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mardi 11 septembre 2018

Ô douceur d'un soir de septembre





  
11 septembre 2018
Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s'oublie
Aux soleils couchants.

Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,

Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves.


Paul Verlaine


lundi 22 février 2016

Vous avez dit LABEL? C'est EXTRA!


Voilà ce qu'on annonce  quand je clique sur le site WAT!!!! (Voir image et texte ci-dessous).
Je n'ai jamais été prévenue par ce site qu'il allait être supprimé afin que je puisse transférer mes vidéos personnelles chez un autre hébergeur!!! 
Ecœurée et effondrée! Ces vidéos représentaient pour certaines un vrai travail qui accompagnait mes documents sur la littérature, sur des écrivains, des journalistes, des expositions, des artistes-peintres, des cinéastes et, des documents plus personnels.
C'est absolument inadmissible. Disparues mes vidéos. Des heures de travail perdues!
J'ai tenté, vainement, de m'inscrire sur MY TF1 (PAS DU TOUT) XTRA.
Impossible de retrouver mes vidéos "Watnews". C'est à pleurer. C'est révoltant.



Chers membres Wat,

La plateforme WAT telle que vous la connaissez n'existe plus, mais nombre de vos vidéos sont
désormais disponibles sur MYTF1 / XTRA.
XTRA, c'est le nouveau Label de TF1, exclusivement dédié aux contenus que vous ne trouverez pas sur
les chaines du Groupe TF1 : Créations originales, webséries, séries vintage !
Sur XTRA, les vidéos sont disponibles gratuitement et notre équipe éditoriale vous a sélectionné ce qui
se fait de mieux actuellement sur le web !
Les contenus sont disponibles partout, sur le web (www.mytf1.fr/xtra), sur votre mobile/tablette via www.mytf1.fr/xtra ou l'APP MYTF1 (iOS et Android) et même sur votre télé (via le Replay MYTF1 sur la Freebox, Bbox et SFRbox).
L'équipe WAT

Je tente alors de chercher un contact sur le site, il n'en existe pas. Via Google je trouve celui-ci et je réponds à leur questionnaire; puis au moment d'écrire le message, une fenêtre s'ouvre, sans arrêt, empêchant d'écrire dans la case du message. 

Vais-je prendre un avocat pour faire un procès contre un EMPIRE monstrueux pour récupérer mes vidéos chéries? Tsss!

Et, bien entendu, dès que je les enregistrais - pauvre idiote - je les supprimais de mon ordinateur. Et, bien évidemment, elles ont aussi disparues des billets dans lesquels j'en avais insérées quelques-unes, comme  ici ou là ou encore là. Et là... c'est sans fin.
Ma belle journée passée au Conservatoire de musique de Lausanne, plus de vidéo non plus. Bien sûr, je pourrais en retrouver quelques-unes, conservées par hasard, mais jamais je n'aurai le courage de les réinsérer - via un autre hébergeur - dans les billets de mon blog d'où elles ont disparues, le téléchargement est trop long.
  
J'ai le cœur serré ce soir, alors qu'en ce moment il est très chahuté.
 

samedi 28 septembre 2013

Salut l'ami...

Émotion ce matin en recevant des photos de lac, de montagnes, d'un ami Suisse... comme une réponse à mon billet d'hier et un encouragement à poursuivre, à vivre...

Ce Léo je le lui dédie :

"A l'occasion du passage de Léo FERRE au Dejazet, interview de l'artiste dans sa loge sur l'amitié, la vieillesse, son ami Lochu."


 

Léo Ferré, ET... BASTA! 
 (Extraits)

"Qu'est-ce que je fais ici, à cette heure, attendant je ne sais quelle sonnerie de téléphone me rendant une voix, quelque part, quelque chose de fraternel, d'insoumis, de propre, de comme ça pour le plaisir, de rien, de larmes j'en ai trop en veux-tu? de quoi, enfin? Penses-tu!
Le silence, lui, ne téléphone jamais, et c'est bien comme ça, c'est bien.
La vie ne tient qu'à un petit vaisseau dans le cerveau et qui peut déconner à n'importe quel moment, quand tu fais l'amour, quand tu divagues, quand tu t'emmerdes, quand tu te demandes pourquoi tu t'emmerdes.
Il faudra que je prenne un jour quelque distance et dire à qui voudra mon style de pensée et de vie et de mort et je m'en monterai doucement du fond de l'An dix mille...
[...]

