dimanche 19 juin 2011

Journal : escapade (suite)

Samedi 28 mai 2011.

Dernier jour pour aller à la Mer de Glace. Il fait beau, je profite de la matinée pour faire des achats dans Chamonix. Puisque je voyage en voiture je n'ai pas de problème de poids et de bagages pour ramener quelques cadeaux. J'avoue que je serais bien tentée par des fromages et des saucissons très appétissants mais mes vacances ne sont pas terminées et la température élevée ne me permet pas de garder ces nourritures dans le coffre de ma voiture. Ce seront donc cadeaux moins périssables.

A 14 heures je me dirige vers la gare pour aller prendre le petit train qui va à Montenvers.



Aujourd'hui, le petit train n'est plus à vapeur ni à crémaillères mais électrique
et il fait un bruit d'enfer!


"La Mer de Glace est un glacier de vallée de 12 km qui se trouve au versant nord
du Mont Blanc et recouvre un territoire d’environ 32 km2, allant de 4000 à 1500 m
d’altitude. Elle est ainsi le glacier le plus grand et le plus long des Alpes occidentales.
Lors du Petit âge glaciaire la Mer de Glace croissait plus ou moins de manière continue
en s’étendant jusqu’en bas, près de Chamonix à 1000 m. Le caractère intéressant
du paysage et son accessibilité facile ont toujours fait du glacier un objet de recherche
par excellence, attirant savants, artistes et touristes. Cela a mené à une grande quantité
de matériel historique qui permet un bon témoignage de la Mer de Glace."

Nous sommes arrivés, le train se vide pour être rempli illico par des touristes qui redescendent dans la vallée! Le trafic est incessant.


La vue est magnifique même si, il faut le reconnaître, la Mer de Glace a bien fondue!
Je visite la Galerie des Cristaux qui présente l'histoire des cristalliers. Il y a de très belles pièces.
Malheureusement la Grotte de glace est fermée.
Puis, je me balade sur le site en faisant un arrêt rêveur devant Le Grand Hôtel du Montenvers, bâtisse sombre. Il n'empêche qu'il doit être merveilleux d'y passer une nuit pour voir le coucher du soleil de près et, surtout, se réveiller avec cette vue éblouissante.
L'hôtel est complet! Je me promets de venir y passer une nuit si je reviens l'année prochaine.







Je me fais prendre en photo ici par un touriste mauricien qui est avec son petit garçon.
En échange, je les prends tous les deux avec son appareil.

“Entre les quatre ou cinq cents glaciers que l’on compte dans la chaîne des Alpes, il seroit difficile
d’en trouver un plus intéressant que celui des Bois [Mer de Glace]. […] les glaces descendent,
pareilles à un grand fleuve dont les ondes auroient été suspendues tout d’un coup par une force
inconnue. […] L’arcade de glace qui se forme à l’embouchure du glacier […] est une des principales
merveilles de la vallée de Chamonix. […] Rien n’est plus frappant que le contraste des morceaux de
glace écroulés, d’une blancheur pareille à celle de la neige, avec la couleur transparente du plus beau
bleu foncé et d’aigue-marine de cette grotte enchantée.”
Samuel Birmann (1793–1847) in “Souvenirs de la vallée de Chamonix”, 1826

On peut voir ici la Mer de Glace vue par le peintre et graveur Marc-Théodore Bourrit en 1773.
Et ci-dessous par Jean-Antoine Linck, information sur cette oeuvre ici :

Masterpiece of glacier and landscape representation showing the Mer de Glace in 1799 seen from le Chapeau by Jean-Antoine Linck. Note the perfect scenery with foreground and background. The picture must have been taken from the cave-like position where the old Chapeau had been (“Vue prise de la voûte nommée le Chapeau, du glacier des Bois et des Aiguilles du Charmoz”; signed down right “J.-A. Linck 99”; oil on canvas; 39 x 50 cm.
© Musées d’Art et d’Histoire de Chambéry).

Dimanche 29 mai 2011.

Je me repose dans le parc de l'hôtel puis à la piscine pour un dernier bain.
Le soir je range mes vêtements dans mes bagages, la tête pleine d'images. Je prends une dernière photo vue de ma chambre, la nuit; on dirait que la montagne éclaire le ciel!



Puis je prends ma douche en écoutant - le coeur plein de rêves - sur mon ordinateur, un des CD que j'avais emportés... (Extraits).



Lundi 30 mai 2011.

Il est 10 heures, les bagages sont dans le coffre, je quitte Chamonix sous un soleil déjà brûlant.
Direction Genève/Evian!
Ah oui! Chamonix se prononce sans x:)

samedi 18 juin 2011

Les motards se rebiffent dans un calme assourdissant

Cools les motards!


La manif en live cet après-midi.



Attention, baisser le son!




Ayant vécu quelques expériences en tant que passagère,

je sais que la majorité des motards est disciplinée et
 je soutiens leur mouvement tout comme je contresigne cette pétition! Non mais!


vendredi 17 juin 2011

***

Je n'étais pas retournée sur le blog de François Matton depuis mon retour de vacances.
Puisqu'il s'arrête temporairement, je rattrape mon retard.
C'est toujours aussi beau, joussif!

