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vendredi 15 décembre 2017

***

Que serait l'artiste sans son chat... (cliquer...)

Et encore
Et tout de même. ..

" Les chats sont malins et conscients de l'être.  "
(Tomi Ungerer)

" Le plus petit des félins est une oeuvre d'art. "
 (Léonard de Vinci)

" Il n'existe pas de chat ordinaire."
(Colette)


mercredi 10 décembre 2014

"Oh ! L'implacable essaim de devoirs parasites"

 

Dessin de François Matton

Le temps perdu 


Si peu d’œuvres pour tant de fatigue et d'ennui !
De stériles soucis notre journée est pleine :
Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,
Nous pousse, nous dévore, et l'heure utile a fui...

"Demain ! J'irai demain voir ce pauvre chez lui,
"Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,
"Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,
"Demain je serai juste et fort... pas aujourd'hui."

Aujourd'hui, que de soins, de pas et de visites !
Oh ! L'implacable essaim des devoirs parasites
Qui pullulent autour de nos tasses de thé !

Ainsi chôment le cœur, la pensée et le livre,
Et, pendant qu'on se tue à différer de vivre,
Le vrai devoir dans l'ombre attend la volonté.


Sully Prudhomme, Tendresses et Solitudes. 

mardi 1 octobre 2013

lundi 18 mars 2013

QUAND ça me tue d'écrire aussi mal

Rien fait de passionnant la semaine dernière mais vu un documentaire sur un artiste peintre dont j'ai envie de parler, pas à la va-vite. Mais là, courage de rien, grosse fatigue? lassitude?

Pourtant cette semaine-là j'ai aussi lu ces 220 satoris mortels dont je voudrais parler, mais qu'en dire qui n'a déjà été bien ditFrançois Matton m'émerveille un peu plus à chaque nouvel ouvrage mais celui-ci, c'est vrai, me touche particulièrement et ce qu'il dit là quand il en parle, c'est exactement ça que je ressens de ma vie en le lisant :

"Ce dernier livre est né de la rencontre improbable d'un désespoir terrible et d'une joie immense.
Ce n'est pas une phrase, ce n'est pas une théorie, c'est mon expérience : l'expérience d'un désespoir terrible et celle d'une joie immense ; vécues d'abord en alternance (montagnes russes éprouvantes que nous connaissons tous), et puis simultanément — c'est là que ça devient intéressant. Que la joie puisse s'élever à tout moment au cœur de l'échec le plus noir, c'est le mystère que ce livre explore."

Chaque dessin illustre une phrase qui serait comme un haïku ou, inversement, chaque phrase inspire le dessin et pas toujours celui qu'on attend. Le rythme est une sorte d'in(quand)tation. D'ailleurs c'est bizarre de dire qu'on "lit" ce livre parce que mots et dessins vont de pair et qu'on s'attarde sur chaque page, même lue, même vue. Je l'ai lu en trois soirées, pour faire durer le plaisir; c'est un livre - pour parodier son "QUAND"** - dont je pourrais dire :

QUAND on s'oblige
à fermer un livre
pour faire durer la joie

QUAND on jette un oeil
sur les pages qui restent à lire
et qu'on le referme pour en garder
pour demain

QUAND cette fois on arrive à la
dernière page au dernier dernier dessin
et que non! on n'est pas d'accord avec son
"QUAND ON POURRAIT
AUSSI BIEN SE TAIRE"

Alors on regarde la 4e de couverture et on se met à rêver... à QUAND... hum!



