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samedi 3 novembre 2018
jeudi 25 mai 2017
jeudi 4 mai 2017
Débat enquiquinant d'un côté, "improvisation punk"[hallucinante] de l'autre
Heureusement, il y avait VICTORIA sur ARTE !
Comment prépare-t-on un tel tournage ?Mentalement. Tous ceux qui ont été tentés avant moi de réaliser un film en un seul un plan-séquence l'ont fait en essayant d'imiter un film normal. C'est-à-dire avec d'innombrables répétitions pour atteindre la perfection, pour contrôler l'incontrôlable. Le projet qui se rapproche le plus du mien en terme de forme, c'est L'Arche russe, de Sokourov, qui a été tourné en un seul plan dans le musée de l'Ermitage mais c'est un film contrôlé de partout. Victoria, au contraire, parle de la perte de contrôle, du partage des responsabilités. C'est une improvisation au sens musical du terme. Une improvisation punk.
Mais vous aviez des cascades à gérer, on n'improvise pas des cascades...Une improvisation ne consiste pas à se retrouver et à jouer ensemble. Il y a des règles. Quel style de musique ? Quels instruments ? Quel rythme ? Si tu amènes une guitare électrique pour jouer The Star-Spangled Banner dans une impro de free jazz, tu te fais virer. Même la musique punk répond à un cahier des charges précis. Je suis persuadé qu'un punk ne pourrait pas boire une bière dans un verre en cristal sans se faire lyncher. Bien sûr qu'on a fait des répétitions, bien sûr que les acteurs avaient une trame pour leurs dialogues. Mais l'organisation du plateau n'a pas été le plus dur. Il fallait avant tout que le film ait l'air vivant, et que les acteurs ne donnent pas l'impression de jouer. Le plan-séquence, c'est l'outil, il faut inventer tout ce qu'il y a autour. Au 19e siècle, les peintres ont mis la peinture dans des tubes et ont pu poser leur chevalet dans la nature et enfin peindre la vie telle qu'ils la voyaient, et non plus d'après leurs souvenirs, au fond de leur atelier. Mais quand les impressionnistes sont revenus avec leurs tableaux peints sur le vif, on leur a dit qu'ils étaient affreux. Il faut s'habituer à la laideur, ne pas en avoir peur. J'ai le sentiment que les cinéastes ont abandonné l'idée de laideur, ils se sont arrêtés de progresser, d'innover. Ils se sont rendus à la beauté. Tous les films se ressemblent, ils sont impeccables, mêmes ceux tournés caméra à l'épaule. Aujourd'hui, la beauté des tableaux des impressionnistes ou du Caravage n'est plus remise en cause, c'est même devenu la quintessence de la beauté. Mais on s'interroge toujours sur celle de Francis Bacon. La plupart des cinéastes contemporains se sont arrêtés aux impressionnistes. Et il y a peu de Francis Bacon qui, tout en admirant le Caravage, ose retourner le canevas pour peindre sur le mauvais côté de la toile et voir ce qui peut surgir de cet accident. Ne pas rechercher la perfection mais le flow : c'est une expérience risquée mais enthousiasmante. Sur Victoria, on est passé pas loin de la catastrophe.
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jeudi 30 mars 2017
lundi 2 février 2015
samedi 17 janvier 2015
***
Photos du jour
Quimper, rue Sainte Catherine
Au fond de la rue, Le cornet à dés.
L'ombre (la lumière) de Max Jacob plane sur Quimper.
A travers la vitre, flash dans l'Oeil. Paf!
Clin d'oeil pour un ami.
Ci-dessous, image récupérée sur la Toile.
