jeudi 25 mai 2017

mercredi 24 mai 2017

"La contemplation du temps est la clé de la vie humaine" (Simone Weil)

Mardi 23 juin.



La vue, toujours aussi belle sur le petit port, ne les intéressait pas.
Ils préféraient regarder leur écran de téléphone.
Pour nous, c'étaient des retrouvailles, savoureuses, avec un Tiramisu Breizh*.
Nous dégustions, l'instant, l'air, la mer, en silence. 

Que valent le silence, la contemplation? Est-ce que ces valeurs peuvent encore être perçues? 

"L'esprit a ses paysages dont la contemplation ne lui est laissée qu'un temps."
Marcel Proust, Le Temps retrouvé.

* (Crème au Mascarpone, caramel au beurre salé, morceaux de pommes, crumble de gâteau breton).

dimanche 21 mai 2017

"Voyez monter la flèche au coq étincelant" (Germain Nouveau, Les cathédrales)


Cathédrale de Quimper





"On ne trouve jamais aussi hauts qu'on avait espéré une cathédrale, une vague dans la tempête, le bond d'un danseur." 

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

mercredi 17 mai 2017

Pour le maintien du sensible dans le coeur des femmes



André Devambez (1867-1944)
Le seul oiseau qui vole au-dessus des nuages, 
 1910, huile sur toile (Musée d'Orsay)


A la page 193 de L'Illustration du 17 septembre 1910, un article anonyme intitulé "Par les trous des nuages", évoquait l'activité récente de la base de Mourmelon, où le peintre s'était rendu, et décrivait le spectacle qui s'était offert à ses yeux : "Le grand oiseau de chrome inondé de lumière et projetant sur le duvet moutonnant des cumulus une ombre pâle, à peine plus dense que celle qui court à la surface d'une eau calme, au-devant de la libellule "

(Ce tableau n'a rien à voir avec le texte ci-dessous. Je cherchais une image en concordance avec "le sensible" et je voyais dans ce tableau une représentation poétique du sensible)


"Vos pensées ne peuvent s'appliquer qu'aux femmes de votre entourage, des citadines dont les actions vous paraissent dictées par l'efficacité, l'indépendance, des courageuses, vous en convenez pour certaines, qui ont bataillé pour bouter, de conquêtes en succès, la résignation hors de leurs neurones. Vous ne sauriez les condamner. Il y en a d'admirables. Vous les plaignez, voilà tout. Toujours à courir. Toujours à bout de souffle. Comme sous la menace constante d'un retour de l'ordre ancien. Se démenant comme des usurpatrices d'un pouvoir légitimement acquis, dont elles paraissent douter pourtant, alors qu'elles l'ont bien en main. Débordées. S'agitant en tout sens. Enchaînant les cocktails, les vernissages, les "Nuits"  diverses  (la dernière en date, sur un carton rouge et noir, à l'occasion du roman et du film d'amour, vous prie de revêtir vos "habits d'émotion et de valentinage"). Pour vous, forums des vacuités, pour elles, incontournables arènes des ambitions. Sentent-elles qu'elles s'y usent? L'effroi saisissant par instants leurs prunelles, le décèlent-elles? Réalisent-elles que leurs mondanités, toutes bénéfiques soient-elles pour leur carrière, attaquent ce qu'il y a de plus singulier en elles? - Leur féminité? Non. Elle leur est acquise, elles osent la transgresser, elles savent la décaler, elles en tirent profit. Ce qui vous paraît menacé va plus profond, c'est leur part sensible, cette part qui embrasse le monde, s'y fond et en jouit.
" Devant la fenêtre ouverte de ma chambre, j'ai respiré profondément les rayons du soleil, les perce-neige, les crocus, les primevères, le roucoulement des pigeons, les trilles des oiseaux, la douceur des vents et la fraîcheur des parfums, la fragilité des couleurs et le ciel doux comme un pétale, le gris-brun des vieux arbres noueux, les lances verticales des jeunes branches, la terre sombre et humide, les racines tordues. Tout cela a tant de saveurs que ma bouche s'ouvre toute seule, et c'est la langue de Henry que je goûte, je sens l'odeur de sa respiration quand il dort dans le creux de mes bras. "
L'auteur de ces lignes s'appellent Anaïs Nin, célébrée hier comme la plus féminine des muses féministes, reléguée aujourd'hui au fond des librairies.  Vous avez écrit une biographie assez caustique à son sujet, ça ne vous empêche pas de saluer en elle, comme en Colette, un écrivain qui posait le ressenti au cœur de sa pensée. Une grande vivante. De cet extrait des Carnets secrets vous aimeriez faire un tract. Vous iriez le distribuer à l'entrée des magasins tout en criant : "Femmes on vous ment et vous vous mentez !" [...]"
 (Pages 34 - 35 - 36)