Je vous défends de dire à une femme que ses rides sont charmantes

"J'avais trente-sept ans, et je me trouvais à bord d'un Boeing 747. L'énorme appareil descendait à travers de gros nuages chargés de pluie, et s'apprêtait à atterrir à l'aéroport de Hambourg. La pluie froide de novembre obscurcissait la terre, et tout, absolument tout, du personnel technique revêtu de cirés aux drapeaux qui flottaient mollement sur le bâtiment de l'aéroport, en passant par les panneaux publicitaires pour BMW, baignait dans la mélancolie caractéristique des peintures flamandes. Une fois encore, j'étais de retour en Allemagne."
Chapitre 1, premier paragraphe.

« Je lisais beaucoup, mais, contrairement au lecteur qui dévore une grande quantité de livre, je préférais relire plusieurs fois ceux qui m’avaient plu. Les auteurs que j’aimais alors s’appelaient Truman Capote, John Updike, Scott Fitzgerald, ou Raymond Chandler, mais, en classe comme au foyer, je ne trouvai personne aimant lire ce genre de romans. Ils lisaient tous Kazumi Takahashi, Kenzaburô Oe, Yukio Mishima, ou encore des romans français contemporains. Il était donc normal que nous n’ayons pas de sujets de conversations communs, et je pris l’habitude de lire seul en silence. Je lisais et relisais mes livres, et, fermant les yeux de temps en temps, j’aspirais profondément leur odeur. D’ailleurs, le seul fait de respirer l’odeur d’un livre et d’en feuilleter les pages me rendait heureux. »
Page 42.

« Ce jour-là, contrairement à son habitude, Naoko parla beaucoup. Elle me raconta son enfance, l’école, sa famille. […] Je mettais un disque et, quand il était terminé, je le changeais. Je les passais tous ainsi, avant de revenir au premier. Il n’y en avait que six en tout, […] et le dernier Waltz for Debby de Bill Evans. Dehors, il continuait de pleuvoir. Le temps s’écoulait lentement, tandis que Naoko parlait toujours.
La manière artificielle avec laquelle Naoko parlait semblait venir du fait qu’elle faisait attention à ne pas aborder certains sujets.
[…]
« Je vais bientôt partir. Sans compter qu’il y a l’heure du train », dis-je en regardant ma montre.
[…]
Les lèvres légèrement entrouvertes, elle me fixait d’un air indécis. Elle ressemblait à une machine stoppée en plein mouvement. Ses yeux étaient voilés, exactement comme s’ils avaient été recouverts d’une fine membrane opaque.
[…]
Ses yeux se remplirent de larmes qui roulèrent sur ses joues, et elle s’effondra dans un grand bruit sur la pochette de disque. Maintenant qu’elle avait commencé, elle ne pouvait plus s’arrêter. […] C’était la première fois que je voyais quelqu’un secoué d’aussi violents sanglots. Je tendis doucement la main pour toucher son épaule qui tremblait. Puis, presque inconsciemment, je l’attirai dans mes bras. Toute tremblante, elle pleurait en silence, blottie contre moi. Ses larmes et sa chaude respiration humectèrent ma chemise, qui ne tarda pas à être complètement trempée. Ses dix doigts erraient sur mon dos à la recherche de quelque chose, quelque chose de précieux qui s’y serait trouvé autrefois. Je soutenais son corps de la main gauche et, de la droite, caressais ses cheveux longs et soyeux. J’attendis longtemps dans la même position qu’elle veuille bien s’arrêter. »
Pages 52 – 53 – 54.

« Cette femme faisait une très curieuse impression. Elle avait beaucoup de rides sur le visage, et c’était cela que l’on remarquait en premier, mais elles ne la vieillissaient pas, bien au contraire : ces rides mettaient l’accent sur quelque chose de juvénile sans rapport avec l’âge. Elles collaient parfaitement à son visage, comme si elles s’étaient trouvées là dès la naissance. Quand elle riait, elles riaient aussi, et, quand son visage se durcissait, elles se durcissaient à leur tour. Quand son visage n’était ni grave, ni rieur, elles s’éparpillaient un peu partout avec ironie et chaleur. […] J’eus tout de suite de la sympathie pour elle.
[…]
« Moi aussi j’ai eu vingt ans. Même si c’était il y a très longtemps, reprit Reiko. Vous me croyez ?
- Bien sûr que je vous crois !
- Vous me croyez vraiment ?
- Je vous crois vraiment lui dis-je en riant.
- J’étais assez mignonne en ce temps-là, même si je ne l’étais pas autant que Naoko. Et je n’avais toutes les rides que j’ai maintenant. »
Je lui dis que j’aimais beaucoup ses rides. Elle me remercia.
« Mais à l’avenir, je vous défends de dire à une femme que ses rides sont charmantes. Même si je suis contente qu’on me le dise.
- Je ferai attention. »
Page 122.

« En revenant à la maison après le dîner, Naoko et Reiko déclarèrent qu’elles allaient se laver au bain commun du quartier C. […] Après leur départ, je me déshabillai, pris une douche et me lavai les cheveux. Puis, tout en me séchant les cheveux au séchoir, je pris un disque de Bill Evans parmi ceux qui se trouvaient sur une étagère, m’apercevant, quelques instants plus tard, que c’était le même que celui que nous avions écouté tant de fois dans la chambre de Naoko le jour de son anniversaire. C’était la nuit où elle avait pleuré et où je l’avais prise dans mes bras. C’était déjà si loin, alors que cela s’était passé à peine six mois auparavant ! Sans doute était-ce parce que j’y avais repensé sans arrêt depuis, et qu’à cause de cela j’avais perdu la notion du temps écoulé. »
Page 137.

