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jeudi 1 septembre 2016

La fête est finie...

... au QUARTIER (Centre d'Art Contemporain)


Photo prise lors de ma visite pour leur dernière exposition : Nicolas de Crécy.

Cette fois, LA FÊTE EST FINIE.
J'ai souvent visité les expositions du CAC avec perplexité, c'était cependant, à chaque fois (souvent ma "promenade" du dimanche), des découvertes plutôt enrichissantes puisqu'elles me faisaient ensuite chercher des informations sur les artistes, leur démarche. J'y trouvais des réponses à mes questionnements. Je regrette cette fermeture. 

dimanche 7 août 2016

Nicolas de Crécy

Dimanche 7 août.

Le 7 août fut donc ma dernière visite au Centre d'Art Contemporain - qui fermera ses portes définitivement (par manque de subventions) le 31 août 2016 - pour voir l'exposition consacrée à Nicolas de Crécy

Comme d'habitude quand je viens au QUARTIER, je prends connaissance de la brochure pour suivre le cheminement proposé pour la visite  (et comprendre quand c'est trop hermétique, ce qui n'était pas le cas, je n'étais pas réceptive à tout par manque de connaissance mais j'ai pu apprécier quelques dessins, gravures) .

"Depuis 1990, Nicolas de Crécy a construit un univers à la fois étrange et poétique à l'humour absurde et souvent acerbe*. Dans ses livres nourris par le surréalisme et la mélancolie, il détourne les codes narratifs de la bande dessinée en explorant différents genres et techniques, tout en réalisant en parallèles des œuvres en peinture, sculpture ou gravure."
*(il n'est que de regarder l'affiche de l'exposition et l'on devine cet humour exacerbé!)

L'exposition au Quartier était conçue en deux parties. La première proposait un parcours rétrospectif présentant une sélection de travaux en lien avec ses bandes dessinées. Ses différents dessins : illustrations, couvertures, planches colorées, encres de grand format... La brochure de l'exposition est assez explicite et détaillée, je ne vais pas la recopier à lire donc sur le lien ci-dessus "affiche de l'exposition". Je ne suis pas du tout experte aux techniques de la bande dessinée. J'ai pour ma part apprécié nombre de dessins au fusain, en grand format.  

Quelques (mauvaises) photos prises lors de ma visite


Le Déjeuner sur l'herbe, 2016

"Ce dessin de grand format met en scène une situation étrange qui associe les différents éléments et techniques qui composent le style de Nicolas de Crécy. En rendant visibles ses hésitations, ses inspiration, ses modifications de perspectives et d'échelle, mais également l'emploi particulier de la couleur, cette œuvre concentre les expériences d'une pratique qui échappe aux procédés habituels d'une planche de dessin".



 (J'ai omis de noter les références à ce dessin dont j'aimais les fenêtres de la salle d'exposition se reflétant sur le verre du cadre avec cette inscription qui reflétait (si j'ose dire encore) l'état d'esprit du Quartier qui allait disparaître : LA FÊTE EST FINIE).




Léon la Came
"Cette série, écrite par Sylvain Chomet, qui fait découvrir sur plus de 300 pages, l'histoire familiale d'une entreprise ultralibéral fondée par un patron communiste, Léon, devenu adepte centenaire de marijuana, a été publié en épisodes dans la revue (A Suivre) entre 1993 et 1996." 



Là, je laisse mon imagination délirer, je vois des Pokemons (0_0)
Il y en partout - paraît-il - dans mon Quartier!