"Pour vous les choses sont plus complexes. S'abriter derrière une immuable nature féminine, comme Platon derrière ses concepts, c'est aller un peu vite en besogne, et c'est surtout ne pas voir les contradictions où s'empêtrent les femmes, à qui l'on reconnaît désormais la possibilité d'être à la fois une fleur bleue, une bombe, une battante, une néo-bourge, une baby doll, une femme fatale, une mère parfaite. Le plus triste c'est qu'elles s'efforcent d'être tout cela, comme si ce droit était un devoir, comme si la féminité n'était acquise qu'au prix de simulacres successifs, avec, à l'horizon, une sorte de schizophrénie telle qu'elle s'incarne déjà dans les invasions parallèles du porno chic et du bisou.
L'insupportable bisou. Votre ennemi personnel en ce moment.
Quand l'aimé avait eu l'étourderie de vous en adresser un, par jeu, le premier entre vous, par SMS, vous aviez réagi au quart de tour. Au second, ce serait la rupture !
Vous n'entendez pas placer votre cœur sur le rayon du copain-copine. Vos sentiments n'ont pas les vertus d'une couverture chauffante.
L'aimé est un peu secoué. Quelle femme susceptible ! [...], mais il comprend votre mise en garde. Dire bisou, plutôt que baiser, c'est transformer la chambre du désir en garderie, neutraliser la puissance d'un acte dont on aurait beau jeu d'ignorer l'abîme. [...]"
(Pages 38 - 39, chapitre Femmes on vous ment !). [Les caractères gras sont de mon fait].

"On n'efface jamais l'anorexie de son corps, on peut la tenir à distance, on peut, au mieux, la surmonter. L'empreinte demeure, bien enkystée, pas forcément pour le pire, car si la méfiance devant toute nourriture habite certaines anciennes anorexiques, pour d'autres, c'est la dévotion sensuelle aux saveurs..."
(Page 93, chapitre Dévotion sensuelle)

Élisabeth Barillé, in Petit éloge du sensible, éditions Gallimard, 2008, collection Folio.
J'avais noté le nom de cet auteur sur un petit bout de papier, après l'avoir entendue parler de son dernier livre : L'oreille d'or. Il n'était pas dans les rayons de la médiathèque mais j'ai emprunté deux autres ouvrages de Élisabeth Barillé (dont je n'avais jamais rien lu) : ce Petit éloge du sensible (en  20 chapitres et 106 pages),  et : Un amour à l'aube, Amedeo Modigliani - Anna Akhmatova (en cours de lecture). 
Qu'en dire de ce Petit éloge du sensible ? Ça, c'est peut-être un peu court...Il rentre dans une poche, un petit sac, on peut le lire entre deux rendez-vous. Beaucoup de poncifs dans cet essai, néanmoins savoureux. Le je est parfois remplacé par le vous ! Étrange... mais c'est elle qui écrit.

Journal.
Vu cet après-midi le dernier Desplechin : Les fantômes d'Ismaël. J'apprends qu'il fait l'ouverture du Festival de Cannes ce soir et est projeté "hors compétition". Fan de la première heure de ce cinéaste-réalisateur et de son acteur fétiche Mathieu Amalric dont j'ai vu presque tous les films, j'étais perplexe en sortant de la salle,  et... déçue. Le scénario est compliqué, voire confus, un film dans le film, même Amalric QUE J'ADORE ne m'a pas transportée. 
A sa décharge, le film a été amputé de 20 minutes (serait-il plus explicite dans sa version originale?). Bon, c'est un avis de béotienne, les critiques sont majoritairement bonnes.
En revanche, vu la semaine dernière (en DVD) de Arnaud Desplechin : Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) avec Mathieu Amalric (sensass), Emmanuel Salinger, Emmanuelle Devos (je fais aussi une cure de E. Devos en ce moment), Marianne Denicourt. Du Desplechin magnifique.
Mathieu Amalric (à propos de Comment je me suis disputé...) :


Pendant que je tournais, ce qui me touchait beaucoup était cette histoire de retrouver un ancien ami avec qui on a eu des rapports “fusionnels”, de retrouver ce type par hasard six ans plus tard comme un supérieur hiérarchique et de se dire “Comment ai-je pu être ami avec lui ? Alors, ça veut dire que j’étais comme lui… qui j’étais, qu’est-ce que je suis devenu, pourquoi je ne me reconnais pas ? Plus on vieillit, plus on s’éloigne de qui on est…” 
Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il dure trois heures, qu’il est aussi touffu que la vie, qu’on ne peut pas régler un problème à la fois et que tout tombe en même temps. Le plaisir de spectateur, c’est la profusion, les différentes couches ­ quelque chose que je ressens énormément dans la vie quotidienne. Dans le film, il y a un mélange de vie quotidienne et d’épopée, de feuilleton, de roman. C’est très réussi, le côté feuilleton, il y a des personnages qui disparaissent, qu’on revoit plus tard, comme Esther… Ce sont des choses de la vie, quand on revoit quelqu’un, tout change : recroiser Sylvia, ça le change complètement. 
Pendant toute la première partie du film, Paul n’arrête pas de dire “Je vais bien, je vais bien.” En fait, il va de plus en plus mal. Après, il dit “Je ne vais pas bien, je ne vais pas bien”, alors qu’il est en train de se guérir. C’est ce magma qui me touche, cette espèce d’échanges de sens, ces choix de femmes comme des choix de philosophie. Ce sont évidemment des histoires d’amour et de désir mais surtout de quelqu’un qui se cherche, qui veut savoir qui il a été et qui il est. Finalement, Valérie est la première fille qui passe et lui dit “Tu me plais”, et il se laisse faire. Ce n’est pas du tout un Don Juan.