Haruki Murakami, in La ballade de l’impossible, éditions du Seuil, 1994.

Ce livre m’a touchée, parfois ébranlée. Il y a une immense tendresse, une poésie, une douceur pour parler de la solitude, de la folie, de la disparition. Je n'avais rien lu de cet auteur et je ne regrette pas d'avoir fait sortir ce roman des réserves de la médiathèque, ne figurant plus dans les rayonnages. Ne pas hésiter à faire réapparaître des ouvrages enfouis dans les sous-sols, on a parfois d'heureuses surprises, comme celui-ci qui, était également remisé et que, du coup, j'ai fait remettre en circulation!

"J'ai voulu parler de ce qu'on éprouve quand une personne aimée se perd et disparaît. Une personne qui avait de l'espoir, de la volonté, une personne avide d'aimer, mais qui s'est égarée. J'ai connu beaucoup de gens précieux qui se sont perdus au détour d'un chemin ; ils me manquent toujours. J'avais envie d'écrire pour eux. C'était la seule chose que je puisse faire : écrire sur eux. Pour eux. Sur l'espoir qui s'en va, l'absence de but, la perte de tout repère. C'était le sentiment qui devait servir de fil conducteur. Le sentiment est essentiel dans une histoire. Vous pouvez écrire une très bonne histoire, bien agencée. Mais sans sentiment pour la porter, la nourrir, ce n'est rien." (Haruki Murakami).

"Dans la Ballade de l'impossible, il y a six personnages. Trois survivent, trois disparaissent et passent dans l'autre monde - ils se suicident. Trois restent dans ce monde-ci, mais ils savent à la fin combien il est instable. C'est une forme de mono no aware ("la poignante mélancolie des choses" chère à la poésie japonaise traditionnelle, ndlr). C'est étrange parce que quand j'ai commencé La ballade de l'impossible, j'avais cette idée selon laquelle trois des six personnages disparaîtraient, mais je ne savais pas qui. Quand j'écrivais, je me demandais qui survivrait, qui mourrait." (Haruki Murakami).

"Son dernier roman sera l’un des événements de la rentrée littéraire de septembre en France. 1Q84 ( « Q » se prononce comme « 9 » en japonais) est sorti au Japon en trois volumes aux éditions Shinchosha. Il s’en est vendu, en tout, plus de 4 millions d’exemplaires. Les deux premiers volumes, une somme de 1.000 pages, se sont écoulés à un million d’exemplaires en deux semaines. Le roman d’Haruki Murakami est devenu un phénomène de société. L'île de Sakhaline, de Tchekhov, citée dans 1Q84 , a été réimprimée devant l'afflux de demandes.
Le succès d'un véritable écrivain, à ce niveau-là, résiste à toutes les explications. 1Q84 paraîtra en deux volumes, aux éditions Belfond, le 25 août, le troisième volume sortira en 2012. On y suit le destin d'une tueuse à gages et d'un professeur rêvant de devenir écrivain. [...] Haruki Murakami, né à Kyotô en 1949 et élevé à Kobe, est régulièrement cité pour le prix Nobel de littérature. Il se fait rare dans les médias. Ses romans sont empreints de fantastiques mais ont toujours pris en compte la réalité contemporaine."
M.-L.D. dans le JDD.

jeudi 16 juin 2011

Journal : escapade (suite)

Vendredi 27 mai 2011.

Le temps passe trop vite. Je pars au golf réserver un départ pour la fin de l'après-midi. Le parcours est paraît-il très beau et puis, j'ai pris mon matériel. Il est à 5 kms de l'hôtel.
Départ OK à 17 h 30, tarif réduit à cette heure-là.
J'irai demain à Montenvers voir la Mer de Glace de près.

Je me repose, je lis : La ballade de l'impossible de Haruki Murakami; ça me plaît beaucoup. J'avais lu un article où l'on parlait du film qui vient de sortir, tiré du roman, et j'ai eu envie de lire le livre.
Puis je vais à la piscine. Il fait très chaud, je vais me baigner, je sens la migraine latente.

Vers 14 heures les nuages recouvrent l'Aiguille du Midi. Je filme des sportifs qui font du parapente. Souvenirs... aux Arcs, il y a... cinq ou six ans. Je rêvais d'en faire et j'ai eu mon baptême de parapente avec un moniteur. Je ne pesais pas assez lourd. Rigolade au décollage, il faut courir et le moniteur m'a presque soulevée, j'étais écroulée de rire, mais ça n'a pas duré! Dès que nous prîmes de la hauteur j'eus mal au coeur; il m'indiquait ce que nous apercevions mais j'avais la nausée. Je le lui dis. Il a vite compris. Appuyez votre dos contre mes jambes me disait-il. Je n'écoutais plus rien, j'avais peur de vomir, je voulais qu'on redescende tout de suite. La balade a été écourtée et nous avons atterri à Bourg Saint-Maurice. J'étais verte mais j'avais réussi à maîtriser ma nausée. Ouf! En reprenant le téléphérique pour remonter aux Arcs, je n'étais pas la seule à avoir été malade; une jeune-fille près de moi n'en était pas non plus remise. Maintenant quand je vois du parapente et les pirouettes que font certains, je suis épatée!

