samedi 30 octobre 2010

Donner un sens joyeux


Je m'étais dit : un an maxi ou 500 billets ou mon prochain anniversaire!
L'année est passée, les 500 billets aussi (584), reste donc la date d'anniversaire. Les deux chiffres de cet anniversaire dans quelques semaines sonnent comme une sentence : ça suffit. Tu es trop vieille pour poursuivre. Bon, nous verrons bien.

Nous allons changer d'heure, si on pouvait changer d'âge! Mais je m'en fiche, je n'ai plus envie de mourir... pour le moment.
Une journée grise, pluvieuse, venteuse, normal c'est le week-end de Toussaint. Les pots de chrysantèmes sur les tombes vont valdinguer! Je ne vais jamais sur ta tombe à la Toussaint. Ça y est voilà, je commence à me répéter, à radoter, preuve qu'il est temps que j'arrête d'écrire ici.

Je n'ai jamais pensé, je ne pense jamais à toi comme à un enterré. Tu es mort certes, mais tu n'es pas dans cette tombe où je ne vais jamais à la Toussaint, ce jour où l'on commémore les morts. J'y vais - me casser les reins à la nettoyer - sur cette tombe - où tu n'es pas - au mois de mai, quand la nature explose, pour donner un sens plus joyeux à ce devoir.




Aujourd'hui, le long du quai, sous ce ciel gris,
je n'étais même pas triste.
Etat de grâce.