lundi 15 mai 2017

Dernière (dé)pêche

Le nouveau Premier Ministre est Édouard Philippe (un Sagittaire de droite !).
Emmanuel Macron est également un Sagittaire mais pas du même décan. D'aucuns disent qu'il est de droite, d'autres qu'il est de gauche, parfois les mêmes disent (se contredisent) ni de droite, ni de gauche et les plus délurés vont jusqu'à dire qu'il est ni de gauche, ni de gauche ! Hugh!
Bon, on s'en fiche un peu, je relève juste que Édouard Philippe est né le même jour que moi (mais quelques décennies plus tard. Mmm!).
Je ris en entendant les électeurs de gauche et extrême-gauche dire qu'ils se sentent "blousés" parce qu'ils ont voté Macron (contre Le Pen). Ils n'avaient qu'à bien écouter les consignes de Mélenchon. S'ils n'ont pas compris que pour ne pas se sentir "blousés" il leur fallait voter blanc ou l'abstention, c'est qu'ils n'étaient vraiment pas des Insoumis ni des "Résistants". Une des consignes laissait aussi entendre (et le choix) de voter Macron; celle-ci était tellement chuchotée qu'il fallait tendre l'oreille pour l'entendre. Ils ont trop tendu l'oreille. Pfff! Bon, ils ont encore une chance de pouvoir voter aux législatives !

Passons à droite. Ô mon Dieu maman, le feuilleton est passionnant.

Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo rejoignent une vingtaine de personnalités de droite, parmi lesquelles figurent Le Maire, Solère et Estrosi.

- Borloo signe à son tour l'appel d'élus de droite à saisir "la main tendue" de Macron

Jean-Louis Borloo, fondateur de l'UDI, a annoncé lundi qu'il signait l'appel d'élus de droite à saisir "la main tendue" du président Emmanuel Macron. Cet appel, initié par Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire, après la nomination d'Édouard Philippe, député-maire LR du Havre, a déjà été signé par vingt-huit personnalités, la plupart juppéistes ou lemairistes, ainsi que par Nathalie Kosciusko-Morizet.  
(Source Le Point)


 

"Pour être l'homme de son pays, il faut être l'homme de son temps"

Cette phrase de Chateaubriand, Laurent Fabius, Président du Conseil Constitutionnel, l'a reprise lors de son discours à Emmanuel Macron.  C'est cette allocution lors de l'Investiture que j'ai appréciée, tant par la présence de Laurent Fabius que par la contenance* de Emmanuel Macron, dont la prestance était indéniable, tout au long de cette journée.

"Homme de notre temps, assurément vous l'êtes [...]"

"Apaiser les colères, réparer les blessures, lever les doutes, tracer la route et incarner les espoirs [...]"

Tout est dit dans la presse sur cette passation de pouvoir. C'est ma petite pierre à l'édifice de cette journée historique. Je faisais partie des sept et quelques millions de téléspectateurs qui ont passé des heures devant leur écran; il y a  des années que ma télé n'avait pas été allumée aussi longtemps; il faut dire que ma pile de repassage était imposante ! (Ma télé tient le coup - elle a 23 ans -, et pour cause, je ne la regarde pas souvent). Pour François Mitterrand, j'étais sur place...

Quelques captures d'écran









(Cliquer pour agrandir puis afficher l'image pour voir l'émotion contenue dans le regard brillant de la deuxième photo de Emmanuel Macron (j'y vois de la glycérine aux mirettes (*_*)). Ces trois dernières images, je les ai capturées à une seconde d'intervalle).

video


Sa manière de marcher, sa contenance, avaient quelque chose de particulier; dans d'autres occasions, on aurait pu lui souhaiter plus de grandeur; mais il suffisait, dans ce moment, de rester en tout le même pour paraître sublime (Mmede Staël, Considérations sur les princ. événements de la Révolution fr.,t. 1, 1817, p. 382).
Sa contenance sévère et digne, quoique affable, imprimait le respect (Balzac, César Birotteau,1837, p. 163). 
[...] elle tenait de son éducation et de sa race un air de grandeur, une contenance fière (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1844, p. 113).

1. L'homme inspirait la sympathie : Ni trop humble, ni enflé de vanité, ni intimidé par la Majesté, ni arrogant, il gardait dans sa contenance du goût et de la mesure... A. Arnoux, Rêverie d'un policier amateur,1945, p. 80.

ET MAINTENANT :
 AU BOULOT MONSIEUR LE PRÉSIDENT ! 