** Je voudrais dire que la lecture des quelques pages que l'on peut découvrir sur la Toile ne procure absolument pas le même plaisir que d'avoir l'ouvrage en main.   
Et j'aime beaucoup ce billet qui en parle... brièvement, mais l'essentiel est dit, de belle manière.





mardi 16 octobre 2012

***

Il fallait que je profite d'une journée ensoleillée après ces derniers jours pluvieux. Je n'avais pas le courage de finir mes vitres et, j'avais envie de taper dans la balle pour vérifier que mon score de la semaine dernière n'était pas seulement un miracle.
The old lady était là, elle me devançait sur le parcours. Je ralentissais mon jeu pour ne pas la talonner; je sais qu'elle préfère jouer seule. Nombreux sont les golfeurs qui aiment jouer seuls plutôt que d'être accompagnés de partenaires pénibles. Heureusement, ils ne le sont pas tous.
90 ans et les gambettes alertes! La voilà dans le bunker, elle en sortira après trois coups, qu'importe. Elle prend l'air, marche, se fait plaisir, fait travailler ses articulations qui, ma foi, ont l'air bien huilées. Admiration!



The old lady me laisse passer au trou suivant. Tant mieux, ainsi elle marchera selon son rythme qui est tout de même exceptionnel pour son âge. Je sentais qu'elle se pressait pour ne pas me faire attendre. Arrivée à sa hauteur, je lui serre la main et lui demande - par politesse - si elle préfère continuer seule. Je connaissais la réponse. Nous nous souhaitons une bonne partie...
J'ai retrouvé mes sensations pour le petit jeu après des semaines de galère. Le miracle s'est reproduit, tout va bien! 

De retour à la maison je poursuis ma lecture : Flaubert, Lettres à Louise Colet. Quel régal! Je remercie Didier da Silva dont l'extrait dans son blog m'a procuré "une joie profonde et large" et donné l'envie de lire cette correspondance. Je ne suis d'ailleurs pas la seule à avoir été enthousiasmée, François Matton y est allé de sa plume experte et jubilatoire.

jeudi 1 septembre 2011

François Matton...

... est en TRES grande forme!
L'insomnie lui va vraiment bien.

lundi 11 juillet 2011

Montagne encore, montagne toujours

J'ai toujours dans la tête des images de montagnes depuis mon séjour dans les Alpes.



dimanche 20 février 2011

Une petite forme et une belle rencontre



J’ai lu ce "petit" livre en jubilant. Il faut l’avoir sous les yeux pour comprendre ma jubilation ; je peux transcrire ici des extraits du texte mais, ce qui fait le bonheur de cette lecture, ce sont aussi les dessins qui ponctuent le texte et vous arrachent un vrai rire - cette jubilation donc - au moment où vous commenciez à prendre très au sérieux le « je » mélancolique du narrateur, Didier da Silva. Vraiment jouissif. Les auteurs sont en grande forme.
Un extrait, mais vraiment, j’ai honte de le sortir de son contexte, sans les merveilleux dessins de François Matton que je représente par ces signes, oOoOoOo, que l’artiste me pardonne :

Je corrigeais des romans d’amour.
oOoOoOo
Des romans de trois cent cinquante pages, dits encore à l’eau de rose ou de gare – le pendant littéraire, si l’art est un homard, des bâtonnets de surimi.
oOoOoOo
Qu’il vente ou pas, tous les quinze jours, depuis toutes ces années (la fleur de ma jeunesse), j’en recevais, par retour de mail, sitôt que j’en avais retapé un, un autre (le même).
oOoOoOo
L’amour et les romans n’en sortaient que grandis.
oOoOoOo
Et c’était là, tout de même, si on voulait bien y réfléchir cinq minutes, un métier bizarre, grotesque, improbable. Car enfin une telle chose ne se trouvait possible que par l’existence préalable de la cuculterie romantique, du mariage comme horizon indépassable, du machisme, de la psychologie de bazar, de l’imprimerie, des avides imprimeurs, du pléonasme, d’un lectorat féminin et vaste sommairement alphabétisé, de la grande distribution, de l’Internet, des tourniquets dans les maisons de la presse, du lieu commun, de la grammaire et de l’orthographe.
C’était se donner beaucoup de mal pour simplement m’empoisonner la vie.
oOoOoOo
Ma mère quand je lui faisais part de mes douleurs dorsales, me vantait les mérites d’une ceinture médicale, dont j’étais d’autant plus bête de me priver quelle était, merveille des merveilles, « entièrement remboursée par la Sécurité Sociale » ; mais je rechignais un peu à l’idée de la rejoindre si benoîtement dans le troisième âge.
oOoOoOo
Allons, n’y avait-il pas encore d’autres choses à tenter, comme ces exercices simplissimes dont un ami m’avait fait la démonstration
oOoOoOo
ou ces longueurs de piscine que je m’essoufflais à additionner (plus que trois et le compte est bon !),
oOoOoOo (Je ne vous dis pas le fou-rire en voyant les dessins (0_0))
déterminé en quittant le bassin à y retourner au moins tous les jours mais détourné bien vite de cet honorable dessein par le premier prétexte venu (là aussi il n’y a qu’à se baisser, aïe) ?
oOoOoOo
Si j’ose dire, le travail avait bon dos. J’aimais être assis, même lorsque la Nécessité (avec une grande haine) n’exerçait sur moi aucune contrainte par corps.
Didier de Silva, François Matton, in Une petite forme, éditions P.O.L., 2011.