Je jette un coup d'oeil à travers la vitre et cette boutique BD ZEF semble une caverne d'Ali Baba. Je pousse la porte et entre. Des centaines (des milliers?) de BD, des objets, des personnages de Bande Dessinée moulés, en plâtre, en plomb, en plastique? Il y en a de superbes de Tintin, de Milou, des Dupont et Dupond, du Capitaine Haddock. Mais aussi des figurines de Betty Boop, en tenue de combat, en sportive etc! Je me renseigne auprès de la libraire de savoir si elle aurait une Betty Boop golfeuse. Certainement me dit-elle, elle fait tous les sports (sic). Elle file au fond du magasin où se trouve la collection Betty Boop. Je me suis trompée me dit-elle, celle-ci joue au cricket, j'ai confondu avec le golf. Je lui dis que je l'ai vu sur Internet mais que ce n'est pas grave, c'était pour le fun... (et c'est tellement futile ... shame on me, me suis-je dit). Du coup je lui ai acheté un livre d'enfant pour une de mes petites nièces.
dimanche 23 novembre 2014
***
Hugo Pratt, Corto Maltese - Les Ethiopiques
«Record du monde» pour une vente aux enchères d'une oeuvre concernant le
héros de bande dessinée, avec une aquarelle vendue samedi à Paris
391.800 euros.
Datée de 1979 ( lot 344) était estimée entre 100.000 et 150.000 euros.
Elle a été acquise par un collectionneur européen, a indiqué Artcurial
dans un communiqué.
Ah mais! Ce banc va valoir très cher! D'ailleurs je crois que les cuistots l'ont attaché depuis ma découverte.
dimanche 6 avril 2014
"On arrête tout, on réfléchit"
"L’An 01 est adapté d’une bande dessinée de Gébé qui en fit un film avec l’aide de Jacques Doillon pour l’essentiel mais aussi de Jean Rouch et Alain Resnais. Que raconte le film et en quoi peut-il faire du bien, c’est-à-dire nous purger de ces passions tristes dont Spinoza disait qu’elles empêchent d’agir ? L’An 01 raconte comment, un beau matin (et non un grand soir…), l’humanité est prise du sentiment profond de l’absurdité de sa condition dans une société de consommation qui était pourtant encore au mieux de sa forme à l’époque. Le film est une succession de sketchs joyeux et foutraques avec comme seule solution de continuité cet irrésistible et pacifique triomphe de L’An 01.
[...]
« On nous dit le bonheur, c’est le progrès, faites un pas en avant et c’est le progrès. C’est le progrès mais c’est jamais le bonheur. Alors si on faisait un pas de côté ? »
L’utopie rigolarde de L’An 01 est dans cette idée du « pas de côté ». Le film sous-entend qu’il y a assez peu de chance de renverser de manière révolutionnaire et frontale une société capitaliste persuadée de son excellence et qui a les moyens technologiques d’en persuader les masses. Dans le film, qui fait apparaître la fine fleur de la culture contestataire de l’époque : François Béranger, Higelin, Cabu, Choron, Romain Bouteille (le film avait été en partie financé par les lecteurs de Charlie Hebdo), à l’idée « du pas de côté » succède vite un autre slogan « On arrête tout, on réfléchit ». Le bon sens change de camp et notre monde apparaît dans toute son absurdité et celui qui vient, dans une innocence rieuse qui n’empêche pas de régler les difficultés concrètes.
[...]
... tout le côté « daté » du film, son éloge de l’amour libre, son écologisme radical, sa vision rousseauiste de la propriété comme source de tous nos malheurs n’empêchent pas non plus, quand on compare cette utopie quadragénaire à notre présent désespérant, de se dire qu’il serait peut-être temps de « faire un pas de côté », d’« arrêter tout et de réfléchir »."
(Source Causeur)
Comme d'habitude, les programmes de télé le samedi soir manquent d'intérêt. Un petit tour sur la Toile, j'avais envie de voir un film de Jacques Doillon et je tombe là-dessus. Quelle trouvaille réjouissante! Un film de 1973 qui a échappé à mes années 70 parisiennes de cinéphile. Certaines séquences sont jubilatoires et "déjantées". L'extrait ci-dessus que j'ai enregistré est visible aussi ici pour une meilleure qualité.
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vendredi 15 novembre 2013
dimanche 27 janvier 2013
Passion, déraison
Je ne l'ai pas fait exprès, je ne les ai pas cherchées ces BD, elles étaient sur la table dans la salle de l'exposition que je visitais hier :
Nietzsche me poursuit...et Thoreau aussi!