Photo : Benoît Tessier, Reuters


 

vendredi 12 mai 2017

***

Son corps était devenu une source inépuisable de douleurs.
Chaque jour avait son lot de réjouissance malédiction. 
Elle  apprenait de nouveaux mots (maux) et allait devenir une experte en matière de squelette.
De nouvelles douleurs dans des endroits improbables.
En écrivant ces mots des souvenirs ressurgissaient. Elle se souvint d'un squelette... qu'elle avait beaucoup aimé, il était empreint de mélancolie, comme son auteur :

"Avec l’habitude, j’ai remarqué qu’il attendait que surgisse quelque chose comme un événement, une animation du monde. Qu’il attendait que quelque chose lui fasse signe d’en bas dans la rue. Que quelque chose en bas dans la rue fasse preuve de vie. Lui donne une preuve de vie. Comme s’il se posait intérieurement ces questions : est-ce que ça vit? et comment? et pourquoi? Je lui prête, peut-être à tort, une âme de philosophe. 
[...]
[...] moi aussi il m’arrive certains matins de rester à ma fenêtre sans parvenir à me décider. Sans parvenir à franchir le pas."
Dominique Chaussois, in Depluloin joue à la poupée... et casse l'ambiance, blog Jamais de la vie, 27 décembre 2009.
Lire aussi ici

lundi 8 mai 2017

Un fugace instant de grâce. Une certaine gravité...

 Élections présidentielles, 7 mai 2017.
Emmanuel Macron (né le 21 décembre 1977), à ce jour, 39 ans.
Son chiffre - aussi le mien - (porte-bonheur) : le 7 !


Photo AFP 

... une liesse mesurée, contrôlée. Et, une belle entrée en scène, solennelle, de notre jeune Président Emmanuel Macron. L'ombre sur la colonne, la marche vers la pyramide du Louvre, le fantôme de Mitterrand planait dans cette mise en scène. Une belle mise en scène. Maintenant que la pièce va se jouer, attendons la suite. Ayons cette bienveillance, le futur va être ardu. Pas de rose mais des épines.
Cette marche, de l'homme, seul, si jeune, appelé aux plus hautes fonctions, fut - pour moi - le moment le plus fort. A quoi pensait-il ? Son cœur battait-il la chamade ? Son mal de ventre était-il passé (ben oui, il avait sûrement eu mal au ventre avant non ? (0_0)). Avait-il un peu peur de ne pas être à la hauteur de la tâche ? Sans doute ne pensait-il à rien de tout cela; il devait être sur un nuage, il aurait pu marcher sur l'eau, il devait juste penser à marcher droit, ne pas buter sur un obstacle (pas de tapis rouge), garder la tête haute, l'air altier et grave, ce-fugace-instant-de-grâce dont on ne sait jamais le temps qu'il va durer.
Puis l'allocution "la tâche qui nous attend est immense" a-t-il dit. J'ai relevé dans son discours de nombreuses fois ce mot : immense. Oui, elle va être gigantesque, comme la construction de la pyramide d'origine,  Khéops ? (Il a fallu vingt ans à plus de 100 000 hommes pour la bâtir). 
Enfin, les photos : avec son épouse (son mentor ?) émue et, la famille... réunie. Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais vu ça, j'avoue avoir été bluffée du début à la fin. Je peux en parler facilement puisque mon cœur n'a pas changé de côté (pas de cœur au centre, non mais!) : il était presque parfait (et il a un meilleur tailleur que celui de François Hollande. Je parierai qu'il a le même fournisseur que Marcel Proust pour ses chemises (*_*)).

Bientôt les législatives... Les abstentionnistes et surtout les votes blancs (je-dis-ça-je-dis-rien, j'aime la couleur du drapeau de la Paix. Mmm!) vont (se) manifester (non mais!) et il le sait. Alors : Bon courage Monsieur le Président.


AFP. Photo Eric Feferberg



Reuters. Photo Benoît Tessier

A 20 heures hier, j'étais au restaurant avec des amis. L'un d'entre eux consulte les premiers résultats sur son smartphone : Macron ! Dans le restaurant tout était normal, les yeux des clients étaient fixés sur la carte et les menus, pas de voix qui s'élèvent, un soir comme un autre. Une grande tablée d'Anglais près de nous,  joyeux, se passant des photos d'un téléphone à l'autre, qui n'avaient rien à voir avec l'élection; la vie continuait pour eux, comme avant, sans doute; le Brexit n'avait pas changé - apparemment - leur vie. Bref, tout était plutôt calme, il était plus de 20 heures. Le dîner fut excellent, nous voulions tester le changement de propriétaire, de staff, apparemment pas de changement de cuisinier, nonobstant une présentation plus soignée des plats et quelques nouveautés (pris un Tataki de thon aux légumes croquants : divin).
De retour à la maison, j'assiste à cette marche solennelle au Louvre... et à l'allocution...