Ce livre est le résultat d'une belle rencontre via Internet de deux blogueurs qui ne se connaissaient pas. Internet fait parfois des miracles, pour notre plus grand plaisir. Il me reste maintenant à lire le dernier roman de Didier da Silva, L’Automne Zéro Neuf qui vient de sortir, auteur qui m’avait déjà séduit il y a un an avec ses deux romans : Hoffmann à Tôkyô et Treize mille jours moins un.


Ma collection personnelle de ces deux auteurs. Je suis fan et...
je ne possède pas d'actions chez leurs éditeurs.
Quand on aime, on ne compte pas et
dix euros pour ce petit bijou,
c'est donné!

samedi 15 janvier 2011

Les Beaux Sentiments

Gourmandise mélancolique du jour : Tout va bien.

Hier, vendredi (suite).

20 heures.
Et bien sûr, comme une évidence, ce livre que j’ai choisi à la bibliothèque


me ramène dès les premières pages vers cette mélancolie qui est chez moi comme une deuxième peau ; il n’y a donc pas de hasard dans le choix de mes lectures. Je lis peu de romans et celui que je viens de commencer, d’entrée, me parle d’un suicide, celui d’un élève. Extraits : c’est la rentrée scolaire au "Gymnase*" (le narrateur enseigne le français dans cet établissement suisse et Bertrand était un de ses élèves l’année précédente) :

Premier chapitre.

[…]
Demi-heure d’avance, mais beaucoup de collègues déjà, pressés autour des armoires, des ordinateurs, de la photocopieuse qui tourne sans discontinuer… Facile, dans cette effervescence, d’aller inaperçu jusqu’aux tables du fond poser sa serviette et de vérifier que rien n’y manque : agenda, bloc-notes, Tartuffe, Le Horla, En attendant Godot, relus et annotés encore pendant les vacances, sur lesquels il pourrait sur-le-champ repasser sa licence…
[…]
Confiance qui revient, et a bien raison de revenir : bon prof, Aubort, la rigueur, la méthode, l’abstraction, l’ironie, le paradoxe déstabilisateur et fécond – personnalité bien trouvée de puriste nimbé d’humour, de faux pète-sec dans sa tour d’ivoire ouverte aux quatre vents, et de quoi donc le remercie-t-on aux cérémonies de promotions, sinon d’avoir enseigné à "approfondir" à "argumenter" sans "sortir du sujet".
[…]
Les "circonstances", comme dit Glarner, il les apprend dans l’ascenseur, en montant avec eux à la salle de conférences.
Elles le laissent, sur le moment, quasi indifférent. Seul un "pourquoi" criard, informe, commence à émerger ; le "comment" n’a pas d’importance, et dégage à la fois trop d’effroi.
Mais plus tard, il aura le temps, oui, tout le temps de scruter jusqu’à la nausée le visage, les gestes d’un garçon de dix-huit ans qui, par un beau soir d’été, monte sur sa petite moto , passe à côté d’une terrasse où sont assis les copains et copines […] leur adresse un signe de la main, continue, bifurque cent mètres plus loin, s’engage sur un débarcadère, et va pleins gaz se jeter au lac.
[…]


Deuxième chapitre.

