samedi 16 novembre 2013

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"Non, un grand coffre n'est pas réservé 
à ceux qui en ont déjà un en Suisse."

(Pub automobile low cost)

vendredi 15 novembre 2013

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Oh! la corvée de l'enfilage de couette dans sa housse. 
Ouf! Assez bossé pour aujourd'hui!





BD ici ou cliquer sur les images pour voir clair!

jeudi 14 novembre 2013

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 http://www.cliniquedesvertiges.be/images/tourbillon_escalier.jpg

Lundi 11 novembre.
Pluie. Cinéma : Inside Llewyn Davis des frères Coen en V.O. : magnifique.

Mardi 12.
Ciel gris. Golf, parcours gras, remisé mon chariot, sac à l'épaule avec trois clubs. Fairways pas tondus, évidemment. Perdu deux balles au milieu du fairway.
Fatigue latente.
Vertiges au milieu de la nuit.

Mercredi 13.
Je me lève, vacillante, nausée. Je me recouche. Journée au lit. Envie de pleurer. Marre de ces vertiges. Tanganil inefficace. Dormi toute la journée. Pas faim, mal au coeur, à l'estomac. Je vais me laver les dents et me recouche. Dormi toute la nuit. Beaucoup rêvé, des rêves agréables, pas de cauchemar.

Jeudi 14.
6 h 15. Je me lève. Je tiens debout, j'ai mal au cœur. Je me rallonge. 
8 h 15. Je me relève. Tête lourde. Je ne veux pas rester au lit. Je prends deux Tanganil avec un jus d'orange. Je prépare un petit déjeuner, je grille deux toasts, rien mangé hier. Le thé passe bien mais je ne mange qu'un toast, dans le silence, je n'allume pas la radio. Envie de me recoucher. Mais non, je dois rester hors de mon lit aujourd'hui. Toilette de chat, dans le silence.  Je regarde par la fenêtre, un rayon de soleil.
10 h. J'écoute les NCC, toujours sur le thème Ressemblances et faux-semblants. J'arrive à m'y intéresser, c'est donc que je vais un peu mieux. Sur le "faux-art", les faussaires. J'ai raté l'émission d'hier sur Romain Gary versus Emile Ajar. Je l'écouterai ce week-end.
11 h. Je refais du thé, d'habitude à cette heure c'est un petit café. J'ouvre un journal et le referme aussitôt. Peux pas lire. Je ne veux pas m'allonger. Sur ma tablette je lis mes mails, beaucoup de pubs.
12 h. Mon Bézo m'appelle et me dit : 
- t'as la force de parler? Je lui dis oui; j'entends ma voix, bizarre.
- Ça te fatiguera pas si je passe te voir avant mon rendez-vous?
- Non, je t'écouterai au lieu de parler.
En l'attendant j'allume mon ordinateur, pas longtemps.
[...]
16 h. Elle est passée et vient de repartir. Elle a beaucoup parlé comme si j'étais un psy puis elle a dit : je me sens pas bien là, j'arrête de parler, ça me donne chaud. C'est vrai elle était rouge, moi j'étais gelée, malgré le chauffage, le thé, le plaid. Je lui ai dit de se reposer avant son rendez-vous. On s'est étalée dans le canapé, elle ne voulait pas de musique, moi non plus. On se touchait par les pieds en chaussettes, c'était doux. C'était bon de se taire.

18 h. J'écris ici, mal, très mal. Je crois que mes vertiges ont complètement disparus. J'ai un peu faim.

mardi 12 novembre 2013

"Le langage appartient à l'invisible". René Magritte


 
Lothar Wolleh
Rene Magritte
Brussels, 1967
© Oliver Wolleh

 Photograph of Rene Magritte, in front of his painting The Pilgrim
as taken by Lothar Wolleh


"Il faudrait que je garde le silence pour être tout-à-fait... 
non pas sincère, 
mais, pour ne pas parler pour ne rien dire."