Vernissage à Trieste, 2014

Encre de Chine, aquarelle et acrylique sur papier



Les Carnets de Gordon McGuffin, 2009

William Faulkner
Encre de Chine sur papier

J'ai été particulièrement intéressée par la seconde partie de l'exposition intitulée LE MANCHOT MÉLOMANE qui s'inspirait de la vie de Paul Wittgenstein (1887-1961), pianiste virtuose que la Première Guerre mondiale a amputé de sa main droite. Fils d'un industriel viennois et frère du célèbre philosophe Ludwig Wittgenstein. (Je me souvenais d'une lecture en 2011 du Neveu de Wittgenstein de Thomas Bernard)

(Il faudra que j'en reparle, là ma tendinite m'impose l'arrêt, en attendant, quelques photos, étranges pour certaines - le piano. Toutes ces photos demandent des explications, j'y reviendrai).


Quelques explications tout de même, tirées de la brochure de l'exposition : 

Le manchot mélomane
Le manchot, ce petit animal joueur d'un étrange piano-véhicule, se trouve relié par une association d'idées, à l'histoire d'un personnage à l'existence bien réelle, celle du célèbre pianiste Paul Wittgenstein qui, amputé de la main droite pendant la première Guerre mondiale, continue pourtant la pratique de concertiste après la guerre. L'association de ces deux personnages dans un jeu de double signification a fait émerger la représentation de la main comme l'outil d'un savoir-faire, d'une dextérité et parfois d'une virtuosité. Elle constitue le fil conducteur d'une narration qui nous plonge au coeur de la pratique du dessin et de celle de la musique, tout en retraçant l'histoire de deux frères Wittgenstein : leurs doute, obstination, exigence et radicalité dans le dépassement de leurs limites - celle de la diminution physique de Paul et celles du langage décrit par Ludwig.
Le visiteur entre dans un univers imaginé par Nicolas de Crécy comme une bande dessinée mise en espace. On y trouve les objets aperçus auparavant dans les dessins, mais matérialisés cette fois-ci en volume. Des portraits et des paysages à l'huile, des fusains sur des formats et supports divers, des gravures et des aquarelles qui côtoient des exemplaires du Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein mis à la disposition du visiteur.
Ces oeuvres partagent l'espace avec les textes, dans une composition qui renvoie à la fois à l'organisation spatiale des cases d'une planche de dessin et à celle d'un musée personnel en hommage aux deux frères."


 Ludwig Wittgenstein


 

(Cliquer pour agrandir puis clic droit "afficher l'image" pour lire)



Instrument de musique avec moteur somato-sensoriel



Les Alpes Autrichiennes, Fusain
Tractatus pour piano 

 


Explosion d'obus, Fusain
(Superbe dessin) 



 En octobre 1930, Paul Wittgenstein commande une œuvre à Serge Prokofiev pour une somme particulièrement élevée (lire ci-dessus)



dimanche 24 juillet 2016

Je ne vivais pas, mais je le savais

Un dimanche sous un ciel gris, laiteux, orageux.
Pour chasser les pensées indésirables je m'attelais à un travail manuel et je commençais la peinture d'une fenêtre à midi, celle encore à l'ombre (oui, même derrière les nuages le soleil chauffe). Les autres attendront, dans la semaine, plus tôt dans la matinée ou, le soir...
Je déjeunais ensuite, vers deux heures,  de ce que j'avais dans mon frigo sans faire de préparation : tomate, œuf dur, yaourt, café, gâteau breton, en mettant la radio que je n'écoutais pas vraiment.. Hier à la même heure et en déjeunant aussi frugalement, j'écoutais - pas d'une oreille distraite - Michel Onfray, une de ses conférences, celle-là sur les Gitans, leurs coutumes. Intéressant. Intéressantes aussi ses réflexions sur le "ne rien faire", sur "les conversations des gens" qui, pour la plupart ne répètent que ce qu'ils entendent à la télévision, à la radio; il ne font "que répéter" alors qu'ils croient formuler leurs propres réflexions. Je trouvais cela tellement juste que je jubilais. Il l'exprimait plus clairement que moi. Je notais aussi cette formule : "Dire sa vie ce n'est pas la vivre"; je pensais à la mienne, je ne vivais pas, mais je le savais. Mais qu'est-ce que vivre?... Et il revenait à la vie des Gitans :
"Formule tzigane : après-demain, demain sera hier. Nous allons examiner la signification de cette expression qui n’est pas qu’un jeu de mots, mais qui concentre véritablement une philosophie, c'est-à-dire un rapport au temps, au cosmos, à soi et donc à l’univers."

