythologie scandinave, ce qui constitue l’une des origines de Cobra.
Le 8 novembre 1948, à Paris, Asger Jorn est le seul danois à signer le texte de fondation du nouveau groupe. Grâce à l’énergie qu’il déploie, il invite les artistes de Helhesten à participer aux expositions et aux publications Cobra. Asger Jorn peint directement sur la toile dans une démarche expérimentale. Il cherche à laisser s’exprimer la pensée spontanément, hors de tout contrôle exercé par la raison, dans le but d’atteindre la source vitale de l’être.


Asger Jorn / 1914-1973
La Peur
1950
Huile sur toile
Collection particulière
(Photo recadrée)


  
 
Asger Jorn / 1914-1973 
Caractère joyeux
1945
Huile sur panneau
Collection particulière

Parmi les autres membres danois, Egill Jacobsen rejette toute référence à la réalité. Il adopte un style expressif très coloré, fondé sur le motif du masque africain. Henry Heerup, peint des images naïves sur les grands thèmes de la vie. En tant que sculpteur, il travaille le granit qui est, selon lui, un matériau vivant auquel il donne une forme nouvelle pour libérer les êtres cachés qui l’habitent. Carl-Henning Pedersen crée des paysages imaginaires de couleurs et de lumière. Pour lui, l’art est la négation de la nuit  lorsqu’il déclare : « Je veux capturer le soleil pour que jamais le jour ne disparaisse. »"





Le Groupe expérimental hollandais
"Les membres néerlandais de Cobra appartiennent au Groupe expérimental hollandais fondé en juillet 1948 à Amsterdam par Karel Appel, Constant et Corneille.




Lors d’un séjour à Copenhague en novembre 1948, quelques semaines après la fondation de Cobra, les jeunes peintres néerlandais sont profondément bouleversés par la découverte des œuvres des peintres danois. L’emploi spontané de la couleur et la référence aux arts populaires et aux dessins d’enfants influencent fortement leur travail. Il s’agit désormais pour eux de faire confiance à la matière et au pouvoir de l’imagination.
Le travail de la matière et de la couleur donne ainsi naissance à un monde peuplé de créatures fabuleuses. « Un tableau n’est pas une construction de couleurs et de lignes, mais un animal, une nuit, un cri, un homme et tout cela en même temps » affirme Constant. Associant l’art populaire et le dessin d’enfant, ils explorent le plaisir de la matière. Ils s’inspirent de formes artistiques non occidentales, dites primitives, qui sont à leurs yeux l’expression d’une liberté qui ouvre de nouvelles possibilités artistiques."


Corneille / 1922-2010
La cité
1950


Corneille / 1922-2010
Constant / 1920-2005
Sans titre
1950

Gouache sur papier usagé et réutilisé
Galerie Michel Rooryck, Courtrai  

Interlude, pause café
avec un film (extrait) de Luc de Heuch.
Dotremont, les-logogrammes, 1972 

Fonds Henri Storck, Bruxelles




Christian Dotremont / 1922-1979
Tes jours sont comptés mais non les siècles
qu'il y a dedans
1971

Encre de Chine et crayon sur papier
Collection Niels, Bruxelles




Asger Jorn,
Christian Dotremont 
Dentelles de foudre
1948
Huile sur toile

Collection fonds Christian Dotremont,
Fondation roi Baudouin, en dépôt aux Archives et
Musée de la Littérature, Bruxelles

 


Pont-Aven et Cobra
« A travers la référence aux arts dits primitifs et aux dessins d’enfants, les artistes de Cobra réaffirment leur filiation avec les pionniers de la modernité qui ont trouvé dans les arts extra-occidentaux et naïfs les termes d’un renouveau artistique Vassily Kandinsky, Paul  Klee, Joan Miro, Pablo Picasso et leurs prédécesseurs tels que Paul Gauguin font partie du panthéon des artiste de Cobra.

En 1950, Corneille et Theo Wolvecamp séjournent à Pont-Aven et à Concarneau. Ils se rendent sur les traces de Paul Gauguin qui fut l’un des précurseurs de cette nouvelle conception de l’art. En déclarant qu’il fallait tout oser et qu’il était à la fois « un enfant et un sauvage », Gauguin apparaît pour certains des jeunes artistes de Cobra comme un véritable modèle. Les formes simples et les aplats de couleurs pures des œuvres de Gauguin ouvrent ainsi la voie aux couleurs libres et spontanées de celles de Cobra dont les peintres voient également en lui un exemple de vie entièrement dédiée à l’art. »



Svavar Gudnason / 1909-1988
Peur de la mort
1947
Huile sur toile
Collection particulière

(Je la trouvais d'humeur joyeuse, cette mort)



A droite, une huile  sur toile de Pierre Alechinsky 
Au fond, une huile sur toile de Asger Jorn 


 Asger Jorn / 1914-1973
La victoire de l'erreur
1960
Huile sur toile
Collection Ellen et Jan Nieuwenhuizen Segaar

Ci-dessous : détail








Anton Rooskens / 1906-1976
A la plage
1970
Huile sur toile
Collection particulière




(Source des textes : Musée de Pont-Aven)
 
Exposition : 
Du samedi 10 mars au dimanche 10 juin 2018

En quittant le musée j'allais me restaurer aux Ajoncs d'or, pourquoi changer : même clientèle que la dernière fois, ambiance du dimanche dans un restaurant au charme désuet et bonne table. Puis je flânais, jetais un regard sur quelques galeries, je m'arrêtais sur celle-ci :





Sur le trottoir, un tapis rouge le long des vitrines (je montais les la marche... du palais trottoir, hum!), un vernissage allait avoir lieu, j'entrais dans la galerie, j'avais envie de mettre mes lunettes de soleil, la peinture acrylique trop brillante m'aveuglait; en légende : "technique mixte" . Ce que je voyais ne me touchait pas. Des tableaux de décoration. Quelques jolies sculptures, signées d'autres artistes. En parlant de sculpture, je me réjouis de voir bientôt la prochaine exposition à Landerneau, consacrée à Henry Moore. Mon premier contact - si j'ose dire - avec Henry Moore, c'était à Dublin en 1977. Coup de foudre ! (l'année de mon coup de foudre pour toi mon aimé). Puis, à Paris, exposition de ses sculptures dans le Parc de Bagatelle en 19... Recherche faite, c'était en 1992. (Et toi tu n'étais déjà plus de ce monde...).

Avant de rejoindre ma voiture, je marchais le long de la rivière, au soleil, à l'ombre l'air était frais.



Je remarquais cette femme, elle était ce que j'aimais : solitaire, contemplative, loin de la foule, lectrice.





 

Et dans ce silence qui émanait d'elle, j'avais envie de chanter :

Y'a d'la joie bonjour bonjour les hirondelles 
Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus le toit 
Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles