mardi 2 février 2010

Les Vanités s'exposent

Damien Hirst, la Peur de la Mort

Jean-Michel Basquiat, (sans titre), crâne
Acrylique et technique mixte sur toile

Une exposition de 170 oeuvres représentant la mort commence demain au Musée Maillol et ce jusqu'au 28 juin; je vais donc pouvoir la voir et çà m'intéresse bigrement :
C'est la vie! Vanités de Le Caravage à Damien Hirst.

170 oeuvres dont une quarantaine de bijoux, vidéos, sculptures, tableaux.
Des oeuvres de Niki de Saint Phalle, Jean-Michel Basquiat, Georg Baselitz, Gupta, Boltanski, Messager, Albeola, Wharol... Des contemporains mais aussi une remontée dans le temps avec Le Caravage, Géricault, Delacroix et un Zurbaran, des oeuvres pratiquement jamais vues et provenant de collections privées.

Quant au fameux Crâne en platine serti de 8601 diamants de l'artiste britannique Damien Hirst (icône du XXIè siècle), la Peur de la Mort, ne sera exposé qu'un dessin préparatoire; mais l'artiste a envoyé une autre oeuvre où les diamants ont été remplacés par des mouches!!! "Démarche illustrant ainsi à merveille la phrase de l'Ecclésiaste : "Vanité des vanités, tout n'est que vanité"". (JDD du 31/01/10).

La mort est un thème cher aux artistes et pour ma part - obsédée que je suis par ce sujet, mais pour mieux profiter de la vie -, je me réjouis d'aller voir cette expo, rien que pour voir de près un Jean-Michel Basquiat (je ne sais pas du tout quelle oeuvre de l'artiste sera exposée).

C'est la vie!
Fondation Dina Vierny - Musée Maillol
61 rue de Grenelle - Paris 7è
Du 3 février au 28 juin 2010.
Voir aussi ici

lundi 1 février 2010

Jacques Perrin

Le cinéaste sur le tournage du Peuple migrateur
(Photo Pandora Films)



Le peuple migrateur
(Photo Galatée Film)

"Un souvenir est beau quand il est vivant"
"Bien sûr, je ne peux pas tout faire et les choses que je fais ne me donnent pas la nostalgie des choses que je ne fais pas. Comment s'ennuyer dans un monde où il y a tant à faire, à découvrir, à comprendre?"

Je regardais Jacques Perrin la semaine dernière dans l'émission Empreintes qui retraçait son parcours professionnel. Je m'enthousiasmais de le voir pendant le tournage du Peuple migrateur, frôlant presque les oiseaux dans leur vol, lui dans son engin volant dans le ciel. Il lui a fallu 400 kms de pellicule pour réaliser ce film mais j'imagine que pour Microcosmos : le peuple de l'herbe, Océans qui vient de sortir, il lui en aura fallu tout autant. Sa filmographie est impressionnante tant comme acteur que comme réalisateur et producteur.
Ce fut aussi l'occasion d'une belle balade dans les coulisses de la Comédie Française, riche de souvenirs pour lui, puisque son père y fut régisseur.

Je ne veux jamais perdre cette capacité à m'enthousiasmer, à m'émouvoir pour des êtres, pour des paysages, des images, des tableaux, des écrits, pour tout ce qui m'atteint, me touche.

***


L'hiver perdure.
De ne plus battre la chamade mon coeur se craquelle,
comme ces étoiles de glace entre les rails de zing.

dimanche 31 janvier 2010

Eric Chevillard

Je viens de commencer le dernier roman de cet écrivain : Choir. Je suis assez impatiente de le lire, et ce n'est pas sans une certaine appréhension teintée d'excitation.

Rien de mieux pour aborder une oeuvre que de faire connaissance avec l'auteur, interviewé par Roger-Michel Allemand.

J'en reparlerai, après lecture, si j'ai autre chose à dire que ce que j'ai lu ici et .

Pierre Vaneck

Pierre Vaneck est mort! Un acteur que j'aimais.

J'espère revoir cette pièce de Yasmina Reza, Art, où il interprète Marc avec Fabrice Luchini, Serge et Pierre Arditi, Yvan. Serge l'invite à venir voir sa dernière acquisition : une toile blanche acquise pour 200 000 francs. Incompréhension de Marc et Yvan et une discussion s'engage entre les trois amis sur l'art contemporain mais aussi sur l'absurde.