C'était dimanche, je traînais, mais pas plus que les autres jours. A 15 h 30 il était temps que j'aille mettre le nez dehors, je me décidais à aller au Quartier - qui va bientôt disparaître - et je vérifiais via Google l'heure de fermeture : 18 heures, ça me laissait du temps pour voir l'expo. J'arrivais à 16 heures et trouvais porte close (merci Google!). Tant pis, je reviendrai avant le 31 août; les dimanches d'ennui ne manquent pas. La façade avait subi des dégradations.





J'aurais dû m'en douter. En arrivant dans le centre ville tout était déjà barricadé, entrée payante, la foule des grands jour attendait le défilé final qui clôturait le Festival de Cornouaille.
Prise au piège, je faisais demi-tour et me retrouvais parmi les badauds, lesquels - ici devant la médiathèque - étaient plongés le nez dans leur écran ou se prenaient en photo. Aucune luminosité dans le ciel, il ne fallait pas se plaindre, le Festival se termine parfois sous la pluie, j'avais  tenté l'année dernière de trouver une place dans la foule pour voir celle qui serait élue Reine de Cornouaille mais c'était impossible. (Comme c'est étrange pour moi de relire ce billet de juillet 2013. Trois ans plus tard... je revis une tristesse encore plus grande; et je vieillis, deviens plus fragile, ma carapace ne me protège plus, je n'arrive plus à encaisser les coups durs. Ce blog Journal m'est utile, c'est ma mémoire).


Je m'éclipsais rapidement et prenais le chemin du retour par des petites rues calmes .



Sur le quai, le long de la rivière, j'entends une jeune femme : "it's nice, it's funny"; elle parlait à son compagnon qui prenait une photo. Je me retourne pour voir ce qui était nice et funny! Oh yes! A mon tour de le prendre en photo, discrètement, au zoom.


Very nice!


Very funny!


Original un motard en kilt!
Le coup de vent était trop léger;-) pour savoir si..., 
comme l'exigerait la tradition!




jeudi 30 juin 2016

Chronique d'une mort annoncée

“Nous sommes en colère”. Le réseau des Centres d’art contemporain réagit à l’annonce du maire de Quimper qui condamne à mort son centre d’art.
La triste chronique des centres d’art menacés vient de s’allonger d’une ligne. Après la fermeture Des Eglises à Chelles, du Cac de Bretigny-sur-Orge et, il y a quelques semaines, de la Galerie du Dourven dans les Côtes d’Armor, c’est au tour du Quartier, le Centre d’art contemporain de Quimper de faire les frais de coupes budgétaires drastiques et de la décision de la mairie de Quimper (sa tutelle principale) qui signent son arrêt de mort. L’été dernier, le Père Ubu s’improvisait commissaire posthume d’une exposition collective dans les pas du facétieux Alfred Jarry. On y croisait les œuvres de Benjamin Seror, Pauline Curnier Jardin ou Julien Bismuth après des expositions consacrées à Guy de Cointet*, Charlie Jeffrey** ou Fayçal Bagriche. Un an plus tard, la situation, devenue ubuesque, affole le réseau des Centres d’art et son directeur Etienne Bernard qui signe la tribune ci-dessous."
(Lire la suite dans Les Inrocks...).
Une création de Charlie Jeffery m'avait inspirée;-) un jour en faisant du ménage!