Je vous apporterai des animaux sauvés, l'innocence leur dégoulinant des babines ou de leurs yeux...
Je mangerai avec eux, de tout, de rien.
Je boirai avec eux le coup de l'amitié et puis partirai seul vers un pays barré aux importuns
Presque tous.
Je suis un oiseau de la nuit qui mange des souris
Je suis un bateau éventré par un hibou-Boeing
Je suis un pétrolier, pétroleur de guirlandes et de marée plutôt noire comme mes habits, et un peu rouge aussi, comme mon coeur
J'aime
La multitude
La multitude
Les chiens
Les hiboux

Les horreurs"


vendredi 19 juillet 2013

Dans la chaleur de l'été, je...

Les plages doivent être noires de monde avec cette chaleur. (Les pauvres. Mmm!)
Et je glandouille devant mon écran avec mon ventilateur!
Sur les conseils d'un ami, j'ai rempli ma baignoire d'eau froide. 
Au lieu de prendre des douches tous les quarts d'heure je trempe dedans toutes les heures.
Je glandouille et je me mouille.
J'observe...


Un pigeon "dans sa cage"


Hier il était là...


 ... et c'est lui qui m'observait!


Après avoir voleté toute la nuit, le papillon se repose, c'est le matin.
Laissons-le tranquille. A midi, il est toujours là.


Allons poursuivre ma lecture : Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau de Linda Lê, avec un dictionnaire à portée de main. C'est fou le nombre de mots, de verbes que je ne connais pas sous sa plume. Je suis vraiment ignare!

"Il s'amuït". S'amuïr : rendre muet.
"Les homoncules du bolchévisme". 
Homoncule :  
1    petit homme imaginaire doué d'un pouvoir surnaturel  

2    familier   petit homme  
"L'héautontimorouménos qu'il était s'efforçait de se libérer des imagos..." (0_0)
Héautontimorouménos : Bourreau de soi-même.

Qu'on se rassure, la plupart des chapitres peuvent se lire sans dictionnaire. Je rappelle qu'il s'agit d'un essai :

Linda Lê rend un hommage exaltant à ses seize écrivains de prédilection, qui l'ont tant aidée à vivre.
On aime passionnément
Ils sont seize, quinze hommes et une femme. Seize flammes littéraires entretenues par une gardienne de temple bienveillante, consoeur de plume ayant consacré toute son oeuvre romanesque à la question de la survie par l'écriture. Linda Lê, chuchoteuse cinglante et réfléchie, nous présente ses écrivains de chevet dans une série de portraits brefs, denses et aimants, où affleurent, avec la même urgence nerveuse, ­l'essence profonde de ses auteurs de prédilection et sa vérité intime à elle. Citons-les, pour que les connivences ou appétits de découverte soient de suite éveillés. Il est, parmi ces noms, des sésames pour un indéfectible lien de papier, à la vie à la mort : Ghérasim Luca, Georges Perros, Stig Dagerman, Robert Walser, Louis-­René Des Forêts, Felisberto Hernández, Ladislav Klíma, Osamu Dazai, Hanokh Levin, Sándor Márai, Karel ­Capek, Tommaso Landolfi, Juan Rodolfo Wilcock, Louis Calaferte, Stanislas ­Rodanski et ­Simone Weil.
(Télérama)

 L'héautontimorouménos

A J. G. F.

Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher !
Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Sahara,
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon coeur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?

Elle est dans ma voix, la criarde !
C'est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon coeur le vampire,
- Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire !
  
Charles Baudelaire
 

dimanche 19 février 2012

A demain la Mer, dans tes bras

Délicieuse, tonique, vivifiante, salvatrice, vitale, solitaire...ma balade dominicale à Pors Poulhan.