Billet inspiré par les NCC : Ressemblance et faux-semblants.

dimanche 10 novembre 2013

L'Augmentation, paftement!


http://www.babelio.com/users/AVT_Georges-Perec_1443.jpeg 

A vrai dire, je ne savais pas en empruntant cet ouvrage de Georges Perec : L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation que j'allais découvrir un texte aussi étrange : sans ponctuation du début à la fin (90 pages) avec des phrases qui se répètent à l'envi. Je me suis rendue compte rapidement que ce n'était pas vraiment un texte à lire, mais à dire, pour comprendre cette "tentative d'épuisement" voulue par l'auteur.
"Perec précise qu'il entend avec ce texte sur un organigramme "arriver à un texte linéaire donc totalement illisible." Et, selon toute vraisemblance pour augmenter cette illisibilité, Perec va jusqu'à supprimer de son texte toute la ponctuation encore présente dans un tapuscrit antérieur."
J'ai donc hier soir, vite et lâchement, abandonné ce livre, la lecture étant ardue. Puis ce soir j'y repensais et je me suis dit : si tu le lisais à haute voix, l'intérêt serait peut-être plus dicible? Voilà le résultat, difficile de reprendre son souffle à lire un texte sans ponctuation. J'ai pris une page au hasard (page 53 jusqu'à la page 60), il fallait bien que je m'arrête quelque part puisque le texte continue ainsi, sans ponctuation jusqu'à la fin. Mon rythme est rapide, monocorde, vers la fin j'accélère... Je ne crains pas le ridicule. Mmm!


Bref, l'intérêt ne sera dicible que pour moi, pour - toujours cette même raison - vérifier que j'ai encore une voix alors que celle-ci s'exerce de moins en moins souvent au quotidien et que, par exemple, les seuls mots que j'aie prononcés à voix haute en deux jours c'est : un chocolat, puis merci, pour répondre au serveur du XXI hier! Et si mon interprétation est nulle, celle-ci ne m'a guère convaincue non plus.

"Georges Perec nous entraîne dans le récit, hilarant, d'une véritable course d'obstacles où selon une logique imparable, de rebondissements en rendez-vous manqués, d'épidémies de rougeole en intoxications alimentaires, les perspectives d'une rencontre avec un très évanescent chef de service deviennent de plus en plus improbables."
4e de couverture.

Hilarant? C'est ce que j'avais espéré avec le titre. Hum! Oui, je sais, il s'agit d'une "contrainte littéraire" chère à notre oulipien. 

"L'Augmentation. En réduisant le titre final au seul substantif, Perec donne à ce dernier une nouvelle valeur, métaphorique cette fois, qui apparaît clairement [...] par le biais d'une comparaison : la traduction linéaire , écrit-il à Jacques Perriaud, "donnera au texte l'allure d'une "tour de Hanoï" où il faut un coup pour le premier mouvement, deux pour le second, quatre pour le troisième, huit pour le quatrième, puis seize, trente-deux, etc." Qui nous lit l'a aussitôt compris : l'augmentation ne désigne pas seulement une hausse de salaire, mais aussi, et peut-être surtout la contrainte même à laquelle obéit tout le texte et qui en a permis la production."

Je suis sûre que ce texte doit avoir toute sa saveur dit par Guillaume Gallienne. Tout comme le Je me souviens dit par Sami Frey. Et puis, une appréciation objective nécessite une connaissance approfondie de l'auteur et pas seulement de ses textes. Or je n'ai lu de Perec que La vie mode d'emploi, il y a très longtemps; une autre "tour de Hanoï" (0_0) dans mon souvenir. Là, je viens de commencer Je suis né, livre posthume. Encore un effort et je vais pouvoir mieux appréhender le monde magique et surtout labyrinthique de Georges Perec. Quelqu'un me parlait dernièrement de : Les Choses, c'est ce qui m'a influencé pour relire Perec. Ce sera le prochain... le sujet est intemporel.