Marc à Serge : « Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? »
Serge à Marc, en réponse : « mais mon vieux c'est le prix c'est un ANTRIOS »
Serge à Marc, parlant de l'auteur de son acquisition : « Mais pour moi, c’est une divinité ! Tu ne crois pas que j’aurais claqué cette fortune pour un vulgaire mortel !… »
Répétée à plusieurs reprises : « Lis Sénèque. »
« "Et alors ?" "Et alors rien !" »
Marc : « Je me fous de ce que dit Paul Valéry. »
Serge : « Tu n'aimes pas non plus Paul Valéry ? »
Marc : « Ne me cite pas Paul Valéry. »
Serge : « Mais tu aimais Paul Valéry ! »
Serge à Marc : « Mais qui es-tu, Marc ?! »
Yvan : « Je veux être votre ami, Yvan le farfadet. »
Serge : « Un homme de son temps participe à la dynamique intrinsèque de l'évolution. »
Marc à Serge : « Si tu te blesses, ça signifie que tu es suspendu au jugement d'autrui. »

Wikipédia.

Je voudrais mourir comme Françoise Giroud : avoir un malaise en assistant à une pièce de théâtre et mourir quelques heures plus tard. Pouvoir jusqu'au bout, vivre de curiosité, de passion... sans attendre d'avoir 86 ans.

We are la France

We are la France



Encore une soirée théâtre hier qui fut une heure de totale jubilation (suivie d'une discussion interactive avec les acteurs) We are la France de Jean-Charles Massera et Benoît Lambert. J'avais craint un discours politique ennuyeux (en lisant le programme) raconté par deux comédiens et mes craintes ont vite été balayées. Çà nous parle de l'époque, des questions les plus brûlantes mais dans une atmosphère conviviale et détendue.
C'est EXCELLENT!
Il faut courir voir ce "spectacle" qui continue d'être représenté dans de nombreuses villes de France et j'attends déjà impatiemment la suite... We are l'Europe, en mars au Théâtre de Cornouaille.
Quelques échos ici et .

Libération.
Culture 18/02/2009 à 06h52
L’économie détournée
Théâtre. «We are la France» dynamite avec brio les discours-types.
MAÏA BOUTEILLET

"We are la France d’après Jean-Charles Massera, ms Benoît Lambert.
«Petite leçon d’économie politique à l’usage de tous», selon les propres termes du metteur en scène Benoît Lambert, We are la France, conçu à partir de différents textes de Jean-Charles Massera, se présente comme une forme légère pour deux acteurs emperruqués et un téléviseur. Du vrai-faux théâtre d’intervention à installer partout, singulièrement dans les lieux d’apprentissage. Début février à Paris, les représentations prévues dans différentes facs ont dû être annulées ou rapatriées dans le foyer du Théâtre 71 de Malakoff, en raison du mouvement de grève des universités. Intitulé «Savoir quel appauvrissement de la culture nous voulons mettre en oeuvre», le premier dialogue entre un dirigeant d’entreprise et une mère de famille donne le ton du type de détournement qu’affectionne Massera. La mère : «Vous avez dit à plusieurs reprises que le passage en CM2 de mon fils n’était pas industriellement efficace, pouvez-vous nous expliquer ce qui justifie une telle prise de position qui vous distingue de vos concurrents ?» Réponse du PDG Silvio Akiyoshi : «De 4 à 9 ans, sous la pression croissante de leurs actionnaires et de leurs concurrents, les marques doivent aujourd’hui construire une relation privilégiée avec l’enfant…» Un peu plus tard, les acteurs ayant quitté tabourets et accessoires s’approcheront du public pour soulever cette question cruciale : «Comment survivre en temps de paix ?»

La force de Massera, auteur entre autres d’Amour, Gloire et CAC 40, réside dans sa façon de démonter le système, en le piratant. Epousant la forme de discours-types, il avance par dérapages et emballements délirants. L’ironie féroce avec laquelle il reconsidère les grandes questions du «struggle for life» constitue un fameux grain de sable dans les rouages de la déprime ambiante. Et l’on repart le sourire aux lèvres."

We are la France
Produit par Le Théâtre de la Tentative.
Interprété par Elizabeth Hölzle, Guillaume Hincky, Marc Chevillon.

samedi 30 janvier 2010

Le non-dit

Parfois on voudrait que l'autre, celle, celui à qui l'on s'adresse sache lire entre les lignes, qu'elle, qu'il entende nos non-dits; bien sûr, pour cela il faut que l'autre vous connaisse, intimement.
Si je ne suis pas comprise dans ce sens, par celles, ceux que j'affectionne, cela m'attriste.

Le plus terrible, c'est quand "je prêche le faux" me concernant espérant "faire deviner le vrai", et que ce faux reste le vrai pour l'autre. Cela m'anéantit.
Je ne suis pas claire là. Comment alors puis-je imaginer que l'on va deviner mes non-dits?

Et là, je suis anéantie.

Mais fort heureusement - enfin, je ne sais pas si c'est heureux -, le non-dit n'est pas ma tasse de thé. Bien au contraire, je dis tellement ce que je pense que j'en suffoque plus d'un, plus d'une quelquefois.
Mais il y a le non-dit par délicatesse, le non-dit par calcul, le non-dit par oubli, le non-dit par pudeur, le non-dit par hypocrisie; les nuances sont subtiles. Les miens sont toujours des non-dits émotifs, d'une extrême importance, d'où l'utilité de les deviner. Que je suis compliquée!

"Le non-dit est tout ce qui en l'homme échappe à la canalisation.
[...]
Dire l'indicible, c'est à quoi s'attache l'art notamment, fidèle en cela au paradoxe fondateur du langage qui est de trouver le mot pour la chose.
[...]
Homme, tu ne peux éprouver que l'horreur devant ce long silence qui, dans ton tremblement éperdu d'angoisse, devient tout d'un coup éternel."

Claude Olievenstein, Le non-dit des émotions (éd. Odile Jacob, 1988)

vendredi 29 janvier 2010

Vive le théâtre

Je viens de faire un fabuleux voyage, un voyage dans un fauteuil, un voyage qui n'a duré que deux heures et demie.
Ô merveille du théâtre! quand celui-ci par les acteurs nous transmet son énergie.
Je viens de voir Le Cocu magnifique de Fernand Crommelynck par la compagnie Théâtre en Scène.

Les comédiens Itsik Elbaz (Bruno, le Cocu magnifique) et Anne-Catherine Régniers (Stella, sa femme) étaient extraordinaires. Des noms inconnus sans doute, sauf peut-être par quelques initiés?
Cette pièce parle de la jeunesse d'un amour, de la jalousie, de sa folie dévastatrice, de la passion dévorante qui s'apparente au désir de possession. Le mari jaloux, pour être certain d'être cocu, va jeter sa femme dans les bras des autres. C'est troublant, cruel, pervers.
"J'affirme enfin un théâtre fait de mise en abyme, de lectures à différents niveaux où la dimensions tragique se cogne à la force comique et dérisoire de la situation".
Vincent Goethals, le metteur en scène.

Oui, ce furent deux heures et demie de bonheur.

VAN GOGH par VINCENT

Portrait de l'artiste par lui-même,
Arles, septembre 1888, huile sur toile signée en bas à droite :
Vincent, et dédicacée en haut à gauche : A mon ami Paul G.
Cambridge, Massachusetts, Fogg Art Museum.

Que suis-je aux yeux de la plupart des gens? Une nullité, un original, un homme désagréable; quelqu'un qui n'a pas de situation sociale et n'en aura jamais, bref, un peu moins que la plus grande nullité.
Bon, mettons qu'il en soit ainsi. Je voudrai prouver par mon oeuvre qu'il y a tout de même quelque chose dans le coeur de cet original, de cette belle nullité.
Vincent à Théo, La Haye, juillet 1882 (lettre 218 en néerlandais, tome 1, page 420)

Pascal Bonafoux, Van Gogh par Vincent (éd. Denoël, 1986)

jeudi 28 janvier 2010

Philippe Annocque, clap 4ème


Vitrail de l'église de Moustier, Sainte-Marie.

" Ceux qui s'agenouillaient ressemblaient aux figures des vitraux de l'église de Moustier, et pendant qu'ils sondaient de leurs doigts la profondeur des plaies tu voyais avec étonnement remonter à la surface de ton esprit des images des crèches d'autrefois".

Philippe Annocque, Chroniques imaginaires de la mort vive (Melville éditeur, 2005)

J'éprouve un sentiment étrange en refermant Chroniques imaginaires de la mort vive de Philippe Annocque. Après avoir lu Une affaire de regard, Par temps clair, Liquide (dans cet ordre-là) j'avais réussi - me semble-t-il - à donner un nom au narrateur, donc à me les approprier un peu ("nommer c'est déjà posséder"). Avec ce dernier livre lu (qui est en fait son second livre publié) je ne me suis pas posé la question de savoir (comme pour les autres) si c'était une autofiction, non, c'est de la fiction; et j'ai donc découvert un auteur, toujours le même et pourtant ce livre-là est complètement différent, enfin presque, car le style de l'écrivain est bien là avec ce questionnement identitaire, ces retours à la ligne, qui sont cette respiration ou ces silences que l'on retrouve dans Liquide et que j'aime tant.

Dans Chroniques imaginaires de la mort vive c'est plutôt le suspens, le mystère, mon imaginaire est sollicité; on est loin de la légèreté et de l'ironie du regard de l'écrivain dans Une affaire de regard et Par temps clair. Philippe Annocque ne cesse de me surprendre. Mais je suis presque sûre que si on me présentait son prochain livre à lire en blind test, je reconnaîtrais immédiatement son auteur. Je me répète, ce style est unique et certainement inspiré par quelques maîtres... (Il en parle ici).

On peut lire les premières pages de son ouvrage dans ses Hublots mais j'ai choisi les deux extraits ci-dessous qui me parlent particulièrement :

Le dire
La journée cependant a passé sans que tu trouves les mots pour le dire. Le dire n'a jamais été votre fort à vous tous.
Le sommeil probablement est venu couvrir tout cela d'un voile trouble. Tu as dû te réveiller, te rendormir à plusieurs reprises, cette nuit-là; le nombre de fois nécessaire pour qu'au terme de la nuit, lorsque vint enfin l'heure de se lever, le doute subrepticement se fût glissé dans ton esprit : peut-être - vraisemblablement, certainement, indubitablement - avais-tu rêvé ces traces immenses qui se perdaient dans un brouillard fabuleux, le brouillard d'un monde tellement incompatible avec l'opaque blancheur brûlante du lait qui en se répandant de part et d'autre de ta langue y laissait son empreinte sapide.
A quoi bon dès lors aller distraire de leurs tâches ceux qui par bonheur étaient pourvus d'une imagination moins fantasque que la tienne.
[...]
Et tandis que tes yeux regardaient tes pieds s'enfoncer dans l'humus, tu devais sentir ta mémoire faire comme une manière de mouvement sur elle-même, pareille à une nappe qu'on replie, dans un effort gauche pour restituer devant les yeux de ton esprit toute la subtile réalité des empreintes qui croyais-tu s'y étaient imprimées la veille, et qui à chaque détail nouveau que tu croyais retrouver t'échappait derechef dans une sorte de fuite en avant.
(page 40-41).

La curiosité commençait à poindre : ta mémoire à présent était l'objet d'une fouille méthodique, en quête d'une indication relative à ce qui de plus en plus ressemblait à un domaine privé et assez étendu, - une fouille méthodique mais vouée à l'inanité : tes rêveries d'enfant et de jeune homme ne s'étaient jamais arrêtées si près de Vauvert, et les préoccupations de tes proches ne s'en étaient jamais autant éloignées.
Enfin tu vis le bout du chemin : au-delà d'un portail encore une vaste demeure - tu manquais du vocabulaire nécessaire pour la nommer plus précisément -, quelque chose de propre en tout cas à alimenter tes songeries enfantines d'autrefois, et où ton regard d'aujourd'hui s'attardait dans la contemplation comparée des traces d'abandon de vie mêlées.
Le portail cette fois était fermé d'une lourde chaîne, mais toi maintenant tu n'avais pas envie de t'arrêter; toute cette course derrière toi qui t'avait amené jusque-là te donnait l'élan d'un projectile aveugle
et avisant une brèche à droite du mur tu dis au chien d'attendre là.

(page 78)

Bien sûr, je me permets ces extraits sortis de leur contexte toujours avec la même réserve : un livre ne se ressent qu'après une lecture complète. Une autre lecture, plus experte, de ce livre ici.

Et maintenant, il va me falloir attendre le prochain Annocque, sans impatience - ce n'est pas de la littérature de gare - mais pas sans fébrilité.

mercredi 27 janvier 2010

J'existe... dans les nuages








J'observai cette traînée de craie zigzaguant dans l'azur ce matin, se désagrégeant peu à peu.
Je contemplai ce ciel.
J'observai les corneilles et les tourterelles virevoltant dans cette chorégraphie chaque jour renouvelée.
J'ouvris ma fenêtre pour immortaliser l'instant. L'air était glacial.
Je cherchai du regard une apparition, quelque chose d'indicible que moi seule aurai pu saisir, quelque chose qui aurait, peut-être, donné un sens à ma vie?
Et rien n'est venu, même pas un souffle d'air. Je ne sentai pas le froid.
Je n'existai pas.

Je n'existe pas. On peut donc être vivant sans exister. Je ne suis pourtant pas dans une phase de mélancolie, comme je peux l'être parfois. Non, ma vie est remplie et pas que de vide; mais ce sentiment de ne pas exister, pleinement, est bien réel.

Exister, est-ce simplement vivre?
"Les termes d'« existence » et de « vie » semblent à première vue équivalents ; si on se réfère à la définition que donne le Petit Robert, exister, c'est vivre et vivre, c'est exister. Vivre ou exister, c'est émerger du néant, c'est avoir une réalité dans le monde.
Certaines nuances sont pourtant à établir : vivre, ce n'est pas seulement exister. En effet, la vie renvoie à une perspective biologique : elle se rapporte à la croissance et la conservation d'un être selon des principes organiques. La vie, à ce titre, peut caractériser la plante, l’animal et l’homme. Toutefois seul l’homme peut être qualifié d’existant : il est en effet le seul être vivant capable de se représenter sa vie et d’ouvrir un horizon de sens. L’existence est donc une notion essentiellement métaphysique qui renvoie à la spécificité de l’être humain."

S’il faut d’abord vivre pour pouvoir exister, l’existence se réduit-elle pour autant à la vie ? Et en quoi précisément l'existence diffère-t-elle de la vie ? Voilà qui fait un beau sujet de philo! Nulle part on ne parle de regard; ce regard de l'autre qui pour moi est essentiel pour me sentir exister. Sans ce regard-là, je vis, bien sûr, mais j'ai besoin de lui, aimant, pour exister pleinement.

Et voilà comment une traînée de condensation dans le ciel m'amène à philosopher sur ma non-existence! A vrai dire, ce matin j'étais (verbe être) dans les nuages, mais alors, j'existais?

mardi 26 janvier 2010

La promesse de l'aube


Avec l'amour maternel, la vie vous a fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours.
Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son coeur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné : jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour; mais vous êtes au courant, vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits il n'y a que des mirages.

Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.
[...]
Souvent, avant de m'endormir, je voyais ma mère entrer dans ma chambre, elle se penchait sur moi et souriait tristement puis elle disait : lève les yeux, et je levais les yeux. Ma mère demeurait penchée sur moi un long moment puis elle m'entourait de ses bras et me serrait contre elle. Je sentais ses larmes sur mes joues.

Romain Gary, La promesse de l'aube. (Paru en 1960)

L'art de l'enfance, cette semaine dans les NCC

La promesse de l'aube est un roman d'inspiration autobiographique mais n'est pas une autobiographie.
"Les enfants élevés par ces mères trop ferventes restent toujours, dit l'auteur, " frileux " de coeur et d'âme, et chargés d'une dette écrasante qu'ils se sentent incapables d'acquitter."

De l'euthanasie

Un sujet qui me tient à coeur et sur lequel je reviendrai.
Cette phrase de Romain Gary, dite ce matin par Raphaël Enthoven dans les NCC :
"Il n'y a pas plus dégueulasse que d'enfoncer la vie de force dans la gorge des gens qui ne peuvent pas se défendre et qui ne veulent plus s'en servir".

lundi 25 janvier 2010

Etoile brillante

Ben Wishaw et Fanny Brawne

"Brocardé de son vivant par la critique, John Keats, dont l'oeuvre a été écrite en l'espace de trois ou quatre ans à peine, figure aujourd'hui au panthéon des poètes où il tutoie Goethe, Shakespeare ou Rimbaud" (Les Echos, 6/01/10).

Le film se déroule dans la passion entre le poète sans le sou et une riche jeune fille.

L'un des plus fameux poèmes de Keats s'achève sur ces vers :

Brillante étoile ! Que ne suis-je comme toi immuable,
Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,
Observant, paupières éternelles ouvertes,
De la nature patient ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle,
Purifier les rivages de l’homme sur la terre,
Ou fixant le nouveau léger masque jeté
De la neige sur les montagnes et les landes-
Non-mais toujours immuable, toujours inchangé,
Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,
Sentir toujours son lent soulèvement,
Toujours en éveil dans un trouble exquis,
Encore son souffle entendre, tendrement repris,
Et vivre ainsi toujours-ou défaillir dans la mort
.

Dans le sublime film de Jane Campion, à voir évidemment impérativement en VO, la musicalité de la langue anglaise semble faite pour exprimer toutes les nuances de l'âme romantique.

Bright star! would I were steadfast as thou art—
Not in lone splendour hung aloft the night,
And watching, with eternal lids apart,
Like Nature’s patient sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors—
No—yet still steadfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever—or else swoon to death.


Ce dernier film de Jane Campion est aussi éblouissant que La leçon de piano. Les paysages, la lumière, les costumes, tout est composé comme un tableau. Les sentiments vont éclore lentement jusqu'à s'embraser dans un amour qui restera platonique mais pas moins incandescent. Filmer la poésie un pari impossible et pourtant Jane Campion le réussit magnifiquement. C'est d'un romantisme absolu, d'une sensualité, oserai-je dire insupportable, tant elle est à fleur d'image, à fleur de mains, à fleur de coeur, d'autant que la sexualité leur est interdite. Tout est suggéré, effleuré... John Keats et Fanny Brawne sont interprétés par Ben Wishaw et Abbie Cornish qui forment un couple exceptionnel. Lorsque Ben Wishaw dit ses poèmes (ceux de Keats), sa voix nous traverse (transperce?). Oui, j'ai vibré pendant 1h59 et j'ai fermé les yeux pendant le générique de fin qui se déroule sur un poème de Keats avec la voix envoûtante de Ben Wishaw.