"Petite crique devenue port il y a 100 ans, Pors-Poulhan marque le partage des eaux entre Cap Sizun et Pays bigouden.
Sur la rive sud de Pors-Poulhan, la statue de la Bigoudène de René Quillivic scrute la mer. Le sculpteur est enfant du pays. Sur la rive nord, un amer blanc et rouge marque l'entrée du port, resserré par un goulet de roches prolongées de deux digues. C'est à l'abri de ces deux contreforts que se réfugie une flottille composée de barques, penn-sardin et jabadaos. Une flotte bigarrée qui repose sur un lit d'algues par marée basse."


Les premières photos, prises en arrivant dans le petit port, sont en contre jour.












LEO FERRE
LETTRE À LA MER


En Bretagne, le 20 août 1957

J'ai vite fait cette nuit, avec la route qui m'arrivait dans les yeux comme un ciné d'asphalte, j'ai vite fait pour te revoir.
L'Aube n'en finissait pas de bailler dans son plumard d'ouate fusain et cette radio allemande qui essorait sur mister Hertz la musique du plan Marshall!
C'était Francfort, je crois, où tu n'es jamais allée, ni moi non plus.
Entre deux cris de saxophone j'imaginais Paul Valéry et ses oeillades à ton museau d'éternité, je pensais aussi à la philosophie perverse du homard réclamant son visa pour l'Amérique et se délestant subito de sa carcasse pour finir tout mou et minable dans une gueule à la française.
Vrai, la mue de ce pauvre homard dans ce casier, l'année dernière, entre deux gammes, ça n'est pas une des moindres de mes découvertes, sous tes jupons de varech, quand tu foutais le camp là-bas reprendre un peu de sang à la lune...
Tu es une galvaudeuse, la mer, et je t'adore.

Moi, je suis né sur ta cousine, la Méditerranée, tranquille, souriante, avec l'accent aussi, bleue certes, plus souvent que toi puisqu'on la teint, à ce qu'on m'a dit, pour les touristes, chaque été... sans doute des combines à syndicats d'initiative!
Bref, ta cousine fait le tapin pour le baccara, on l'a muselée, ce sont les galets qui la retiennent, le sable il y a belle lurette qu'il s'en fout, il traîne à Juan-les-Pins sous le cul des demoiselles.
Minable, je te dis, la Méditerranée. Ils ne sont même pas arrivés à en faire une opérette potable. Toi, tu as fait la croche à Debussy...
Il est vrai qu'il avait un sacré talent!

Quand j'ai débarqué ce matin tu n'étais pas là, sans doute ton rancard lunaire.
Il y avait bien tes cheveux qui traînaient, encore tout mouillés de la nuit, mais ton admirable tête d'écume loin de mes mains toutes sèches des villes farfouillait l'horizon de je ne sais quelle hâte à recoudre des draps de coutil bleu lavasse.
Que tu es mystérieuse, la mer! Où pars-tu loin de moi quand j'arrive tout gris d'essence.
Vas-tu regonfler de ton sel quelque baleine danaïde ou te perds-tu en conjectures langoustines?
Joues-tu avec ces bateaux riches jusqu'à les démâter ou peut-être cajoles-tu le mousse en lui remplissant la mémoire de sardines hors commerce!
Les rocs jaloux te crachent à la figure et toi tu les lapes d'un coup en les laissant debout dans leur connerie de granit pendant que tu ravales ta vague travailleuse.
Tu les pompes, les rocs, tu les écorches pour te broder la dentelle où tu dors le soir avec tes chevaux de marée haute!
Tes chevaux! parlons-en, ils hennissent à m'en faire perdre toute la musique.
Sur tes tringles de rocailles il fait beau les voir dans leurs galops d'équinoxe éructant tes baves d'outre-tombe et broutant les esquifs guignols.
"Les chevaux de la mer ne traînent qu'une idée".
Tu peux rajouter cette couronne au cimetière marin... ça ne me fera pas faute.
La métaphysique, tu le sais, ne fait pas le poids d'une palourde.