« il faut saluer la lecture - l’interprétation, serait plus exact - de Gallienne qui s’amuse et se régale avec gourmandise des multiples jeux avec les mots, (...) donne toute leur saveur à la drôlerie et au sens de l’absurde de Perec (...) "Pour simplifier, car il faut toujours simplifier", retenez que j’ai passé près d’une heure et demie jouissive dans l’univers drolatique et absurde de Perec, avec Guillaume Gallienne pour guide particulier. »

samedi 9 novembre 2013

Dans l'enfer de mes nuits


Cauchemar la nuit dernière: promenade avec mon amie au bord de la mer pour un pique-nique dans les rochers. Elle m'indique un endroit qui lui semble parfait, mais il fallait escalader des rochers pentus, escarpés avec peu d'endroits plats pour poser les pieds. Je lui donne le panier du pique-nique pour avoir les mains libres (elle est plus jeune que moi), elle le prend et je commence à grimper. Le stress me gagne, j'avance, je dérape et à ce moment-là je me retourne, elle n'était plus là. Je l'aperçois beaucoup plus loin, sur la gauche, elle était revenue sur ses pas; elle était installée sur des rochers plats, à hauteur du sable, tranquillement, le pique-nique sorti du panier. Je tentais de lui faire signe, elle ne me regardait pas, j'étais déjà très haut, je ne pouvais pas redescendre, je glissais, aucun son ne pouvait sortir de ma gorge, j'eus un vertige; je me suis réveillée dans un cri, avec des crampes dans les pieds et le mollet, je n'étais pas morte, dommage! Il était 4 h 37.


 http://carthoris.free.fr/Images/Bomarzo%20-%20La%20Mort.jpg

 La gueule de l’enfer dans le Bois sacré de Bomarzo 1550-1580

"Lasciate ogni penserio a voi ch’intrate"

 "La tête d'un ogre sur la lèvre supérieure duquel est inscrit « Toute pensée s'envole» (Ogni pensiero vola) aussi appelé la Porte des enfers (faisant clairement référence à l'Enfer de Dante) avec sa bouche ouverte monumentale qui permet aux visiteurs d'entrer se reposer - paradoxalement - au frais."

Samedi 9 novembre

10 h 30.

De l'Enfer de Dante à celui de Rodin...

J'écoute ce cher Charles Sigel parler de Rodin. En début d'émission il relate brièvement sa récente visite du musée Rodin à Paris, sa déception de voir - selon lui - un musée à l'abandon. Il semble que certaines parties soient actuellement en cours de rénovation.




J'aime ce musée.

"Il est tout, à perte de vue".
"Il s'avance comme un astre"
Rainer Maria Rilke (qui fut son secrétaire) à propos de Rodin. 

13 h 30. 

Il y a des lumières qui me donnent envie de boire du champagne... quand je suis triste et que mes yeux pétillent de bulles.



Hier à Tréboul



Ce jour à 13 h. 

15 h. 

Après-midi à la médiathèque. Emprunté deux livres de Georges Perec : Je suis né et L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation; ainsi qu'un DVD : Bonjour Tristesse de Otto Preminger.
Ai bu un chocolat au XXI. C'était bruyant et gai, je parcourais dans le Mag l'agenda des choses à faire, à voir en novembre dans ma ville, je manquais d'enthousiasme, je n'avais aucune envie d'assister à des lectures publiques durant L'Odyssée des mots; nonobstant j'oubliais durant une heure mon spleen mais ne cessais de me demander : jusqu'à quand vais-je ainsi... 

20 h. 

Le vie continue avec nos petites misères, nos plaintes indécentes (les miennes) alors qu'un super typhon vient de balayer le centre des Philippines.


***

...