Vivement les législatives. Hi !

dimanche 7 mai 2017

***

ECRIRE
CREER
CRIER
RIRE

Ce matin je regardais le ciel gris par la fenêtre en me brossant les dents. J'avais envie d'écrire et je n'y arrivais plus depuis des semaines. En fait, je n'avais plus le temps, mes journées passaient tellement vite... entre le golf, la lecture, le cinéma, les balades, les rendez-vous... le ménage et... la paresse.
A vrai dire, j'avais plutôt envie de CRIER ! 
RIRE ? A l'instant où je me disais qu'il y avait longtemps que je n'avais pas ri (pas si longtemps en y réfléchissant bien), je vis apparaître ce jeune homme qui s'arrêta pour consulter son smartphone et je partis d'un éclat de rire en voyant ses baskets assortis à la couleur du massif fleuri devant l'église. Ce n'était pas la couleur de ses baskets qui déclenchait ce rire mais, la coïncidence. Une espèce de hasard que je trouvais jubilatoire.
Je rinçais ma bouche, pris mon appareil photo. Il ne fallait pas qu'il me voie derrière ma fenêtre que je n'osais ouvrir. Sans flash, je fis une photo à travers la vitre et le store à lamelles. Il était plongé sur son écran, assis sur le muret. J'ouvris, sans faire de bruit, ma fenêtre et je pris une seconde photo. 
Mais le résultat est moins lumineux - en ce qui concerne la couleur des baskets qui étaient vraiment d'un orange très fluo.




"Pourquoi vouloir immobiliser des écrits qui, au mieux, viennent seulement scander une pensée, une parole, éventuellement une écriture en mouvement." (J.B. Pontalis)



jeudi 4 mai 2017

Débat enquiquinant d'un côté, "improvisation punk"[hallucinante] de l'autre













Heureusement, il y avait VICTORIA sur ARTE !




Lire ici l'entretien complet de Jérémie Couston 
avec le réalisateur allemand Sebastian Schipper.

Comment prépare-t-on un tel tournage ?
Mentalement. Tous ceux qui ont été tentés avant moi de réaliser un film en un seul un plan-séquence l'ont fait en essayant d'imiter un film normal. C'est-à-dire avec d'innombrables répétitions pour atteindre la perfection, pour contrôler l'incontrôlable. Le projet qui se rapproche le plus du mien en terme de forme, c'est L'Arche russe, de Sokourov, qui a été tourné en un seul plan dans le musée de l'Ermitage mais c'est un film contrôlé de partout. Victoria, au contraire, parle de la perte de contrôle, du partage des responsabilités. C'est une improvisation au sens musical du terme. Une improvisation punk.
Mais vous aviez des cascades à gérer, on n'improvise pas des cascades...
Une improvisation ne consiste pas à se retrouver et à jouer ensemble. Il y a des règles. Quel style de musique ? Quels instruments ? Quel rythme ? Si tu amènes une guitare électrique pour jouer The Star-Spangled Banner dans une impro de free jazz, tu te fais virer. Même la musique punk répond à un cahier des charges précis. Je suis persuadé qu'un punk ne pourrait pas boire une bière dans un verre en cristal sans se faire lyncher. Bien sûr qu'on a fait des répétitions, bien sûr que les acteurs avaient une trame pour leurs dialogues. Mais l'organisation du plateau n'a pas été le plus dur. Il fallait avant tout que le film ait l'air vivant, et que les acteurs ne donnent pas l'impression de jouer. Le plan-séquence, c'est l'outil, il faut inventer tout ce qu'il y a autour. Au 19e siècle, les peintres ont mis la peinture dans des tubes et ont pu poser leur chevalet dans la nature et enfin peindre la vie telle qu'ils la voyaient, et non plus d'après leurs souvenirs, au fond de leur atelier. Mais quand les impressionnistes sont revenus avec leurs tableaux peints sur le vif, on leur a dit qu'ils étaient affreux. Il faut s'habituer à la laideur, ne pas en avoir peur. J'ai le sentiment que les cinéastes ont abandonné l'idée de laideur, ils se sont arrêtés de progresser, d'innover. Ils se sont rendus à la beauté. Tous les films se ressemblent, ils sont impeccables, mêmes ceux tournés caméra à l'épaule. Aujourd'hui, la beauté des tableaux des impressionnistes ou du Caravage n'est plus remise en cause, c'est même devenu la quintessence de la beauté. Mais on s'interroge toujours sur celle de Francis Bacon. La plupart des cinéastes contemporains se sont arrêtés aux impressionnistes. Et il y a peu de Francis Bacon qui, tout en admirant le Caravage, ose retourner le canevas pour peindre sur le mauvais côté de la toile et voir ce qui peut surgir de cet accident. Ne pas rechercher la perfection mais le flow : c'est une expérience risquée mais enthousiasmante. Sur Victoria, on est passé pas loin de la catastrophe.

jeudi 27 avril 2017

"Même voter pour ce qui est juste, ce n’est rien faire pour la justice. "



Justice représentée avec le glaive, la balance et le bandeau. 
Sculpture de 1543 par Hans Gieng sur la fontaine de la justice à Berne (Suisse)


A quelle condition serait-il légitime de ne pas voter?
Si le vote est un devoir, dans quelles circonstances faillir à son devoir?
Sujet d'actualité !

