mercredi 11 avril 2012

Journal

Je savais pourtant que je ne devais rien attendre mais j'avais malgré tout espéré que ce livre fut l'occasion d'un échange, d'un partage.
En fait il ne voulait partager avec moi que le superficiel. Dès que je dépassais cette limite et que - maladroitement - j'essayais des échanges plus personnels, qui restaient cependant réservés et du domaine de l'amitié, il se retranchait dans un mutisme qui m'attristait profondément, ou pire encore, il entamait un autre sujet particulièrement futile qui me faisait comprendre que notre amitié - mais était-ce alors de l'amitié? - devait rester dans l'indifférence mutuelle, en quelque sorte dans l'apesanteur.
Je répondais bien sûr car j'aimais beaucoup plaisanter et rire avec lui, de tout, mais au fond de moi je me sentais blessée par ses non-réponses , je trouvais cette attitude (ce jeu?) cruelle.

En transcrivant hier (précédent billet) ce texte magnifique de Friedrich Nietzsche sur l'amitié je comprenais à quel point ce mot était trop souvent utilisé mal à propos. Je lisais aussi sur un blog un billet que l'auteur destinait :
"À l'adresse spéciale de mes 1948 amis de Facebook".
Même si dans le nombre il en a quelques vrais... je souriais, sans y croire. L'auteur semblait en être flatté; j'aimais ce qu'il écrivait mais je ne pouvais m'empêcher de douter soudain de l'authenticité de son billet.