INDONESIE. Les élèves de Sumatra portent un masque pour se protéger des cendres volcaniques. Le mont Sinabung dans le district de Karo est entré en éruption le 3 novembre, crachant d'épais nuages de cendres s'élevant jusqu'à 7000 mètres. 
(Binsar Bakkara - AP - Keystone)
Source : Le Temps.ch

jeudi 7 novembre 2013

"Faire de sa vie la matière principale de ses livres"

J'en parlais il y a quelque temps (deux ans déjà!), de ce biopic qui allait sortir sur Violette Leduc. Eh bien, il est sorti et je réitère : je n'irai pas le voir. Cependant, je ne le déconseille pas aux non-lecteurs, à ceux qui ne la connaissent pas et qui n'ont pas l'envie ou le courage de la lire. Au contraire, allez-y, pour découvrir cette femme et peut-être avoir envie de lire ses ouvrages.




"A Faucon, village au pied du Mont Ventoux, la romancière Violette Leduc raconte comment elle est devenue écrivain, son rapport à la page blanche et évoque les auteurs qu'elle apprécie, son contact avec ses lecteurs et des thèmes tels que la pudeur, l'érotisme et la mort."

Je-dis-ça-je-dis-rien

C'est la saison des champignons!
Deux octogénaires sont morts après avoir mangé des amanites phalloïdes.
Ben voilà, la solution est là! (For me formidable).
Cependant je m'interroge : si je ramasse des champignons douteux et que pour être sûre qu'ils soient mortels je sois obligée d'aller chez le pharmacien qui le confirmera, j'imagine qu'il ne va pas vouloir mes les rendre (0_0)? Ou alors il faudrait que j'invente un truc pour les ramener (les étudier?) et m'en faire une poêlée bien consistante qui ne permettrait aucune rémission. 
La solution : ne pas aller à la pharmacie et bien savoir reconnaître les champignons mortels, pour les bouloter bien assaisonnés en dégustant un bon vin (pour le coup, sans modération). Les amanites phalloïdes sont plus difficiles à reconnaître que les amanites tue-mouches.
Hop! 
J'ai peur d'être trop malade avant de mourir en ingurgitant des amanites phalloïdes! Va falloir que je trouve autre chose...

mercredi 6 novembre 2013

"Ah! Il y a tant de choses à voir entre le ciel et la terre que les poètes sont seuls à avoir rêvées." Friedrich Nietzsche

Hier soir j'ai regardé la télévision. Ben oui. J'ai regardé La Grande Evasion fiscale! Ah ah! A vrai dire je m'en fichais complètement du sujet traité. Je ne pensais qu'à la mienne, d'évasion, celle qui me fait rêver, qui m'emporte quand je longe ses rives. Je voulais voir le Léman, je l'ai vu. Je veux revoir le Léman.

J'aime les lacs, la montagne, donc j'aime la Suisse. Ses banques, je m'en balance! Du coup l'histoire de la Suisse m'intéresse et j'écoutais ce matin - presque par hasard - cette émission

Et la Suisse ce n'est pas que le lac Léman!

Un ami qui sait combien j'aime ce pays et ses lacs (et Nietzsche ne me contredira pas), m'a envoyé ces photos* hier, du lac de Neuchâtel. Il veut me faire mourir d'envie!




Bon, ce n'est pas demain non plus que je vais résider à Sils-Maria au Waldhaus!

A-9002.jpg 

"[...]  un hôtel aux allures de forteresse qui vient de fêter son centième anniversaire. Marcel Proust, Jean Cocteau ont séjourné ici, ainsi que Claude Chabrol qui y a tourné une partie des scènes de Rien Ne Va Plus, et qui, le dernier jour, s’est amusé à préparer un steak tartare pour 50 personnes ! [...]"
(Aller directement au troisième paragraphe.)

"Pour Thomas Mann, Sils-Maria, en Suisse, était le plus bel endroit du monde. C'est aussi l'adresse d'un hôtel exceptionnel, le Waldhaus, où la chambre de l'écrivain est restée inchangée. Fondé en 1908, ce château biscornu, qui domine la vallée au milieu d'une forêt de mélèzes, a reçu tous les grands de ce monde et garde sa patine du XIXe siècle. Un univers de beauté et de paix, qu'évoquent ici des habitués : l'historien Fritz Stern, le cinéaste Alexander Kluge, qui y rencontra jadis le philosophe Theodor Adorno, ou l'artiste berlinois Jonathan Meese." 
  