Puis j'assistais à une "conférence musicale" sur J.S. Bach. C'était assez ardu, très pointu, pour musicologues avertis, heureusement que Glenn Gould est venu me réconforter. J'ai bien noté la définition de la passion :
"Émotion forte qui va à l'encontre de la raison".
Là, j'ai tout compris et, aussi pourquoi je fus si souvent, folle. Pfff! Rien que d'écrire le verbe être au passé, ça me fout le bourdon.
mardi 20 mars 2012
Ma cousine, c'est Bécassine
Je me suis bidonnée hier soir avec Tintin au Congo. Pfff!
"M. Mbutu Mondodo, qui vit en Belgique, avait estimé que Tintin au Congo était une "BD raciste, faisant l'apologie de la colonisation et de la supériorité de la race blanche sur la race noire".
Il réclamait l'interdiction de la vente de cet album d’Hergé, ou à défaut l'imposition d'un bandeau d'avertissement ou d'une préface expliquant le contexte de l'époque, comme c'est le cas pour l'édition anglaise.
[...]
La demande a été jugée non fondée, le tribunal de première instance de Bruxelles ayant estimé que la loi belge contre le racisme ne peut s'appliquer que s'il y a une intention discriminatoire.
[...]
On ne peut que se féliciter de cette décision du tribunal de Bruxelles, qui remet un peu de sens dans cette histoire. Faudrait-il interdire à la vente les aventures de Bécassine, au prétexte qu’elle donne des bretons une image simpliste, pour ne pas dire idiote et arriérée, tout en leur reconnaissant une certaine innocence naïve, propre à faire rire le lecteur. Les mêmes clichés sont à l’époque véhiculés sur toutes les cultures, et l’exposition universelle de Paris offrait une représentation édifiante des points de vue d’alors, quand à la supériorité des blancs sur les autres.
[...]
Le procès intentée à cette vieille bande dessinée [...] pose néanmoins une question commune : Peut-on revisiter le passé en fonction de notre sensibilité et des valeurs de l’époque dont laquelle on vit?
Le danger est bien sur d’être partisan, lié aux idées en cours, et d’expurger tout ce qui nous déplaît en vertu évidemment de grand principes moraux, mais tout autant simplistes que les vues qu’elle critique ainsi.
[...]
Témoignage d’une époque et de ces valeurs ! C’est un des intérêts indéniables de cette bande dessinée, dont on aurait bien tort de ce priver. Les enfants ne sont pas des imbéciles, et ont tout le loisir de se construire une opinion, sans qu’un adulte vigilant, plein de soi-disant bonne intention, ne vienne interdire ce qui les charme.
[...]
Il est bien loin ce petit garçon noir, baptisé « Coco » qui surgissait de derrière un fourré dans « Tintin au Congo », trente et un ans plus tôt.
Et pourtant c’est le même enfant.
Mais l’évolution du regard d'Hergé a retransfiguré la rencontre.
Encore faut-il avoir le premier maillon de la série pour saisir la chose !
Car on ne peut arracher un panneau d’un triptyque, sans détruire l’œuvre entière."
(Article complet ici)
lundi 19 mars 2012
***
Les nouvelles catastrophiques se succèdent : accidents de cars mortels, tuerie de Toulouse dans une école juive. C'en est trop.
J'ai même lu ici ou là que Hergé était raciste. Tsss! Je veux en avoir le coeur net, je n'en crois pas un mot, je vais me coucher avec missié Tintin et Milou! Je plaisante mais le racisme plane, comme un oiseau de malheur.
J'ai même lu ici ou là que Hergé était raciste. Tsss! Je veux en avoir le coeur net, je n'en crois pas un mot, je vais me coucher avec missié Tintin et Milou! Je plaisante mais le racisme plane, comme un oiseau de malheur.
"Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s'ouvrir !"
Emile Zola, extrait de Lettre à la jeunesse.
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