Crédit photo ici.


A 16 h, le ciel est complètement couvert, les montagnes sont noires, il fait très lourd et l'orage se déclenche. Il pleut des trombes d'eau, des éclairs zèbrent le ciel et le tonnerre gronde. Pas de chance, je ne vais pas pouvoir aller au golf, trop dangereux. Je téléphone pour annuler.
Tant pis, je n'aurai pas joué à Chamonix.

A 18 h, la pluie s'est arrêtée, j'aperçois un bel arc-en-ciel. Etonnant, il n'est pas dans le ciel mais sur la montagne!



Je vais au village avant le dîner. Il fait bon, la température s'est bien rafraîchie, l'Arve a grossi!

Source: photo prise par Christophe Jacquet été 2001.
Arve à Chamonix-Mont-Blanc. Sur le pont, passe une rame « Z800 » de la ligne Saint-Gervais-Vallorcine. Au fond, on aperçoit la chaîne du Mont Blanc, et notamment le glacier des Bossons.
Source : Wikipédia.

(A suivre)

mercredi 15 juin 2011

Journal : escapade (suite)

Jeudi 26 mai 2011.

Cette fois je vais la voir de plus près cette Aiguille du Midi que j'aperçois de ma chambre! Je ne suis pas équipée pour la température qu'il doit faire là-haut, tant pis, deux pulls devrait suffire, un foulard autour du cou et mes chaussures de marche, même si, je ne vais pas escalader la montagne mais prendre le téléphérique! Le ciel vu de la terre est bien dégagé. J'ai mon multipass, tout est OK. Il est 10 heures, beaucoup de monde au guichet, je rentre de justesse avant la fermeture des portes. Je suis seule dans la foule des touristes et je vis ce moment avec intensité.

"Depuis plus de 50 ans, la célèbre et la plus haute des Aiguilles de Chamonix est un site mondial incontournable.
En 20 minutes, le téléphérique de l’Aiguille du Midi, le plus haut d’Europe, gravit plus de 2700m de dénivelée et offre un voyage unique entre ciel et terre pour accéder aux 4 terrasses panoramiques et toucher du doigt l’univers de la Haute Montagne.
Des visiteurs de tous pays et de tous horizons s’y côtoient toute l’année.
Ainsi, alpinistes et guides en partance pour le Mont-Blanc croisent aisément les vacanciers venus contempler en toute sécurité les plus grands glaciers d’Europe et les plus hauts sommets de France, d’Italie et de Suisse."

Quelques photos prises à travers la vitre pendant la montée qui se fait en deux étapes.
 
La mer de glace
 

 
Puis, je filme une partie de la montée : première étape.





Nous sommes arrivés, la plupart des touristes s'arrêtent là, peut-être pour aller jusqu'au sommet plus tard (il faut dire que pour monter jusqu'en haut, c'est pas donné mais ça vaut le coup). Moi je suis si impatiente de monter là haut que je poursuis tout de suite. Nous remontons dans le téléphérique, moins nombreux, moins bruyants. Pendant la montée j'ai l'impression que tout le monde retient sa respiration devant tant de beauté sauvage. Je sens la mienne qui ralentit, arrivée au pic de l'Aiguille, les nuages ont enveloppé la crête. J'aperçois sur la gauche, deux marcheurs qui grimpent au Mont Blanc. Féérique. Malheureusement sur la vidéo ce sont deux petits points noir sur la gauche...

La montée filmée.
Est-il utile de préciser que mes vidéos ne transmettent pas une once de ce que je voyais, ressentais.


Et voilà, j'y suis à l'Aiguille du Midi : 3842 m! Et ça caille. La plupart ont mis leur polaire, leur bonnet, avant de descendre du téléphérique. J'ai enfilé mes deux pulls et finalement j'ai supporté les -4°qu'il faisait ce jour-là tandis qu'à Chamonix il faisait 29°.  Pour preuve de l'écart de température entre Chamonix et l'Aiguille du Midi, voir ici. Je grimpe les marches doucement pour accéder aux terrasses, je suis essouflée et j'ai un peu de mal à respirer, ce doit être l'altitude. Les nuages enveloppent l'aiguille, c'est dommage, il faudra que je revienne, mais qu'importe, ce que j'ai vu, ce que je vois me transporte de joie. Je pense à ceux que j'aime. Ben oui, ces vacances sont un vrai cadeau pour moi. Je reviendrai!!!

Des touristes me prennent en photo pointant du doigt l'endroit où nous sommes!


Au retour, je m'arrête à la première étape pour profiter de la vue et prendre un café au Bar de l'Aiguille. J'ai bien fait d'attendre le retour pour faire cette pause, il n'y a plus un pékin! Que des moutons tout de même ces touristes. J'y rencontre un couple qui me propose de m'attabler avec eux avec mon café, ce sont des randonneurs équipés comme des pros et amoureux de la montagne. Ils vont pique-niquer là, quelle bonne idée. Je vais reprendre le téléphérique pour Chamonix. A vrai dire, je n'ai qu'une envie, y retourner avant la fin de mes vacances.