Quelques réponses (suggestions) dans l'essai de Henry David Thoreau et dans un entretien passionnant avec Manuel Cervera-Marzal, invité de Adèle Van Reeth (Les Chemins de la Philosophie).




« De grand cœur, j’accepte la devise : « Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins » et j’aimerais la voir suivie de manière plus rapide et plus systématique. Poussée à fond, elle se ramène à ceci auquel je crois également : « que le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout » et lorsque les hommes y seront préparés, ce sera le genre de gouvernement qu’ils auront. Tout gouvernement n’est au mieux qu’une « utilité » mais la plupart des gouvernements, d’habitude, et tous les gouvernements, parfois, ne se montrent guère utiles. […]

Quel est le cours d’un honnête homme et d’un patriote aujourd’hui ? On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un « Dieu vous assiste » à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. Mais il est plus facile de traiter avec le légitime possesseur d’une chose qu’avec son gardien provisoire.

Tout vote est une sorte de jeu, comme les échecs ou le trictrac, avec en plus une légère nuance morale où le bien et le mal sont l’enjeu ; les problèmes moraux et les paris, naturellement l’accompagnent. Le caractère des votants est hors-jeu. Je donne mon vote, c’est possible, à ce que j’estime juste ; mais il ne m’est pas d’une importance vitale que ce juste l’emporte. Je veux bien l’abandonner à la majorité. Son urgence s’impose toujours en raison de son opportunité. Même voter pour ce qui est juste, ce n’est rien faire pour la justice. Cela revient à exprimer mollement votre désir qu’elle l’emporte. Un sage n’abandonne pas la justice aux caprices du hasard ; il ne souhaite pas non plus qu’elle l’emporte par le pouvoir d’une majorité. Il y a bien peu de vertu dans l’action des masses humaines. Lorsqu’à la longue la majorité votera pour l’abolition de l’esclavage, ce sera soit par indifférence à l’égard de l’esclavage, soit pour la raison qu’il ne restera plus d’esclavage à abolir par le vote. Ce seront eux, alors, les véritables esclaves.  
Seul peut hâter l’abolition de l’esclavage celui qui, par son vote, affirme sa propre liberté. »

Henry David Thoreau, in La désobéissance civile, 1849.




Claude Nougaro. Au piano Maurice Vander.

(Ce n'est pas le même topo taureau ! H D Thoreau se prononce à l'anglaise)

 

mercredi 26 avril 2017

J'exige... le je



« Quand j’ai écrit les pages suivantes, ou la plupart d’entre elles, je vivais seul au milieu des bois, à un miles de mon voisin le plus proche, dans une maison que j’avais construite moi-même sur la berge du lac Walden, à Concord, Massachusetts, et je gagnais ma vie grâce au seul travail de mes mains. J’ai habité là deux ans et deux mois. A présent, je séjourne de nouveau dans la civilisation.

Je n’aurai pas la présomption de réclamer autant l’attention de mes lecteurs si mes concitoyens ne m’avaient posé des questions très précises sur mon mode de vie, que certains taxeraient d’absurdité bien que je n’y voie aucune impertinence, mais compte tenu des circonstances, des questions tout à fait naturelles et pertinentes. Quelques-uns m’ont demandé ce que je mangeais, si je ne me sentais pas seul, si je n’avais pas peur, et ainsi de suite. D’autres ont été curieux d’apprendre quelle part de mes revenus je consacrais à des œuvres charitables ; d’autres encore, nantis d’une nombreuse famille, combien d’enfants pauvres j’entretenais. Je demanderai donc à mes lecteurs qui ne s’intéressent guère à moi, de me pardonner si dans ce livre j’entreprends de répondre à certaines de ces questions.

Dans la plupart des livres, le je ou la première personne est omis, dans celui-ci il sera conservé ; cela, sur le plan de l’égotisme est la principale différence. Nous oublions souvent qu’après tout, c’est toujours la première personne qui s’exprime. […] Mieux, j’exige, moi, personnellement, de chaque écrivain, grand ou petit, un récit simple et sincère de sa propre vie, et pas seulement ce qu’il a entendu dire de la vie des autres ; le genre de compte-rendu qu’il pourrait envoyer d'une terre lointaine à sa famille, car s’il a vécu avec sincérité il l’a forcément fait, selon moi, dans une terre lointaine. »



Henry David Thoreau, in Walden ou la vie dans les bois.

(Texte lu hier dans les  Chemins de la Philosophie, semaine consacrée à H D Thoreau. En 2012... déjà...  mais je ne m'en lasse pas de Thoreau).

mardi 25 avril 2017

PUR JUS DE RAISIN (0_0)

Pour changer un peu d'air durant cette période d'élections présidentielles, voici quelques perles de la presse régionale du Finistère, en 1910.



 Samedi 11 juin 1910
CORRESPONDANCE

Comme suite à la protestation d'un habitant de Loc-Maria, publiée dans nos colonnes, samedi dernier, nous recevons communication de la lettre suivante, adressée à M. le Maire, par M. Jules Henriot, le sympathique industriel de Loc-Maria.

