mardi 23 avril 2013

Ô lettres manuscrites...

Dépoussiérage de ma bibliothèque.  Un petit livre tombe par terre, une lettre s'en échappe. Je la relis, avec émotion. De mon fidèle ami, qui ne m'a offert que des ouvrages qui m'ont touchée et fait découvrir tant d'auteurs. Ô lettres manuscrites, vous êtes irremplaçables, je vous respire, je vous serre contre mon cœur.
Et ce matin, j'étais emplie de vide. Ce n'était donc pas le hasard qui m'a fait relire cette lettre : elle m'a tellement réconfortée.


Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

(Lettre publiée ici, avec l'accord de l'auteur).

23.08.2007.

Ma chère M.,
Depuis plusieurs jours déjà mon cœur commande à vous écrire, mais l’esprit simplement n’y était pas. Ce moindre mot qui, parfois, surgit comme un mot de trop…
Ainsi que vous le savez pour l’avoir éprouvé, j’en suis sûr, « notre besoin de consolation est impossible à rassasier ». Ce texte, menu mais tranchant telle une lame de poing, figure à mon chevet depuis la fin de l’adolescence. Le pessimisme qui le traverse a, inversement, la vertu d’un coup d’étrier : il stimule au cœur de la blessure, de la plaie… Je souhaite, en tout cas, qu’il sera pour vous une « heureuse » ( !) découverte !
Mon séjour en terre valaisanne fut parfois copieusement arrosé (d’eau de pluie !) ; une amie de ma sœur m’a fait l’éblouissante surprise de m’offrir un livre de Maurice Chappaz (écrivain sublime, malheureusement si rare que les librairies françaises le boudent !) dédicacé à mon intention de la main de l’auteur (lequel vit en Valais). Cette offrande très précieuse n’a pas lassé de m’émouvoir… Maintenant, de retour à N., je me replonge tant bien que mal dans mes pages broussailleuses d’orties…
Je découvre, ces  jours, un poète tchèque contemporain : Petr Kràl. Je crois que vous aimeriez sa poésie…
Pour ce qui est du C.P., il me semble que je ne revienne pas de sitôt. Mais mon humeur est si variable…
J’espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé tant morale que physique, et pardonnez encore, chère M., mon silence de tombe. Je passe de temps à autre sur votre blog* et vous lire me redonne toujours du baume au cœur…
Je vous embrasse avec Tendresse.
D.

* Il s'agissait d'un autre blog, un Journal que je tenais sur un site qui n'existe plus.