“Il n’y a dans les Alpes rien de constant que leur variété.”

mardi 14 juin 2011

***

J'entends sa voix à la radio... Il est en reportage à Bruxelles.
Trois? Quatre? ans que je ne l'ai plus entendu au téléphone et pourtant, toujours cette petite vibration quand je l'entends en direct. Il ne sait plus rien de moi, si je suis morte ou vivante; moi je sais qu'il est vivant, quand le hasard fait que j'allume la radio juste au moment où il parle.
Je l'ai aimé, je ne l'aime plus. Mais je ne le déteste pas.
Les amours éphémères sont peut-être les plus éternelles.

lundi 13 juin 2011

Journal : escapade (suite)

Mercredi 25 mai 2011.

Balade dans les rues de Chamonix. Je sais que je suis dans un village de montagne, les promeneurs, les touristes, sont des marcheurs : short, bermuda, il fait très chaud, grosses chaussures de marche, bâtons de marche nordique. Les terrasses à l'ombre sont pleines, celles au soleil, vides!
Je me dirige vers l'Office de Tourisme, l'accueil est aimable, on me renseigne et m'offre quelques documentations. Je sors et m'installe sur une de leurs chiliennes  sur la place, face à l'église, pour les consulter.



Quelques touristes sont installés avec leur ordinateur portable, le wi-fi fonctionne.
Il y a une excursion en groupe prévue par l'hôtel cet après-midi à l'Aiguille du Midi mais je préfère y aller seule, demain matin. Je me lève et regarde le panneau "Histoires au Mont-Blanc" en me disant : que penseraient les pionniers de l'ascension, de ces touristes scotchés à leur ordinateur? Mais ne jetons pas la pierre, je reviendrai à l'Office avant mon départ pour trouver un hôtel pour la suite de mes vacances.

La vallée inspire des artistes peintres, comme Adrian Zingg, Marc Théodore Bourrit, Charles-François Jalabert, Jean-Antoine Linck...

Jean Antoine Linck - View of the Chamonix Valley, 1789 (coloured engraving)

Il est évident qu'à mon retour je vais faire des recherches approfondies sur l'histoire du Mont Blanc. Pour le moment je joue les touristes lambdas!

Bureau de la Cie des Guides en trompe-l'oeil


Détails

Dans l'après-midi, je décide d'aller au Musée des Cristaux mais je trouve porte close, ouverture le 1er juin! Dommage.


Je découvre alors un salon de thé japonais qui donne sur une petite cour charmante. Joie!



Pas de chance : ouverture le 6 juin!!! Ah mais, la saison commence en juin! Pourtant toutes les boutiques sont ouvertes et les touristes ne manquent pas. Soit, je vais rentrer à l'hôtel me reposer et prendre un thé à la piscine, la vue y est exceptionnelle!



(A suivre)



dimanche 12 juin 2011

Journal : escapade (suite)

Mardi 24 mai 2011.

Je suis réveillée tôt, sans doute impatiente de tirer les rideaux et de voir ces montagnes enneigées dans un ciel d'un bleu glacier lumineux. Éblouissement!
Mais j'ai faim! Vite descendre prendre le petit (énorme) déjeuner sur la terrasse bien exposée au soleil du matin.
Je lève les yeux, je me dis que je rêve. Je ne pense à rien, enfin presque...


Quel sera mon programme aujourd'hui? Pas de programme. Repos après ces deux journées de route, juste profiter de cette beauté et faire le tour du parc de l'hôtel et peut-être lire à l'ombre d'un arbre. Où que je sois, la vue me chavire.




Je m'installe dans le parc dans l'après-midi, j'ouvre un des livres que j'ai emmenés avec moi : Télé-Notes de Georges Perros, mais voilà, je suis déjà complètement déconnectée et lire un ouvrage sur des notes critiques de la télévision vue par Perros en 1992 ne me passionne pas du tout; ça ne colle pas avec ce je vois, ce que je ressens, là, sous cet arbre d'où j'aperçois encore cette crête, avec sa pointe : l'Aiguille du Midi.


Je ferme les yeux et tente de faire le planning de ma semaine mentalement. Demain je serai fraîche, dispose et reposée. Je me renseignerai à la réception ou plutôt à l'Office du Tourisme car les réceptionnistes de l'hôtel ne sont guère souriantes.

(A suivre). 

vendredi 10 juin 2011

Journal : escapade (suite)

Lundi 23 mai 2011.

Après une nuit à Beaune, je reprends la route à 9 heures. Je devrais arriver à Chamonix vers midi. J'emprunte l'Autoroute blanche, le paysage est superbe.
Dès que j'aperçois les montagnes je piaffe de joie!
Je m'arrête vers 10 h 30 sur une aire de repos pour profiter du paysage et des Aiguilles de Warens.



Turin       
Milan      
Chamonix
Youpi! Je ne suis plus très loin. Je suis éblouie par ce que j'aperçois... et je vois déjà le Mont-Blanc.


Je pose mon appareil de photo sur le tableau de bord pour faire une vidéo ratée; il eut fallu qu'il fût à la hauteur de mes yeux et qu'il ne glissât pas.  Ah ah ah! C'est une vidéo que j'aurais dû intituler : Mon tableau de bord:)




Je suis déjà émerveillée et pourtant je ne sais pas ce qui m'attend en arrivant à Chamonix. Cette vue inoubliable, de ma chambre.