Il n'est rien de plus douloureux que le sentiment amoureux mais il n'est rien de plus beau.

"Je ne suis certain d'une vérité quelconque, que si je perçois clairement sa beauté".
John Keats.

dimanche 24 janvier 2010

La vieillesse, Simone de Beauvoir

J'ai entendu cette semaine des extraits d'entretiens avec Roland Barthes et j'ai retenu ceci (très approximativement) : un livre n'est pas fait pour être lu d'un bout à l'autre, du début à la fin. Il est bon de sauter des pages, d'aller un peu au hasard, de revenir ensuite.
Je pense en effet, que cela est préférable, surtout lorsqu'il s'agit d'Essais.
C'est ce que je fais avec ce pavé de 600 pages dont j'ai entrepris la lecture depuis peu. Je passe donc tout de suite à la page 477!

L'absence de curiosité du vieillard, son désintérêt sont renforcés par son état biologique. Être attentif au monde le fatigue. Même les valeurs qui avaient donné un sens à sa vie, il n'a souvent plus la force de les affirmer. Ainsi, quand Proust voit pour la dernière fois M. de Charlus, cet homme jadis superbe a perdu son orgueil aristocratique. Croisant Mme de Sainte-Euverte qu'il dédaignait jadis, il la salue comme si elle était une reine. "Tout son snobisme passé, il l'anéantit d'un seul coup par la timidité appliquée, le zèle peureux avec lequel il ôta son chapeau." La raison de son geste était sans doute, dit Proust, " une sorte de douceur physique, de détachement des réalités de la vie si frappante chez ceux que la mort a déjà fait entrer dans son ombre".
L'indifférence intellectuelle et affective de l'homme âgé peut le réduire à une totale inertie. Swift, vieux, ne se sentait plus concerné par rien : "Je m'éveille dans un tel état d'indifférence à tout ce qui peut se passer dans le monde et dans mon cercle étroit que... je resterais certainement au lit toute la journée si la décence et la crainte de la maladie ne m'en chassaient pas".

Simone de Beauvoir, La vieillesse. (Ed. Gallimard, 1970)

Simone de Beauvoir a écrit cet essai il y a plus de 40 ans! Il faut du courage, de la force pour écrire sur un sujet tabou dont personne ne veut entendre parler. Même si en 40/50 ans les choses ont changé, nous vieillissons moins vite, les vieux sont plus actifs, il n'empêche que sa lucidité sur cette vieillesse est toujours d'actualité et je ne crois pas que notre perception de la vieillesse ait vraiment changée.

"L'Amérique a rayé de son vocabulaire le mot mort : on parle de cher disparu; de même elle évite toute référence au grand âge. Dans la France d'aujourd'hui, c'est aussi un sujet interdit. Quand à la fin de La Force des choses j'ai enfreint ce tabou, quel tollé j'ai soulevé! [...] Avec gentillesse ou avec colère un grand nombre de gens, surtout de gens âgés, m'ont abondamment répété que la vieillesse, çà n'existe pas! Il y a des gens moins jeunes que d'autres, voilà tout." ... dit-elle dans son Introduction.

Je vais mettre du temps à lire ce livre, le temps qu'il faut. Il le mérite, j'en suis sûre, comme de nombreux ouvrages de cette femme qui m'a toujours passionnée.

samedi 23 janvier 2010

On ne l'a pas fait exprès

On ne l'a pas fait exprès! Non, mais après l'enterrement hier, j'ai repris la route, mon Bezo (ma tite soeur) à mes côtés, épuisée d'avoir travaillé toute la nuit et de n'avoir dormi que deux heures pour assister à l'enterrement.
On ne l'a pas fait exprès - mais c'était comme si nous devions aussi te rendre ce dernier hommage - nous avons eu le droit à notre longue minute (non pas de silence) mais de fou-rire irrépressible.
Nous n'étions pas revenue depuis un bon moment dans la ville de notre enfance et une multitudes de nouvelles rocades, de nouveaux ronds-points nous ont perturbé pour retrouver le bon chemin du retour. Au volant, je suivais consciencieusement et bêtement mon beau-frère. Nous le voyons faire demi tour et je fais pareil, je le suis dans la nuit. Mon Bezo commence à pouffer : oh oh ah ah, il s'est gouré. Bon je le suis quand même et nous nous retrouvons au rond-point mais je le perds de vue, la circulation était dense. On se met à rire comme des baleines et quand mon Bezo commence à se marrer, c'est notre enfance que nous revivons. J'étais écroulée sur mon volant et soudain elle me dit, complètement hilare, pointant son doigt devant : là là, ils sont là. Effectivement, une voiture s'était garée sur le côté avec ses warnings. Hop, je me gare derrière. Et là on s'aperçoit que c'est une autre voiture et pas celle de mon beau-frère. Et le fou-rire de redémarrer, on décroche nos ceintures de sécurité pour mieux se bidonner, je pleure, je ne vois plus clair. Elle me dit : bouh, heureusement que je suis assise parce que je crois que j'ai fait trois gouttes! Et nous repartons de plus belle. De vraies mômes. 'tain, cinq minutes de poilade, çà ravigote!
On ne l'a pas fait exprès, mais je suis sûre que notre tante devait se tordre de rire du fond de sa boîte.