Assez rêvé pour aujourd'hui! Ah mais non! Je continue de rêver là. Bon d'accord, je ne joue pas dans la même cour que la journaliste.

* Publiées ici avec l'accord de l'auteur. Reproduction interdite. 

mardi 5 novembre 2013

Je t'en prie n'attends pas la fin de la vie... Débranche!

Parfois je n'en peux plus d'écouter France Culture, surtout quand j'oublie que je l'écoute et que brusquement je me dis : mais ça, ça ne t'intéresse pas. Éteins! Alors j'ai envie de TOUT débrancher et surtout, tout ce qui est culturel. Overdose! Me reposer, rêver, ne penser à rien (ça c'est impossible), ne rien écouter, même pas de la musique. Alors j'éteins la radio.  A ce moment-là, j'ai envie de choses futiles, que l'on décide pour moi, de devenir idiote, passive et j'allume la télévision. Mon compte est bon! En cinq minutes mes (faux) désirs sont devenus réalités! J'éteins. Rideau!

Et puis le lendemain, quand la journée redémarre, c'est plus fort que moi, j'allume la radio, j'écoute France Culture et, comment dire, le moment est heureux, très heureux, comme hier en écoutant (en découvrant) Albert Cossery et, ce matin, la correspondance entre Albert Camus et René Char; matinées lumineuses.

Juste ça, seulement ça, je n'ai retenu que ça ce matin et ça me suffit.

"Ne te courbe que pour aimer".
René Char, Feuillets d'Hypnos.

"[...] l’obstination de la douceur".
Albert Camus, La postérité du soleil.

dimanche 3 novembre 2013

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Épitaphe pour n'importe qui

On ne sait pourquoi cet homme prit naissance.
Et pourquoi mourut-il ? On ne l’a pas connu.
Il vint nu dans ce monde, et, pour comble de chance,
Partit comme il était venu.


La gaîté, le chagrin, l’espérance, la crainte,
Ensemble ou tour à tour ont fait battre son cœur.
Ses lèvres n’ignoraient le rire ni la plainte.
Son œil fut sincère et moqueur.


Il mangeait, il buvait, il dormait ; puis, morose,
Recommençait encor dormir, boire et manger ;
Et chaque jour c’était toujours la même chose,
La même chose pour changer.


Il fit le bien, et vit que c’était des chimères.
Il fit le mal ; le mal le laissa sans remords.
Il avait des amis ; amitiés éphémères !
Des ennemis ; mais ils sont morts.


Il aima. Son amour d’une autre fut suivie,
Et de plusieurs. Sur tout le dégoût vint s’asseoir.
Et cet homme a passé comme passe la vie
Entrez, sortez, et puis bonsoir !


Jean Richepin, La chanson des gueux

samedi 2 novembre 2013

Journée des morts ou journée de révolte?

TOUSSAINT

Ecouté ce matin cette émission. Il n'y a vraiment qu'en Suisse qu'on parle de la fin de vie, de la mort, sans tabou.

Entendu nulle part à la télévision, à la radio, parler de ces manifestations pour la Journée mondiale de l'ADMD!
Souhaitant en savoir plus, il y a quelques jours j'ai pris contact avec la correspondante de ma région et j'ai reçu cette réponse (extrait) :
"Pour le 2 novembre, les membres des équipes du Finistère sont réticents pour organiser quelque chose (parce que le 2 novembre est la journée des morts, et qu'il y a encore chez nous beaucoup de catholiques qui pourraient être choqués) et je m'arrange toute seule pour passer à la radio, pour rencontrer des journalistes du Télégramme et d'Ouest-France."
Justement!  C'est précisément parce que le 2 novembre c'est le jour des défunts, "pour rappeler le souvenir de ceux que nous aimons qui sont morts dans des conditions qu’ils n’ont pas choisies et contraires à leur propre sens de la dignité."