(A suivre)

jeudi 9 juin 2011

De, l'indécision

Pas de paramètre pour supprimer mes billets d'un seul clic.
Depuis deux jours j'avais donc commencé la suppression de ceux-ci "un par un". Évidemment je n'ai pas pu m'empêcher de les relire : 300 billets sur 777 de supprimés. J'avais les larmes aux yeux en relisant certains mais aussi le sourire en redécouvrant d'autres. Mais ce qui m'a interpellée, c'est l'utilité des billets sur les expos, les pièces de théâtre vues, les livres lus,  et je me disais, c'est dommage de supprimer tout cela, définitivement.

Alors voilà, c'est le regard embué que je réhabilite le tout. Je le trouve joli mon journal extime et peut-être même que je vais le poursuivre. Oui, je suis comme cela, un jour je dis oui en pensant non, un jour je pleure, un jour je ris, un jour je veux mourir, un jour je veux embrasser la terre entière. J'ai un besoin viscéral d'écrire, de me dire, et puis, d'après les mails reçus, ce n'est pas inutile. Et celui qui parle de mon blog extime comme "d'un feuilleton dont on connaît le programme à l'avance" peut s'abstenir de le lire.

"Mais quel directeur de conscience comprendrait assez subtilement ce flottement, cette indécision passionnée de tout mon être, cette égale aptitude aux contraires."

André Gide, in Journal 1889-1939, 19 janvier 1912.

mardi 7 juin 2011

Le dernier... pour la route

Un ami m'écrit ceci :
"[...] je ne comprends pas bien ces décisions d’arrêter, sans cesse reportées. Il y a, dans ces annonces, comme un cri, un appel, une menace pourquoi pas, qui m’interrogent. "

Il a raison sur certains points :
- c'est assez bordélique ce qui se passe dans ma tête
- est-ce un cri? Oui, sans aucun doute
- un appel? Non, je n'ai pas l'habitude de lancer des appels dans le vide
- une menace??? Vraiment pas. Et cette idée me fait sourire tout de même.
Il s'agit aussi de ma part d'une hypersensibilité, d'un manque de carapace, d'une hypersincérité inadaptés au virtuel, d'où cette décision qui peut sembler saugrenue. Il suffit parfois d'une grande déception pour faire basculer nos fondements. 

Beaucoup d'indécisions, je le reconnais, blog fermé, ou privé, ou ouvert... ma décision est prise. Ce ne sera rien de tout cela. Ce blog/journal m'a aidé à vivre pendant presque deux ans, au rythme d'un écrit chaque jour. J'en avais besoin. Aujourd'hui je suis sereine, je peux donc le supprimer, il n'intéresse que moi, je l'ai sauvegardé, pour moi, ce sera ma mémoire. Il ne restera que ce billet.

777è

Le compte est bon.

Un curieux lecteur et faux-ami me contraint de prendre la décision de fermer l'accès à mon blog.
Seuls mes amis seront invités et les personnes ayant souhaité précédemment en avoir l'accès, l'auront.
Néanmoins il me faut quelque temps pour "copier/coller" toutes les adresses e-mails.
Merci de votre patience.
Blog ouvert à tous jusqu'à mercredi. Cette fois, je ne reviendrai pas là-dessus.

dimanche 5 juin 2011

Journal : escapade

Dimanche 22 mai.