Le deuxième coup se fond dans le premier.
Debout à son habitude, dominant la salle de sa haute taille, Fillettaz présente ses vœux pour l’année scolaire qui commence, puis annonce, la voix altérée, le "décès tragique" de Bertrand Fiaugères, élève appelé à entrer en 3A, chez qui tout paraissait annoncer à la fois l’excellence et la santé les plus prometteuses".
Quelques réflexions sur la vanité de prétendre juger un geste "qui dépasse l’entendement", puis ça vient en deux ou trois détours, sa tête penchée puis relevée, son regard passant d’un rang à l’autre, cherchant le sien…
- Il va de soi que la vie continue, que les cours reprennent normalement, mais chacun sait le danger de la contagion dans ce genre de situation. Donc j’attends des maîtres de cette classe qu’ils renoncent, du moins dans les premières semaines, à certains sujets de réflexion, surtout sur certaines lectures. A ce propos, monsieur Aubort, vous voudrez bien vous présenter à mon bureau sitôt après votre dernière leçon, à quinze heures trente.
En hommage au disparu, l’assemblée priée de se lever, minute de silence…

Il n’ose relever la tête pour voir si Fillettaz continue de le regarder.
De toute façon, il est transpercé.
Madame Bovary, Les Fleurs du mal, Thérèse Desqueyroux, Voyage au bout de la nuit, La Grande Peur dans la montagne, les voilà, ses "lectures" de l’an passé en 3A…
Ce pays nous ennuie, ô Mort, appareillons !...
"Les êtres nous deviennent supportables dès que nous sommes sûrs de pouvoir les quitter."
"Il faut choisir, mourir ou mentir ."
Ô vers noirs compagnons sans oreilles et sans yeux,
Voyez venir à vous un mort libre et joyeux
;
"Et, croyant qu’il voulait jouer, elle poussa doucement. Il tomba par terre. Il était mort ."
"Le petit Ernest ? – Mort aussi."
"Ce monde n’est je vous l’assure qu’une immense entreprise à se foutre du monde !"

[…]
Il pourra dire ce qu’il voudra, expliquer qu’il ne s’agit là que de purs "classiques" étudiés d’ailleurs dans toutes les classes de la francophonie, mais le fait est qu’il n’a pas réfléchi une minute aux effets qu’une telle succession d’œuvres noires pouvait produire sur ses élèves au-delà de leurs travaux écrits, dans leur vie, leur âme, leur chair…
Pire : il n’a pas réfléchi, et pourtant la nouvelle ne l’a pas complètement surpris, il fera croire ce qu’il voudra, mais il n’était pas tranquille, il savait, il s’y attendait

Jacques-Etienne Bovard, in Les Beaux Sentiments, édition Bernard Campiche.

* "Le "Gymnase" désigne, dans le canton de Vaud (Suisse), l’institution officielle de l’enseignement secondaire supérieur ; il fait suite au au "Collège", et prépare, en trois ans, à la maturité fédérale (baccalauréat) ou au diplôme de culture générale. Les élèves ont habituellement de seize à dix-neuf ans." (Le Gymnase n'existe pas comme aucun des personnages de ce roman).

Je ne peux dire encore si ce roman va me plaire mais j'aime ces premières pages; je pense qu'il va me permettre de me "poser" un peu, après le dialogue philosophique de Saint-Augustin avec Pétrarque, dans Mon secret de Pétrarque.

On pourrait penser - à me lire - que je suis triste parce que je parle de mélancolie, mais non, parler de la mélancolie est pour moi aussi naturel que parler de la mort, cela fait partie de la vie, de ma vie. Ce sont des sujets que j'aborde vaillamment en famille, avec des éclats de rire, tandis que "tous" me regardent d’un air abasourdi et réprobateur ! Il n’y a qu’avec ma plus jeune sœur que nous philosophons sur ces sujets, sans peur, et nous en ressortons souvent sereines et joyeuses.