Bon, de toute façon, dans le Finistère aujourd'hui, les manifestations ont d'autres objectifs et font la manne des médias! A cette heure, la Place de la Résistance doit être bien remplie pour un premier tour de chauffe... si j'en crois les sons qui parviennent jusque dans mon quartier. (Attention, baissez le volume)! Pour les photos, il suffira de lire la presse ou de regarder la télévision, je n'ai pas l'intention de rejoindre les manifestants, je tiens à rester "complète", extérieurement, pour finir mes jours, l'intérieur étant déjà pas mal entamé!




Pour le moment, grand calme à Locmaria (avec des bouchons d'oreilles).  Pas de Révoltés de Fouesnant  ni de Bonnets Rouges! Le ciel est gris, les pigeons et la mouette - telle une sentinelle sur son mirador - veillent!





Je me suis amusée à prendre ces photos ce matin en allant faire mes courses, pour voir si la Place avait beaucoup changée depuis Les Révoltés de Fouesnant à Quimper (Locmaria) en 1792! Eh bien non! A part que cette place est maintenant envahie par les voitures, l'abbatiale et le Prieuré sont toujours aussi beaux, même sous le crachin.


 



Les Révoltés de Fouesnant ramenés à Quimper par la garde nationale,
huile sur toile de Jules Girardet, vers 1886.
Musée des beaux-arts de Quimper.

(Pour la suite des manifs, écouter la radio ou regarder la télévision. J'espère que la belle ville de Quimper ne subira pas trop de dégâts).

En fin d'après-midi, je n'entendais plus de ramdam et je suis allée prendre l'air. Le Corentin était toujours en place, derrière le pont Max Jacob on apercevait encore quelques bonnets rouges, l'Odet coulait paisiblement...


 

vendredi 1 novembre 2013

"La nostalgie c'est le désir d'on ne sait quoi..." Saint-Exupéry

Mardi le ciel était encore clément. Soudaine envie de revoir le lieu où j'avais passé de nombreux étés dans les années 60/70! Je n'y étais jamais retournée et je m'attendais à des changements, voire à ne plus rien reconnaître au Cabellou, près de Concarneau.


vueaerienne.jpg 

Que nenni! Pas de grands changements, la plage de La Belle Etoile est toujours là - évidemment! La Belle Etoile! Je voulais revoir cet hôtel, j'avais appris qu'il était fermé depuis de nombreuses années et s'était transformé en résidence. A l'époque dont je parle, je passais mes vacances au terrain de camping. Eh oui! J'étais très jeune et fauchée. Ce n'est que des années plus tard, en 1977 je crois, que j'y suis allée avec toi mon aimé, prendre un apéritif sur la terrasse. J'en avais ramené un souvenir palpable!!! Chut! Ma cuillère à confiture aujourd'hui.


J'allais donc illico me garer devant La Belle Etoile et, bien sûr, là je ne retrouvais pas vraiment le charme dont mon souvenir était empreint. Tout était clos, ce n'était plus un hôtel, ce n'était plus l'été non plus! Cependant je me souvenais de cette architecture, de cette avancée qui faisait penser à un paquebot avec une grosse cheminée.




Mon souvenir c'était déjà plutôt ça, enfin pour l'hôtel. Pour les automobiles, celles de ma jeunesse, étaient tout de même moins "anciennes"; mon père devait avoir alors une Peugeot 404 :


"Pendant la guerre 39-45 les Allemands avaient choisi de se loger au Cabellou dans les belles propriétés (La Belle Etoile, Kermingham et la Bonne Auberge,..) et dans les fermes. Il est possible de voir encore la prison des Allemands chez Monsieur et Madame Le Bihan à la Bonne Auberge.
Mme MOREAU : son nom est lié à La Belle Etoile, achetée à Monsieur Leboucq en 1946, avec la chapelle, le calvaire et l’enclos : elle en fera un hôtel réputé, fréquenté par une clientèle chic et célèbre comme Pierre Fresnais, Yvonne Printemps et Michèle Morgan Tino Rossi qui aimait se promener dans les landes du Cabellou, Edith Piaf,..... Après 90 et la disparition de sa propriétaire, La Belle Etoile sera transformée en résidence."