Tous ces noyés en puissance et qu'on appelle les estivants que font-ils donc avec leur oeillères-chaises-longues?
C'est toi le spectacle et ils sont sur la scène, nègres saisonniers à tirer la couverture, pendant que "tu leur sers la soupe" et des souvenirs de café du commerce.
Que tu es bonne, la mer, d'exister pour ceux qui ne te voient jamais!
Les jouets en caoutchouc, les petits seaux et les petites pelles, les bouées dites de "sauvetage" aussi peut-être, tout cet attirail impersonnel, te rendent bien plus hommage dans leur candeur inhumaine que le vieux monsieur ventre à l'air, le goujat, qui t'arrime dans ses jumelles ou que la pin-up qui te brasse vers les midis quand tu es repue, calme et désolée.
L'idée que je me fais de toi, vois-tu, est d'une autre planète pour ne pas dire d'une autre qualité...

Lorsqu'il m'arrive de parler aux hommes avec un parti pris de sincérité, tiens-toi bien, je dis que je ne t'aime pas, que tu me fais peur, que je t'ai entrevue par hasard au cinéma où à Deauville, quand tu es de service, bref ça fait toujours son petit effet et l'on me demande pourquoi? avec l'à-propos de gentillesse qui caractérise les "bonnes" relations.
Tiens, il n'aime pas la mer, ce petit! eh bien on va lui demander de s'expliquer...
Alors, du tac au tac je leur réponds: "parce que j'ai le même mal qu'elle".
Et ils rient à cordes cassées, ah! ah! "le mal de mer, le mal de mer..." Ils ne savent pas ce que c'est le mal de vivre, ces imbéciles, pas vrai, la mer?
Ils ne savent pas ce que nous savons tous les deux depuis que l'on sait quelque chose dans cet univers glacé: la certitude que nous ne savons rien, et tu le sais tellement bien toi, que l'idée même d'être la mer te fait continuer à être la mer...

C'est un peu comme moi : l'idée que je suis un homme me fait continuer à être un homme.
Moi qui te pense, me dirais-tu, moi qui t'invente et qui te nomme, je pourrai peut-être me bousculer et aller voir ce qu'il y a derrière!
Tu ne peux pas t'acheter un browning pour en finir une fois pour toutes avec tes ressacs et tout le tremblement, moi oui... je peux m'acheter un browning, mais je ne le fais pas parce que j'ai peur, et surtout parce que je suis heureux dans ce que je fais, parce que je ne m'ennuie que lorsque je t'écris, ce n'est pas de l'ennui, non, c'est de la tristesse, parce qu'il faut que je t'écrive une lettre qui composera mon livre qui n'est pas encore composé, parce qu'il ne faut pas que je meure avant d'avoir fini ce que j'entreprends aujourd'hui avec toi et avant même d'avoir écrit beaucoup d'autres choses, avant d'avoir encore fumé des Celtiques à m'en arracher les éponges, pas les mêmes que toi, moi je respire avec, toi tu commerces, avant d'avoir mangé des kilos et des kilos de spaghettis à l'italienne, expressément cuisinés par mon Amour, chez moi dans ma maison, parce que j'aime la vie et que le mal de vivre, dont je t'ai touché une bribe tout à l'heure, n'est qu'une manie littéraire et que la littérature y'en a marre comme on dit à l'Académie Française.

Vois-tu la Mer, tout ce qu'on a entrepris sur ton dos, depuis que les "artistes" t'ont fait CONCEPT, me donne la nausée car il y traîne toujours quelque malversation poético-commerciale qui rend ta beauté monocorde et inutile.
Au fond, tu n'es qu'un ciel mouillé, comme mes yeux, quand je pense à toi sans te mettre sur une carte postale ou dans une symphonie, mais en t'aimant, ce matin, de retour des villes où ça sent l'homme, tout seul dans un coin de la plage, et lisant avidement le calendrier des marées, seule philosophie que je te concède.

A demain la Mer, dans tes bras.