20 h 15.
Je regarde Arte, un reportage sur la Baie de Naples, tandis que sur les autres chaînes les informations parlent de la situation en Tunisie. Mais ce vendredi soir, après une journée à serrer les dents pour ne pas pleurer, j’avais le droit de sécher mes larmes - non contenues - avec des images de soleil et de lumières ocres et chaudes, de la chaleur brûlante du Vésuve.
Il y a à Naples un "pétillement" dans l’air, qui serait dû à la joie de vivre des napolitains, comme un "pétillement amoureux". Les napolitains aiment être élégants et trouvent leur bonheur (et leur cravate… à "Neuf plis") chez Marinella.


Futile ? Oui, quand on se bat ailleurs parce que la vie est trop chère, ô que j’aime la futilité… quand tout va mal; c’est la seule chose qui puisse encore me faire rêver, comme la beauté du soleil levant sur la Baie de Naples vu dans ce magnifique reportage. Et qu’y a-t-il de plus important que de rêver ?

mercredi 28 avril 2010

Quelques réflexions à bâtons rompus


En faisant une recherche sur Rodin, j'ai découvert ce livre de Philippe Sollers sur les Dessins érotiques de Rodin.

Qu'y a-t-il sur vos murs?
"Presque rien. Un dessin de Rodin, un petit nu ; un magnifique rouleau que j’ai trouvé dans un coin à Pékin - de la calligraphie. Elle représente mon idéal, le paysage avec l’écriture, le tableau en même temps que le poème. C’est magnifique de ne pas accepter la dislocation entre d’un côté ce qu’il y a à voir et de l’autre ce qu’il y a à dire. C’est la même chose."

Je redécouvrais également lors de cette recherche les dessins de Matisse et leur correspondance chez Rodin, que ce soit dans les sculptures ou les dessins, la comparaison ne laisse de surprendre. Les artistes ont souvent été inspirés par des maîtres; je retrouve aussi le dessin ci-dessous de François Matton, un contemporain, qui, par le mouvement, autorise également la comparaison, le rapprochement.
Rodin, Femme nue aux longs cheveux renversée en arrière, vers 1900


Matisse, Grand Acrobate, pinceau et encre de chine. 1952.




François Matton, fusain, dessin.

J'aime quand dans l'érotisme d'un tableau, d'une photo, la lecture vient s'insérer; cela donne une spiritualité sensuelle à laquelle je suis très sensible.

 Antoine Wiertz, La liseuse de romans, huile sur toile. 1853.




Willy Ronis, Estelle, Paris. 1999

samedi 10 avril 2010

Sixième jour


Mardi 30 mars.

Je dors de mieux en mieux dans ce studio, il faut dire que j'enfonce mes boules Quiès jusqu'à la gorge! Ni volets ni rideaux aux fenêtres, j'avais heureusement prévu mon "loup" pour occulter la lumière.
Petit déj. en écoutant F. Inter, comme chez moi; je suis conquise par ce studio, le propriétaire m'avait laissé sa chaîne hi-fi, sa radio, sa télé (pas beaucoup regardée).
Je pars rue Montorgueil - çà devient une habitude - prendre un café serré. Il fait toujours très frisquet.

Je retourne au Salon du livre cet après-midi; je sens que je commence à être fatiguée. Je n'arrête pas de marcher depuis maintenant cinq jours. Un jeune homme vend des billets d'entrée à 5 euros au lieu de 9 à la sauvette; je crains de me faire arnaquer, suis un peu c.. et je vais acheter mon billet à l'entrée principale à 9 euros. Pfff! Vendredi j'avais une invitation. Je refais le tour, m'arrête au studio de France Culture espérant y faire une pause mais à l'heure où je passe pas d'émission en direct. Sur le stand de France Info, Katherine Pancol; je l'ai déjà beaucoup entendue parler de ses livres, je n'ai pas envie de m'arrêter. Je m'attarde sur quelques stands de livres d'art; à vrai dire, je voudrais pouvoir m'asseoir un peu en feuilletant des livres mais pas un banc, pas une chaise dans ce Salon. Je crève de chaud et me dirige vers un bar que j'aperçois pour prendre une petite bouteille d'eau pétillante; on me donne un verre en plastique. Il y a quelques tables et chaises toutes occupées. Je sens que je commence à saturer; je rêve d'être dans une librairie silencieuse, entourée d'ouvrages où se trouverait un petit salon avec des fauteuils clubs comme celle que j'affectionne dans ma ville et qui s'appelle Les vents m'ont dit (titre d'un livre de Xavier Grall). Je remarque que mes librairies favorites portent des noms évocateurs (Les vents m'ont dit - L'écume des pages...). Je me souviens aussi de cette délicieuse librairie découverte à Noirmoutier Trait d'union et de son charmant jardin de curé où l'on pouvait siroter un café en feuilletant des livres, des revues.