(Photos du Cabellou d'antan ici)

Donc, je me suis garée là, exactement et je suis allée me balader sur la plage de La Belle Etoile qui n'a pas changé de nom. Je me souvenais des nombreux rochers de la pointe, des pins qui longeaient le rivage et l'hôtel côté plage. Là je fus un peu déçue de voir ce qui était devenue une résidence. Une résidence de quoi, pour qui d'ailleurs? Pour des vacances d'été de comités d'entreprises?


Plus de traces des terrasses de l'hôtel qui donnaient sur la plage (où nous avions pris un apéritif)



Positivons. Le reste est intact et le temps agréable. Je fais quelques photos. 









J'aperçois trois petites filles. J'envie leur légèreté, leur assurance pour gambader courir sauter sur les rochers tandis que j'avance prudemment.






L'une d'entre elles, rieuse, me demande pourquoi je prends des photos. Je lui réponds : pour avoir des souvenirs. Elle me dit : prends-moi, tu auras un souvenir de moi. (C'est la plus grande ci-dessous, cheveux au vent). Clic-clac! Je les prends rapidement, la troisième se cache derrière elle.





Je lui demande si elle est en vacances et j'apprends que ce sont des petites parisiennes. Elle me montre sa maison! 



Puis elles s'en vont en sautillant. Celle qui voulait que je la prenne en photo m'a dit : promenez-vous bien et faites de belles photos. Trois minutes avant, elle me tutoyait! Elle était vive, pétillante, un visage ouvert aux autres. Épatante. 

J'étais arrivée à la pointe; je voulais aller de l'autre côté lequel, dans mon souvenir, était plus sauvage; il me fallait reprendre ma voiture. Je fis demi tour et revins par la plage, cette plage pour laquelle aussi j'étais venue ce mardi...

 

... cette plage où nous avions été photographiées par le journaliste du coin, l'été 1970! Il ne manque que Bernard Lavilliers sur la photo; il venait souvent nous rejoindre. Le soir nous allions l'écouter chanter en solo avec sa guitare, dans le petit bistrot du Cabellou. Il n'était pas encore célèbre et nous l'aimions déjà. Il chantait pour nous, pour notre petite bande, gratuitement, je ne l'ai jamais vu faire la manche!

"Son premier album sort en 1968, avec en titre son prénom et un énigmatique « Lavilliers » qui deviendra son nom de scène. Pendant les événements de mai 1968, il chante dans les usines occupées de la région lyonnaise. Sillonnant alors la France et éprouvant des difficultés à percer dans la musique, il joue quelques mois dans des cabarets de province ; au mois de juin, il fait la manche en Bretagne." 
(Source Wikipédia).



Je suis toujours la même. Non mais! Bon, aujourd'hui j'ai des rides et des cheveux gris. Tsss!

L'heure tourne, je reprends ma voiture, je passe devant la chapelle, je prends l'avenue des Dunes (il y avait là une discothèque où nous passions une grande partie de la nuit; le lendemain nous dormions sur la plage, nous jouions au volley, nous nous baignions, ça nous remettait d'aplomb pour la folle nuit suivante).
Au bout de l'avenue ce paysage, plus sauvage :





C'est là que j'aimais venir en début de soirée, solitaire, voir le coucher de soleil, méditer, parfois le cœur battant d'un amour de jeunesse que j'allais retrouver le soir... à la discothèque.

Il était temps que je reprenne la route, j'avais envie d'aller prendre un thé mais le seul bistrot ouvert ne m'attirait pas.

Une autre personnalité (à part moi - [Rires]) qui venait en villégiature au Cabellou : Sir William Golding, prix Nobel de Littérature en 1983.

Au retour je m'arrêtais à Sainte Marine pour prendre un thé. La lumière était divine.



Je pensais à cette journée. Je me sentais nostalgique. Je ne savais pourquoi.