 
Mes photos du jour
 



Je me dirigeais donc vers la Place Laënnec

Résultat de recherche d'images pour "emoticone"
Le Quartier 1990-2016 







La plupart des expositions que j'ai vues au Quartier m'ont laissé perplexe. Il me faut une brochure pour tenter de comprendre ce que veulent démontrer, faire passer comme message les artistes d'art contemporain conceptuel. J'ai néanmoins signé la pétition pour que le CAC ne ferme pas. Ne pourrait-il pas se transformer en Musée d'Art Moderne si l'Art (dit) Contemporain n'est pas assez "rentable" pour le Maire? Un musée n'est pas une galerie, marchande. Le Musée des Beaux-Arts de Quimper n'investit guère dans l'art moderne et l'abstraction. Le CAC pourrait devenir le CAM (*_*) ou - l'espace des salles d'exposition le permettrait - conserver les expositions d'art (dit) contemporain, conceptuel, performant ET partager l'espace (fifty/fifty) avec des œuvres d'art moderne. Je-dis-ça-je-dis-rien.
« Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d'études, d'éducation et de délectation. »

Mais un Centre d'Art Contemporain se différencie d'un musée.
NE FERMONS PAS LE QUARTIER!

mardi 15 juillet 2014

De l'importance de l'ID dans l'art



Né à Genève en 1985, 
il vit et travaille aujourd'hui à Londres.






Pour rester dans le contexte et le style de notre époque, je dirais : J'aime!
Mais on a le droit de ne pas aimer et même de se gausser :-)
Chacun est libre de ses j'aime ou j'aime pas.

Et mes petits canards sur la rivière le 14 juillet, je les aime aussi (°_-)
La surprise fut l'arrivée d'une autre portée dans l'autre sens...



 
Durant cette promenade du 14 juillet, loin de la foule, découverte originale à côté des cuisines d'un restaurant gastronomique, dans l'arrière cour. J'ai toujours pensé que les cuisiniers étaient des artistes 



Mon Bordeaux préféré!

mercredi 29 janvier 2014

***

Faire du balayage une œuvre d'art!




Block of dust



Ce qui compte dans le concept d'oeuvre d'art, c'est d'en être le créateur, d'en avoir eu l'idée première. Copier n'est pas créer.

"L’œuvre d'art se caractérise par son caractère unique, original et exemplaire" 

"Barnett Newman (école de New York) écrit en 1948 : « Le mobile de l’art moderne a été de détruire la beauté… en niant complètement que l’art ait quoi que ce soit à voir avec le problème de la beauté ».
Il s’ensuit qu’on nous demande de séparer radicalement la démarche artistique de la démarche esthétique. L’œuvre d’art ne relève plus de ce que Kant appelait le jugement esthétique ou jugement de goût.

La soumettre à ce jugement revient à accepter que l’art n’ait pas d’autonomie, que son évaluation relève d’une instance extérieure à la création elle-même. Or, la tendance lourde de l’art contemporain est de revendiquer l’autonomie du geste artistique, d’affirmer la souveraineté de l’artiste, maître des règles du jeu* qu’il soumet à un spectateur.
On ne se demande plus, comme c’était le cas à l’époque où on admettait la qualité esthétique de l’œuvre d’art : « Qu’est-ce que l’œuvre belle ou le chef-d’œuvre ? Mais qu’est que l’art ? ».

Si hier, l’artiste tenait son statut d’artiste de la nature de l’objet qu’il produisait, l’œuvre d’art tient aujourd’hui son propre statut d’un auto décret de l’artiste lui-même ou de l’institution qui le cautionne."
(Source PhiloLog) 

Une chose est sûre, cette exposition de Charlie Jeffery visitée en 2011 a marqué mon esprit puisque aujourd'hui j'y pense encore. Si je me suis amusée ce matin à "façonner" mes "moutons" mêlés de cheveux (pouah), il n'est pas question - pour le moment - que je détruise mon ordinateur et son clavier à coup de hache.

* Visiter les expositions au Centre d'Art Contemporain est en fait devenu un jeu. C'est très ludique. Cependant je reste encore perplexe sur cette notion d'art. Rien à voir avec Miró dont je trouve l’œuvre ludique, poétique, esthétique.