Sinon, il ne faut pas mourir à 92 ans si on veut remplir une église! A cet âge-là, tous nos amis sont déjà morts.

Nous avons fini par trouver la sortie et la bonne direction. J'ai su aujourd'hui que mon beau-frère s'était encore plus paumé que nous, et que sa femme (mon autre soeur) lui avait fait la tête pendant le voyage.

Mais pourquoi le fou-rire se déclenche-t-il souvent dans des situations dramatiques?

(Pour bien faire, il faudrait que je réécrive tout cela dans un style littéraire élégant;o))

Vie de Joseph Roulin, Pierrre Michon

Pierre Michon


Vincent Van Gogh, Portrait de Joseph Roulin assis, Arles 1888
Museum of Fine Arts, Boston


"Considérons-le, Roulin, un dimanche matin en août, suivant l'énergumène dans un chemin du bout d'Arles, quand ce n'étaient pas des portraits que celui-ci peignait, mais que sur le motif il allait préparer le travail de ses biographes, faire le coup de la liturgie solaire, le face à face aztèque avec la source de toute lumière; et certainement il ne voyait là rien de liturgique ni d'aztèque, mais de pictural oui, et audacieusement, puisque ce qu'il faisait, les impressionnistes même l'osaient peu; et s'il portait ce galurin jaune, c'était parce que çà tapait dur, Roulin ni moi n'y voyons rien de sacrificiel. Ca y est donc : les voilà assez loin sur la route de Tarascon, ils descendent dans un grand lopin qui ondule en contrebas, un champ de blé ou de melons; les cigales infatigablement mâchent le temps, l'espace, car il est déjà dix heures; Vincent se serait bien passé de Roulin, il s'efforce de ne pas le voir ni l'entendre, mais il ne l'éconduit pas, c'est un brave homme près de qui il fait chaud quand on ne peint pas; il plante le chevalet, il sort les trois jaunes de chrome, presse un des tubes et l'applique, le petit drame une fois encore tâtonne et s'amorce sur une toile de trente pour les biographes à venir, les businessmen de Manhattan; Roulin s'est assis sous un arbre avec près de lui peut-être le panier du casse-croûte et la bouteille d'Augustine, et regarde."
[...]
"C'est un personnage de bien peu de profit quand on se mêle d'écrire sur la peinture. Il me convient. Il est exténué et peut être gai comme la forme. Il est vide comme un rythme. La scansion vaine, despotique et sourde qui soutient ce qu'on écrit, l'alimente et l'épuise, je veux ici qu'elle porte son nom; je veux qu'elle endosse à l'instant la grande vareuse et la casquette des Postes; qu'elle vieillisse à Marseille et se souvienne d'Arles; qu'une barbe lui pousse; elle apparaîtra en bleu de Prusse, alcoolique et républicaine; elle n'entendra goutte aux tableaux, mais par chance, par rapt, elle deviendra peut-être une fois encore tableau; elle sera moujik, ou barine s'il me chante - et qu'elle soit tout à fait arbitraire, comme d'habitude, mais que très visible elle vienne au jour, se manifeste et meure".

Extraits : Vie de Joseph Roulin, Pierre Michon (éd. Verdier)

"J'ai voulu le* voir en deçà de l'oeuvre; par les yeux de quelqu'un qui ignore ce qu'est une oeuvre, si ce phénomène était encore possible à la fin du siècle dernier; quelqu'un qui vivait dans un temps et dans un milieu où la mode n'était pas encore que tout le monde comprît la bonne peinture : ce facteur Roulin qui fut l'ami d'un Hollandais pauvre, peintre accessoirement, en Arles en 1888. Et bien sûr je n'y suis pas parvenu. Le mythe est beaucoup plus fort, il absorbe toute tentative de s'en distraire, l'attire dans son orbite et s'en nourrit, ajoutant quelques sous au capital de cette affaire en or, sempiternellement.
Cet échec est peut-être réconfortant : il me permet de penser que le facteur Roulin se tient nécessairement devant qui l'évoque à la façon d'une apparition, comme le voulait celui qui le fit exister."

