jeudi 10 décembre 2009

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J'ai croisé une très vieille femme cette après-midi sur les fairways. Le dos un peu voûté, elle tirait son chariot sans trop de peine. On lui avait donné l'autorisation de le garder (malgré l'interdiction en ce moment), vu son grand âge. Son swing était mesuré et sans amplitude mais je voyais sur son visage une joie de vivre l'instant présent. Je lui donnais au moins 80 ans. Elle ratait souvent sa balle et en remettait une autre aussitôt, avec la même application. Je lui fis un sourire quand on se croisa. Elle avait quelques trous d'avance sur moi et vint un moment où nos fairways furent parallèles. Sa balle arriva sur le mien par erreur. J'en profitai pour lui parler et lui dire mon admiration de la voir jouer à son âge, (même si ce fut malhabilement). C'était une anglaise j'aurai dû m'en douter, mais elle parlait français et j'appris qu'elle avait 87 ans! Elle me dit qu'elle perdait beaucoup de balles car elle ne voyait plus très bien. Je lui proposai alors de finir le parcours avec elle, pour regarder sa balle. Elle fut ravie, et moi aussi. Je rêvai un instant qu'à mon tour, je pourrai toujours jouer quand j'aurai son âge et y prendre plaisir.
Les 9 premiers trous terminés, elle s'arrêta, un peu fatiguée mais l'air heureux. Elle me salua par un joyeux : have a good time! J'ai fait les 9 derniers seule, je ne sentais plus le poids de mon sac sur l'épaule, çà m'avait ravigoté de voir cette lady porter ses 87 ans avec tant de bonheur.

J'avais soudain oublié que je ne voulais pas vieillir. Grâce à elle, je n'avais plus envie de mourir jeune.