Quimper, le 6 Juin 1910.

Monsieur le Maire de Quimper,

Je lis dans le numéro du Progrès de samedi la protestation d'un habitant de Loc-Maria, au sujet de la suppression de tout passage le long de la rivière, pendant les séances du Concours hippique. Cette lettre me semble présenter assez exactement les doléances des habitants du quartier. 
Société d'initiative des Fêtes quimpéroises, Sociétés agricoles ou hippiques, doivent pouvoir s'organiser, sans être obligées de se restreindre ou d'augmenter des dépenses déjà élevées, pour ne point léser les intérêts respectables des tiers. 
Rares étaient autrefois les occasions où Champ-de-Bataille et allées de Loc-Maria étaient interdits à la circulation : il fallait la seule circonstance du Concours régional. 
En moins d'une année, c'est la troisième fois que la circulation se trouve tout au moins gênée pendant une notable partie de la journée. [ndlr : Rien n'a changé en avril 2017]. Il est donc facile de comprendre ce légitime mécontentement d'une population dont les intérêts ont été jusqu'ici négligés. 
Une solution bien simple serait de nature à concilier les divers intérêts, en même temps qu'elle serait une sérieuse amélioration pour la ville entière. 
Au lieu qualifié encore de nos jours de "Bout-du-Pont", il existait autrefois un pont tournant, qui fut démoli vers 1720, par un bateau poussé par le courant. La prieure de Loc-Maria, qui revendiquait la propriété de ce pont, voulut obliger la Communauté de Ville à faire les réparations pour prix du passage qu'elle concédait gratuitement aux habitants. De longs débats suivirent. Bref, sous prétexte qu'il gênait la navigation, la Ville en acheva la démolition, en 1726. C'était couper en deux le fief de Loc-Maria; mais combien regrettable à tous égards et funeste devait être cette mesure au développement du faubourg, désormais séparé de la ville! 
Pourquoi ce pont, dont le rétablissement s'impose, ne se ferait-il pas sans retard ?
Je ne crois pas qu'on puisse faire valoir d'objections sérieuses : de moins en moins notre port reçoit des navires de faible tonnage, la rivière se comble et les navires de quelque importance doivent rester au quai neuf ; l'établissement d'un pont dans les environs de la rue du Palais ne serait donc d'aucune gêne pour la navigation. 
Nombreux en seraient au contraire les avantages : outre les relations générales facilitées, qu'il me suffise de vous signaler : l'accès des écoles de la rue Vis et de la rue du Chapeau-Rouge, du cimetière Saint-Marc, pour les habitants de Loc-Maria; l'accès du Champ-de-Foire et de la place Neuve, les Jours de marché, diminuant ainsi l'encombrement du centre de la ville; communications plus faciles entre les bureaux de Loc-Maria et la caserne .. Je vous prie de remarquer qu'en hiver, le passage par bateau est pénible souvent, et qu'il n'existe que le jour ; que, à cause de cela, le service des Postes, à Loc-Maria, a été modifié à notre préjudice; que, vu la longue distance, nous ne pouvons effectuer au quai les déchargements de charbons que nous devons faire venir par fer, etc...
Vous voudrez sans doute, Monsieur le Maire, prendre en considération cette rapide exposition, et agréer mes respectueuses salutations. 
Henriot.


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Simple question

La loi interdisant de servir à boire aux gens ivres est-elle oui ou non abrogée? 
Sinon, comment se fait- il que certains débitants peu scrupuleux servent impunément à boire à leurs clients jusqu'à ce qu'ils soient ivres-morts ?
La police municipale est cependant assez nombreuse, et quelques tournées faites de temps à autre dans les nuits de samedi et dimanche principalement, lui permettraient de prendre très facilement les délinquants. Dans l'intérêt des familles et de la sécurité publique, cela est nécessaire. 
Un habitant de Bourg-les-Bourgs.


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A NOS LECTEURS. — Nous attirons tout spécialement l'attention de nos lecteurs, sur l'annonce « Vin rouge du Roussillon », qui se trouve à la 8e page. 


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VIN ROUGE DU ROUSSILLON 
Titrant 10 degrés
En pièces d'environ 225 lit.  85 fr.
En 1/2 pièces d'env. 112 lit. 48 fr. 
logés en fûts neufs, rendu franco port et régie sur gare de l'acheteur. Paiement à 30 jours de la date, de l'expédition, sous déduction d'un escompte de 3 % ou bien à 60 jours, escompte de 1 1/2 %, ou à 90 jours sans escompte. 
Le vin que je livrerai étant récolté dans mes vignes, sortant de ma propriété pour aller directement à la cave de l'acheteur, sans passer par aucun intermédiaire, vous est garanti pur Jus de raisin. 
JUSTAFRE-PERAS, propriétaire-viticulteur, à Perpignan (Pyrénées-Orientales.) 
P. S. — Je ne promets ni prime ni cadeau ; dans l'intérêt du consommateur, je me contente de livrer scrupuleusement du PUR JUS DE RAISIN 
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EN CORRECTIONNELLE
Audience du mardi 7 juin 1910

Les élections de Léchiagat.