P.M. (4ème de couverture).
* Vincent Van Gogh

Il y a trois personnages dans ce livre : le peintre, le facteur et le narrateur, Pierre Michon.
Ai-je besoin d'ajouter que ce livre de 72 pages pour l'humble lectrice que je suis est un (grand) livre puissant, un de ces livres courts à lire longuement, en s'arrêtant sur chaque mot. J'y ai retrouvé la "musique" de Un coeur simple de Flaubert. Je découvre seulement aujourd'hui Pierre Michon avec ce livre et Le Roi du bois, grâce à un ami. Il y a quelques mois, Pierre Michon était invité par Frédéric Ferney pour parler de son dernier livre Les Onze* et j'avais été touchée par la simplicité, le visage généreux de cet homme, son regard plein de bonté. Un autre écrivain à qui je me confiais, lui disant combien je me trouvais audacieuse d'oser lui écrire, tant je l'admirais, me répondit : "les écrivains sont des gens"! J'ai compris ce qu'il voulait dire et j'ai repensé à Pierre Michon, à cette modestie, preuve de la plus grande intelligence.
* Pour lequel Pierre Michon a obtenu en octobre 2009 Le Grand Prix de l'Académie Française.

vendredi 22 janvier 2010

***

Il y a dans le musée des Beaux-Arts de ma province un Georges de La Tour fort beau, fort craquelé, fort peu surveillé, que je considère comme le mien et avec lequel j'entretiens une liaison secrète faite d'attouchements, de caresses, de baisers, de palpations audacieuses , que je lèche aussi parfois, que je mordille et que je me déciderai un jour à manger pour de bon - demain peut-être.
Eric Chevillard, L'autofictif.

"Nous allions à l'enterrement de mon père. Nous sommes allées prendre un café au wagon-bar. Voyant mon désarroi elle m'a raconté une histoire, et j'ai éclaté de rire. J'avais honte. Elle m'a dit : mais non ma chérie, tu as encore le droit de rire."

Eric Chevillard m'aide souvent dans mes moments de spleen.

Comme un adieu voilé

Le ciel a la couleur du deuil ce matin, comme s'il voulait pour t'accompagner dans ta dernière demeure, marquer ce jour d'un voile apaisant.

jeudi 21 janvier 2010

Ma nuit chez Maud


Revoir un film de Eric Rohmer, c'est aussi exquis que de lire un bon livre.

Un film de Rohmer ce n'est que du texte, et par n'importe quel texte : introspection, philosophie, interrogation existentielle. Dans Ma nuit chez Maud, il y a de longs dialogues sur la religion (des références à Pascal), sur les rencontres de hasard, entre Jean-Louis Trintignant (l'ingénieur catholique pratiquant) et Françoise Fabian (la femme libre, libérée). J'avais un peu oublié comme elle était belle Françoise Fabian.

Ce que j'aime chez Rohmer ce sont justement ces dialogues à bâtons rompus, profonds, intelligents mais pas du tout ennuyeux.

Au début du film, qui se passe à Clermont, Trintignant (l'ingénieur) rencontre par hasard son camarade de Lycée, Antoine Vitez (Vidal), dans un café (Le Suffren si je me souviens bien) :

- Tu viens souvent ici? lui demande Trintignant
- Pratiquement jamais et toi?
- C'est la première fois que j'y mets les pieds.
- Et c'est ici précisément que nous sommes rencontrés, c'est étrange.
- Non, au contraire, c'est tout à fait normal. Nos trajectoires ordinaires ne se rencontrant pas, c'est dans l'extraordinaire que se situent nos points d'intersection, forcément.

(Trintignant disant cette dernière phrase, avec sa voix, unique, je buvais du petit lait). La suite? Sa nuit chez Maud... j'en rêve! Un homme qui ne saute pas sur la femme qui s'offre mais qui entame avec elle une conversation sur la religion, sur les rencontres, dans un jeu sensuel, latent; mais l'ingénieur est amoureux d'une jeune fille blonde aperçue fugitivement qui l’obligera à vivre une étrange et poignante aventure intérieure, réfrénant son désir pour la belle doctoresse! Ô que j'aime Rohmer!
Je l'ai revu hier soir. Etait-ce une bonne idée? Au milieu de la nuit je n'en pouvais plus de mon t-shirt tirebouchonné par mes changements de côtés agités et, n'y tenant plus, je m'en suis dévêtue et me suis rendormie avec cette belle image de Françoise Fabian, voluptueuse, jetant le sien pour s'enfoncer nue sous ses draps. Comment Trintignant a-t-il pu résister? La faute à Rohmer, sûr.

Je ne me souviens pas ensuite d'avoir rêvé d'un Jean-Louis Trintignant venant s'allonger près de moi, sur le lit, enveloppé d'une couverture en fourrure! Quel dommage.