Je passe chez l'éditeur P.O.L. pour compléter un peu ma collection d'ouvrages de François Matton mais là je crois qu'il me faudra faire un billet à part pour parler de ce merveilleux dessinateur-écrivain et du livre acheté DE PIÈCES EN PIÈCES Chroniques sur des oeuvres nomades. Ce livre d'art est riche et nous parle d'art contemporain sans emphase... Les dessins et les textes de François Matton sont devenus pour moi le baume au coeur qui me redonne le sourire quand je vais mal, grâce à lui TOUT VA BIEN.

En fait je suis revenue aujourd'hui au Salon du livre (le Saloon de la foire du livre comme l'a dénommé cette année France Inter) pour rencontrer Philippe Annocque et me faire dédicacer son dernier livre Liquide (j'apprendrai que le prochain va sortir cet automne). C'est un écrivain dont j'ai déjà parlé; découvert grâce à son blog et dont j'ai beaucoup aimé les livres. Dès que je l'aperçois je le reconnais, je m'approche, intimidée, je me présente (il me reconnaît me dit-il, ben oui, à force d'échanger des commentaires sur le blog on finit par imaginer l'autre et parfois on ne se trompe pas). Mais que je suis nulle; je n'ai pas su lui parler, je lui avais déjà tellement dit combien son écriture m'avait séduite que je n'osais plus rien dire; il était pourtant très chaleureux. Bon, ce n'est pas grave, j'avoue que j'aurai préféré un endroit plus intimiste (où j'aurai pu m'asseoir enfin), avec aussi du vrai liquide;o) pour faire disparaître le trac : une librairie, voire un bistrot où il aurait fait une lecture ou nous aurait parlé de lui, bref il m'a fait une très jolie dédicace et je suis repartie, trop rapidement, assoiffée, avec mon Liquide sous le bras, saturée du Salon. Je déteste les Salons (chut).

Je ne pouvais pas traîner, une soirée très douce, m'attendait chez mes plus chers amis au monde, dans leur atelier : mes anciens voisins parisiens.


Un couple merveilleux, lui, Michel Rousseau, est artiste-peintre et sculpteur, elle, sa muse. Je ne séjourne jamais à Paris sans passer les voir. J'avais besoin de leurs bras ce soir, qui savent si bien m'envelopper de leur douceur, de leur tendresse, de leur amitié, de leur amour, tout ce qui me manque au quotidien. Elle me dit : j'ai fait un pot-au-feu (elle sait que j'adore son pot-au-feu qui nous réunissait le soir de Noël, oui un plat simple pour ce réveillon qui n'avait besoin d'autre chose que ce nous partagions richement). Aïe et moi j'ai apporté une bouteille de Valpolicella, j'avais tellement apprécié la veille celle dégustée avec mes petites chéries! Mais ça sira très bien me dit-elle avec son accent catalan que j'adore. Je les ai quittés les yeux brillants du bonheur d'avoir passé cette soirée avec eux. Trop de choses à dire sur ces quelques heures précieuses pour pouvoir les écrire.