Le coffre est plein, le réservoir d'essence aussi.
Il est 8 h 30 et je quitte Quimper direction Chamonix via Paris. Que de l'autoroute, pas d'arrêt touristique.
J'ai réservé un hôtel pour la nuit à Auxerre.
Ma feuille de route est sur le siège passager avec la carte.
Je m'arrête toutes les deux heures, je regarde mon compteur sans arrêt pour respecter la vitesse, j'ai tendance à appuyer sur le champignon. Rouler à la vitesse autorisée m'endort; au-delà, je suis obligée d'être plus vigilante donc plus réveillée.
A 14 h 30 j'ai un coup de pompe, l'autoroute c'est monotone. J'ai dépassé Paris.
La radio m'accompagne et quelques CD quand je ne capte pas clairement les stations.
16 h 30 j'arrive à Auxerre; trop tôt pour m'arrêter, qu'est-ce que je vais faire dans cet hôtel, trop fatiguée pour aller me balader. Je les appelle pour annuler ma réservation, j'avais jusqu'à 18 h pour le faire sans frais. Je décide de poursuivre jusqu'à 18 heures 30.
Je conduis comme une automate, je suis en roue libre, je ne pense à rien, sauf à cette impression de liberté que je ressens toujours lorsque je conduis.
Je ne sais pas où je vais m'arrêter pour dormir en n'ayant rien réservé.
18 heures, la fatigue se fait sentir sérieusement, je plisse les yeux pour voir la route, il va falloir que je m'arrête.
Le panneau : Beaune, les Hospices me fait signe il est 18 h 30, dix heures que je suis sur la route, je n'en peux plus, je sors de l'autoroute et, direction centre de Beaune. Pas question d'hospice, ce n'est pas encore mon heure pour mourir. Je plaisante, on y boit du bon vin.
Bon, faut trouver un hôtel. Celui-ci a l'air avenant, je me gare, je rentre : complet me dit la réceptionniste.
Flûte, je vais avoir du mal à en trouver un. En arrivant j'ai vu un Bed and Breakfast, bof, je tente, je fais demi tour revient sur mes pas. OK, il y a une chambre, pas chère du tout, confort mini mais tout à fait suffisant pour une nuit. Suis K.O. Je me repose une demi heure. Allez, hop, une douche, j'ai l'estomac dans les talons, je vais aller dîner, il est 20 heures.
Le centre ville est très calme. Où vais-je dîner? Je me gare. J'emprunte une petite rue pavée, très étroite, j'aperçois une jolie enseigne, l'entrée du restaurant est une sorte de voûte en pierres, très basse, elle est ouverte (il faut dire qu'il fait une chaleur torride) et laisse voir l'intérieur éblouissant de beauté. Je jette un oeil sur les cartes avant de rentrer, sans vraiment regarder les prix, tant l'endroit me paraît sublime.
Je descends les trois marches, quelques tables déjà prises, l'ambiance est chaleureuse dans cette Abbaye du XIIè (je l'apprendrais plus tard), le maître du lieu s'avance vers moi avec le sourire, me demande si j'ai réservé. Non bien sûr. Il s'éloigne dans une pièce puis revient et me propose une table dans un coin ou une autre plus ouverte sur l'espace que j'accepte avec plaisir.
Tout se détend en moi, j'oublie la route, la fatigue, je rougis de plaisir d'être là. Le patron est très aimable et vient prendre ma commande. Un apéritif? Non merci. Je n'ai presque rien mangé de la journée et j'ai très faim. Je ne prends pas d'entrée (les prix sont à la hauteur de l'établissement) mais je me rattraperais sur le fromage qui a l'air appétissant.
- Et que souhaitez-vous boire?
Hé hé, je ne suis pas à Beaune pour boire de l'eau.
- J'aimerais un verre de vin blanc, que me proposez-vous?
Pas question de lui demander les prix évidemment.
Il me propose deux vins : un Chassagne-Montrachet et un autre dont je n'ai pas compris le nom, un Côtes de Beaune... il parlait trop vite et je lui ai fait confiance. J'hésitais donc, il me faisait la description des deux qui semblaient très goûteux à l'entendre, ce dont je ne doutais pas un instant.
- Je vais vous faire goûter les deux et vous choisirez.
Il est vraiment charmant cet homme  et son visage est généreux.
Il revient avec deux verres à dégustation.
L'un a une couleur claire très belle, l'autre est plus jaune. C'est ce dernier que je préfère, c'est le Montrachet.
- Je vous laisse les deux me dit-il puis il verse celui que je préfère dans le verre à Bourgogne.



Hum! Un verre plus deux petits verres de dégustation, c'est trop; je vais me contenter de mon verre à Bourgogne avec le Montrachet et laisser ceux de dégustation.
Une table de deux couples d'Anglais sont un peu plus loin. Ils ont pris un boeuf bourguignon et il faut voir leur joie lorsque le patron soulève le couvercle du chaudron! Ils sont déjà rubiconds et je pense que dans quelques minutes je vais être comme eux.
Je pense à toi mon amour (dans deux jours ça fera 25 ans que tu n'es plus là). Je me souviens de notre dégustation de Volnay lorsque nous étions descendus à Lyon pour le vernissage de ton expo).
[...]
Mon magret de canard sauce cerise arrive. J'ai déjà fini le verre de dégustation, tant pis je ne devais pas le boire mais au final je l'ai trouvé aussi bon que l'autre.
Activons, pressons, ce n'est plus un résumé que je fais mais un roman!
- Non je ne prendrais pas de dessert mais volontiers du fromage.
Il m'apporte un assortiment et, incroyable, il y a dans mon assiette un fromage qui s'appelle : Amour de nuit. Pfff! C'est lui qui me le dit. Décidément il me chouchoute ce patron et c'est pas drôle, il te ressemble.
Mmm! délicieux ce fromage même avec le vin blanc.
Çà y est, je suis rubiconde!... et c'est pas fini.
Je commande un café et l'addition.
- Je vais vous faire goûter quelque chose me dit-il.
Et il revient avec une bouteille de marc de Bourgogne.
Je lui dis que je ne bois pas d'alcool fort.
- Juste une goutte, vous verrez, il est exceptionnel.
Me manque plus qu'un cigare là, il va peut-être me proposer un Davidoff? Tsss!
Bon je trempe mes lèvres dans le marc, vraiment très fort, je n'ai plus l'habitude, sa belle couleur ambrée et son odeur suffisent à m'enivrer; je suis pompette et il faut que je reprenne ma voiture pour faire quelques mètres.
Il propose la même chose aux Anglais, ravis et hilares, les femmes me regardent et soulèvent leur verre vers moi en souriant avec empathie, je fais de même. Tous mes verres étaient vides, enfin presque; boudiou!


Le moment est venu de partir; je remercie vivement "l'aubergiste" de son accueil.
Le prix du repas correspondait au prix de ma chambre Bed and Breakfast. Ah ah!
Mes vacances commençaient vraiment bien.
J'ai eu du mal à retrouver l'hôtel avec tous les sens interdits et, j'ai bien dormi.

. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, il faut boire avec modération.

samedi 4 juin 2011

Le retour

Agréable surprise!
J'ai de nombreu(ses)x lectrices et lecteurs qui souhaitent continuer de me lire. Je mentirais si je disais que cela m'est bien égal. Ce n'est pas vrai. Ce sont des anonymes qui m'ont demandé de pouvoir me lire puisque j'avais indiqué que mon blog serait "privé" à partir de lundi.
Je suis une affreuse paresseuse et ça me prendrait un temps fou de mettre toutes ces adresses e-mails dans mes paramètres de confidentialité.
Alors, je décide de laisser mon blog "ouvert à tout le monde".
Néanmoins je remercie de tout mon coeur ceux et celles qui ont réagi avec un mot de gentillesse. Impossible de répondre à tout le monde. Merci, merci.
Ceci dit, j'ai l'intention de mettre la pédale douce. Beaucoup de réflexion, d'introspection durant cette escapade, premièrement : ne pas perdre trop de temps sur mon écran.

Bon, là il est temps que je me mette au boulot après deux semaines d'absence. 1200 kms en une journée. Merde, j'ai été flashée à 130 au lieu de 110 en doublant un camion, pfff! La note va être sévère, va falloir que je me serre la ceinture pendant quelque temps, le tiroir-caisse a pris un coup durant ces vacances... de luxe! La bonne nouvelle : j'ai dix ans de moins. Si si! Non mais! J'étais ratatinée avant de partir et là je marche la tête haute, j'ai même gagné deux centimètres : il faut toujours lever les yeux vers le ciel, avancer le regard fier, l'allure altière et, à vous la vie!
Vidons les valises, remplissons la machine à laver, trions le courrier, allons remplir le frigo... bouhhh... que c'était chouette de mettre les pieds sous la table et de se faire servir.

Les cartes postales arriveront plus tard.

mercredi 1 juin 2011

Charles Ferdinand Ramuz

Ce matin le vent s'est levé et souffle en tempête depuis hier.
Je me réfugie à la médiathèque d'Evian comme hier. J'avais espéré que mon ami Suisse prît le temps de me voir mais il avait d'autres centres d'intérêt.
Qu'importe, j'ai passé dix jours merveilleux dans les Alpes et en Savoie.

La médiathèque C.F. Ramuz.


C'est la première fois que je lis quelques lignes du Journal de Ramuz, mais ce ne sera pas la dernière.


Charles Ferdinand Ramuz
9 septembre 1895

"Quel dommage que notre belle Suisse soit devenue en quelque sorte un carrefour cosmopolite où se rencontrent sur un terrain neutre tous les peuples du monde, des Anglais flegmatiques aux Méridionaux exaltés, des Américains pratiques aux Russes rêveurs. La Suisse est maintenant en quelque sorte un vaste amphithéâtre dont les décors superbes attirent un public blasé des plaisirs à la mode qui reste insensible à la beauté de nos montagnes mais qui est satisfait pourtant de pouvoir dire qu'il a vu la Suisse. C'est maintenant "le grand chic" de passer quelques semaines d'été dans les stations alpestres dans quelque hôtel mondain. C'est maintenant la mode de gravir quelque haute cime au risque de s'y casser le cou et de publier ou tout au moins de raconter ensuite ses impressions en faisant frémir les mondaines qui vous écoutent.
Les chalets autrefois habités par les pâtres seuls et leurs troupeaux sont maintenant remplis le jour durant de touristes armés d'alpenstocks, la tête couverte du passe-montagne gris et qui font crier les dalles de granit sous leurs gigantesques souliers constellés de clous énormes. Ces personnages viennent faire des cures de lait, se gorgent de crème, se gavent de fromages, payent et s'en vont contents.
Il va sans dire que les bergers y trouvent leur compte. Ils exigent une assez forte somme pour le plus petit service, ils pratiquent l'industrie des étrangers. Aussi sont-ils les premiers à attirer chez eux des clients dont les poches sont si bien garnies et les amoureux de la montagne ne savent où aller pour ne pas rencontrer ces caravanes criardes d'étrangers en vacances.
J'ai lu je ne sais dans quel journal que les hôtels allégeaient leurs clients d'une somme de quatre cents millions par an dont la plus grande partie sort des poches de nos voisins français allemands et anglais. Je commence à comprendre pourquoi les hôtels de toute nature se multiplient si bien qu'on en rencontre jusque sur les sommets des hautes montagnes dans le domaine des chamois. Quatre cents millions c'est déjà quelque chose. Cependant je préférerais de beaucoup voir la Suisse pauvre, habitée par un peuple d'agriculteurs et de pâtres, honnête et bon, que de la voir transformée en un énorme "Gasthof" en une vaste hôtellerie à la mode."

[...]
13 mai 1897
"[...]
Lire un beau livre c'est contempler un beau paysage. Les mêmes impressions nous envahissent, les mêmes sentiments de calme et de paix bercent l'agitation "puérile" de tout notre être et le même idéal de beauté se dresse devant nous comme une statue sortie en un instant du ciseau d'un Phidias invisible."

C.F. Ramuz, in Journal, tome 1, 1895 - 1903, éditions Slatkine, Genève.

Avant clôture

Mes amis et lecteurs qui souhaiteraient pouvoir continuer de me lire peuvent me laisser un message avec leur adresse mail. Ils trouveront la mienne dans l'affichage de mon profil.

Fermeture de mon blog dès lundi 6 juin.