Au début de l'audience, le Tribunal a rendu son jugement dans l'affaire des élections de Léchiagat, dont les débats ont eu lien, comme on le sait, la semaine dernière. Le Tribunal a dit la prévention non justifiée et, en conséquence, a débouté M. de Servigny de son action et mis les huit prévenus hors de cause, sans dépens. 

Douarnenez. — Affaire de mœurs. — François, Marie, 60 ans, paveur municipal, est inculpé d'outrages aux mœurs, en Juillet, Août et Septembre 1909 et en Mars 1910. 
6 mois de prison avec sursis et 50 francs d'amende.

Plonéour-Lanvern.Vol de fagots. — Les femmes L'Hénoret, brodeuse, 28 ans, et Le Bléis, 36 ans, blanchisseuse, ont soustrait des fagots à un sieur Cossec. 
8 jours de prison chacune. 

Ergué-Armel. Lapins à 4 sous ! — Un incorrigible petit paysan de 15 ans, Jean-Louis Aminot, a volé un porte-monnaie à un de ses camarades, domestique agricole, il escroqua une somme de 4 fr. 70 à un horticulteur de Quimper, et, enfin, chaparda deux lapins, qu'il vendit 4 sous ! 
"Pourquoi tous ces vols ? 
- "Pour acheter des "choses"  parbleu, tabac, pipe et petits bateaux!"
Maison de correction, jusqu'à majorité. 

Ploaré. — Vandalisme. — Le 24 Mai, ; vers 6 h. du soir, Eugène Tanier, 26 ans, soudeur, se promenait, en état d'ivresse, sur le toit de la belle église de Ploaré. 
Obéissant à on ne sait trop quels motifs, il dégrada l'édifice et démolit même trois des clochetons. 
"Pourquoi avez-vous fait cela ? lui demande le président. | 
— "J'étais saoul, répondit-il, je ne sais ! pas ce que je faisais."  
Pour dégradation et mutilation d'un monument public, 10 jours de prison avec sursis et 5 francs d'amende pour la contravention  d'ivresse. 

Quimper. Outrages. — René Fulcran, qui fait défaut, a outragé, le 26 Mai, l'agent Montfort.  "Je vous crèverai les yeux", lui criait-il. 
En attendant, 20 jours de boîte. 

Douarnenez. Aménités électorales. - Le 24 Avril dernier, jour des élections, David, 38 ans, garçon boucher, et Louis Quintric, 19 ans, marin-pêcheur, se prirent de querelle au bout du pont. Une rixe s'ensuivit, et Quintric, à bout d'arguments, ne trouva rien de mieux que de casser plusieurs dents à David, à coups de sabots. 
Ce dentiste, d'un nouveau genre, est condamné à 15 jours de prison et à 5 francs d'amende pour la contravention d'ivresse. 
Le père, civilement responsable. 
A la suite de la scène précédente, la sœur de Quintric, mécontente de l'arrestation de son frère, prodigua, au brigadier Gouil, des épithètes plutôt salées, qui lui coûtent, pour avertissement, 25 fr. d'amende avec sursis. 

Beuzec-Conq.Nocturne. — Dans la nuit du 21 au 22 Mai, un individu en état d'ivresse, nommé Louis Gourlay, 25 ans, marin-pêcheur, proférait les pires injures devant la maison de M. Le Coq, gérant de l'usine Ramell. Ce dernier, agacé, déchargea sur l’énergumène un coup de carabine, qui produisit de légères contusions aux jambes. 
Le commissaire intervint. Il fut outragé, et Gourlay fit rébellion.  
"Je vous ferai casser, si vous êtes le commissaire," s'écriait l'enragé. 
Finalement, cette scène nocturne se solde par les condamnations suivantes : 
16 fr. d'amende, au gérant, pour coups et blessures ; 
10 Jours de prison et 5 fr. d'amende pour la contravention d'ivresse, au matelot, pour outrages et rébellion. 
"C'est pas mauvais, pour si peu", maugrée ce dernier, en hochant la tête... 
Joli ménage. — Le ménage Poupon, de la rue Neuve, n'est pas précisément ce qu'on pourrait appeler un ménage modèle. Quand le mari a bu, ce qui lui arrive plus souvent qu'à son tour, il cogne sur sa vieille moitié. 
Il cogna même si fort, l'autre jour, à coups de trique et de cuiller à pot, que la pauvre femme dut être envoyée à l'hospice. Elle s'enivre aussi, la malheureuse, comme elle le concède à l'audience : 
"Je bois un peu aussi !" 
En tout cas, ce n'est pas une excuse pour son conjoint brutal, qui attrapa un mois de prison.

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PUB !


(Le pèse alcool n'est pas superflu. Mmm!)

(°_~) 
 

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé ! 
A consommer avec modération !
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