Je prends le métro, la ligne est directe, il est 23 h 30. Je pense à toi, si tu savais comme tes amis parlent toujours de toi, comme si tu étais vivant, je veux dire, comme si tu n'étais pas mort. C'est fou çà. J'aurai comme une envie d'être amoureuse ce soir... de quelqu'un d'autre, tsss! Ma vie amoureuse est un désert!

mardi 6 avril 2010

Troisième jour

Samedi 27 mars.

(Je ris en mettant cette date, je pense à un blogueur inconnu qui ironise sur l'écriture d'un Journal; il n'a pas tort).

Donc, ce samedi, pfutt la migraine, partie, envolée! Matinée, idem le veille : un express rue Montorgueil puis je décide d'aller faire un tour sur les Grands Boulevards. Boulevard Saint-Denis, je suis étonnée de voir le nombre de très jeunes asiatiques - dès le matin - qui font le tapin. Plus loin je passe devant le REX : souvenirs de cette salle immense où, à l'époque, on pouvait fumer sans avoir l'impression d'être dans un nuage de fumée, l'air conditionné renouvelant l'air en permanence. Je crois me souvenir aussi d'un plafond comme un ciel de nuit étoilé mais je ne suis plus certaine que ce soit au REX. Ce dont je suis sûre c'est d'avoir vu, à l'entracte sur scène : les Grandes Eaux, je jure que c'est vrai. Je poursuis ma balade et décide d'aller à pieds jusqu'à Opéra. Près de la station de Métro un groupe d'individus se chamaillent et crient, un type a le visage en sang. Gratiné ce Boulevard. J'attends au feu pour traverser, le trottoir d'en face a l'air plus calme. Non, c'est pas vrai! A l'entrée d'une rue perpendiculaire au Boulevard j'aperçois un type accroupi qui... Mon Dieu quelle horreur. Vite je n'ai plus envie de rester sur ces Boulevards; çà n'arrive qu'à moi de voir des trucs horribles! Un bus arrive, direction Opéra, je le prends, d'ailleurs faut que je ménage mes gambettes, j'ai plein de choses à voir. Je m'extasie devant le Palais Garnier, c'est vraiment quand on vient à Paris en touriste que l'on voit la beauté de cette ville (bon, j'occulte le laid et les horreurs). Je commence à être fatiguée mais je pousse à pieds jusqu'à la rue Tronchet pour aller à la Carpe. J'adore cette caverne d'ali-baba! Et chouette j'ai trouvé un petit bec verseur anglais pour ma jolie théière en porcelaine (héritée de ma mère) dont j'ai cassé le bout du bec. Si je n'avais craint d'être trop chargée au retour j'aurais acheté une jolie bouilloire.

Je passe sur le déjeuner... sur le pouce!

Après-midi direction le Trocadéro, le Musée d'Art Moderne me tente. Je m'en tiens aux collections permanentes d'art contemporain. Je me régale. Je partirai bien sous le bras avec une tête sculptée de Fautrier! Là, les photos sont autorisées, sans flash, mais je me dis que sur Internet via Insecula je pourrais en avoir de plus belles. Bon, j'en ai quand même pris deux ou trois... Je descends au sous-sol voir Le théâtre d'ombres de Boltanski. Tout de même, ces collections permanentes que l'on peut voir gratuitement, quel privilège.

 Fautrier, Visage de jeune fille étonnée




Les oeuvres ne sont pas des objets autonomes
Les oeuvres ne sont pas des bibelots que l'on aligne
Les oeuvres ne sont pas fermées sur elles-mêmes
Les oeuvres ne sont jamais fixées
Les oeuvres sont toujours en devenir

François Matton, DE PIECES EN PIECES Chroniques sur des oeuvres nomades. Editions P.O.L.

Je passe à la cafétéria et m'assois en terrasse en contemplant la Seine, la Tour Eiffel, un bateau mouche passe. Entre les colonnes du Palais de Tokyo, Michaël Jackson me fait un clin d'oeil!



Soirée chez des amis près du Canal Saint-Martin. On ne s'étaient pas vus depuis 15 ans!!! Emotion de voir sur les murs quelques tableaux de mon Aimé. Ils veulent tout savoir de ma journée, de ma vie... depuis lui, sans lui...J.P. a vu que j'étais un peu fatiguée et m'a ramené en voiture dans le Marais. Ma nuit sera courte.
(Cliquer sur les photos pour agrandir)

mercredi 20 janvier 2010

Les blogs : enième

Paresseux sans histoire, François Matton

Bloguer c'est communiquer! Oui mais si communiquer c'est déconner, çà devient vite lassant. Il y a déconner et déconner! Le 20 novembre j'écrivais ce billet, pensant que que j'allais tenir le coup et ne plus commenter. Et j'ai continué de lire sans pouvoir m'empêcher de commenter ceux (textes ou dessins) que j'aime. Et voilà, mon gilet pare-balles a encore pris des coups. Il faut dire aussi que je ne dois pas être dans la même tranche d'âge que la plupart des "commentateurs". Pourtant j'aime tellement rire, et j'ai le rire facile.
Donc, cette fois, je dois absolument me contenter de lire ces blogs et me taire.
devrait être possible tout de même. Je-vais-y-arriver!
Comment faire pour me taire quand je vois ce dessin qui me fait craquer? Je ne peux pas lui "foutre la paix" à ce koala. Bon, la girafe il l'a rajoutée après, tsss! (elle est trop mignonne aussi).

dimanche 10 janvier 2010

L'oreiller de rêve



Je vais pouvoir bientôt ouvrir un magasin! Depuis un an, est-ce mon changement de lit, l'impossibilité d'avoir la tête au nord, les insomnies deviennent récurrentes! Alors, j'achète toutes sortes d'oreiller, espérant à chaque fois avoir enfin trouvé le bon! Habituée aux oreillers carrés je me suis dit que peut-être les rectangulaires allaient moins me tordre le cou. Ben non. Et hop, en voilà deux à mettre au rancart; je fais en plus dans le détail, achat d'un rectangulaire bio en fibre de bambou, en 15 jours, j'en ai fait deux oreillers en un, plus de fibre au milieu, nul. Le deuxième rectangulaire en fibre creuse siliconée, idem. Bon, voyons voir avec des carrés : je reprends mon oreiller en plumes (mais çà fait du bruit dans l'oreille, oui oui, je fais de l'hyperacousie;o)), même pas la peine de reprendre un carré en fibre siliconée, j'ai les joues en feu avec. Et si j'essayais un traversin sous l'oreiller? Hop, j'achète un traversin de luxe dans une boutique spécialisée. Pire que tout, réveil au milieu de la nuit avec un torticolis. La rage, je balance le traversin et j'essaie de me rendormir, un oreiller rectangulaire à gauche et à droite, au milieu pour ma tête un rectangulaire (heureusement que je suis seule, il est d'ailleurs possible que je dormirais mieux sur une épaule, quoi... que), au réveil je suis entourée d'oreillers en bataille et je me dis : mais qu'est-ce que j'ai fichu cette nuit?



François Matton : C'est mérité


Je me demande si ce n'est pas celui-ci qu'il me faut;o)?
Mon dernier achat, hier, j'ai hésité entre un oreiller ergonomique et un oreiller carré en latex. Le vendeur n'a pas réussi à garder son sérieux en me voyant faire mes essais d'oreillers sur le matelas de sa boutique : sur le dos, sur le côté, avec l'un puis avec l'autre, revenant à l'un puis à l'autre, je n'arrivais pas à me décider. Un moment j'ai cru que j'allais m'endormir sur celui en latex. Je l'ai acheté. Première nuit sans torticolis, c'est déjà çà!



Fragonard, Rêve d'amour

mercredi 6 janvier 2010

Petite merveille...


... "Fish never sleep" que l'on peut voir ici aujourd'hui sur le blog de François Matton qui, lui aussi, fait des merveilles. Peintre mais surtout dessinateur et j'ai envie de rajouter poète, tant les textes qui accompagnent ses dessins sont délicieux. Son dernier ouvrage publié est un petit bijou Autant la mer , double plaisir : celui du dessin et des légendes.